L’autoroute de tous les dangers / 9

La confession d’Hugo

Tant que nous étions une bande de joyeux lurons qui buvaient plus que la normale et qui jouissaient à tout point de vue de la vie j’étais je l’avoue dans mon élément.

Je m’étais autoproclamé comme le roi incontesté de toutes les fêtes données dans notre demeure de Choisy-le-Roi. Le Roi forcément c’était moi. Bien entendu que cette maison n’avait aucun rapport avec un château hormis la tour que mon grand père avait fait construire après la guerre et qui donnait à cette bâtisse un air désuet mais charmant.

C’est dans cette tour qu’avait lieu des orgies et autres folies dont chacun de ces 26 membres pouvaient échafauder.

Bien entendu que depuis que mon frère était parti faire le tour du monde j’avais un peu levé le pied car j’étais dans l’obligation de seconder mon père jusqu’au jour où j’ai commis l’irréparable et depuis mon père, si peu à peu à retrouver l’usage de la parole m’en fait d’incessants reproches.

Et c’est à cause de cette animosité qui m’ oppose mon père et moi que j’ai eu la mauvaise idée de suivre les penchants sadomaso de celui que je considérais comme mon meilleur ami.

J’ai du remords qui, jusqu’à ce soir je compensais par l’amour que je porte à Virginie mais je viens de la trahir une nouvelle fois en acceptant ce pari stupide avec Stéphane d’une part pour une dette que j’ai payé mais dont j’attends toujours le papier qui le confirmera, et d’autres parts avec des copains d’hier qui veillent à ce que je reste un tombeau, suite aux événements qui nous ont fait basculer dans l’horreur.

Je suis là, assis dans le patio attenant à la chambre nuptiale, j’attend que Stéphane s’empare de la femme que j’aime. Je ne puis me résoudre à le laisser faire, aussi j’ai tout dit à Virginie, j’ai lu dans ses yeux, du mépris,de la peine et même plus mais je n’arrive ni à m’en défaire, ni à comprendre ce que son regard signifiait.

Je suis mal à l’aise et je pense que son regard rejoignait celui que j’ai croisé lors de cette nuit terrible. C’était à la foi de l’effroi et de l’incompréhension, même si dans l’autre celui de cette fille dont je n’ose prononcer le prénom il y avait une douleur incommensurable.

Comme je n’ai rien d’autre à faire qu’attendre que Stéphane tombe dans le piège que j’ai élaboré avec Virginie, mes pensées vagabondent à ce 23/06 2019 la nuit où moi et mes copains nous avons croisé ces lycéennes au nombre de deux, qui rentraient du théâtre où elles avaient joué L’Avare. Elles avaient à peine 18 ans, l’une était mineure. Nous les avons siffler et interpeller très gentiment.

Elles venaient tout juste de quitter le théâtre et l’une d’elle qui s’appelait Julie nous a dit attendre son père qui devait les ramener. Mais le gentil papa avait du retard et pire au bout de trente minutes il annonce à sa fille qu’il était en panne à plus de deux kilomètres, il lui conseillait d’attraper le dernier bus et de s’arrêter à Guyancourt. De fil en aiguille émoussé par leurs jolis minois et leur jupe au ras des fesses nous leur avons proposé de les ramener. Après une brève hésitation de la belle rousse, sa copine plus déluré lui a dit:
L’essentiel c’est que nous soyons à Guyancourt avant ton père.

La belle Julie qui me plaisait énormément est montée près de moi à l’avant pendant que son amie montait dans la seconde voiture. Arrivé à destination, la seconde jeune fille dont je ne me souviens plus du prénom a décidé de rentrer à pieds chez elle à 500 mètres de l’endroit où nous nous étions arrêtés.

Mon ami Stéphane galamment s’est proposé à la raccompagner à pieds, c’était une magnifique soirée d’été.Les autres ont dû attendre son retour, moi par contre assez éméché en compagnie de deux copains dans le même état que moi, assis à l’arrière, j’ai proposé à Julie de l’emmener vers son père afin de lui donner un coup de main. De plus il était non loin de Choisy-le-Roi où était notre maison et j’avais toujours dans la boîte à gants les clefs. J’ai joué sur le fait que j’avais un peu trop bu et j’ai donné les clefs au fils du roi de la saucisse ce poltron de Jean-Ba encore présent ce soir.

Je suis passé à l’arrière et au bout d’une dizaine de kilomètres après lui avoir pris la main, je me suis rapproché d’elle et délicatement je l’ai embrassé, elle ne m’a pas repoussé.

Bizarre alors que mon esprit vagabonde deux regards se superposent, celui de Julie et de Virginie…

C’est etrange, ce doit être ma colère envers Jean-Ba et Steph qui me procure ce dédoublement. Je suis ailleurs et là et, je revois le regard de Virginie, oui je ne comprends pas.

J’ai l’impression de voir au fond de ses yeux un éclair de haine. Mais je dois me tromper c’est juste les tâches de rousseur et les yeux verts qui me font revivre ce cauchemar. Elle m’a dit que son père et sa mère étaient divorcés, sa mère était repartie en Calabre avec son frère et son père vivait à Versailles.

Comme elle n’a pas de sœur c’est juste une coïncidence…

A suivre…

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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