Shana face à un choix 16-1

Parallèlement à ce qu’il se passe en Afrique, Thomas décide de convoquer Edith. La voici accompagner par Youcef qui est allé la cueillir à la caserne, puis emmené à la caserne de Melun, lieu tranquille et moins connu de ceux qui rôdaient ces jours derniers.

Édith semble enfin prête. Les traits tirés, le regard fixe.

Thomas (calme, posé) : Ce que vous ne dites pas nous empêche d’agir.
Le bébé… c’est vous qui l’avez sorti du pays ?

Elle hésite. Le vent agite les stores. Elle baisse les yeux. Puis relève la tête, décidée :

Édith (voix cassée) : Il y a un homme… Je l’ai vu. À Dakar.
C’est lui qui m’a dit que l’enfant n’était pas—

CRAC.

Un craquement sec, presque un cliquetis métallique. Thomas tourne la tête. Rien. Puis :

— Thud.

Édith s’écroule en avant, sa tête heurte la table. Son bras glisse. Un gémissement. Youcef bondit.

Thomas : Édith ?!

Youcef (déjà près d’elle) : Attends… ne la bouge pas !

Il se penche sur la tête de la jeune femme et aperçoit, à la base du cou, une petite aiguille noire. Plantée à moitié sous la peau. Presque invisible.

Youcef (blême) : Merde…
Ça… ça ressemble à du curare.
On la touche, elle meurt.

Thomas (sec) : Tu confirmes ?

Youcef : C’est un dérivé. Par un gars très précis. C’est pas injecté à la seringue… c’est soufflé. Une aiguille propulsée à haute vitesse.
Il faut appeler le SAMU sans la déplacer d’un millimètre.

Thomas ferme aussitôt la fenêtre. Il regarde dehors. Personne.

Thomas (dans le talkie) : Alerte rouge. Médical d’urgence en salle 2. Ne touchez pas la victime. Blocage complet du périmètre.
Tireur embusqué ou infiltration silencieuse.

Un silence lourd s’abat. Édith respire encore, faiblement. Ses lèvres frémissent, bleuissent.

Youcef (à voix basse) : Elle allait parler.
Quelqu’un voulait que ça s’arrête là. Qui a pu la suivre ? Aurait-elle un micro sur elle ? Youcef termine par des gestes compris de Thomas. S’ils sont sur écoute, ils ne vont pas leur donner des indices précieux.

Le médecin militaire qui entre en courant est une femme, elle est précise et rapide. Elle inspecte le cou d’Édith avec une lampe fine.

Médecin : Aiguille creuse. Très fine. Injection probable d’un dérivé de curare végétal. C’est pas instantané, mais si on bouge trop vite, les muscles respiratoires peuvent lâcher.

Thomas : Vous pouvez l’extraire ici ?

Médecin : Je vais tenter une extraction sèche, sans toucher le tronc nerveux. Mais il faut un silence total. Et une main sur le sac O².

Lentement, elle glisse une fine pince courbée sous la peau d’Édith. Une perle de sueur coule sur sa tempe.

Youcef (à voix basse) : Ça vient de l’extérieur. J’ai vu l’angle. La fenêtre donne sur la cour Nord.

Le silence est coupé par un bip long du moniteur : la respiration d’Édith chute.

Médecin : Encore deux secondes…

Clic, l’aiguille est extraite.

Instantanément, elle injecte un anticholinergique.

Médecin : Elle tient. Mais intubation d’office. Et surveillance 24 h.

Docteur, sauf votre respect, bien que ce soit une civile je veux un transfert à l’hôpital militaire.

Messieurs vous n’emportez pas cette jeune femme. Je la fais transférer ailleurs. Les deux hommes se regardent, saisissent leur brancard et s’en vont. Pendant ce temps Youcef a appelé un hélicoptère car le transfert est trop long pour Clamart par la route.

Cependant le médecin refuse d’aller en hélicoptère à Clamart. Elle préconise d’aller à l’hôpital des armées de Melun. Deux autres ambulanciers sont arrivés et Édith est transférée sans la redresser, couchée à plat, le masque sur le visage.

Pendant ce temps, Thomas grimpe sur le toit annexe avec Youcef. Ils avancent vers l’angle de tir présumé. Un opérateur radio les rejoint.

Youcef : Et les badges d’entrée ? Drones ? Téléphones ?

Thomas : T’as quoi sur les caméras ?

Agent radio : Image floue. Un masque noir et une capuche, mais la forme du tube soufflant est nette.
Tir réalisé depuis un conteneur entreposé temporairement à 11 mètres de la fenêtre. Il s’est volatilisé 40 secondes après le tir.

Thomas Put..n, personne n’a pensé la fouiller. Je rentre chez moi, j’espère que Shana n’est pas en danger. A-t-on eu des nouvelles de Myriam ?

Agent radio : Un seul badge frauduleux a été activé ce matin dans la zone logistique.Identité : “Jean-Baptiste Ngué” — faux papier, fausse société de maintenance fibre.

Thomas serre la mâchoire.

Thomas : Ce n’est pas un tir de menace. C’est une neutralisation ciblée.On lui a ordonné de se taire au moment précis.

Youcef : Et maintenant elle est à l’hôpital. Si ça rate une fois…

Thomas s’adressant à Youcef Appelle Julien dis-lui de venir immédiatement surveiller la patiente, accompagne-le et prenez deux hommes à la caserne désignée par le Colonel, autant nous entourer que des meilleurs. Ne les attend pas, vas y directement. Prononce aucun prénom. Je fonce chez moi.

Youcef Mais Thomas c’est un hôpital militaire, elle est déjà sous surveillance.

Et ici c’est une grande surface où l’on rentre et sort à notre guise. Et bien tu as vu le résultat. Donc je ne crois qu’en mes hommes. Les autres c’est de la méfiance ou de la connerie. Appelle-là comme tu veux, mais Edith sait beaucoup de choses. Donc c’est immédiat.

A suivre :

Copyright Juillet 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

6 réflexions sur « Shana face à un choix 16-1 »

  1. Ho la la… Que de péripéties…
    D’abord Dakar qui nous révèle que le gamin est un bébé fantôme…
    Vite, je passe à l’épisode 16-1, pour me confirmer qu’Édith avait encore embrouillé les cartes…
    Elle doit en savoir long pour avoir été neutralisé par un quidam se trouvant à l’extérieur.
    J’espère qu’elle va s’en sortir.
    Bises et bonne soirée – Zaza

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