Quelques lueurs éclairent ce matin gris
Où quelques passants surgissant de nulle part
Déambule dans ces lambeaux de brouillard
Accrochés à leurs valises munies de grigri.
La grande salle est vide attendant ces écrivains
Quelques ombres se faufilent et chuchotent
Et jouent au lèche-bottes
Afin de convoiter la meilleure place ce matin.
Un café et une viennoiserie nous sont proposés
Le petit- déjeuner est loin et une grande journée nous attend
Ne pas faire la fine bouche, mais manger à bon escient
Pour attendre midi sonnant sans nausée.
Les visiteurs arpentent les travées du salon
S’arrêtent ici où là selon leurs choix
Et emportent sous leur bras un polar se passant dans un bois
Où un recueil de poèmes parlant d’un étalon.
En ce matin ensoleillé, les livres pour enfants sont boudés
Un peu feuilleté par des petits aux yeux brillants
Mais les parents s’affairent et ne voient pas leurs regards suppliant
Ils vont de-ci de-là sans se laisser embrigader.

A midi les auteurs restent sur place pendant que se vide le salon
Puis à 13 h un groupe revient en force, mais ils nous ignorent
Que de soupirs, de rires entendus devant leurs efforts
Pour faire demi- tour afin de nous laisser pantois comme des polissons.
A seize heures, nouveau coup de force, les voici en nombre
Enfin, chacun s’affaire à vanter ses livres
Ma voisine en vend un seul comment va-t-elle survivre
Puisque c’est son gagne-pain et qu’elle vit de leur ombre.
C’était mon premier salon, j’en tire quelques enseignements
De nouvelles connaissances, car nous devrions bientôt nous retrouver
J’emporte dans ma boîte en carton de précieux renseignements.








(Monument aux Morts du Creusot chez moi) 


Ce muguet je ne l’ai pas cueillis
