Je n’aime pas ce regard insistant du copain des mariés. Ce type est étrange, bizarre. Il triture sa moustache, passe sa langue sur ses lèvres comme s’il voulait me croquer. Puis brusquement vient vers moi. Me prends par le bras et me dit pas très fort.
- Arrête de me fixer sale gamine, je vois bien quel est ton petit jeu.
- Je ne suis pas ta copine, je n’ai pas ton âge, je ne comprends pas de quoi tu parles et lâche-moi ou j’hurle et crois-moi tu vas t’en souvenir.
Ce dingue me serre davantage le bras aussi je commence à crier :
- Arrête de me faire mal. J’hurle mon cri doit s’entendre loin car Aurélien se précipite sur Maurice lui file un coup de poing en plein visage. Il me lâche enfin le bras mais sous le coup il m’entraîne par terre et je chute malencontreusement sur le sol. Je continue à crier de plus belle. A la fois car j’ai mal, ensuite à cause de Monsieur Maurice qui me pince le bras et parce que je ne veux pas rester en sa présence.
Soudain je vois entrer en trombe mon grand-père, il vient vers moi et je l’entends dire:
- Fiche le camp Maurice, disparaît de ma vue mais tu as intérêt de revenir une fois calmé et tu m’expliqueras ce qui vient de se passer.
Puis il me remet debout mais j’ai tellement mal que je me met à crier. Aurélien s’approche de moi, me fais asseoir sur le sol de la cave et descends ma socquette, me quitte délicatement ma ballerine et me demande si je suis douillette. Je lui fais signe que non. Il prend mon pied, m’explique chacun de ses gestes, et brusquement il tourne mon pieds, je pousse un cri, un seul. Aurélien me dit:
- Bravo tu as été courageuse, pendant quelques jours tu ne peux pas courir ni même marcher.
- Pourquoi? Je n’ai plus mal
- Il faut que les ligaments se remettent à leur place, si tu me promets de ne pas poser le pieds par terre je ne te préconise pas de résine, juste un bandage. Par contre qu’en pensez-vous Monsieur?
- Je ne connais pas bien ma petite-fille mais je pense qu’elle est en capacité de comprendre mais j’ai des doutes à ce qu’elle respecte tes consignes . Non seulement c’est le portrait craché de sa mère mais elle en a aussi la détermination et la capacité à ne pas nous écouter.
Aurelien et Bastien rigolent, je ne trouve pas ça très drôle. Mais je suis bien contente d’être comme Maman et surtout de lui ressembler aussi bien physiquement que mentalement. Peut-être que grand-mère est mal à l’aise en me voyant si elle a l’impression de revoir sa fille…
Aurelien a proposé de m’emmener à l’hôpital pendant que sa fiancée et Bastien restent. Grand-père attends des visiteurs, mais il a dit à Aurélien que contrairement à sa femme il avait toute confiance en lui. Aurélien a une vieille voiture verte je lui ai dit que c’était la même voiture que Columbo. Cela l’a encore fait rire. Son rire est communicatif, je n’ai plus pensé à mon pied j’ai ri tout le temps. Quand il m’a pris dans ses bras devant la clinique où il travaille j’ai crû que c’était mon papa. Je me suis mise à pleurer. Il m’a déposé sur un fauteuil roulant et il m’a demandé la raison pour laquelle je pleurais. J’ai juste dit c’est mon papa qui me manque. Dans tes bras j’ai pensé à lui. Il a souri, mais il était triste.
Aurelien m’a déposé chez son ami, futur témoin de mariage, lui aussi connait bien ma maman. Il est médecin orthopédiste comme lui. Il lui a expliqué que j’étais têtue comme Maman. Mais lui qui s’appelle Mathieu m’a laissé choisir la couleur de ma résine. Lorsque j’ai pris vert, il m’a dit, les filles en général prennent rose, toi tu es à part. Il faut toujours se démarquer dans la vie. Mais n’en fait pas trop. Aurélien va t’emmener récupérer une paire de béquille mais hélas j’en ai pas des vertes. Je m’en fiche je les veux rouges lui ai-je répondu. Comme ça les daltoniens les verront vertes. Et lui en riant m’a dit , certainement mais ta résine ils la verront rouge.
Je n’avais pas pensé que c’était le contraire. J’aurais dû la prendre rouge ma résine. Je ne connais pas de daltoniens. Mais si Maurice revient avec ma canne je me défendrait. Nous voilà de retour, Maryline discute avec ma grand-mère. Lorsqu’Aurelien me dépose sur le sol j’entends ma mamie lui dire :
- Finalement la vie t’a permis de te racheter, ta fiancée m’a dit que tu étais chirurgien orthopédiste. Et bien c’est parfait.
- Et il est doué
- Mademoiselle s’y connait
Je baisse la tête, ma grand-mère est toujours sur mon dos. Vraiment je ne la connais pas, elle est aigrie cette femme, c’est ce qu’a dit Aurélien au téléphone avec une personne qui l’a appelé pendant que nous roulions vers sa clinique. Il m’a juste dit ne le répète à personne. J’ai très bien compris. Mais je lui ai répondu par l’affirmative. Déjà qu’elle ne m’aime pas je ne vais pas lui donner le bâton pour me battre.
Aurelien dit à mon grand-père :
- Je viendrai dans dix jours lui retirer sa résine. Elle n’aura pas besoin de rééducation. Par contre veiller à ce qu’elle ne pose pas le pied au sol.
- As-tu écouté Charlotte au lieu de bailler aux corneilles ce qu’Aurelien vient de dire?
- Oui grand-mère je ne suis pas sourde.
- Cette gamine est le portrait caché de sa mère, insolente, exaspérante, on a vu ce qu’il est arrivé à notre fille. Le temps que ton père est en Afrique je vais te serrer la bride.
Je prends les béquilles et sans dure au revoir a personne je file vers le perron où se trouve Papy. Il voit que je pleure mais il ne me dit rien. Il l’aide à monter les deux matches et me demande où je veux aller. Je ne veux rien, je veux juste appeler mon ami Joseph, mais je ne le lui dit pas. Juste qu’il faut que je monte dans ma chambre car je veux aller chercher un livre.
Il me prend dans ses bras vigoureux et en quatre enjambées il me dépose sur mon lit. Ouvre le battant de la terrasse, y installe un transat en rotin. Ouvre un parasol et le demande si je vais être capable d’y aller avec mes béquilles. Devant mon petit oui, il m’embrasse sur le front et me dit si tu as besoin de quoi que ce soit tu m’appelles avec ce téléphone. Et je viendrais m’occuper de ma princesse. Avant que je travaille dis-moi si tu as besoin de quelque chose en particulier. Je lui demande une citronnade. Il s’en va et m’envoie la bonne à tout faire comme dit Bastien.
A suivre…

Hum … Maurice ne me dit rien de bon.
Crois-tu que la grand mère soit vraiment ce que t écris ou seulement qu’elle est mal à cause de sa fille qui a disparu et qui avait un certain caractère, tout comme elle le sent chez sa petite fille.
J’aimeAimé par 1 personne
OUF !!! Ce Maurice, hélas !!!
Bonne journée Eva Joe,
Bisous
J’aimeAimé par 1 personne
Ce Maurice n’annonce rien de bon ! 😅
Bises et bon jeudi – Zaza
J’aimeAimé par 1 personne
Pauvre gamine, elle n’est pas aidée avec une telle grand-mère. Heureusement que le papy est plus sympa, si ça ne cache rien derrière tout ça.
J’aimeJ’aime