Un conte de Noël

Et c’est ainsi que finit mon conte chapitre 13

Quand les enfants furent couchés, la maison retrouva son calme.La neige continuait de tomber doucement derrière les vitres.Dans le salon, seule Mamie Rose restait éveillée, son tricot posé à côté d’elle.Elle sortit de sa poche un petit morceau de papier bleu — le même que celui des cadeaux.Elle le caressa du bout des doigts et sourit.

Depuis des années, elle offrait à Élise un cadeau choisi avec soin :jamais un jouet banal, jamais un objet au hasard.Un cadeau bleu, toujours bleu.Un cadeau qui pouvait révéler quelque chose…non pas de magique au sens spectaculaire,mais de vrai, de profond, de lumineux.

Elle ferma les yeux.Au fond d’elle, elle sentit cette sensation familière :les émotions des autres, comme des petits frémissements, des éclats discrets qu’elle percevait depuis l’enfance. Elle avait toujours su voir ce qui se glissait dans les cœurs,sans jamais forcer,sans jamais effrayer.Cette année, pourtant, quelque chose avait changé.Son don, elle le sentait, devenait plus léger en elle. Comme une brume qui s’efface doucement le matin.Et un autre cœur, dans la maison,commençait à briller.Elle rouvrit les yeux.

Hugo se tenait dans l’encadrement de la porte, silencieux.

— Mamie… murmura-t-il.Comment tu savais que je pouvais… sentir les choses ?

Mamie Rose tapota le canapé pour l’inviter à s’asseoir.

— Parce que, mon garçon, les dons de notre famille ne se perdent jamais.Ils… changent simplement de mains.Hugo baissa les yeux.

— C’est pour ça que tu m’as demandé de déposer le cadeau bleu ?

— Oui. Je voulais voir si ton cœur entendrait le bon moment.Et tu l’as trouvé.Comme si tu l’avais toujours fait.Hugo réfléchit.Il repensa à Élise, à ses émotions qu’il avait senties avant même qu’elle parle. À la petite lumière qui avait brillé sur la photo. À ce frisson doux quand elle souriait.

— C’est… difficile à expliquer, avoua-t-il.C’est comme si tout devenait clair un instant.Comme si je comprenais sans que quelqu’un me le dise.

Mamie Rose posa une main chaude sur sa joue.

— C’est exactement ça.Tu ne lis pas les pensées.Tu entends les émotions.Tu vois ce qui est… invisible pour les autres.

— Et Élise ? Elle saura un jour ?

— Peut-être, répondit Mamie Rose.Mais pas parce qu’on lui dira.Parce qu’elle le découvrira avec son cœur à elle. Le cadeau bleu l’y aide chaque année.Il lui apprend à regarder… au-delà.

Hugo sourit, touché.Mamie Rose ajouta :

— Toi, tu feras comme moi : tu utiliseras ton don pour protéger, pour apaiser…pour faire briller les autres.C’est tout ce qu’il demande.Elle reprit doucement le morceau de papier bleu, le déposa sur la table et dit :

— Tant que le papier bleu existe… la magie circule encore.

Hugo serra sa main.

— Je continuerai, Mamie.Promis.

Et dans la pénombre du salon, illuminé par le sapin endormi,on aurait juré voir une petite lueur dorée se glisser entre eux…comme un fil de magie transmis d’un cœur à un autre. La neige tombait.Le cadeau bleu avait accompli son rôle.Et Noël, cette année-là, avait un goût de secret bien gardé.

ÉPILOGUE

Le lendemain de Noël, la maison réveillée sentait encore la cannelle et le chocolat chaud. Élise et Zoé jouaient dans le salon, riant à chaque photo prise par le nouvel appareil. La lumière du matin rebondissait sur les guirlandes et les décorations comme si tout brillait un peu plus que d’habitude.

— Regarde, Zoé ! On dirait que la boule argentée cligne de l’œil !

— Oh, fais voir ! s’exclama Zoé en se penchant. Hugo les observait de loin. Chaque fois qu’Élise souriait, il sentait comme une petite chaleur dans sa poitrine :la certitude qu’elle se sentait bien, vraiment bien.Il n’avait plus peur de ce don tout neuf. Il apprenait à l’apprivoiser. Mamie Rose entra dans la pièce en s’appuyant légèrement sur sa canne.Elle regarda ses petits-enfants et leurs éclats de rire rebondir contre les murs.Elle posa une main sur l’épaule d’Hugo, sans un mot.Il comprit.Élise leva soudain la tête, les joues rosies par le jeu.

— Mamie ! Ce cadeau bleu… il vient vraiment du Père Noël, tu crois ?

Mamie Rose eut un sourire mystérieux.Le même que lorsqu’elle racontait ses histoires d’enfance : les flocons qui chuchotent, les décorations qui s’éveillent, la neige qui écoute.

— Je crois, répondit-elle doucement, que certains cadeaux savent trouver leur chemin tout seuls.Il suffit d’un peu de cœur… et d’un soupçon de magie.Élise sembla réfléchir, puis hocha la tête, pleinement satisfaite.Elle prit une nouvelle photo.Sur l’écran, une petite lueur dorée flotta un instant avant de disparaître.

— Oh ! Vous avez vu ? s’écria-t-elle.Mais Zoé avait cligné des yeux trop vite.Hugo avait détourné le regard — comme s’il savait déjà.

Et Mamie Rose… souriait encore.La neige, dehors, recommença à tomber.Fine, légère, presque musicale.Dans la maison, tout était calme et chaleureux.Et quelque part, bien rangé dans un tiroir que seule Mamie ouvrait,un petit carré de papier bleu attendait déjà l’année prochaine.

Fin ( mais j’ai écrit une note pour les parents et grands-parents à lire … )

Ce conte de Noël raconte une soirée féerique dans une famille chaleureuse.Élise, une petite fille curieuse, prépare Noël avec son amie Zoé, son grand frère Hugo et leur Mamie Rose, une grand-mère douce et malicieuse qui adore raconter des histoires magiques liées à ses souvenirs d’enfance.

Chaque année, Élise reçoit au pied du sapin un mystérieux cadeau bleu dont personne ne revendique l’origine. Cette année, c’est un petit appareil photo. En jouant avec, Élise capture sans le vouloir un phénomène lumineux étrange et bienveillant, qui ajoute une touche de magie au réveillon.

Au fil de la soirée, Hugo découvre qu’il possède, comme sa grand-mère, un don très discret : une capacité intuitive à ressentir les émotions des autres. Mamie Rose l’aide à comprendre que ce don doit être utilisé avec douceur, pour protéger et réconforter — jamais pour deviner des secrets gênants. C’est une métaphore de l’empathie et de la sensibilité aux autres.

Le conte se termine sur la complicité retrouvée de la famille, la magie légère des décorations et de la neige, et un dernier clin d’œil au mystérieux papier bleu, symbole d’une tradition tendre que Mamie souhaite transmettre.

C’est une histoire douce, non effrayante, centrée sur :• la magie de Noël (flocons, lumière, décorations)• la relation entre frères et sœurs• la transmission familiale• l’écoute, la sensibilité et l’empathie• un mystère féerique mais jamais inquiétant.

Elle convient parfaitement aux enfants à partir de 7/8 ans. Et même avant c’est laissé à chacun d’entre vous de voir et d’adapter à l’âge de vos enfants et petits enfants. Ma petite fille aura huit ans en mars…

Un conte de Noël

chapitre 12

Une fois les cadeaux ouverts, les enfants se rassemblèrent autour de Mamie Rose qui avait pris place près du feu.Elle aimait raconter une histoire chaque réveillon, toujours différente, toujours inattendue. Ce soir-là, elle observa Élise avec son nouvel appareil photo, puis Hugo, puis Zoé, et dit :

— Voulez-vous une histoire ? Une vraie ? Une petite, mais qui sait se glisser dans les cœurs ?

— Oui ! crièrent les trois jeunes. Mamie Rose referma son châle autour de ses épaules et commença :

— Il y a longtemps, dans une ville où les hivers étaient si froids que les toits fumaient comme des cheminées, vivait un très vieux photographe.Il avait l’œil vif, mais surtout… il avait un secret :

Chaque fois qu’il prenait une photo de quelqu’un qu’il aimait, une petite lumière apparaissait sur l’image.Une lumière que personne d’autre ne pouvait voir… sauf ceux qui avaient un cœur capable d’écouter.Élise cligna des yeux. Le mot lumière lui rappela sa photo d’Hugo.— Cette lumière, poursuivit Mamie Rose, n’était pas un simple reflet.

C’était l’émotion du moment.La joie, l’espoir, l’amitié… parfois même un peu de courage.Le photographe disait qu’on ne photographie jamais seulement un visage : on photographie l’instant qui va avec.

— Comme un souvenir magique ! s’exclama Zoé.

— Exactement, dit Mamie Rose. Lui, il appelait cela attraper la petite âme du moment.Et il disait qu’un jour… quelqu’un d’autre saurait le faire aussi.Mamie Rose regarda Élise, puis détourna les yeux, comme si elle n’avait voulu fixer personne en particulier.

— On peut vraiment voir une émotion sur une photo ? demanda Élise.

— Parfois, répondit Mamie Rose. Quand on ne cherche pas à comprendre… seulement à sentir. La pièce leur sembla plus chaude un instant.

Plus tard dans la soirée, juste avant que les enfants ne montent se coucher, Élise voulut tester encore son appareil.La neige tombait dehors, fine, silencieuse, presque scintillante.

— On prend une photo tous ensemble ! proposa Zoé. Hugo prépara un décor, son père installa les trois enfants près de la fenêtre, devant la nuit enneigée. Élise tendit le bras pour cadrer la scène.

— Souriez !

Cliq.

Le flash se mêla à la lueur du sapin.Élise regarda l’écran de l’appareil.

— Oh… attendez, regardez ça.Les trois têtes se penchèrent au-dessus d’elle.Sur la photo, ils étaient bien là, tous les trois…Mais derrière eux, juste de l’autre côté de la vitre, la neige semblait avoir pris une forme étrange.Une sorte de tourbillon délicat.Pas une silhouette.Pas un visage.Juste une forme de lumière, douce, arrondie… comme une petite spirale brillante. Elle semblait danser dans l’air froid. Pas menaçante même pas effrayante, juste… magique, comme si Noël lui-même avait voulu apparaître sur la photo.

— C’est quoi ça ? fit Zoé émerveillée.Un esprit de neige ? Une fée ? Une étoile qui tombe ?

Hugo resta silencieux, troublé mais fasciné.Ce n’était pas lui, cette fois-là.Ce n’était pas son émotion.C’était autre chose.Quelque chose d’ancien, d’invisible, mais bienveillant.

Élise sentit un frisson agréable dans son dos.Un frisson qui ne faisait pas peur.Un frisson qui disait :Tu regardes au bon endroit.Elle serra son appareil contre elle. Mamie Rose, depuis le canapé, observa la scène.Elle n’avait pas vu la photo, mais elle savait — elle devinait — que quelque chose venait de se glisser dans l’histoire de ses petits-enfants.— Noël réserve toujours une surprise, murmura-t-elle.Et cette année…la surprise venait d’être capturée sur une image.

A suivre…

Un conte de Noël

On approche de minuit… Ouverture du cadeau emballé en bleu nuit chapitre 11

Le moment tant attendu arriva : toute la famille s’installa autour du sapin, les lumières clignotaient doucement, et l’odeur de pain d’épices flottait encore dans l’air. Élise, le cœur battant, prit le petit paquet bleu entre ses mains.Il semblait presque tiède, comme s’il avait été tenu juste avant.

— Vas-y, ouvre ! supplia Zoé, qui trépignait comme si c’était le sien.

Élise défait les étoiles argentées avec délicatesse.bÀ l’intérieur, soigneusement protégé par du papier de soie, il y avait…

Un appareil photo.

Petit, léger, d’un bleu profond exactement de la même nuance que le papier d’emballage. Un bleu qui semblait avoir capté un morceau de ciel d’hiver.Élise inspira un instant.Ses yeux brillaient.

Et soudain elle dit :

— C’est exactement ce que je voulais, mais je ne l’ai dit à personne.

C’est à ce moment que Mamie Rose intervient :

— Cet appareil a une particularité, lui dit elle d’une voix qui semblait déjà conter une histoire. Il capture non seulement les images… Mais surtout les instants. Les instants qui comptent. Élise frotta du bout des doigts la surface lisse.Elle sentit quelque chose… une chaleur délicate, comme une émotion.

— Comment ça… Les instants ? demanda Zoé, fascinée. Mamie Rose haussa les épaules avec son éternel petit mystère :

— Prends des photos, ma chérie.Tu comprendras.

Élise leva l’appareil vers Hugo, qui s’était légèrement tassé sur lui-même, un peu timide mais souriant.

— Tu veux bien ? demanda-t-elle.

Hugo hocha la tête.Élise appuya.

Cliq.

Rien ne se passa au premier abord.Puis un tout petit scintillement apparut dans le viseur.Comme si, au-delà de l’image, l’appareil avait capturé quelque chose d’invisible aux autres.Hugo sentit dans sa poitrine un écho doux — comme quand une lumière répond à une autre. Élise fronça légèrement les sourcils, intriguée, mais le sentiment était agréable, rassurant.Elle regarda la photo : Hugo y apparaissait rayonnant, entouré d’un éclat très léger, une sorte de brume dorée…

Zoé cria :

C’EST DE LA MAGIE ! J’EN ÉTAIS SÛRE !C’est un appareil fantôme ! Un appareil super-pouvoir ! Un appareil

— C’est juste un très bon appareil photo, Zoé, intervint gentiment Mamie Rose. Très… spécial.

Hugo lui lança un regard étrange :Tu savais exactement ce que ça ferait, pas vrai dit-il dans sa tête. Elle lui répondit d’un sourire malicieux. Elle savait.

Élise, elle, ne comprenait pas encore…mais quelque chose lui soufflait qu’elle venait de s’approcher d’un secret qu’elle cherchait depuis longtemps. Elle leva l’appareil une seconde fois, visa Mamie Rose, puis son amie Zoé, et la pièce entière sembla devenir plus douce, plus brillante, plus vivante. Avec ce cadeau, elle allait capturer Noël comme jamais.Et peut-être… découvrir la magie invisible qui se cache autour d’elle.

Tout le monde souriait, les papiers s’entassaient dans la poubelle de Noël, même jes parents de Zoé eurent droit à un cadeau. Chacun s’extasie sur le choix de son cadeau.

A suivre…

Un conte de Noël

24/12 vers neuf heures, tout s’éclaire doucement … Chapitre 10

La maison se réveillait lentement.Les parents préparaient le petit-déjeuner ; une odeur de chocolat chaud se mêlait à celle du pain grillé.Zoé, encore un peu endormie, baillait si fort que ses yeux disparaissaient.

Élise, elle, n’avait qu’une idée en tête : la petite boule scintillante posée sur le rebord de la fenêtre, celle qui n’avait cessé de briller même lorsque Hugo s’était approché.

Quand Mamie Rose entra dans la cuisine, chaque enfant sentit qu’elle portait déjà un petit bout de magie dans son sourire.

— Vous êtes bien matinaux, dit-elle en s’asseyant.C’est souvent aux aurores que les secrets se montrent.

Zoé tapa dans ses mains, ravie :

— Tu vois, Élise ? C’est un signe !

Élise n’était pas sûre que ce soit un signe pour elle…Mais quelque chose lui disait que Mamie Rose parlait pour quelqu’un d’autre.Et ce quelqu’un, c’était Hugo.

Après le petit-déjeuner, les enfants aidèrent Papa à mettre un peu d’ordre dans le salon. Zoé chantonnait car elle était considéré comme un membre de la famille, Élise rangeait les boîtes de décorations…et Hugo ramassait les guirlandes tombées pendant la nuit. Il faut dire que Zèbre leur chat s’en était donné à coeur joie pendant la nuit.

Soudain, Élise s’arrêta net.Elle venait de voir Hugo prendre une guirlande dans ses mains…et elle s’était illuminée.Très faiblement.Comme si une petite étincelle passait à travers lui.

— Tu as vu ça ?! chuchota Zoé.

Élise hocha la tête sans un mot.

Hugo, lui, ne semblait même pas s’en rendre compte.Il était concentré, doux, attentif.Comme si son seul geste suffisait à calmer les décorations…ou à les réveiller, elle ne savait pas vraiment.

Mamie Rose les rejoignit, un plateau de gâteaux entre les mains.

— Vous savez, dit-elle d’un air innocent, certaines personnes ont une présence spéciale.Elles n’ont rien à faire : tout ce qui les entoure devient plus calme, plus lumineux…

Ce n’était pas un hasard.Élise en avait la certitude.

— Comme toi quand tu étais petite ? demanda-t-elle.

Mamie Rose fit un doux sourire, ses yeux pétillant.

— Peut-être… Oui, peut-être.Mais chaque génération transforme un peu la magie.Personne ne la porte de la même façon.

Elle regarda Hugo un court instant.Un regard si bref qu’on aurait pu le manquer.Pas Élise.

Elle le vit.Et elle comprit.

A suivre …

Un conte de Noël

Un signe imperceptible, Oh le paquet bleu….Chapitre neuf

Élise s’approcha de son frère alors qu’il tentait de réajuster une étoile.

— Hugo ?

— Oui ? répondit-il, sans quitter l’étoile des yeux.

Elle cherche ses mots.

— Tu… tu te sens différent ce matin ?

Hugo se figea une seconde.

— Je sais pas… dit-il honnêtement.C’est juste que… je comprends mieux les choses, je crois.Même quand on ne me parle pas.

Élise sentit un frisson.Ce n’était pas de la peur.C’était de l’admiration

— Comme si… tu savais ce que les autres ressentent ? osa-t-elle.

Hugo leva enfin les yeux vers elle.Dans son regard, elle vit une lueur nouvelle, fragile, comme un feu naissant

— Oui.Juste un peu.Et je ne sais pas pourquoi.Il eut un petit rire nerveux, comme s’il avait peur qu’on se moque.

Mais Élise posa une main sur son bras.

— Moi, je trouve ça beau, dit-elle doucement.Tu deviens un vrai héros de Noël, tu sais ?

Hugo rougit, mais un sourire illumina son visage.Ce sourire-là, Élise ne l’avait jamais vu.

Alors que Zoé revenait avec ses chaussons aux pieds, un flocon unique tomba devant la fenêtre.Il tourna… tourna… tourna encore…Puis se posa délicatement juste au-dessus de la boule scintillante.Le flocon se mit à briller, comme si un secret très ancien venait d’être chuchoté entre eux.

Élise pensa à la phrase de Mamie Rose :“Les flocons ne parlent pas à n’importe qui.”Elle comprit alors que le don de Mamie Rose venait de trouver un nouveau cœur…Et que son rôle à elle serait d’aider Hugo à ne pas avoir peur de cette lumière.

Chaque année depuis qu’Élise avait huit ans, il se produisait un tout petit miracle au pied du sapin, caché entre les branches, apparaissait un paquet enveloppé de papier bleu.Toujours bleu.Toujours le même motif d’étoiles argentées.Toujours au même moment : juste avant d’ouvrir les cadeaux.

Et Élise se posait la même question depuis des années :

— Mais… qui le dépose là ?

Mamie Rose haussait toujours les épaules avec un sourire mystérieux.Les parents disaient ne rien savoir.Hugo riait et disait qu’il dormait trop profondément pour voir quoi que ce soit.

Zoé, elle, affirmait que c’était forcément un « elfe postal ».

Cette année encore, Élise surveillait du coin de l’œil le pied du sapin pendant qu’on finissait de préparer le réveillon. Mais rien, il n’y avait rien, elle devait être trop grande où espérait trop. Aucun paquet bleu, elle en était presque triste.

Peut-être que ce cadeau n’arriverait pas cette année…Dans la chambre d’amis, Mamie Rose appela doucement :

— Hugo, mon chéri… tu peux venir un instant ? Hugo entra. Mamie Rose sortit d’un tiroir un petit paquet bleu parfaitement emballé.

— Tu sais que j’ai du mal à me déplacer rapidement maintenant, dit-elle avec un clin d’œil. Et cette année… J’aimerais que ce soit toi qui déposes son cadeau.

Hugo sentit une chaleur douce dans sa poitrine.Comme si quelque chose en lui vibrait au mot « cadeau ».

— Pourquoi moi ? demanda-t-il.

— Parce que tu sens les choses, répondit Mamie Rose.Et que tu sauras le faire sans bruit, sans peur… Juste avec ton cœur.

Hugo prit le paquet.Il sentit une émotion d’Élise, quelque part dans la maison : un mélange d’attente, de doute, de tendresse. Son don s’éveilla naturellement, comme si l’idée du cadeau bleu l’appelait.Il sortit discrètement dans le couloir.

Les parents étaient en cuisine, éclats de rire et casseroles.Zoé chantait faux dans le salon.Élise, elle, ajustait une guirlande sur le sapin, concentrée.Hugo attendit.Il sentit le bon moment.Quand Élise se pencha pour attraper une décoration tombée, il glissa vite fait le paquet derrière une grosse boule dorée, là où l’étoile du sapin projetait une lumière douce.Le paquet bleu se fondit instantanément parmi les branches.Comme s’il y avait toujours été.

Hugo recula d’un pas.Élise releva la tête, son regard glissa vers un reflet argenté…Elle s’approcha, plissa les yeux…Et son cœur s’emballa

— Hugo l’entendit dans ses propres émotions.

— Le… le cadeau bleu ? souffla-t-elle. Personne n’était passé. Personne n’était derrière elle.Personne n’avait bougé.

Zoé surgit d’un bond :

— DIS MOI QUE C’EST UN ELFE, ÉLISE ! DIS-LE-MOI !

Élise sourit, émue et perdue.Elle passa la main sur le joli papier bleuté.

A suivre…