L' adieu

Il  la regarde  dans la glace
et ne voit pas le poids des ans
nul trace
juste l’usure du temps
qui passe
Il voit une femme
qui n’a plus d’âme
l’image est lézardée
il n’est pas concerné
ce ne peut être elle
on lui a coupé les ailes.
Vingt ans plus tôt
elle le trouvait beau
son amour de jeunesse
entre eux plus de caresses
que des mots
tranchant comme un couteau
il en perds le sommeil
celle qui fut sa merveille
 va s’en aller
et l’oublier
vivre ailleurs et recommencer.
Il franchit la porte
sans cohorte
des vêtements et sa vie dans une valise
le chemin est long quand on agonise
chaque jour peu à peu
et à petit feu.
Il va prendre un nouveau départ
laissez faire le hasard
Et demain refleuriront les roses ,
ce n’est qu’une pause.

Sans bras…..Lu ce matin dans un de mes messages

De courriels en courriels
je reçois maints appels
pour défendre l’univers
d’un coup de baguette éphémère
Marre de ces chaînes
je les trouve inhumaine
elles finissent dans ma poubelle
car elles ne sont pas belles.

Mais tout est différent ce matin
j’ai trouvé sur mon chemin
Beaucoup d’humour et de passion
le tout chargé d’émotion.
Un ange volant dans le ciel
 nous émerveille
Son  prénom est  Jessica
 elle est née sans bras.

Apprendre à vivre ainsi
est une leçon de vie
pour chacun de nos soupirs
redonnons un sourire
ne transformons pas nos petits bobos
en énormes maux
Cette femme nous donne une leçon
souvenons nous de son prénom.

Souvenirs

Sous le ciel cotonneux
De ce décor magique
De l’île ou tu vis
Dans la nuit de la Martinique
Il a entr’aperçu deux points bleus
Quand , effarouchée tu t’es enfuie.

Sous son regard de feux
Tu deviens impudique
Tu sens ton corps prendre vie
Et tu te dévoiles peu à peu
Tu découvres en lui
Ton bel hidalgo
Des frissons parcourent ta peau.

Aujourd’hui il est repartis
Tu te souviens de son corps alanguis
Ainsi que de  ses petites mimiques
Depuis tu te portes mieux
Tu as en toi un espoir nouveau
Il reviendra te chercher bientôt.

Frimas

La nature est figée
Autour de nous tout est glacée
La voûte céleste a rejoint la terre
Nous sommes en hivers

Le ciel a saupoudré
D’un linceul sucré
Les champs, les prés
Même le canal est gelé

La rivière a perdue
Son doux clapotis
La cascade est suspendue
Entre jour et nuit

Le bois crépite dans la cheminée
Petit havre de chaleur
Pour la famille dispersée
Pour le labeur.

La lune a rendez vous avec la nuit
A notre porte un lumignon luit
Prenez le temps de vous arrêtez
Nous vous offrons l’hospitalité

Le sucrier

Ce matin en allant au grenier
j’ai découvert ce sucrier
recouvert de poussière
il était près de la soupière
pas moche, mais pas beau non plus
Quelle histoire  racontes tu?
Cela fait des années
ils t ‘ont délaissés
la vie est ainsi faites
Nul te regrettes
tu n’es plus au goût du jour
il en est finis de leur amour.
tu aurai préféré être cassé
comme les assiettes qui se sont fendillées
pour disparaître dans la poubelle
alors qu’elles étaient si belles.
Mais la mode passe
et la vaisselle trépasse.
Je vais te redonner une jeunesse
d’abord quelques caresses
pour t’essuyer tendrement
tu es si beau maintenant
que dans mon vaisselier
tu trôneras pour l’ éternité.