Le dur labeur

En souvenirs de toutes ces femmes qui maniaient si bien l’aiguille, cela leur permettait de survivre et elle faisait du bel ouvrage.

En souvenir de la Grand mère de mes fils.

 

 

Dans la pénombre de cette chambre ourlé d’un jour sans fin

je te revois, fatiguée mais encore belle le corps penché

sur ton ouvrage ou ton aiguille inlassablement accroche le lin

de ce mouchoir qui demain donne à la fillette son air endimanché.

 

De ce labeur incessant tu t’es usée les yeux et désormais

je te vois assise au coin du feu, un léger sourire aux lèvres

songes tu à ton passé ou sur ta broderie tu t’épuisais

pour apporter à tes petits quelques pièces d’orfèvres.

 

Ton visage a son sourire d’antan mais ton corps s’est courbé

tu marches difficilement mais tu as l’air heureuse

 tes petits enfants écoutent tes  contes bouches bées

tu leur racontes ton histoire ou tu étais amoureuse.

 

Dans nos têtes d’enfants, nous te voyons tour à tour

princesse, reine, sorcière voir belle dame chez toi

selon ce que tu nous racontes nous t’imaginons à la cour

et non poussant ton aiguille pour que tes fils soit des rois.

 

Puis le temps s’est effiloché, tes petits s’en sont allé

ils ne t’ont pas abandonné, juste partis vivre leur vie

mais parfois dans la maison résonne les cris du passé

et, dans ton grand fauteuil ou tu t’abandonnes tu souries.

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

8 réflexions sur « Le dur labeur »

  1. Bonsoir,
    Comme le temps de nos grands-mères paraît loin ! Je suis de ton âge à deux mois prés, je me souviens qu’à ce même âge, les miennes paraissaient très vieilles, tout de noir vêtues.
    C’est vrai qu’elles avaient eu beaucoup d’enfants et avaient beaucoup travaillé pour les élever.
    Tu leur as rendu un bel hommage.
    Bises et bonne soirée.

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  2. J’aime à imaginer les mains de cette grand-mère, celle de ton poème, celle de tes enfants ….quelle poésie doit encore se dégager de ses doigts ridés …!
    Je connais cette sublime élégance des doigts qui, en la contemplant, laisse totalement bouche bée …
    Et tes mots m’ont ramenée jusqu’à « Marie Rose » à Sokone, au Sénégal, qui préparait sa tenue pour le jour de Noël, également jour de baptême de sa fille…
    Elle le faisait à la simple lueur d’une petite lampe posée sur, ce que j’ai appelé moi la « table de vie » de la terrasse (table où venait se vivre et se poser chaque évènement de la vie quotidienne
    !).
    Et, pendant qu’elle cousait de ses longs doigts, le visage fatigué, le muezzin appelait, et les cochons criaient dehors…
    C’est vrai qu’il y a souvent des sons pour accompagner les couturières, ces sons émanant d’une vie paisible et familière …comme pour mieux embellir leur inspiration !
    J’imagine tout à fait tout ce dont doit rêver ton adorable (et attachante !) grand-mère, assise dans son grand fauteuil dont (je suppose)…personne ne voudra jamais se séparer ….
    Maman cousait beaucoup, elle avait aussi été couturière ! Ma soeur a hérité de ce don. Moi, je l’ai refusé…sans doute par pure contradiction (sourire …)
    Mais, c’est l’Afrique qui m’a fait redécouvrir la magie et la beauté de cet Art …cette belle école de promotion pour jeunes filles, leurs sublimes travaux de broderies (Peut-être, t’en
    souviens-tu …sur le diaporama ?), et leurs tenues de fête…Oh! la la , comme ta grand-mère (je veux dire par là « celle de tes fils ») aurait été émerveillée au sein de cet univers …Je revois
    encore les doigts grâcieux de Joséphine, au dernier soir, se hâtant de finir notre repose-plat (cadeau destiné à notre amie Laurence)….Je revois encore cette jeune fille sur le marché (c’était
    notre 1er jour !) entrain de repasser un vêtement avec un fer rempli de braise, elle le faisait avec infiniment de savoir et d’amour !
    Ton poème est un pur CHEF D’OEUVRE, joëlle !
    Je n’ai peut-être pas tous les mots, malgré la longueur de ce commentaire… Mais…
    j’y reviendrai ! (même en secret …)
    Il m’inspire, et me donne…
    le sourire et le respect de la vie !!!

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  3. Bonjour EvaJoe,

    Ce « tableau poétique » est un bel hommage à cette grand-mère dont tu dresses ici un portrait très touchant.
    Je n’ai connu aucune de mes grands-mères biologiques, et cela me manque beaucoup.

    Doux week-end,
    Gros bisous,

    Cathy.

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  4. Quel magnifique hommage plein de tendresse pour cette belle Grand-mère
    La mienne aussi avait des doigts de fée 🙂
    Ton poème nous plonge dans la nostalgie de ce passé si courageux
    Merci EvaJoe pour cet émouvant poème
    Bisou et bonne soirée

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