L’autoroute de tous les dangers/ 4

Melodie : son récit

Quand j’ai appris que nous allions à la soirée de mariage d’Hugo j’ai pleuré une journée entière, revoir Hugo dans ces conditions ce n’était pas possible.

C’est sa mère qui nous a envoyé un carton d’invitation. Hugo s’était marié quinze jours auparavant en Italie précisément à Venise là où nous aurions dû nous enfuir il y a tout juste un an.J’étais désespérée, cet homme était beau, sympathique, gentil jusqu’au jour où il m’a appris avoir rencontré une belle Italienne sur le Pont des Soupirs alors qu’il s’y était rendu pour nous trouver un nid d’amour.

De rage je l’avais giflé alors il m’avait jeté sur le lit de la chambre d’hôtel ou nous nous retrouvions et il m’avait prise de force en me disant de cette manière tu ne me regretteras pas.

Il m’avait laissé et quand j’étais arrivée en bas, le maître d’hôtel m’avait interpellé au moment de franchir la porte. Je me souviens de ces mots, quelle honte j’ai eu.

– Madame vous avez oublié quelques choses.

Étonnée j’ai fait demi-tour et là il m’a tendu la note pour notre chambre d’hôtel. C’était une somme faramineuse. Je me suis penchée sur le papier au nom de l’hôtel et j’ai vu que c’était tous les mercredis depuis six mois que je devais m’acquitter.

-Monsieur Leyrieux a payé son dû, il m’a dit que vous deviez payé ce que vous avez dépensé.

Il se payait ouvertement ma tête. Mon compte bancaire personnel était vide. Depuis que Steph savait que je m’envoyais en l’air au Carlton il m’avait supprimé l’autorisation de me servir sur sa carte bleue. L’appeler pour qu’il me vienne en aide ce n’était pas possible, qu’allais-je faire ?

Soudain mon téléphone se mit à sonner c’était Hugo il avait dû me faire une farce, il regrettait son geste. Je prenais la communication mais ce que j’entendis à ce moment un an après j’en suis encore malade et dégoûtée.

« Passe-moi le maître d’hôtel et fais ce qu’il va te dire. »

J’étais dans un état second, le maître d’hôtel me demandait de le suivre dans la chambre que j’occupais. Dans un premier temps je pensais qu’ Hugo avait oublié ses clefs et il voulait que je lui les récupère mais j’étais loin de me douter de ce qu’il allait se passer.Arrivés dans la chambre, Mario mis le haut parleur à la demande d’Hugo et voici ce qu’il me dit :

« Je sais que tu n’as pas un rond aussi je te demande de faire la pute pour le personnel de l’hôtel. Tu viendras tous les mercredis de 4 a 7 aux heures que je te consacrais pour te baiser. Tu te mettras nue sur le lit et attendra le client. Au lieu de te payer tu payeras nos mercredis d’amour. Si tu ne viens pas j’avertirais mon ami ton cher mari que tu t’envoyais en l’air tous les mercredis soirs avec moi. »

Je ne pouvais pas accepter de faire ça, pour moi c’était le déshonneur aussi pour cette fois j’acceptais jurant que je n’y remettrais plus jamais les pieds. Le soir même je me confessais à Steph qui ne parut pas surpris. Cette nuit il a regagné le lit conjugal qu’il desertait depuis des mois. Lui, qui ne me faisait plus l’amour a voulu tout savoir de ce que je faisais au Carlton avec Hugo et il a joué avec moi comme mon amant.Il est allé voir le patron du Carlton et a payé ce que je devais. Il m’a demandé de ne plus jamais évoquer ce moment humiliant. Mais lui au moins est mon mari et je suis punie là où j’ai pêché comme aurait dit ma professeur de français.

Le pire c’est qu’Hugo avait eu carte blanche de mon époux. Ce dernier m’avait jeté dans les bras de son ami, provoquant une rencontre et prétextant un appel téléphonique urgent qui m’avait laissé comme une imbécile dans la garçonnière d’Hugo Leyrieux.

De fil en aiguille ce bel homme m’avait séduite et j’apprenais un an plus tard que Steph nous avait observé derrière une glace sans tain. Il était stérile et voulait un enfant, Hugo son pote s’était dévoué. Depuis je suis obligée de supplier Stéphane pour qu’il fasse son devoir conjugal, cela le fait rire. J’en suis réduite à pleurer pour que mon mari m’honore.

Et ce soir Hugo parade au bras de sa femme. Si elle savait quel pervers elle a épousé elle se sauverait. Je me demande si moi Mélodie de la Feuillantine je ne vais pas la mettre au parfum. C’est une fausse brune ça se voit à ses tâches de rousseur qu’elle a sur le visage, on dirait la soeur d’Hugo, cette môme que les Leyrieux cachent, pauvre petite fille trisomique. Je l’ai entraperçu lorsque nous sommes arrivés. Elle doit avoir l’âge de sa femme. Certes, elle ne lui ressemble pas, seules les tâches de rousseur sur sa peau lui donnent une allure semblable à sa nouvelle belle-sœur.

Moi je suis une vraie blonde aux yeux bleus, je suis élégante maigre car plus jeune j’étais anorexique. Là je viens de replonger, je fais des crises de boulimie et me fais vomir. Stéphane menace de me quitter ou de me faire enfermer. Je dois me ressaisir, je sais que je suis enceinte j’espère que notre couple ira mieux lorsque je le lui dirais en rentrant ce soir.

Lui qui se croyait être stérile c’est juste qu’il s’y prenait mal, depuis que je le guide je suis pleinement satisfaite et je suis tombée enceinte. C’est la deuxième coupe de champagne que je refuse, j’ai bien vu qu’il était étonné d’habitude je rentre complètement saoule de ses petites sauteries ça m’évite de voir ce qu’il se passe en petit comité. J’espère que Steph ne s’éternisera pas j’en ai ma claque de tous ces snobs. Ces soi-disant amis. Ils se placent auprès des Laboratoires Leyrieux à part ça ce sont de pauvres types. Sans parler de leurs femmes ramassées je ne sais où.

Je vois Hugo qui s’approche de moi, que me veut-il ?

-Mélo

-Ah ne m’appelle plus ainsi tu me degoûtes.

-Qu’ai-je fait de mal, tu voulais un mec je t’ai accordé du bon temps , je ne t’ai rien promis, tout à une fin. J’ai rencontré Virginie et nous voilà ensemble. Elle me fera de beaux enfants alors que toi en un an tu n’as pas été fichu de faire un gosse à ce pauvre Stéphane. Continue ainsi il ira voir une autre et toute Mademoiselle de la Feuillantine que tu es tu resteras maigre et moche sans mômes.

-Tais-toi je ne voulais pas d’enfants avec toi je prenais la pillule.

-M’étonne pas tu es égoïste.

-Pfff

Bon j’ai besoin de toi, peux tu aider ma femme, elle a vomi je ne sais quoi, je n’aime pas l’odeur aigre de la chambre, tu vas aller l’aider à prendre une douche et après tu peux aller dormir. Ma mère vous a préparé la chambre rose.

-Moi tu veux que je joue à la soubrette débrouille-toi.

-Ton mari va s’occuper d’elle, allez va l’aider tu le surveilles je ne veux pas qu’il pose ses sales pattes sur la peau de mon amour. Ce devoir m’incombe mais je dois rencontrer un concurrent. Si tu ne le fais pas pour moi fais le pour Virginie je l’adore.

-J’ai bien peur que ce soit trop tard.

-Tant que Steph n’est pas couché sur elle tout est possible.

A suivre…

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

7 réflexions sur « L’autoroute de tous les dangers/ 4 »

    1. Mon côté sombre en ce moment vous emmène dans les méandres de mon imagination à la rencontre de ceux qui sont plus que méprisables…
      Mais qui sait tout peut se produire !
      Merci de ton passage dans mon antre.

      Bisous 😘

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  1. Ha non, je ne te connaissais pas ce côté … je ne sais dire.
    Quelle horreur Madame. Le pire est que je me dis que ça existe certainement.
    Je me remets àlire un peu sur l’ordinateur, et voilà ce que tu m’infliges !

    J’aime

    1. Pardon… Mais c’est mon côté un peu sombre. Une amie très proche m’a dit je ne te connaissais pas sous ce jour. Cette nouvelle ne figurera jamais dans un recueil de nouvelles. C’est juste pour mon blog.
      Ils sont machiavéliques mais….Continue de lire.
      Et juste je n’ai rien inventé pour certains passages ça existe dans la vraie vie…

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