L’autoroute de tous les Dangers !

Virginie /1

Dans la station d’essence tout le monde connaissait Virginie, brune cheveux au carré, un petit nez en trompette, des tâches de rousseur, de belles lèvres en forme de cœur, deux yeux verts, et une petite fossette au menton.
Elle travaillait la nuit. Elle prenait son service à la station Total de l’autoroute A6 vers 22 h et elle repartait à 6 h du matin lorsque le patron arrivait.
Huit heures d’affilée, mais elle aimait bien. Le travail consistait à réapprovisionner les rayons, vérifier la machine à café, rendre la monnaie et discuter avec les habitués. La nuit les voyageurs allaient aux pompes 24/24, rare était ceux qui avaient oublié leur carte bancaire.

C’était une fille sympa sans histoire.
Certaines nuits étaient désespérément calme c’est sûrement la raison pour laquelle Xavier un matin de décembre lui a dit que la boutique fermerait deux  weekend par mois. Désormais il n’y aurait personne de 22 h à 6 h du matin. Ce n’était pas elle qui était virée mais Loïc. Désormais elle travaillerait en binôme avec Josiane, la petite nouvelle. Tantôt de 6 h à 14 h et de 14 h à 22 h. Et ce du lundi au vendredi. Une fois par mois elle reviendrait travailler à 22 h le vendredi et ferait non stop jusqu’au lundi. Le patron avait tout prévu, un lit de camp pour ses moments de repos et la paye suivrait. C’était à prendre ou à laisser. Elles feraient un essai et il ajusterait les horaires selon la demande des clients.
Virginie était mécontente, elle aimait bien travailler de nuit. Elle avait ses habitudes. Mais surtout elle avait rencontré un client de passage et ils faisaient l’amour dans la boutique. Un jour c’était dans la remise, d’autres fois dans les toilettes, ou sur une table. Peu importait le lieu , Virginie était comblée. Ce vendredi elle l’attendait car c’était le grand weekend de sa collègue. Du coup elle était libre jusqu’au lundi 6 h.
La semaine précédente il était venu la récupérer à 14 h, ils avaient passé un weekend chez lui en amoureux. Même le lundi matin il avait téléphoné et décommandé ses rendez-vous, ensuite elle était allée chez elle en sa compagnie, ils avaient essayé le lit, puis il lui avait demandé de venir habiter avec lui. Virginie ne s’attendait pas à cette proposition. Certes sexuellement ils s’entendaient à merveille mais il avait 15 ans de plus qu’elle. Mais pour elle c’était un véritable conte de fée, et, elle lui avait dit oui.

Elle rêve à ce qu’elle a fait au cours de la semaine, tous les jours il l’a comblé de cadeaux, de mets comme de sa vie elle n’a jamais eu l’occasion d’en manger. Elle a rencontré son père un homme raide comme la justice, il est depuis un accident cérébral dans un fauteuil roulant. Mais comme dit son fils il n’a rien perdu de son rang. Ils ont fait l’amour dans toutes les positions. Elle en a pas parlé à sa meilleure amie mais ce weekend elle va demander à Hugo si cela le dérangeait qu’elle vienne leur rendre visite. Elle était en permission car dans l’armée.

Ah te voilà ma collègue se fait attendre, comme tu es beau où m’emmenes-tu ?
Est-ce que tu peux laisser ta voiture et monter dans la mienne, je vais t’emmener faire un petit voyage.
Loin ?
Non juste de l’autre côté de la ville mais c’est dans la campagne et je te dois bien ça. Je donne une fête en ton honneur.
C’est chez ta mère
Non, bien qu’elle y sera, c’est notre résidence secondaire, j’espère que ta collègue va se dépêcher,j’aurais dû choisir la semaine où tu termines à 14 h. Mais il y avait une réception et je ne t’avais pas encore présenté Cela fera un an demain que nous nous connaissons et je veux officialiser notre rencontre.
J’en suis ravie Hugo
Je ne veux pas me montrer à ta collègue, gardons secret notre amour, ma voiture c’est la Citroën noire qui est garée devant la boutique. Je vais la déplacer et aller me garer vers les camions.

Tu as changé de voitures ?

Non, c’est celle de mes loisirs.

Ah Monsieur a une voiture pour travailler et une voiture pour ses loisirs.

Cela te dérange ma douce, tu préfères que nous prenions ta twingo verte pour se rendre à une réception où je vais annoncer que nous sommes mariés.

Hugo ne me laisse pas le loisir de lui répondre il se penche vers moi, prends mon visage dans ses mains et m’embrasse comme un fou. Puis après m’avoir caressé le visage, il’sort, me fait un signe de la main et s’appuie nonchalamment à sa voiture en fumant une cigarette. J’attends patiemment l’arrivée de Josiane.
10 h Josiane n’est toujours pas arrivée, aussi je téléphone au patron, personne ne me répond. C’est bien ma veine. Finalement je la vois arriver sur une moto à l’arrière. Elle descend précipitamment, embrasse l’homme qui repart aussitôt, rentre dans la boutique sans aucune excuse.
Je me précipite à l’extérieur en espérant qu’Hugo n’est pas trop prêt de la boutique. Non , il fait les 100 pas, il n’a pas l’air très content mais je le fais taire par un baiser.
Mais c’est déjà 10 h 30 qu’est-ce que tu faisais?
C’est ma collègue elle n’arrivait pas et le patron ne me répondait pas, mais on nous attend ?
Oui j’ai une surprise pour toi.
Ah c’est pour ça que tu voulais que je sois à l’heure.
Oui on n’aura pas le temps de passer chez nous. Tu te changeras dans la forêt domaniale ou notre maison se trouve. Personne ne te verra, les invités nous attendent depuis 21 h.

E n’ai pas de sous-vêtements propre, après une journée de travail je dois sentir le gasoil. J’aurais dû prendre une douche.

T’inquiètes je connais tout de ton corps et on va s’arrêter et tu te changeras avec ce que je t’ai acheté. Pour la douche tu en prendras une dans notre suite.

On dort sur place ?

Oui c’est préférable, nous allons arroser notre mariage.

Tiens voilà un endroit, il.n’y a personne tu quittes tout et tu découvriras au fur et à mesure ce que je t’ai acheté.
Regarde une robe cocktail noire, sous vêtements rouges guêpière string. Des talons hauts rouges. Cela te plaît ?Wahou je sens que je vais adorer mon weekend. Des bas noirs et des talons rouges. En rouge et noir j’adore Hugo. Tu me gâtes.

Et Virginie se mit à fredonner « En rouge et noire » de Patricia Kaas, ce qui fit rire Hugo. Il avait posé sa main sur sa cuisse et remontait lentement jusqu’à son string qu’elle venait d’enfiler.
Hugo que fais-tu ? Si tu me l’avais dit je ne l’aurais pas mis.
Alors je n’aurais pas eu le plaisir de te l’ôter.
Alors sois sage. Je vais me peigner car tu m’as ébouriffé les cheveux.
De toutes façons on va bientôt arriver. Ah une dernière chose je te présenterais comme ma femme. J’espère que cela ne te dérange pas.
Non, pas du tout. Au contraire j’aimerais bien le devenir.
Et bien à compter de cette nuit tu es ma femme adorée. On officialisera ça un de ces jours. Viens dans mes bras. Tu sais j’ai déjà envie de toi, mais on a tout le weekend et on le commence ce vendredi…Il faut que je te dise deux ou trois choses avant d’entrer, j’ai invité des collègues de mon travail, ainsi que des concurrents et ils sont en  général tous accompagnés. Tu seras de loin la plus belle ce soir. Ils pensent que nous revenons de voyage de noce. Comme tu m’as dit avoir vécu à Venise et bien nous revenons de Venise.
Et Hugo me met une petite tape aux fesses qui m’émoustille tout le corps.
Dans la première heure je n’ai pas touché terre, tous ses amis viennent me saluer et, à chaque fois je reçois des baises-mains ou de grandes accolades. Les femmes me snobent un peu sauf la femme de son meilleur ami, mais je la trouve triste, mince voir anorexique. Quant à  son mari lui est énorme. Il a un ventre important, le teint rouge, les mains moites je le sais car il m’a pris la main et me l’a baisé, je n’ai pas aimé car il a passé sa langue sur chacun de mes doigts, je me suis essuyée j’étais pleine de bave. Je l’ai trouvé assez condescendant. Hugo m’observait et, je ne savais vraiment pas quelle contenance prendre, heureusement une dame âgée est venue à ma rescousse en me disant :
 » Chère Virginie mon fils Hugo est cachottier, il ne nous avait pas dit quelle délicieuse femme vous êtes ! »
Mais je lui pardonne son mariage éclair dans cette ville merveilleuse où vous viviez. Mais je vous ai écouté parler vous n’avez aucun accent.
Non car depuis quelques années je vis en France.  Lorsque sur le Pont des soupirs j’ai croisé Hugo c’était mon retour dans ma ville natale.
Oh comme c’est romantique sur le pont des soupirs, il vous a embrassé.
Oui, comment le savez-vous ?
Vous êtes d’une naïveté ma chère enfant mais j’adore. A plus tard amusez-vous bien.

A suivre …

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « L’autoroute de tous les Dangers ! »

  1. Coucou Eva Joe.
    Une histoire d’amour qui me semble bien rapide et annoncée aux tiers sur de gros mensonges…
    Je sens que cela ne va pas durer !😉
    Bises et bon Dimanche – Zaza

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  2. Bonjour Evajoe,

    Mince! Je ne m’étais pas aperçue qu’une nouvelle histoire était en route.
    Cela démarre à petits pas sur un chemin que je devine plein de traitrise. Il ne me dit rien qui vaille ce Hugo! Je crains que Virginie ne déchante très vite. Le gros mec qui lui lèche les doigts: beurk!
    gros bisous!!!!!

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