Une rencontre inattendue (28)

Nicolas et Claire repartent ensemble et moi je vais récupérer Charles chez sa cousine. Nous devons nous retrouver chez elle, afin que Claire puisse rencontrer sa famille. Il n’est pas très tard, mais nous ne nous attarderons pas, nous avons reçu un avertissement de Madame de Bougainvilliers, bien que nous ne sachions pas de quels côtés le coup pouvait venir et qui Claire gênait.

Il est 20 h et nous allons pour prendre congé, alors que ni Claire ni Nicolas nous ont rejoint lorsque nous entendons des éclats de voix.

  • Nicolas nous ne pouvons pas la laisser au milieu des corons, imagine ce qu’il peut lui arriver.
  • Claire, c’est impossible cette femme ne va que nous attirer des ennuis.

Chantal et sa famille sont interloqué par les propos que tiennent derrière leur porte Claire et Nicolas. Aussi son voisin et ami de son père ouvre la porte et leur demande d’entrer tout en leur disant :

  • De qui parlez-vous ?
  • D’une femme qui vous demande l’hospitalité
  • Elle la demande à qui …Personne n’a rien demandé à ma voisine et je ne connais pas cette personne. Rentrez et expliquez-vous.

C’est Claire qui intervient :

  • Je suppose que vous êtes mon oncle le frère de ma mère
  • Oui et vous Claire, que ce passe-t-il ?
  • Attendez-moi un instant je reviens.

Claire tourne les talons et disparaît, elle revient accompagnée d’une femme qui cache son visage sous une capuche alors que nous sommes en plein été. Tout le monde s’engouffre, y compris Nicolas qui semble fort en colère.

Bonjour à tous, je m’excuse de venir vous importuner mais cette jeune fille m’a lancé un vibrant appel au secours. Bien que nous devons repartir en Bourgogne je lui laisse le soin de vous rapporter ses propos. Et vous me direz ce que je dois faire. Je ne sais qu’une chose c’est qu’elle s’appelle Marie Cécile De Bougainvilliers.

La foudre serait tombé à nos pieds nous n’aurions pas plus réagis qu’aux propos tenus par Claire. Nous étions abasourdis, la demoiselle des houillères comme elle était surnommée dans les corons étaient là devant nous comme une mendiante. Le premier moment de stupeur passé, Chantal nous a tous invités à s’asseoir et elle a demandé à Marie Cécile et à Claire de s’asseoir côte à côte.

Marie Cécile a ôté sa capuche et devant nos regards incrédules nous avions la copie conforme de Claire. A ce moment Charles s’est levé et a dit :

Maus qui êtes-vous ?

  • Je m’appelle Marie Cécile de Bougainvilliers, j’étais jusqu’à l’ouverture du testament de celui que j’appelais Papa une jeune fille sans aucun souci. Je sais qu’ici dans les corons on m’appelait la demoiselle des houillères. Ce matin du mois dernier, le 9 mai plus exactement chez notre notaire j’ai appris que je n’étais pas la fille de Louis de Bougainvilliers mais la propre fille de mon grand-père, je suis désolée Claire, je vais vous faire du mal car je pense que vous ignorez votre propre histoire.
  • Ne vous inquiétez pas, je me doute qu’il y a autour de ma naissance un mystère et maintenant que je vous vois, même si je ne sais pas tout les aboutissants je sais que vous êtes ma demi-soeur et que votre mère avait raison en me disant qu’elle était ma belle-soeur. Mais cette affaire est fort compliqué. Votre mère et ma mère sont-elles allé de leur plein gré dans le lit de celui que vous considériez comme votre grand-père il n’y a pas si longtemps.
  • C’est là que l’affaire comme vous dîtes prends un côté sordide. Bien sûr que non que ma mère et la vôtre et sûrement beaucoup d’autres ne sont pas allés s’offrir en pâture au vieux. Le maître des houillères les a violé le même jour.

Claire reçoit la nouvelle brutalement, elle s’effondre. Nicolas ne sait même pas quoi faire. Il reste les bras ballants n’osant même pas prendre sa fiancée dans ses bras . Il faut que son grand-père maternel et son oncle la prenne dans leur bras pour qu’elle arrête de pleurer et entende la fin de l’histoire sordide de Marie Cécile.

  • Je vous demande pardon Claire, je pensais qu’au moins cela vous le saviez, votre mère ne vous a donc jamais rien dit.
  • Je n’ai pas connu ma mère elle est morte il y a 20 ans sur les routes de l’exode en me mettant au monde.
  • Ah en effet, votre mère était la femme de chambre de ma mère, mais c’était plutôt deux amies, elles s’étaient connus à l’école et avaient sympathisé Votre maman avait épousé Jean Meignière une semaine avant que ma mère épouse le fils des houillères, et c’est tout naturellement que ma propre mère avait demandé à mon père qu’elle puisse avoir une femme de chambre, mais elle n’avait pas osé dire à mon père qu’elle la connaissait depuis l’école. Maman me parlait souvent de votre mère, me disant qu’elle regrettait de ne plus avoir de ses nouvelles mais elle n’a jamais osé venir dans les corons demandés à vos grands- parents des nouvelles de leur fille.
  • Qu’avez-vous appris lors de l’ouverture du testament.
  • Des horreurs, mon père ne laissait rien à mon frère ainé.
  • Pourtant lui c’était son fils légitime
  • Oui mais il se comportait aux dires de mon père comme un soudard et il ne voulait pas que sa fortune soit dilapidé entre toutes ses maîtresses. Mon frère Jean-Marc est comme le vieux. C’est son portrait craché, mon père ressemblait à ma grand-mère.

Continuez Marie Cécile nous avons de la route à faire lui demande gentiment Charles.

  • Mon frère s’est levé et m’a jeté à la figure c’est donc la bâtarde qui va hériter de tout. Moi vivant tu n’auras rien du tout. Même si je dois te tuer pour hériter de la fortune de grand-père, car le vieux ne te reconnaîtra jamais et t’empêchera d’avoir des enfants. Tu vas croupir dans un couvent si tu acceptes un centime de l’héritage de mon père.
  • Quelle horreur ! Qu’avez-vous fait ?
  • Je suis partie en courant, au départ je pensais que ma chambre serait un excellent refuge mais mon frère m’a traqué des jours et des jours jusqu’à la semaine dernière où il a disparu pour tuer toutes les héritières. Je n’avais pas compris mais c’est maman qui m’a tout expliqué.

Claire et Charles se regardent serait-ce lui qui a tenté de tuer Annabelle et la tentative d’assassinat sur Claire. Détruit une parcelle de vignes. Cela coïnciderait tout à fait. Mais comment a-t-il appris que nous avions été adopté par Monsieur et Madame de la Roche Vineuse. Pour nous c’était une énigme. Aussi il nous fallait en avoir le coeur net.

  • Où se trouve votre frère en ce moment ?
  • Le vieux l’a envoyé chez vous
  • Comment savait-il ce que nous étions devenus ?
  • C’est il y a plus de dix ans que le patron des houillères a appris votre existence.
  • De quelles manières ?
  • A cause de la DDASS il faisait une enquête sur votre famille, dans les papiers qu’ils avaient en leurs possessions il était noté :  » s’il m’arrivait un malheur adressez-vous à Josianne de Bougainvilliers,( c’est le prénom de ma mère), elle aidera ma fille en souvenirs de nos années de jeunesse ».

Tout s’expliquait, les services sociaux avaient du communiquer au grand-père d’Annabelle l’existence d’un grand-père qui avait dû donner son consentement à son adoption, se débarrasser par la même occasion d’un cadeau empoisonné. Et maintenant il se servait de ce qu’il connaissait pour ordonner à son petit fils de se débarrasser une fois pour toute d’un objet encombrant qui pourrait venir réclamer une part d’héritage.

En effet le père de Marie Cécile léguait une somme coquette à la demi-soeur de sa fille qu’il avait chéri en tant que sa propre fille alors qu’il n’ignorait pas ce que son propre père avait fait. Claire et Marie Cécile étaient ses deux soeurs et la seule famille qu’il avait sur terre. C’était normal à ses yeux qu’elles aient une part de son héritage.

Lorsque Marie Cécile eu finit son récit il n’était pas loin de dix heures. Chantal nous avait servis un repas tout en écoutant. Au moment de partir Marie-Cécile nous avait montré un papier écrit de la main de sa mère qui demandait à Charles de venir en aide à sa fille. Nicolas s’était incliné, Marie-Cécile était comme la jumelle de sa fiancée, elle était du même jour et née avec peu de minutes d’écart. C’était rocambolesque mais tellement sordide cette histoire. Ce vieil.homme méritait d’être traduit devant la justice. Combien de filles, de femmes d’enfants avait-il violé. Mais il fallait avertir les parents adoptifs de Charles et Claire mais sa fiancée voulait les mettre devant le fait accompli.

Est-ce que cette rencontre inattendue allait mettre à feu et à sang la vie tranquille de la famille De La Roche Vineuse.

C’est au moment de notre départ que nous apprenons du fils aîné de Chantal qu’il y a à chaque sortie des corons un peloton de crs.

Le vieux a mis sa menace à exécution. La famille de Charles et Claire sont des hors la loi. Il va falloir compter sur la solidarité des mineurs pour sortir de ce piège.

Fin de la première partie.

À suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Une rencontre inattendue (28) »

  1. Tout s’eclaire, mais Charles, Claire et Marie Cécile ne sont pas sortis de l’auberge.
    Vivement la suite.
    Bises et bonne soirée – Zaza.

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