Un passé bien encombrant. ( 18 )

Une fois Papy parti, un silence de plomb s’est installé dans le caveau. Maryline est ennuyée. Je vais vers elle et je lui dit.

  • Ne t’inquiètes pas, mon papy va régler son compte à sa femme.

Je ne sais pas pourquoi ils ont tous ri, même Bastien, lui en plus il en pleurait. Quant à Aurélien une fois qu’il s’est arrêté de rire il s’est approché de moi et m’a dit :

  •  » Cela fait bien longtemps que nous la connaissons ta grand-mère. Ne t’inquiètes pas cela lui aura passé, puis ce n’est pas de ta faute. »
  • Mon Papy ne va pas lui tirer les oreilles
  • Non, bien entendu, c’est juste qu’il n’etait pas très content.
  • Pour la charrue

Les voilà qui recommence à rire, Bastien me fait signe de ne rien dire de plus. Mais Maryline me donne l’explication.

  • Je vais t’expliquer Charlotte, ta Grand-mère s’est rendue compte que j’attendais un bébé. Ce qu’elle a dit mettre la charrue avant les boeufs cela veut dire avoir un bébé avant de se marier.
  • C’est défendu
  • Non, bien entendu on a le droit mais pour ta grand-mère selon sa manière de penser c’est une honte.
  • Merci. Tu l’auras quand ton bébé?
  • Dans six mois et demi.
  • Et tu te maries à quels moments?
  • Dans un mois.
  • Et bien ce n’est pas grave ton bébé va naître après ton mariage.

Bon les grandes personnes sont bizarres elles rient même pour des mots censés. Tant pis, cela ne me regarde pas. C’est surtout ma grand-mère qui m’inquiète. Bientôt on aura plus le droit de bouger ni pieds, ni pattes. J’en ai marre d’attendre.

Je fais diversion en demandant à Aurélien pourquoi ma Grand-mère paraissait très en colère contre lui au point que Papy en soit devenu tout blanc. Aurélien me dit je vais te raconter ce qu’il est arrivé à ta Maman. Ta Mamie m’en veut plus de vingt ans après que ce drame ait eu lieu. C’est une grosse bêtise. Promets-moi Charlotte de ne jamais faire une stupidité pareille. Car cette bêtise a eu des conséquences graves pour votre Maman chérie.

Notre Maman avait parié avec ses copines qu’Aurelien, Maurice et deux autres garçons seraient incapables de monter sur le noyer qui longeait la propriété de nos Grands-parents. Tous y étaient arrivés sans encombre. Puis Aurélien avait mis au défit les filles de monter. Deux amies de Maman très casse-cou étaient montés à mi-chemin. Maryline avait refusé prétextant porté des talons, elle s’était faite traitée de poule mouillée. Mais Maman qui était la petite amie de Maurice avait relevé le défi. A mi-parcours, applaudis par les garçons et les filles elle s’était arrêtée, avait levé les deux bras en signe de victoire. À ce moment-là, complètement déséquilibrée, elle avait commencé à glisser. Dans un premier temps elle s’était rattrapé d’une main à une branche, hélas cette dernière avait cassé et notre Maman était tombée de plus de trois mètres de haut. Fracture ouverte de la tête, trois mois dans le coma, les deux jambes cassées. En revenant à belle,celle ne se souvenait plus de ce qui lui était arrivé et n’avait jamais pu dire à nos grands-parents que c’était elle qui avait eu la première idée. Aurélien ne lui en voulait pas.

Une fois le récit d’Aurélien terminé je vois Monsieur Antoine qui me fixe bizarrement, dès que je le regarde il détourne la tête, puis à nouveau me fixe. Cela me fait froid dans le dos.

À suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Un passé bien encombrant. ( 18 ) »

  1. Cette grand-mère est vraiment vieux jeu, elle a la dent dure ! 😂
    Quand à ces jeux de gamin, qui n’en n’a pas fait… Mai c’est vrai Charlotte, il ne faut pas imiter les grands.
    Bises et bonne soirée – Zaza

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  2. Tiens cela me rappelle une expérience mais pas dans un noyer. Un bouleau qi s’était divisé en deux. J’ai mis un pied sur un tronc et l’autre sur l’autre tronc. Comme l’héroïne, j’en ai retiré un ! Mais je me suis retrouvé assise plus bas sur une branche. Ma cuisse avait été bien abimée.

    Mais que se passe-t-il avec monsieur Antoine ? Et Charlotte en a peur …

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  3. Bonjour Evajoe,

    Ah! les grimpettes dans les arbres! J’adorais ça! J’y étais toujours fourrée! « Un vrai garçon manqué! » disait-on de moi. 🙂 Une fois je me suis agrippée à une grosse branche de figuier. Mauvaise idée. Elle a cassé. ce qui m’a valu une belle gifle. Un souvenir cuisant.

    Charlotte a-t-elle raison de craindre cet Antoine?

    Gros bisous!!!!!!!!!!!!!

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