Une découverte renversante pour Shana 5

Thomas invite les jeunes chez lui, tous visiblement ébranlés par les événements qui viennent de se dérouler chez le notaire.

Avant cela, il demande à Louis de raccompagner Mila et Maël, tandis que lui-même prend en charge Inès — qu’il ramène dans son foyer — et Yanis, qu’il reconduit à la prison.

En chemin, Thomas remarque le malaise profond qui habite les deux jeunes.Yanis est refermé sur lui-même. Cela fait plus de cinq ans qu’il n’a eu aucun contact avec sa mère.

Inès, elle, pleure en silence. Elle ouvre la bouche, puis la referme, avant de trouver le courage de parler :

— Monsieur Thomas… protégez-moi. Ne lui dites pas où je suis…

Thomas tourne brièvement la tête, inquiet.

Mais c’est Yanis qui répond, d’un ton grave :

— Inès, t’en fais pas. Dès que je sors, je te protégerai. Le Commandant sera avec nous.

Dans sa tête, Thomas est en alerte.Cette petite le surprend. Elle est cabossée, paumée, mais elle sait demander de l’aide. Elle a compris que sa mère… enfin, sa mère… n’est pas une protection, mais un danger.Il sent un nœud se former dans sa gorge.Et dire que cette femme, Édith, est la sœur de Shana…Quelle ignominie…

Pendant que Shana subissait les assauts de Capet, sa propre sœur portait ses enfants. Inès et Mila ont probablement été conçues à la même époque. C’est un coup de poignard dans le cœur de la femme que j’aime.Thomas serre le volant, les mâchoires crispées. Comment lui dire ça ?

Comment lui faire encaisser ce choc sans la briser ? Et surtout… que les enfants n’interviennent pas avant mon retour. Je dois lui parler moi-même. La préserver autant que possible. Ce secret… va la détruire.

Lorsque Thomas pousse la porte de la maison, l’ambiance est lourde.Les jeunes sont tous là, regroupés dans le salon, les visages fermés. Léo, Louis, Mikaël, Kévin, Mila et Maël l’attendent. Tous semblent attendre des réponses à des questions qu’ils ne savent même pas encore formuler.

Thomas pose ses clefs, retire sa veste, puis les regarde un à un.

— Je sais que vous êtes perdus… Ce revirement, chez le notaire, a surpris tout le monde.Personne ne pensait qu’Édith viendrait, ni qu’elle brandirait des preuves de filiation, encore moins qu’elle oserait revendiquer quoi que ce soit.

Léo serre les poings.

— C’est incompréhensible… Pourquoi maintenant ? Pourquoi réclamer cet héritage alors qu’elle a abandonné Yanis et Inès ? Pourquoi se montrer aujourd’hui ?

— Parce qu’elle sait qu’elle va perdre la main, souffle Thomas.Et elle sent que ses enfants, surtout Inès, glissent entre ses doigts. Et parce que Capet… avait prévu quelque chose.

Louis relève la tête.

— Tu penses qu’il a voulu se racheter ? En laissant un héritage à tous ses enfants, même ceux qu’il a ignorés, détruits ou abandonnés ?

Thomas soupire.

— Je ne sais pas s’il s’agit d’un rachat ou d’un dernier coup tordu. Mais il a laissé quelque chose. Et malheureusement, Édith en fait partie.

Le silence retombe. Maël, le plus jeune, se tourne vers Thomas :

— Et Maman… elle sait ?

Thomas se fige un instant.

— Pas encore. Je vais lui parler maintenant. Les jeunes si vous voulez rester, je comprendrais.

Mais Mikael et Kévin sont sur le départ suivi par Louis qui doit les ramener. Ils remercient Thomas de son aide précieuse et embrasse Léo.

Thomas entre dans la chambre. Shana est assise dans un fauteuil, le petit Malian endormi dans ses bras. Elle lui sourit, fatiguée.

— Tout s’est bien passé ? demande-t-elle doucement.Thomas s’approche, s’agenouille devant elle. Il prend une profonde inspiration.

— Shana… il faut que je te dise quelque chose. C’est au sujet de ta sœur, d’Édith.

Shana fronce les sourcils, soudain sur le qui-vive.

— Elle est venue ?

— Oui. Elle est arrivé, complètement hysterique juste avant l’ouverture du testament. Et elle n’était pas là seulement pour faire du scandale… Elle est venue avec des documents. Des actes de naissance. Des preuves. Capet a reconnu Yanis et Inès. Ils sont bien ses enfants.

Shana blêmit.

— Non… C’est… impossible. Elle me disait que les pères de ses enfants étaient des salauds, des inconnus, qu’elle ne les revoyait jamais…

— Elle t’a menti. Et ce n’est pas tout.Il hésite. Elle comprend qu’il va dire quelque chose d’encore plus lourd.

— Shana… Mila et Inès ont été conçues à quelques semaines d’écart. À l’époque où Capet… te forçait. Tu comprends ce que cela signifie ?

Shana tremble. Elle serre Malian plus fort contre elle. Son regard se brouille.

— Elle le savait. Elle savait ce qu’il m’avait fait… Et elle… elle couchait avec lui en secret ? Elle portait son enfant… alors que moi je… je survivais à peine…

Le bébé s’agite dans ses bras. Shana se lève précipitamment, le confie à Thomas, puis vacille.

— Shana !

Il la rattrape de justesse. Elle s’effondre contre lui, sans perdre connaissance, mais tremblante, haletante, brisée.

— Elle m’a volé ma dignité. Et maintenant, que veut-elle ? Spolier ses enfants, Yanis va sortir de prison, on va l’accueillir chez nous comme nous nous sommes engagés. Mais Edith n’y aura pas sa place. Déjà elle avait élevé Mila, et si on n’avait pas eu l’aide de Myriam qu’aurait-elle fait à ma fille unique ?Thomas l’enlace doucement.

— Tu n’as rien perdu, Shana. Ni ton honneur, ni ton amour, ni ta famille. On va les protéger, tous. Et on va se battre pour que cette histoire ne vous détruise pas.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Une découverte renversante pour Shana 4

Le notaire reçoit les enfants connus et reconnus de Louis Capet, actuellement incarcéré à perpétuité. Ce dernier, sans doute mû par un mélange trouble de remords ou de manipulation, a établi depuis sa cellule un acte notarié pour léguer ses biens — notamment un domaine rural, une maison, des chevaux, des dépendances et une somme d’argent — à l’ensemble de ses enfants biologiques.

Sont présents ce jour-là :Thomas, représentant légal des mineurs Mila (16 ans) et Maël (14 ans)Louis (21 ans)Léo (19 ans)Mikaël ( 22 ans)Kévin (25 ans) Yanis (21 ans) Inès (16 ans).Le notaire, après les avoir fait asseoir, commence :

— Qui représente l’enfant mineur Inès Capet ici présente, car vous Monsieur Yanis Capet vous n’êtes pas en mesure de l’être.

Thomas intervient en disant et personne ne le contredis :

— C’est moi, car Inès est isolée en ce moment, mais j’ai pris la peine de la faire parvenir entrer en foyer fermé pour lui éviter d’être à la merci d’un de ses souteneurs. Je l’ai fait en ma qualité de gendarme assermenté.

— Merci Commandant, cela me va, ceci étant réglé continuons.

— Messieurs, Mademoiselle, ce que nous examinons ici n’est pas un testament posthume. Monsieur Louis Capet est vivant. Depuis sa cellule, il a expressément demandé par acte notarié que ses biens soient transmis à ses enfants, de manière anticipée, par donation. Cela inclut un domaine de 13 hectare avec un logis bourgeois attenant, des terres, une maison sur la côte d’Azur, des chevaux, ainsi qu’un compte bancaire dont le montant exact vous sera communiqué ultérieurement. Il y a aussi un deuxième acte notarié qui n’est pas de la plume de Mr Capet mais de son père Monsieur Louis,Pierre, Henri Capet votre grand-père.

Il marque une pause. Un silence pesant s’installe. Aucun des frères ne semble vouloir réagir.

— Je suis ici uniquement pour représenter mes enfants Mila et Maël, dit Thomas. Ils sont mineurs. Ils n’ont ni affection ni loyauté envers cet homme. S’ils acceptent quoi que ce soit, ce sera une décision réfléchie, non affective. Quant au Grand-père, je suppose que c’est l’homme à la canne qui terrorisait ma femme et son amie Jamila. Louis et Léo restent impassibles lorsqu’ils entendent les propos de Thomas car tous les deux se souviennent de cet homme sévère mais surtout méchant et vicieux.

Alors que tous sont réunis, le notaire, en feuilletant une dernière fois son dossier, fronce légèrement les sourcils. Il lève les yeux vers le groupe et annonce d’un ton neutre mais ferme :

— Je suis au regret de vous informer que nous ne pouvons procéder à l’ouverture officielle du testament. L’un des héritiers désignés est absent, et la loi impose la présence — ou à défaut la représentation légale — de tous les enfants concernés.

Un léger silence s’installe. Le notaire poursuit, plus doucement :

— Il manque un jeune homme. Sans sa présence ou une preuve officielle attestant qu’il est introuvable ou décédé, le testament ne peut être lu en l’état.

Léo se redresse légèrement sur sa chaise et s’adresse au notaire avec calme, mais une pointe de frustration dans la voix :

— « Maître, nous avons tout tenté pour retrouver Tino. Dès que nous avons reçu votre courrier, on a lancé des recherches avec l’aide de Yanis, son frère.

Il croise le regard des autres, puis poursuit :

— On a fouillé les réseaux sociaux, les bases publiques, mais rien. Soit il n’y est pas, soit il a changé de nom. On ne sait même pas s’il est encore en France.

Un silence s’installe. Léo soupire, puis ajoute, plus doucement :

— « Ce n’est pas qu’on n’a pas voulu… C’est qu’on n’a rien trouvé. »

Soudain, la porte du cabinet claque.

Édith, la sœur de Shana, entre sans être annoncée, furieuse et essoufflée.

— Alors comme ça, vous ouvrez le dossier sans moi ? Mes enfants aussi sont de Capet ! Tino, Yanis et Inès 15 ans ! Ils ont les mêmes droits que les autres ! Heureusement que mon amant m’a prévenu.

Un murmure de stupeur parcourt la pièce. Louis blêmit, il a déjà vu Edith chez Thomas, prendre son bébé et s’en aller sans aucune explication. Léo fixe Édith avec mépris. Mikaël ferme les yeux, comme pour ne pas exploser. Le notaire, sans perdre son calme :

— « Madame, je n’ai reçu aucune déclaration officielle de votre part. Certes, vos enfants figurent bien dans les pièces transmises par Monsieur Capet.

Il marque une pause, puis poursuit d’un ton mesuré :

— « J’étais justement sur le point d’interrompre la séance en raison de l’absence de votre fils, Tino.

Calmement, il referme le dossier devant lui, puis conclut :

— Sans la présence de tous les enfants désignés ou une justification légale, je ne suis pas autorisé à ouvrir ce testament.

— Je vous demande à tous de sortir. Je dois désormais vérifier les éléments apportés par Madame Édith. Vous serez tous recontactés très prochainement.

Louis se lève sans un mot. Léo tape du doigt sur la table, frustré mais contenu. Mikaël quitte la pièce sans un regard en arrière. Kévin hausse les épaules. Thomas est le dernier à sortir.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Une découverte renversante pour Shana 3

Léo est devant sa feuille blanche. Il a noté tout en haut 4 mères. Maël lui dit :

.Tu fais de la généalogie et Léo lui a répondu, voilà tu as raison. Mais il n’a pas pensé que Maël allait découvrir brutalement qu’il était son frère aussi bien par son père que par sa Maman.

Maël regarde Léo, puis Louis qui a eu un froncement de sourcils en le voyant penché sur la feuille de son frère aîné.

Le jeune ado garde le silence quelques secondes, le temps que l’information se dépose en lui. Aucun trouble visible sur son visage. Juste un souffle plus profond, comme s’il venait de comprendre quelque chose de plus vaste.

— Alors… c’est vous, mes vrais grands frères ?

Léo esquisse un sourire, un peu gêné.

— Apparemment, oui.

Maël se redresse légèrement, le regard plus clair, presque fier.

— Ben moi, je trouve que c’est une chance. Avoir deux grands frères, les vrais, pas juste de cœur ou d’adoption, mais de sang aussi. C’est pas rien.

Louis échange un regard avec Léo, surpris par la maturité du plus jeune.

— Ça ne change rien pour moi, ajoute Maël. Je vous voyais déjà comme mes frères. Maintenant, je sais que je ne m’étais pas trompé.

Il lève son verre de jus d’orange comme pour trinquer.

— À la fratrie, la vraie. Qu’on l’ait choisie ou qu’elle soit née du chaos. Tu veux que je t’aide.

— Non intervient Louis, viens on va le dire aux autres qu’aujourd’hui tu as vraiment quatorze ans.

Puis, Louis lui met une petite tape sur la tête et Maël lui saute au cou, à la fois comme un enfant, mais aussi par reconnaissance d’appartenir à une même fratrie.

Mila, restée un peu en retrait pendant que Maël échangeait son regard complice avec Louis et Léo, avance à pas lents. Elle observe la scène, les bras croisés, le visage pensif, mais les yeux brillants d’une émotion qu’elle ne veut pas trop montrer.

Elle s’arrête devant Maël, le regarde longuement, puis lance doucement :

— « Alors toi aussi… t’es un Capet.

Un léger sourire ironique passe sur ses lèvres.

— Franchement, tu le portes mieux que lui.

Maël relève les yeux vers elle, surpris par son ton à la fois franc et tendre. Mila pose une main sur son épaule.

— On a grandi ensemble. T’as toujours été mon frère. Que ce soit par adoption ou par le sang, ça change rien pour moi. Puis elle recule un peu et, plus fort, comme pour que tous entendent :

— Je ne suis pas la seule fille, on est deux. Inès et moi. On n’a pas eu la même mère, pas la même vie, mais le même géniteur. Et une chose est sûre… on ne lui doit rien. Ce qu’on est, on l’est devenus malgré lui.

Elle se tourne vers Léo, puis vers Thomas un peu plus loin :

— C’est pas les liens du sang qui font la famille. C’est les liens qu’on choisit de garder.

Enfin, elle revient à Maël avec un clin d’œil :

— T’as deux vrais frères, une sœur par adoption, et une demi-sœur qui mord si on l’embête. T’es gâté.

— Puis-je terminé notre Généalogie comme dit notre jeune frère Maël. Pour le notaire ce sera plus clair.

Thomas vient regarder où en est Léo et approuve le joli arbre.

— Laissons travailler Monsieur Léo. Un eclat de rire bon enfant secoue la grande fratrie. Pour l’instant il manque Yanis que Thomas ira chercher cet après-midi ainsi qu’Inès qui est dans un foyer fermé. En ce qui concerne Tino comme pense Yanis, le message envoyé via les réseaux sociaux n’a pas encore reçu de réponse.

CAPET LOUIS

Djamilla née Abdou épouse CAPET Louis

Enfants : Louis né le 1/01/2003- Léo né le 12/04/2006- Maël né le 15/09/2011

Shana Lambert

Enfant : Mila /16 ans née le 14/07/2009

Esmeralda Epoutre

Mikaël né le 28/09/2003, Kévin né le 15/05/2000

X

Tino né le 8/09/2005, Yanis né le 25/06/ 2006, Inès née le 25/12/2009

Léo mord son crayon en regardant sa feuille, il s’aperçoit que ceux qui portent le nom de famille des Capet c’est son frère Louis et lui, ainsi que les trois enfants nés sous X pour la mère et reconnu par Capet.

Mila portait uniquement le nom de sa mère, jusqu’à ce que Capet la reconnaisse bien plus tard. Mikaël et Kévin, eux, ont toujours porté les deux noms : celui de leur mère et celui de leur père.

Maël était le seul à ne porter ni le nom de sa mère, ni celui de son père. Pourtant, dans l’enveloppe qui lui était destinée — et que Thomas avait récupérée — figurait un acte de naissance antidaté, sur lequel Louis Capet fils l’avait officiellement reconnu, le 30 septembre 2011.

Léo pense que le revirement de situation est dû à la découverte par Capet de l’existence de l’enfant de Djamila mise en nourrice chez Shana qui venait de le découvrir dans la poubelle.

Aujourd’hui c’est le grand jour, ils sont tous là y compris Yanis qui grâce à Thomas a eu une sortie spéciale. Il ne veut pas s’échapper, à la fin du mois il sera libre. Par contre Tino ou Lino est absent, malgré une recherche de Louis, Léo, et Mila ainsi que Mikaël, personne n’a retrouvé sa trace sur les réseaux sociaux. Il y avait bien un Léonard Capet, mais rien n’a permis de l’assurer. Sauf que Thomas a poussé Léo à lui laisser un message. Mais c’est le silence.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Une découverte renversante pour Shana 2

Ce matin, Shana ne décolère pas. Édith lui a encore confié Marian, prétextant une course urgente. Hier soir, elle était passée en coup de vent pour reprendre son bébé. Shana lui avait alors dit qu’elle perturbait son enfant. Et ce matin, habillée comme une poupée de mode, elle avait déposé l’enfant dans les bras de Léo en lançant : « Tu ferais un bon père de famille. »Décontenancé, ne sachant pas quelle était notre relation, il n’avait pas osé l’envoyer promener.Thomas, qui revenait avec des croissants, l’avait trouvé en larmes, l’enfant dans les bras, avant de le remettre à Shana.

Thomas l’avait consolé en disant que sa belle-sœur était la personne la plus sans-gêne que la terre ait jamais portée. Cela avait mis du baume au cœur de Léo, qui avoua plus tard s’être senti mal à l’aise d’avoir été pris dans un conflit qui le dépassait.Une fois mis au courant de la situation entre les deux sœurs, il comprit qu’il s’était simplement trouvé là au mauvais moment.Les jours suivants allaient pourtant donner tort à tous les membres de la famille.

Léo avait hérité de l’ordinateur de Shana qui dormait sur une étagère, depuis la naissance des jumeaux et l’arrivée impromptue de Marian, elle n’avait plus le temps pour faire des recherches sur internet.

Léo avait pris les choses en main, poussé d’un côté par Mila et Maël — tous deux désiraient découvrir qui étaient les enfants de cette famille « maudite » — et de l’autre, par sa rencontre émouvante avec Louis. Lui aussi voulait savoir. Louis pensait qu’il pourrait davantage envisager de fonder son propre foyer s’il parvenait à dépasser l’image dégradante du père qu’il entrevoyait dans le récit de Shana.

Shana apporte à Léo le courrier reçu la veille et oublié dans le feu de leur retour. Elle s’en excuse, mais pour lui, ce n’est pas grave. Il ouvre la lettre et lit :

Monsieur Capet Léo,

Nous vous informons que votre nom figure dans un acte testamentaire enregistré sous la dénomination Succession Capet. À ce titre, vous êtes convoqué à notre étude pour l’ouverture du testament.

Conformément aux dispositions testamentaires et aux obligations légales en matière successorale, nous vous convoquons à la réunion d’ouverture du testament, qui se tiendra à la date, heure et lieu suivants :

Date : Jeudi 14 août 2025 Heure : 14h00 Lieu : Étude Durand & Associés – 12, rue des Notaires, 91150 Étampes

Votre présence est expressément requise, muni d’une pièce d’identité en cours de validité.

Cette convocation concerne également d’autres bénéficiaires potentiels, dont les noms figurent dans le testament précité.Nous portons à votre attention la présence d’une clause particulière dans ledit acte :

> La validité du legs est subordonnée à la présence effective des huit enfants désignés dans le testament.En cas d’absence de l’un ou de plusieurs d’entre eux lors de la séance d’ouverture, le legs sera réputé nul et non avenu.

Dans l’éventualité où un ou plusieurs de ces enfants seraient mineurs à la date susmentionnée, ils devront être représentés par une personne majeure dûment habilitée.

La présence physique des mineurs n’est pas obligatoire ; elle est laissée à l’appréciation de leur représentant légal.

Nous vous remercions de bien vouloir confirmer votre présence avant le 10 août 2025, par téléphone ou courrier électronique, aux coordonnées indiquées en en-tête.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Maître Claire Durand Notaire associée

Le même courrier a été reçu par les enfants mineurs Mila et Maël. Avec Thomas et les noms et prénoms remis par Mila a son père ils s’aperçoivent qu’ils n’ont pas joints Yanis en prison, Inès repéré par Mila sur les réseaux sociaux et un dernier fils qui aux dernières nouvelles feraient le tour du Monde.

C’ est lui que Léo veut retrouver, aussi depuis plus de deux heures il cherche sur X, Facebook, et Instagram le seul jeune homme sûrement plus âgé que Mikael et Louis. Mais Thomas lui rappelle qu’ils ont un rendez-vous à la prison pour rencontrer Yanis et en savoir un peu mieux sur sa mère. Car si lui Léo sait qu’il est l’enfant légitime de Capet ainsi que son frère Louis et Maël bien que le père Capet ignore qu’il est encore de ce monde. Personne ne connait la mère de Yanis et s’il a des frères et sœurs. Ils espèrent en le rencontrant en savoir davantage.

Thomas avait pris la peine, avant de venir, de demander une autorisation spéciale pour accompagner Léo, ce qui lui fut accordé assez rapidement.Informé de la situation, Yanis accepta de rencontrer un certain Léo Capet ainsi que son mentor.C’est ainsi que Thomas se présenta.

Ils ont appris qu’il était désormais à Bois d’Arcy en semi liberté. Aujourd’hui comme c’est son premier jour il n’a pas rejoint son travail.

Ils attendent leur tour, sans passe-droit, comme toutes les familles de détenus.Thomas n’est pas fouillé : il a montré patte blanche. Du coup, Léo passe lui aussi sans contrôle.

Yanis entre quelques secondes après eux, les gardiens magnanimes les ont mis dans une salle pour qu’il ne soient pas ennuyés par ses codétenus.

Léo et Yanis se jaugent. Yanis comprend rapidement qu’un lien de parenté les unit, bien que Léo ait les cheveux bouclés et plutôt foncés, tandis que les siens sont raides et noirs comme l’ébène.

Il demande à Léo, sans détour :— Ton père, c’est le dénommé Capet ? Comme les rois de France ?Et là, il éclate de rire.

Son rire franc et inattendu entraîne Léo, puis Thomas, car la situation a quelque chose d’incongru.

Après cet intermède, Yanis explique ce qui l’a entraîné à être emprisonné. Une mère inexistante, toujours à recevoir des hommes, prostitution, drogue, pour son frère aîné il sait que sa mère a été violé par le Capet. Puis lui est né d’une visite de Capet chez eux, il tient ça de son frère, et leur petite soeur a été à bonne école, la mère la cachait quand les services sociaux se pointaient chez eux. Il ignore si Inès est la fille de Capet.

Mais lorsque nous lui demandons où habitait sa mère, il n’en sait absolument rien.
Elle s’occupait davantage des enfants des autres que des siens.
Elle était la maîtresse attitrée de Capet et vivait dans un appartement qu’elle n’aurait jamais pu se payer seule.
À 15 ans, il avait été mis à la porte par Capet, et sa mère avait accepté cela sans lever le petit doigt.

Il pourra se libérer pour le 14 août, avec l’assentiment du directeur de la prison, Thomas se portant garant pour lui.

Nous sortons de la prison le cœur lourd, incapables de dire un mot pendant plusieurs minutes.Les révélations de Yanis flottent encore dans l’air, brutales, déroutantes. Chacun tente de digérer ce que cela implique, non seulement pour lui, mais pour cette fratrie éclatée dont nous commençons à peine à comprendre l’histoire.Léo semble particulièrement touché.Il n’a pas grandi dans la lumière, mais ce qu’il découvre là dépasse l’injustice : c’est une douleur ancienne, une violence systémique, un silence trop longtemps gardé.Thomas, silencieux, marche à ses côtés.Il sait que ces instants sont cruciaux. Il ne dit rien, mais il est là, solide, en retrait, offrant à Léo l’espace de se reconstruire face à ces fragments d’histoire familiale.Une chose est certaine : Tino existe. Et quelque part, peut-être, il détient lui aussi une part de vérité.Le puzzle avance, douloureusement, mais il avance.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Une découverte renversante pour Shana 1

Cela fait déjà quinze jours que nous arpentons les couloirs des services sociaux, dans l’espoir de retrouver la trace des enfants Capet.

Nous connaissons, par ordre de naissance : Louis (21 ans), Léo (19 ans), Mila (16 ans) et Maël (14 ans). Aujourd’hui, dans l’Essonne, nous avons trouvé aux archives départementales les actes de naissance de Kévin et Mikaël. Le premier est né le 28 septembre 2003 – il aura bientôt 22 ans – et son frère légitime, puisque mentionné comme tel dans la marge avec la même mère, est né le 15 mai 2000.

Leur mère s’appelait Esmeralda. Elle est décédée dans l’incendie de sa caravane. Selon le maire, il se souvient de cette affaire, classée sans suite par la police. Cela remonterait à 2010. Les enfants étaient alors petits, dix et sept ans. Ils ont été placés tous les deux aux services sociaux.

Aux dernières nouvelles, l’aîné serait boulanger, et le plus jeune, policier. Mikaël, surnommé « Mik » par ses collègues, aurait sauvé récemment une adolescente nommée Inès, connue pour sa consommation de drogues et pour se prostituer. Comme elle porte le même nom de famille que les deux garçons, j’ai supposé qu’elle était la sœur de Mikaël, mais apparemment, lui ne la connaît pas.

Thomas et Léo profitent du retour de Mila ce soir pour aller rendre visite à Mik. Il vit dans un appartement de fonction, au sein de l’immeuble de police d’Évry-Courcouronnes. Il est de repos, selon le gardien en faction devant le commissariat.

Une fois à l’intérieur, nous sonnons à la porte principale et demandons à voir le caporal Capet Mikaël. Un jeune homme descend à notre rencontre et nous demande ce que nous lui voulons.

Comme l’adresse ne mentionnait pas le commissariat d’Évry, nous avions des doutes sur la bonne réception du courrier. Mais Léo, pour amorcer la conversation, lui demande à brûle-pourpoint s’il garde un souvenir de son enfance. Mikaël, très sincère, avoue qu’il ne se souvient de rien. Il sait cependant que son géniteur est en prison, tout comme un de ses demi-frères, Yanis, âgé de dix-huit ans.

Depuis quelque temps, il fréquente une jeune policière et cela l’a poussé à envisager une rencontre avec son père et ce demi-frère. Jusqu’à présent, il avait toujours hésité. Il n’a pas reçu le courrier envoyé par Mila.

Mikaël nous invite chez lui. Ensemble, ils prennent la décision de se rendre à la prison afin de rencontrer Yanis dans un premier temps, et peut-être leur père ensuite, selon les informations que Yanis pourra leur donner.

Devant nous, Mikaël téléphone à son frère aîné Kévin pour lui annoncer qu’il vient de faire la connaissance d’un demi-frère. Kévin nous demande de l’attendre ; il a toujours rêvé de rencontrer sa famille. Il dit avoir reçu une lettre bleue pâle il y a quelques jours, mais, pris par le travail, ne l’a pas encore ouverte. Lorsqu’il arrive, la ressemblance avec Léo est frappante. Ils savent d’instinct de qui ils tiennent ce trait physique. C’est déstabilisant, surtout quand on préférerait oublier cet homme.

Mais, comme le dit Mikaël : « Nous ne sommes pas responsables des horreurs qu’il a commises. »Nous existons aussi grâce à notre mère, et cela ne doit pas être oublié.

Apprenant que Thomas est gendarme, et que Mila, leur jeune sœur commune, est à l’origine de cette rencontre, Mikaël lui demande s’il peut organiser un rendez-vous avec leur père et Yanis. Mais pour cela, encore faut-il savoir où est incarcéré leur demi-frère, et s’ils accepteront de les rencontrer.

Thomas promet de tout faire pour retrouver Yanis, et de poursuivre les recherches pour localiser Inès et leur dernier demi-frère, encore introuvable à ce jour.

Léo échange les numéros de téléphone avec chacun. Ensemble, ils décident de ne pas informer les plus jeunes enfants de leurs avancées, dans l’intérêt de tous.

Ce que personne ne sait encore – et que je viens tout juste d’apprendre par Shana – c’est que ce matin, deux lettres sont arrivées chez nous, envoyées par le même notaire. Une est adressée à Léo, l’autre à Mila et Maël. Shana ne les a pas ouvertes. Elle attend leur retour et la présence des deux plus jeunes.

A suivre…

Copyright Juillet 2025