une feuille de papier
dessus, quelques mots griffonnes
du fond de ma mémoire
je me suis rappelée
tout d’abord ton regard
puis, peu à peu deux beaux yeux bleus
un regard lumineux
un sourire d’ange
et un rire en cascade.
Mais ce qui est étrange
je te revois malade
allongé dans ce lit
le visage grimaçant
sans envie de bouger
trop faible pour parler.
Puis comme par enchantement
tu reprenais goût à la vie
tu repartais troubler les coeurs
et le soir tu me racontais
tes sottises de la journée.
Je nous revois , assis à même le sol
dans le vieux pigeonnier
de notre dernier été
tu venais d’avoir dix huit ans
tu étais insouciant
je buvais tes paroles
comme toi tu dévorais les miennes
tu voulais que je sois à toi
Mais tu savais que cela ne se ferai pas
mais je ne te contrariais pas
tu ignorais tout du mal
qui peu à peu te rongeais.
La dernière fois ou je t’ai vue
c’était au mois de juillet
midi sonnait
au carillon de la vallée
tu étais allongé
sur la civière des pompiers
tu t’en es allé
et aujourd’hui j’ai retrouvé
un je t’aime entrelacé
au milieu tu as collé
une mèche de tes cheveux
avec tes mots
comme un cadeau
ma bien aimée, adieu.
