L’enfant de personne /21-1

La vie continue et le récit de Marius

L’année 1944 s’est achevée nous espérons tous que 1945 verra la victoire sur l’Allemagne nazie.

Paul a repris son travail dans la vigne très doucement au départ, il a toujours Moshé qui l’aide et David. A eux tous le travail avance vite. La cuvée d’octobre 44 est délicieuse. Lorsque l’on connaît sa fabrication on comprend que ce vin effervescent est pure. Il est de couleur rosé et on y ajoute ni levure ni sucre. Il est servi pour les mariages. Sa couleur rosée très feminine plaît bien aux mariées.

C’est Paul qui me l’a dit ce matin en m’emmenant chez le Docteur Morand qui a repris du service. Il boîte un peu mais c’est toujours un excellent médecin. Je viens pour mon cinquième mois de grossesse. Vu dans quelles conditions mon petit Noël est venu au monde je ne me fais pas de soucis pour cette nouvelle grossesse mais c’est le docteur qui a insisté pour me suivre. Pour le premier je n’ai eu aucun problème ce sera bien le cas pour celui-ci.

Mais Pierre pourtant fort courageux quand il était dans la résistance s’émeut de tout ce qu’il m’arrive. J’éternue il me dit de ne pas sortir. Bientôt je ne lui dirais plus rien.

Pourtant je lui confie mes doutes, mes questions, mes peurs surtout en ce qui concerne Noël. Devrons-nous un jour lui dire qui était son père ?

Mais Pierre me dit non, tu ne peux pas dire son père, car c’est moi. Dis plutôt son géniteur. C’est totalement différent. De toutes façons le bébé qui va naître lui ressemblera. Il prendra un peu de toi, un peu de moi. Et nous les aimerons aussi fort l’un que l’autre. Je ne ferais jamais de différences. Sois en sûr et ai confiance.

Je regarde Pierre, l’embrasse sur la bouche en un long baiser et lui dit :

– J’ai toujours eu confiance en toi, y compris le jour où j’ai porté ce tailleur jaune.

C’est le mardi 15/03/1945 que mon père est de retour, nous l’attendons, Paul a hâte de le rencontrer. Il sait qu’il est revenu de la guerre de 14/18 avec le visage défiguré. C’est une gueule cassée. Avant 1939 il était chirurgien, cela lui avait été difficile au départ de se faire accepter en salle d’opération, le « mandarin de l’époque  » pensait qu’il avait un oeil en verre. Il sait aussi qu’il porte un masque.

A eux deux ils forment un tout lui a-t-il dit après s’être salué. Ce qui a fait sourire mon père.

J’ai atteint mon septième mois de grossesse. Si j’accouche plus tôt il devrait me rester qu’un seul mois. Mais le Docteur Morand aimerait que j’arrive à mon terme. Si pour Noël cela s’est bien passé on ignore si ce sera à nouveau le cas. Je suis bien plus grosse que pour mon bébé qui me dit je suis un grand garçon maintenant.

Noël est le plus heureux des petits bonhommes il a ses deux grands-pères. Ces deux-là l’emmène dans les vignes. Paul lui explique tout. La grandeur des parcelles de vignes, le nombre de bouteilles qui sortent de la propriété. Il lui a même fait toucher les pieds de vigne et il lui a même dit un secret mais il ne nous en a pas parlé, pourtant notre petit homme nous raconte tout à son retour.

Un jour il revient avec dans sa main un sarment de vignes avec une forme bizarre. Il court devant les deux hommes qui discutent et arrivé à notre hauteur, il nous dit :

– Regardez Maman, Papa c’est un serpent.

Il essaie de nous faire peur, nous jouons la comédie il adore ça.

Il pose souvent sa tête sur mon ventre comme il a vu son père le faire. Et il dit à notre enfant. Dépêche toi de venir petit bébé je veux jouer aux voitures.

Pierre lui dit ce sera une petite sœur. Noël pleure, car il ne veut pas.

Ce soir c’est au tour de mon père de nous raconter les derniers événements survenus dans sa propre famille, la mienne bien entendu.

Tout d’abord il n’a aucune nouvelles de Sœur Marie Bénédicte son amie d’enfance arrêtée en pleine rue à Saint-Étienne. Aucun train n’est revenu d’Allemagne, celui de Paul n’avait jamais traversé le Rhin, on avait appris qu’il s’était arrêté au Struthof seul camps de concentration sur le territoire francais mais a annexé par l’Allemagne nazie. Selon le docteur Morand en était descendu que ceux des premiers wagons car dans les deux autres il n’y avait que des résistants torturés. Le train avait eu ordre de rejoindre Strasbourg afin de passer le pont sur le Rhin. Mais avant de le passer, des chemineaux qui travaillaient le long de la voie avait entendu des appels au secours. Ils avaient réussi à détourné le train pour la Suisse. La suite nous la connaissions. Ce camp de la mort avait été libéré en novembre 1944 et on savait exactement ce qu’il s’était passé d’où la peur de mon père pour son amie d’enfance , celle qui m’avait servie de tante mais bien souvent de mère.

Nous apprenons que mon cousin le fils de Jean mon violeur est rentré d’un camp de prisonniers dans un convoi sanitaire. Il a appris par sa sœur qu’il avait contracté la tuberculose et qu’il attendait son transfert à Hauteville-Lompnes.

-C’est à 30 km d’ici. Vous pensez aller le voir Marius lui demande mon beau-père.

-Certes, c’est mon neveu mais je ne sais pas ce qu’en pense Magdeleine.

A ce moment je n’ai aucune idée précise, j’ai des flashes dans ma tête de mon cousin en train de me tripoter. Je ne sais si c’est lui ou si c’est son père. Puis la guerre est passée par-là. Je ne puis répondre à froid. Aussi je réponds que je n’en sais rien.

Mon père enchaîne sur ce qui est arrivé à son propre frère et à sa belle-sœur. Au moment de la libération du Puy-en-Velay, Jean pavoisait dans la rue avec à son bras un joli brin de fille lorsqu’une traction noire s’est arrêtée à sa hauteur, trois hommes en sont descendu, l’un a tiré une balle dans la tête de la femme et les deux autres ont emmenés mon frère dans un premier temps pour une destination inconnue.

-Qui était la femme ?

-Selon mes renseignements une prostituée. Je me trouvais au moment de ces événements ici, si vous vous en souvenez je suis reparti pour trouver des renseignements concernant ma copine d’enfance enfin Sœur Marie Bénédicte. En arrivant à la gare de Chateaucreux j’ai eu l’heureuse surprise de voir ma nièce qui attendait depuis deux jours en gare de Chateaucreux, elle avait appris mon retour par mon frère Germain. Mais ce dernier ignorait le jour. Elle m’a supplié d’intervenir pour mon frère, son père en l’occurrence en me disant ceci :

 » Papa est aux mains de la Résistance et il a demandé à me voir en signalant que j’étais infirmière à Bellevue et comme je portais le même nom de famille on m’a demandé si ce n’était pas mon père. J’ai dit oui.

On m’a fait monter dans une traction direction Le Puy-en-Velay, puis j’ai changé de voitures et on m’a mis un foulard noir sur les yeux. On me l’a ôté une fois que j’étais à l’intérieur d’une maison , il y avait un grand nombre d’hommes en armes, des gendarmes aussi dont un m’a accompagné dans un réduit, genre placard à balai ou mon père était assis à même le sol, menottés, il avait un oeil au beurre noir. »

– Il n’avait pas grand chose clame Pierre.

-Oui comme tu dis.

Mais mon père a ajouté nous ne sommes pas comme eux. Nous ne sommes ni des assassins, ni des bourreaux même si sur certains endroits la Résistance c’est comporté comme les SS.

-Alors que te demandait ma cousine ?

-Elle voulait que j’intercède auprès de la 35 ieme d’Yssingeaux pour faire libérer son père.

-Tu l’as fait ?

-Non .

-Et ?

-Mon frère a trahi plusieurs Résistants, il s’introduisait dans des groupes, proposait ses services et délibérément les dénonçait. Pour lui c’était une revanche sur la vie. Pourtant nos parents nous ont donné une bonne éducation et nous avons tous été le plus loin possible dans nos études, sauf moi qui n’est pas pu passer mon « brevet élémentaire ». Mais lui c’était la brebis galeuse de la famille.

-Mais pourquoi ? En l’honneur de quoi ?

D’une vengeance vraiment Paul, Pierre et tous ceux qui écoutent mon père sont sidéré que des frères d’une même famille puissent être totalement à l’opposé.

-Alors Marius vous l’avez laissé à son triste sort.

-Non, pas tout à fait mais son sort c’est lui qui l’a voulu. Il a eu un procès en bonne et dû forme. Certes ce n’était pas un tribunal. Mais par les copains de la Résistance.

-Avec un avocat

-En quelques sortes

-C’est-à-dire Papa ? Ce n’était pas toi ?

-Non

Son cri à mon père je l’entend encore résonner. Et ses paroles qui ont suivis je me les remémore parfois.

– « C’est ce que mon frère aîné voulait. Que ce soit moi son petit frère qui soit son avocat. Moi qui était parti à sa place en 17. Moi qui était défiguré à tout jamais, Moi qui avait renoncé à vivre avec la femme que j’avais aimé. Non cela m’était impossible.

Je lui ai dit puisque tu sais tout faire, défend toi…

-Par contre j’ai été appelé à la barre de ce tribunal. Je n’ai pas hésité à l’enfoncer davantage décrivant l’homme qu’il était, méchant, sournois sadique, impulsif, violeur, menteur et assassin et qu’il méritait de ne pas vivre. Ou alors qu’il soit condamné à l’exil. J’ai tourné les talons, la tête haute sans un regard pour lui.

– Puis je suis sorti de ce tribunal improvisé et suis revenu une fois que le jury est rendu le verdict.

-Et ?

-La mort,

-Pendu jusqu’à ce que mort s’en suive car pour la guillotine ce n’était pas possible ou par les armes lui demande Pierre ?

-La mort par un peloton d’exécution. Il n’a pas été torturé. On a même demandé au curé du village de l’assister avant d’être passé par les armes.

À -t-il demandé pardon?

– Lui non, mais Il a accepté de mourir et il a juste dit :  » puisse ma fille et ma nièce me pardonner ainsi que mon frère Marius.

-Et vous lui avez pardonné ?

-Non

A suivre…

L’enfant de personne/21

Ce sera la première fois que les vendanges se feront sans Paul.

Pierre qui fait un stage à l’hôpital de Nantua est venu nous apporter de l’aide accompagnés de ses fidèles lieutenants José et Félix. D’autres du maquis de l’Ain sont aussi venu.

Au début l’ambiance était au plus bas, puis ma belle-mère le premier soir les a tous réunis en leur disant:

– Si Paul était là il aimerait vous entendre chanter. Ne baissons pas les bras les vendanges s’annoncent merveilleuses. Et j’aurais besoin de beaucoup d’entre vous pour écraser le raisin. Nous pratiquons une méthode ancestrale depuis que le grand-père de Paul a acheté cette vigne. Bon appétit et reposez-vous bien.

Lorsque ma future belle-mère a achevé son discours improvisé tous sont spontanément venu l’embrasser. La famille Doumer qui avait fuit l’Allemagne nazie avait rejoint le domaine car entre deux guerres ils correspondaient avec Paul. Juifs c’est tout naturellement que Paul leur avait offert l’hospitalité dans une cachette connue de lui seul. Moshé était viticulteur en Saxe et commercialisait un vin pétillant appelé en français » Le petit chaperon rouge » à cause de son bouchon rouge. ( Véridique). Il serait d’un très grand secours.

Sa femme Sarah aidait Marianne en cuisine. Ils avaient deux enfants, deux garçons de 10 et 8 ans, mais avaient recueilli deux jeunes dont les parents n’étaient jamais arrivés à la ferme. Une fille de 14 ans nommée Anna et son frère de 17 ans David. Eux aussi aidaient pour ramasser le raisin.

Alors que mon père était reparti sur Saint-Etienne voulant connaître le sort qui avait été réservé à son amie d’enfance, nous apprenons qu’en gare d’Oyonnax un train arriverait dans l’après-midi depuis la Suisse. Il y aurait à son bord certains du maquis du Bugey que les Allemands auraient abandonné à leur sort après la chute des villes de l’Ain et du Jura. Ne voulant rien dire à la mère de Pierre nous partons accompagnés de Félix , Moshé et David sur Oyonnax distant de 26 km.

A l’arrivée il y a une foule énorme. Des femmes, des soeurs, des familles, des anciens résistants. Pierre n’en finit pas d’embrasser des hommes et des femmes. Certains me disent :- C’est vous la femme à la robe jaune et ils m’embrassent. Je dois être rouge comme un coquelicot devant ses hommes qui ont affronté les Allemands. Porté cette robe c’était juste pour accompagner un SS et il fallait que ce soit crédible.Je ne pouvais pas voyager avec ce vêtement surtout en voyant les regards couroucés de certains voyageurs.

Mais finalement je suis bien contente qu’ils se soient cassé les dents sur ma robe jaune. Mais ces jeunes sont persuadé que j’ai servi d’appât en mon âme et conscience. je ne me prends nullement pour une héroïne. Mais Pierre me dit laisse tu rentreras dans la légende. Et je le vois sourire.

Enfin le train est annoncé quai Numéro 2. Faut-il traverser les voies ou attendre vers la sortie ? Pierre se décide et demande à Félix et Moshé de rester à la sortie au cas où on le manquerait si par un heureux hasard il était dans ce train. Et c’est accompagné de David que nous nous dirigeons vers le quai. C’est un wagon à bestiaux. Le même qui les avaient emmené en Allemagne, c’est ce que dit la foule qui attends dans un silence impressionnant. Soudain un homme en blouse blanche s’approche de Pierre. C’est son chef de service, il lui demande de venir l’aider car il y a beaucoup de malades, de personnes déshydratées. Il y a aussi des blessés par balles et des résistants torturés ayant encore des blessures qui se sont infecté.

Un silence de mort s’installe sur le quai lorsque descendent les premiers survivants du train. Ils sont debout mais dans un état lamentable. Certains s’affaissent épuisés sur le quai. Les brancards et les bras ne sont pas assez nombreux. Aussi Pierre monte sur un des wagons et demandent à ceux présents sur le quai soit de s’en aller dans le hall de la gare soit de soutenir ceux qui arrivent. Aucune des personnes ne s’opposent aux paroles de Pierre. Ceux qui ne peuvent pas aider s’en vont. Je préfère m’en aller je ne suis pas d’un grand secours. Par contre Moshé reste.

Il va s’écouler plus de trois heures avant que nous voyons réapparaître Moshé suivi de Pierre. Ce dernier est pâle à faire peur. Il.s’asseoit à même le sol et nous raconte l’insoutenable vision d’horreur qu’il a eu lorsqu’il est entré dans le wagon ou gisaient pêle-mêle ceux de son réseau et surtout de son père couché sur la cuisse de son frère d’armes son bras droit dans son réseau. C’est le médecin chef de l’hôpital de Nantua qui m’a secoué par l’épaule tant j’étais tétanisé devant les morts et les rares survivants du dernier wagon. Sur 40 seuls trente sont vivant mais dans un sale état. Nous ne nous sommes pas attardé à vérifier ce que chacun d’entre eux avaient, tous ont été dirigé sur l’hôpital d’Oyonnax, pour mon père j’ai demandé à ce qu’il soit amené à Nantua. Mon patron ne s’y est pas opposé, il m’a dit qu’importe l’hôpital votre père est entre la vie et la mort. Allez rassurer les vôtres, je vais d’abord l’examiner et revenez avec votre mère dès cette nuit. Pierre est dans mes bras il pleure comme un enfant. Puis, essuyant ses larmes il dit mon père s’est toujours battu. On va bien l’entourer il va s’en sortir j’en suis sûr il ne peut pas mourir alors qu’il est de retour chez nous.

Nous sommes de retour à la ferme, Mariane est auprès de son amour. Les vendanges se sont achevé. Mais personne n’est rentrée chez eux. Tous espèrent que Mr Paul va s’en sortir. Ils donnent différents coups de mains. Et tout naturellement ils se relaient à l’hôpital pour que Marianne puisse se reposer. Cela fait quinze jours que Paul est à Nantua. Il a une jambe de cassé ainsi qu’un bras. Différentes plaies et contusions un peu de partout mais ceci est en train de guérir. Par contre sa main droite est salement endommagée. Le chirurgien hésite à l’amputer. De plus Paul est dans le coma on ne peut pas avoir son accord. Tout repose sur les épaules de Pierre, il m’en a parlé ce matin. Je ne sais si j’ai été d’un grand secours mais je lui ai dit :

– Imagine que ce ne soit pas ton père mais un patient inconnu qui arrive dans ton service, en ton âme et conscience que ferais-tu ? Il a réfléchi et m’a dit :

– J’informerai ceux de sa famille et je leur dirai qu’il est préférable qu’il soit amputé.

-Et bien parles avec ta maman et donne lui toutes les raisons pour laquelle il est préférable que ce soit fait. Tu m’as dit que ton père était gaucher, or c’est de sa main droite qu’il s’agit. Et puis ton chef de service t’as bien dit qu’il lui mettrait un crochet en attendant que la science avance.

– Pourquoi es-tu ma bonne fée, qui me donne toujours de bons conseils ?

-Parce que je t’aimes grand nigaud.

Nous étions dans la chambre de mon beau-père, il était blanc, respirait normalement. Sa mère avait donné son accord. L’opération aurait lieu après-demain, le chirurgien était allé sur Oyonnax pour avoir un spécialiste des mains pour opérer. Dans l’après-midi alors que nous attendions le retour du chirurgien et de l’éminent professeur qui arrivait de Paris, Marianne nous a appelé.

– Dis-moi Pierre je n’ai pas rêvé ton père bouge bien ses cils. Pierre se penche et il est stupéfait son père le regarde et ouvre ses yeux.

-Papa

-Pierre

Tout le monde pleure, c’est Paul qui arrête nos pleurs, il nous murmure plus qu’il nous le dit à haute voix :

-Je suis vivant c’est l’essentiel pour le reste j’y arriverais.

-De quoi parles-tu Papa ?

-Je t’ai entendu en parler avec Magdeleine. Je sais que l’on doit m’amputer.

Nous étions stupéfaits, il était dans le coma et il savait ce qu’il allait se passer . Lorsque nous avons rapporté ces paroles à ceux restés à la grande maison, Félix s’est souvenu que son grand-père avait tenu ce même genre de propos quelques semaines avant de mourir. Sa mère s’était demandé s’il ne leur avait pas joué la comédie. Aujourd’hui il comprenait.

Un mois plus tard Paul est rentré à la ferme, il va mieux. Mais il a refusé de nous raconter ce qu’il s’était passé. Il a juste dit « Ce train est allé jusqu’au Struthof situé en amont du Rhin. On n’a jamais traversé le Rhin. Certains wagons se sont vidé. Et le nôtre n’a pas été ouverts. Puis le train est reparti. A un moment donné il s’est arrêté on entendait passer les avions. Les mieux portant appelaient au secours. Puis petit à petit nos forces ont diminuées. De temps en temps la porte s’ouvrait on nous donnait un seau d’eau. Je pense que si il y a eu si peu de morts dans notre wagon c’est parce que c’était la majorité de mon réseau qui y était. On s’est soutenu, entre aidé tout le temps où je suis resté conscient. »

Depuis Paul réapprend à vivre. A la place de sa main il a un crochet. La dernière de ses filles l’appelle  » capitaine crochet. »

« Ce matin j’ai annoncé à mes beaux-parents que j’attendais un bébé. La joie était sur tous les visages. »

Paul a juste dit, il va falloir vous marier mes enfants.

D’un commun accord nous décidons d’attendre l’année 1945.

Et surtout je veux que ceux de ma famille soit présent…

A suivre

L’enfant de personne /20-3


Un retour en arrière : le récit de Pierre

Ce fut un moment intense, j’étais avec mon amour, et une partie de la France était libre.

Et le soir il nous raconta les derniers événements depuis que j’étais partie retrouver ma tante. Je pense que je continuerais de dire ma tante par égard à ce qu’elle a fait au cours de cette guerre, nous espérons que nous aurons de ses nouvelles. Mon père a appris qu’elle avait été arrêté, mais, hélas il n’a rien su d’autres.


C’est après le repas que Pierre évoqua avec mon père les derniers événements qui s’étaient déroulés pendant l’attaque des troupes allemandes commandé par le sinistre Klaus Barbie et le Docteur Muller

-Cela s’est passé du 11 juillet au 22 juillet 1944. Nous étions les maîtres incontestés de Nantua et d’Oyonnax que nous avions repris aux Allemands et de ce fait libéré de l’oppresseur. Le haut commandement Allemand a opéré dans les Monts du Bugey une contre-attaque afin de nous anéantir pour reprendre les villes libérées. Ils nous ont pris en tenaille pour nous empêcher toute tentative de fuite. S’ils ont eu 300 morts comme de notre côté. Nous étions bien moins nombreux que les 4000 hommes qu’ils avaient déployé.
J’ai été arrêté le 14 juillet sur la route qui mène au Cerdon. J’étais allé caché notre fils ainsi que ma mère, ma petite soeur et le docteur Morand qui n’arrive toujours pas à marcher. Voyant comme tournait l’attaque j’aurais dû suivre ses recommandations en repartant par la montagne, mais galvanisé par mon opération kidnapping à l’hôpital je n’ai pas tenu compte de ses recommandations et je me suis jeté directement dans la gueule du loup.

-Pourtant Pierre tu avais toujours écouté les recommandations du Docteur. A quoi pensais-tu ? Ont-ils su qui tu étais?


-Ceux qui m’ont cueilli si je puis dire l’ignorait, j’étais non loin de la voie ferrée on devait faire dérailler un train. Soudain on a entendu un bruit de voitures, motos et chars, alors qu’à cette heure aurait dû surgir le train 4417 en provenance de Bourg-en-Bresse. Certes nous étions dissimulés dans les taillis et anfractuosités de rochers mais quand tu vois le canon d’un char où tu te fais tuer sur place ou tu essayes de t’enfuir ou tu te rends. Mes camarades et moi nous nous sommes enfuis. J’etais en compagnie de Tonio quand au détour d’un chemin en contrebas de la voie ferrée j’ai glissé et dévalé la pente plus vite que je n’aurais mis en temps ordinaire. Je suis arrivé au pieds de deux bottes noires.


-Ah un Allemand ?
-Non un SS, il m’a empoigné par les cheveux et m’a jeté comme un vulgaire sac de pomme de terre dans un camion qui stationnait sur la route. J’ai été pris en compagnie de Tonio qui avait mis la main à sa ceinture pensant tué le SS. Mais il n’était pas seul. Cinq à six soldats l’ont mis en joue et il s’est mis à chanter la Marseillaise jusqu’à ce qu’il se ramasse un coup dans la nuque qui le fit taire plusieurs minutes. Quand il reprit ses esprits nous étions attaches tous ensemble. Nous étions 5 . Nous ignorions où ils nous conduisaient. On n’avait pas de gardiens mais en soulevant la toile nous avons pu remarquer qu’un char nous suivait et qu’il braquait un canon. Notre fuite était impossible.
La ville de Nantua ayant été partiellement reprise on fut emmené dans les locaux de la commandature pour être interrogé. Je n’ai eu nuls besoins de dire qui j’étais car un de nos camarades s’est rapidement mis à table et a signalé qu’il y avait un chef d’arrêté. C’est eux qui lui ont dit. Nous aurions donc le diable rouge.
Et il a dit oui.
-Hélas !
-Et ils t’ont torturé
-Un peu mais j’ai avoué
-Tu as parlé sous la torture.
-Je leur ai raconté des balivernes invérifiables tout au moins pas dans l’immédiat.
Tonio et moi avons été enfermé dans l’hôtel particulier réquisitionné par l’armee allemande en vue d’être à nouveau interrogé. Comme nous avions reconnu les lieux je savais qu’à côté il y avait une banque j’ignorais si elle avait repris du service. Mais entre attendre la mort ou l’a provoqué, nous avions choisi de fuir par n’importe quels moyens. Dans la cave il y avait du vin. C’est dire qu’ils avaient paré au plus pressé en nous enfermant là. Nous avons cassé une bouteille et commencer à creuser le sol meuble de la cave quand soudain tout s’est effondré, d’autres avant nous avaient eu cette idée, le travail était beaucoup plus facile. Le tunnel s’élargissait pour arriver dans une cave. C’est à ce moment-là que nous avons entendu siffler Félix. Il sifflait une chanson en patois qui veut dire ceci :
Je suis descendu dans ma cave pour déboucher mon vin.
Ce qui à nos yeux voulaient dire qu’ils savaient où nous étions. Il me fallait me souvenir de cette chanson pour comprendre ce qu’il attendait de nous. Je te passe sur les détails. Au petit matin Félix était allé chez le banquier lui avait demande la clef, il s’est fait un peu prier mais devant la détermination du Félin il lui a remis son trousseau, sa sacoche et son chapeau. Pour le reste Félix s’est débrouillé. Tu n’es pas sans savoir qu’il est doué de ce côté.
Avant de le quitter il l’a assommé et assis sur une chaise tout en l’attachant.
Puis, à 8 h tapante il est entré dans la banque s’est rendu à la salle des coffres-forts, endroit situé au plus près de la cave de l’hôtel. Nous a récupéré. Nous sommes sortis au nez et à la barbe des Allemands. Pendant la nuit les gendarmes avaient disparu ne voulant pas être accusé de connivence avec l’ennemi.
C’est du reste eux qui nous ont caché jusqu’au 22 juillet.
-Et pour le maquignon qu’avez-vous fait ?
-Après t’avoir quitté à la gare j’ai vu que mon costume me faisait réellement passé pour un colonel SS. J’ai donc rejoint Tonio et Félix pour pouvoir kidnappé Michalon. Nous ignorions tout de son état mais compte tenu de sa blessure il avait dû perdre beaucoup de sang et était incapable de rester debout fort longtemps. Il nous fallait passer entre la visite du médecin et la nuit où nous avions remarqué qu’un détachement de soldats prenaient position entre l’hôpital et l’intersection de plusieurs routes.
-Mais c’était à quels moments?
-Juste le jour où je t’ai accompagné à la gare. Il nous fallait faire vite, ne voulant pas qu’il nous trahisse tous.


Après avoir décline mon identité le médecin étant absent c’est un jeune infirmier qui nous a emmené dans la chambre quand il a vu que nous voulions emmener son patient il a voulu intervenir et Tonio l’a assommé. Nous avons donc été contraint de le laisser sur le sol. Puis nous avons pris de force Michalon qui roulait des yeux effarés en nous disant je vous ai tout dit au sujet de cette allumeuse c’est la fiancée au fils Pitaval de la ferme viticole. Son père est un résis…. Agacé qu’il recommence à nous trahir je lui ai filé en dessous du menton un upercut qui l’a laissé ko.
En parcourant les couloirs de l’hôpital nous avons croisé une jeune femme qui nous a supplié de l’emmener. Elle avait reconnu Félix malgré son déguisement, elle lui a juste dit : « mon capitaine j’étais dans la salle de Labalme avant la guerre lorsque vous avez joué le petit caporal. « 
Félix lui a dit venez mais silence total. En bas de l’hôpital nous attendait la traction avec au volant Tonio
-Et Michalon ? Que vous a-t-il dit?

-Rien c’était trop tard, il s’était mis à table en disant au SS qu’il avait secouru ce qu’il savait et surtout en signalant que tu étais là femme de Jules qui, lui était son frère.
Ah ! Quelle horreur.
Aussi pour éviter de nous encombrer nous lui avons tiré une balle dans la tête. De plus à cause de ce qu’il a dit mon père a été embarqué mais il avait eu le temps de cacher notre chef le Dr Morand, ma mère et ma soeur ainsi que notre fils. Quant à lui il devait nous rejoindre mais hélas il a été pris au moment où notre cuisinière sûrement mis au courant de l’arrivée des gendarmes l’interpellait en lui disant : » Est-ce que Mademoiselle Magdeleine a trouvé jolie son tailleur jaune. Mon père qui ne m’avait pas revu lui a répondu oui elle est en ce moment à Nantua. Sans préciser que tu étais déjà partie. Je pense que c’est lui qui a dû laisser entendre aux SS que tu avais une robe jaune car dès le surlendemain de son arrestation nous avons su que l’on te recherchait.
Et ton père ou est-il ?
Il est parti avec un train en direction de l’Allemagne nous l’avons su par des cheminots qui l’ont reconnu pour être venu s’approvisionner chez nous pour du Cerdon.
Je vois Mariane pleurer, toute ma joie des retrouvailles s’est éteintes en apprenant que mon futur beau-père est en Allemagne ou ailleurs.
C’est votre cuisinière qui a trahi votre père, maintenant où est-elle ?

Elle a eu son compte, car Tonio était au moment de l’assaut de la ferme dans le cellier en train de fermer la trappe et surtout aider de Félix il devait remettre les tonneaux dessus pour masquer le caveau. Je pense qu’elle nous aurait tous trahis si le félin ne lui avait pas assené un coup de gourdin sur la tête. Et comme les allemands allaient repartir, l’un d’entre eux a dit : « allons chercher la cuisinière sinon elle risque d’y passer ». Félix qui comprenait l’allemand est sorti tel un boulet de canon et aidé de Félix l’ont transporté dans le cellier, refermé la porte qui donne dans la cuisine à clef, bâillonné attaché les mains et les pieds et jeté au bas des escaliers. Dans sa chute elle s’est heurtée à je ne sais quoi. Quand ils l’ont rejoint elle avait les yeux grand ouverts et cherchait à leur parler. Félix lui a ôté son bâillon, elle a dit : « pardonnez-moi ils ont mes enfants en otage, sauvez-les. » Et elle est morte.
-Et ses enfants ?


-Je ne les connais pas, j’ignore si c’était vrai, car personne ne les a vu non seulement maintenant mais depuis le début de la guerre. Même l’instituteur ne les a jamais eu en classe.
-Pourquoi vous aurait-elle dit ça juste avant de mourir.
-Je n’en sais rien et j’avoue ne pas avoir cherché davantage.

A suivre

L’enfant de personne /20-2

Il a fait parvenir par radio un message : Angèle est arrivée à bon port sans son tailleur jaune. Je répète Angèle est arrivée à bon port sans son tailleur jaune.

Je ne voulais pas rester, mais mon père n’a pas voulu que je reparte me jeter dans la gueule du loup.

Dans les premiers jours de juin mon père n’était pas très présent mais étant avec mes cousins légèrement plus jeunes que moi, je les voyait téléphoner à leurs copains. Un jour que j’étais seule à les attendre, j’ai eu l’idée de demander à ma tante si je ne pouvais pas téléphoner à la propriété viticole des parents de Pierre, je savais qu’ils avaient fait l’acquisition du téléphone mais ignorais s’il était branché. La préposé au PTT m’a dit qu’ils étaient en ligne je n’avais qu’à leur parler.

C’est moi Magdeleine.

Ou es-tu ? Depuis ton message Pierre et nous, on se faisait du souci.

Je suis chez mon père, comment vont Noël, Pierre et vous.

Attends un instant je reviens.

Un peu de cafouillage sur la ligne, mes cousins disaient il y a de la friture. J’entends distinctement :

 » Maman Maman »

-Mon bébé oui c’est Maman je vais bientôt revenir, je t’aime mon bébé d’amour.

Mon petit Noël me manquait, il ne se passait pas une nuit ou angoissée je me réveille en plein cauchemar. Je me suis bien gardée de dire à ma future belle-mère comme j’étais mal loin de cet enfant que je détestais quand il était dans mon ventre. Là je m’aperçois qu’il était bien la chair de ma chair. Et surtout qu’il me manque. Quelle ironie ! Moi qui pensait qu’à le tuer maintenant je pleurais car séparée de lui.

C’est ainsi que mes cousins m’ont retrouvée quelques heures plus tard, assise sur les escaliers, les yeux rouges et pleurant comme une madeleine.

Puis, après le débarquement tout s’est enchaîné rapidement. Le 19/08/1944 les troupes allemandes ont quittés Saint-Etienne et c’est accompagné par mon père que nous sommes partis à Nantua dans un premier temps. Papa avait fait l’acquisition d’une traction, en fait c’était celle qu’il s’était servi pendant ses années d’occupation. Arrivés à Nantua j’avais rendez-vous à l’hôtel Terminus où j’ai retrouvé les patrons, tout le bâtiment était aux couleurs de notre drapeau. Ils m’ont serrés dans leur bras et nous ont donnés une chambre chacun et là j’ai attendu Pierre, personne n’avait osé me dire qu’il avait été arrêté le 14 juillet 1944.

Le 24/08 au matin le bruit a couru que le village du Cerdon avait vu arriver une jeep américaine. Enfin là aussi ils étaient libres. Le village l’avait décoré de fleurs en remerciement. Mon père et moi ne pouvant attendre davantage nous sommes allés à la commandature qui était vide de ses occupants. Deux gendarmes nous ont dit que le 17/07/44 il y avait eu une évasion spectaculaire du jeune chef du Cerdon. Enfermé dans les caves de l’hôtel particulier des Allemands, il avait creusé un tunnel et atterri au petit matin dans la salle du coffre-fort de la banque. A l’ouverture le patron l’avait découvert. Et comme lui aussi était dans la Résistance, il l’avait aidé à s’enfuir. J’écoutais bouche-bée cette évasion jusqu’à ce que mon père leur demande :

-Est-ce que c’était Le diable rouge ?

-Oui ! Vous le connaissez?

-De nom seulement, mais je pense que ma fille sait qui il est

-Oui c’est le nom de Résistants de Pierre. Lui le diable moi Angèle pour ange.

-Ah c’est donc bien le fils de Paul Pitaval. Alors Mademoiselle vous êtes la dame au tailleur jaune.

J’éclate de rire,

-Oui en effet mais je ne l’ai porté que quelques heures et vous êtes au courant.

Vous avez eu de la chance car on vous avait dénoncé, et ils ont cherchés pendant une semaine la femme au tailleur jaune. Et on a eu un retour lorsque le message est passé à la radio. Vous vous êtes volatilisé dans la nature.

– J’ai surtout quitté mon tailleur à la gare de Nantua, tout le monde me regardait et c’est Pierre qui l’a emporté avec lui.

-Belle initiative, cela vous a sauvé la vie.

Il me tarde de monter chez les parents de Pierre mais je ne peux couper court aux embrassades dont je fais l’objet de la part de ces gendarmes, heureux que je sois passé entre les mailles du filet.

Enfin la voilà la ferme viticole. Pierre est là avec notre enfant dans les bras. Je cours vers lui. Je l’embrasse éperdument. Notre enfant gazouille et tends les bras à son grand-père.

Alors tout émue je me tourne vers mon père et lui dit:

-Papa voici mon diable, je l’aime quand tout sera fini je voudrais l’épouser.

Et à Pierre je lui dit:

-Je te présente mon père il est chirurgien comme ma mère. Je te raconterais comment je l’ai retrouvé.

Noël est encore petit il ne comprend pas. Mais il veut enlever le masque de papa, lui il rit.

Pour l’Happy End c’est au choix. Je peux m’arrêter là où je peux mettre une suite.J’attendrais que la plupart soit venu commenter pour l’ajouter.

Je l’ai la fin..

Merci de m’avoir lu…

Si l’un ou plusieurs d’entre vous est intéressés voici la Grande histoire racontée il y a quelques années par ceux qui l’ont vécu. Il y a de nombreux ouvrages sur le Maquis de L’ Ain/ Jura.

https://www.resistance-ain-jura.com/partenaires/communes-membres-du-comite-d-honneur/item/16-cerdon.html

L’enfant de personne /20-1

Le retour des beaux jours

-Magdeleine, ma fille raconte moi comment as-tu su que j’habitais ici.

-Ce sont les religieuses du pensionnat qui m’ont données des papiers pour vous. La directrice qui est , à ce moment j’ai un doute, est-elle réellement la soeur de Maman ? Et pourquoi m’appelait-elle : Mademoiselle de Polignac.

-Pa… Père, qui était la religieuse ? La soeur de Maman ?

-Était … Elle est morte ?

-Qui est-elle ?

-Ce n’est pas la soeur de ta mère, mais comme c’était une religieuse elle disait de ta mère, ma soeur, pour te laisser avec elle, c’était plus facile. En fait c’était une voisine et amie et on s’aimait comme des jeunes de 17 ans. A 15 ans on gravait nos deux noms sur un arbre en se promettant un amour éternel. Quand Macha est décédée, je suis venu la voir en espérant qu’elle pourrait s’occuper de toi. Elle m’a dit qu’elle rentrait dans les ordres mais que sur Lyon, il y avait un orphelinat et qu’elle pouvait intercéder auprès de la mère supérieure pour que tu sois accueilli. Ne croyant plus en rien, j’ai refusé. Tous tes malheurs sont de ma faute.

-Non, n’y pensez pas, j’ai aussi pleins de choses à vous raconter. Tu es grand-père. Et…

-Mais tu as des papiers pour moi de ta …. Où as tu mis les papiers? Où sont-ils ?

J’étais interloquée, je pensais que ces papiers étaient des lettres qu’avec la guerre elle n’avait pas envoyé, mais apparemment ils avaient une importance capitale pour mon père.

-Papa, ne sachant pas ce qu’ils représentaient pour toi, je les ai caché dans un endroit que je ne puis te montrer. Puis-je m’isoler ?

-Tu as très bien fait, viens suis moi.

Et mon père m’emmène dans une chambre qui devait m’attendre. Il me laisse, je quitte ma robe et du sac que j’ai toujours gardé autour de mes hanches j’en sors une enveloppe. Et comme je suis curieuse je regarde. Et, je devine aisément que mon père et ma soi disant tante étaient tous les deux dans la Résistance. Je ne dis rien, mais mon père lorsque je lui tends l’enveloppe, me dit en souriant :

-Ma fille est curieuse, tu en déduis quoi ?

Je suis abasourdie, comment peut-il se rendre compte que je l’ai ouverte. Puis je me souviens, au dos il y avait de la cire rouge et je l’ai fait sauter.

-J’ai compris Papa, j’ai déjà transporté ce genre de missive.

Mon père me prends dans ses bras et me dis:

-Merci Magdeleine. Tu ne sais pas le bien que tu me fais.

Le papier contenait deux phrases, la première : « adieu Marius je vais être arrêté, cela fait plusieurs jours que je suis suivie.

« La seconde : Imminent bombardement sur Saint-Etienne.

-Je ne pense pas que Soeur Marie-Anne soit morte dans le bombardement, elle a dû être arrêté. Souviens-toi de son nom dans la Résistance  » Peau d’âne ». Depuis le début de la guerre je ne l’ai vu qu’une fois, c’est ainsi que j’ai su que tu étais parti. Et c’est ce jour-là qu’elle m’a dit : « Marius ils n’auront jamais ma peau d’âne », et elle a ajouté c’est mon nom dans la Résistance.

-Elle avait beaucoup d’humour. Et toi Papa c’est quoi ton nom ?

-En souvenir de Macha j’ai choisi Doc.

-Tu es médecin ?

-Oui aussi.

A suivre…

%d blogueurs aiment cette page :