Interrogatoire du Docteur Renaud Masson à Grenoble
La même salle, une heure plus tard.
Le docteur Renaud Masson s’assit face au capitaine Morel. Il avait le teint livide, la chemise froissée. Devant lui, le dossier « Permet, Mélanie » était ouvert. Morel enclencha le dictaphone.
— Nous sommes le vingt-trois octobre, dix heures précises. Interrogatoire du docteur Renaud Masson, psychiatre à la clinique Aux Gentianes.
Il marqua une pause.
— Docteur, vous êtes entendu aujourd’hui pour des faits susceptibles de constituer une fausse déclaration médicale en vue d’une hospitalisation d’office. Confirmez-vous être l’auteur du certificat ayant conduit à l’internement de Madame Mélanie Permet ?
Un bref silence puis d’une toute petite voix, le regard baissé le Docteur Masson ose parler :
— Oui, répondit Masson d’une voix à peine audible. C’est ma signature.
— Pouvez-vous expliquer les circonstances de cette signature ?
Masson se passa une main sur le visage.
— J’ai rédigé ce certificat à la demande de mon cousin, Étienne Permet. Il m’a dit que sa femme était instable, qu’elle mettait leur fils en danger. J’ai accepté de l’aider… sans la voir.
Morel haussa un sourcil.
— Sans l’avoir examinée ?
— Non.
— Pourquoi ?
Masson resta un instant silencieux, puis lâcha :
— Parce qu’il m’avait promis quelque chose.
— Quoi donc ?
— De l’argent. Enfin… pas un pot-de-vin direct, mais un prêt conséquent. Il m’avait dit qu’il investirait dans la clinique.
Morel feuilleta lentement le dossier.
— Vous convoitiez la direction, n’est-ce pas ?
— Oui. J’étais fatigué d’être dans l’ombre de Valgrange. Il dirigeait tout, décidait de tout. Moi, j’avais des projets. Étienne savait ce que cela représentait pour moi. Il a su… me piéger.
— Donc, en échange de cette promesse financière, vous avez signé un faux diagnostic psychiatrique ?
— Oui, admit-il dans un souffle. Je l’ai fait.
— Vous saviez pourtant que Madame Permet n’était pas malade ?
— Oui. Je le savais. C’était évident. Mais j’ai fermé les yeux.
— Pourquoi revenir dessus maintenant ?
Masson redressa la tête, la voix plus dure :
— Parce que plus rien ne tient. Mon cousin s’est rétracté, il ne m’a jamais versé un centime. Et moi, j’ai tout perdu : ma réputation, mes patients, ma conscience.
— Le Professeur Armand est venu ce matin déposer une déclaration, précisa Morel. Il n’a pas cherché à vous accuser. Au contraire, il semble vouloir vous protéger.
Masson eut un rire amer.
— Bien sûr qu’il veut me protéger. C’est ce qu’il a toujours fait. Même quand je ne le méritais pas.
— Vous lui avez parlé récemment ?
— Oui, hier. Je lui ai dit que j’étais convoqué. Il m’a regardé comme on regarde quelqu’un qui s’enfonce et qu’on ne peut plus sauver.
Morel s’appuya contre le dossier de sa chaise.
— Docteur Masson, avez-vous conscience de la gravité de vos actes ?
— Oui. Et je suis prêt à assumer. Mais je veux que vous notiez une chose : je ne l’ai pas fait par cruauté. Je l’ai fait par faiblesse. Et par orgueil.
Morel éteignit le dictaphone.
— C’est souvent la même chose, docteur.
Il laissa passer un silence, puis ajouta plus doucement :
— Le professeur Armand Valgrange a raison. Il n’est pas trop tard pour dire la vérité.
Masson hocha lentement la tête.
— Oui. Mais parfois, la vérité arrive quand tout le reste est déjà détruit.
A suivre…

Tout à fait, mais ce qui est fait, est fait !!!
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Coucou EvaJoe.
Renaud Masson s’est laissé corrompre par le boucher… Il vient d’ avouer ! Maintenant il ne reste plus qu’à arrêter Etienne Permet. Mais connaissant l’animal, ce sera une autre affaire…
Bises et bon jeudi. Zaza
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oh le salaiud
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