Quelques heures plus tard sur le Causse
Finalement je me suis exposé dans le village, et je suis arrivé au restaurant de mon ami Paulo tenant par la main Esméralda, nous avons fait sensation. Les gendarmes du coin qui me connaissent bien ont sifflé à notre passage. Puis j’ai serré la main de plusieurs personnes. J’ai présenté Mireille comme ma petite amie, de cette manière la couverture était au-dessus de notre tête , nous allions passés inaperçus. Nous mènerons à bien notre mission. L’aligot est un délice chez Paulo et le coucher de soleil permet aux amis de Paulo de faire la fête en ce week-end mêlant des gens d’horizon différent. Cela donne un brassage des habitués du restaurant et des gens de passage. Tout le monde se lève d’un seul élan devant le coucher de soleil grandiose, je me retrouve rapidement coincé entre une belle rousse et un homme brun à la mine patibulaire. Il a des yeux chafouins, un menton en galoche et deux yeux qui me fixent d’un air méfiant. La rousse profite de la bousculade pour me glisser dans la main un papier plié en quatre. Je ne dis rien et me dirige rapidement vers les toilettes. Mais je suis furibond, il est juste noté : « rendez-vous demain à huit heures au point de rendez-vous. Elle n’avait qu’à me le dire de vives voix. Bref demain nous empêchait d’aller à la fête du village. Direction le lit et dès deux heures du matin ce serait direction le buron. Lorsque je sors, Mireille est en train de discuter avec l’homme à la mine patibulaire mais plus tard elle va me jurer sur la tête de ses parents qu’elle ne lui a pas tailler la bavette, c’est lui qui l’a abordé pour lui demander une cigarette. Je suis perplexe mais ne fait cas de rien. Surtout que je vois le type s’éloigner avec la rousse.
Vers six heures du matin , non loin du buron où on entend de mystérieux bruits chaque nuit, une voiture de la gendarmerie avec à son bord Martin fraîchement arrivé pour donner un coup de main à la compagnie d’Aubrac, scrute chacun des buissons.
La lumière du matin filtrait à travers les feuilles des arbres, créant un jeu d’ombres sur le bitume de la petite route qui serpentait à travers la forêt. Le gendarme Martin, en patrouille, avait l’habitude de ce coin reculé. Il connaissait chaque virage, chaque bosquet, mais ce qu’il ne pouvait pas prédire, c’était l’apparition soudaine d’une silhouette sur la route.
Elle s’avançait lentement, irréelle, comme au-dessus du chemin. Ses cheveux flamboyants brillants au soleil. C’était une belle rousse, avec une élégance naturelle, semblait à la fois captivante et mystérieuse. Martin, intrigué, l’observa s’approcher, une expression d’urgence sur son visage. Dans un geste délicat, elle tendit la main vers lui, puis brusquement telle une biche apeurée s’enfonçait dans le bois.
Soudain arrivant de nulle part , on frappe sur la vitre du véhicule, Martin se retourne et distingue une chevelure flamboyante c’est la biche apeurée, les yeux rivés sur lui. Elle lui fait signe d’ouvrir sa fenêtre et lui dit doucement :
_ Est-ce que vous connaissez le gendarme Turpin, vous pouvez lui remettre ce courrier. Je devais le retrouver ici, mais je préfère ne pas le voir.
_ Serait-ce une lettre de rupture, en ce cas ayez le courage de vos actes, je ne veux pas être mêlé à cette rupture.
Helas il faut que Martin se rende à l’évidence, la demoiselle, après lui avoir remis sa missive s’est évanouie dans le bois. Le voilà seul avec ce pli. Que vais-je dire à Olivier ? Par contre je l’ai vu se promener avec une tigresse, du reste c’est ainsi qu’il nous l’a présenté hier au soir. Il l’a vite remplacé, sauf si cette rousse est une belle « garce ». Martin en est là de ses réflexions lorsqu’il voit surgir du bois, deux randonneurs. L’un avance plus vite que l’autre. De suite Martin répère Turpin. Les deux ex amoureux se sont ratés.
Le gendarme Martin se tenait là, la lettre en main, le regard fuyant. Ses mains, habituellement fermes et sûres, tremblaient légèrement alors qu’il tendait l’enveloppe à Turpin.
Un silence pesant s’installait entre eux, comme un nuage lourd qui annonçait l’orage. Il déglutit, mal à l’aise, conscient qu’il ne devait pas se mêler des affaires de cœur des civils. Dans son uniforme, il se sentait étriqué, comme si chaque bouton claquait un peu plus sur son autorité.
_ « Je… je crois que c’est pour vous », balbutia-t-il.
L’esprit tourbillonnant de pensées contradictoires. Il se demandait si ce moment n’était pas une intrusion dans un domaine qui ne le concernait pas. Quel droit avait-il de remettre une lettre, fût-elle lue ou non, à quelqu’un ?
Sa fonction, celle de protéger et de servir, lui semblait compromise par ce geste, comme s’il violait un code d’éthique invisible en se mêlant d’une histoire d’amour. La gêne l’envahissait, il était angoissé à l’idée que Turpin pourrait l’interroger, lui demander des détails sur cette lettre. Que savait-il vraiment des sentiments et des désirs des autres ? Ce n’était pas la mission qu’on lui avait assignée. Il se crispa, attendant la réaction de Turpin, se promettant de ne jamais laisser une telle situation se reproduire.
_ Qui t’as donné ce courrier
_ C’était encore nuit, puis le bois est sombre je n’ai rien vu que je puisse vous décrire Capitaine.
Martin voit bien qu’il n’est pas convaincant devant Turpin. Il se sent de plus en plus angoissé, il a les mains moites, il se demande dans quelles galères il s’est enfermé. Pourvu qu’il ne lui pose pas de questions supplémentaires sinon il va boire son verre jusqu’à la lie. Il aurait voulu plonger sous terre, se dérober à ce moment de vérité où son incapacité à s’excuser le rongeait. Les mots restaient bloqués dans sa gorge, et il sentait le poids de son erreur l’écraser, un mélange d’embarras et de regret l’envahissant. Comment avait-il pu laisser ses obligations prendre le pas sur son devoir ?
Ecoute Martin, je ne veux pas te mettre plus dans l’embarras, mais si j’ai besoin de toi et compte tenu que tu fais du zèle puisque mon ex t’as convaincu, si je t’appelle tu accours sans poser de questions.
_ Bien Capitaine, à vos ordres .
_ Rompez jeune homme
A suivre…
Copyright janvier 2025

cest qui le chef lol
il y a quoi dans cette forêt ?
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Eh bien, ça alors …
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Toujours plus étrange.
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