Maël n’avait jamais pris le TGV. Encore moins pour aller passer un week-end chez un frère qu’il connaissait à peine. Sur le quai, Louis les attend. Grand, discret, il fait un léger signe de la main.
À ses côtés, une femme blonde pousse une poussette.Ingrid, son épouse suédoise, sourit chaleureusement.Dans la poussette, Nils, tout juste un an, mâchouille un jouet en silicone sans trop comprendre ce qui se passe.Louis s’approche de Maël, pas trop vite, pas trop fort.
— Bienvenue, p’tit frère.
Maël hoche la tête, mal à l’aise, mais touché.Louis serre Léo dans ses bras.
— Merci de l’avoir accompagné.
— C’est lui qui m’a convaincu, glisse Léo.
— Tu es content de nous rendre visite.
Il ne répond pas mais ses yeux parlent pour lui.
Dans la voiture, Ingrid, la femme de Louis, l’accueille d’un “Hej hej !” joyeux. Elle parle français avec un accent adorable et des mots parfois de travers qui font rire Maël.
Léo reste en ville, laissant Maël passer la journée avec Louis, Ingrid et Nils, pour eux quatre c’est direction Eurodisney. Louis avait tout prévu. Il voulait offrir à son petit frère un vrai moment de légèreté. Maël monte dans chaque attraction avec l’enthousiasme d’un enfant de huit ans.Même dans “It’s a small world”, il tape du pied en rythme.Ils mangent des frites et des churros, Ingrid prend des photos de Maël et Louis devant le château.
Nils dort dans la poussette, le nez au vent.Le soir, Ingrid lui glisse en souriant :
— On dirait que vous avez dix ans d’écart… et pourtant vous riez pareil.
De retour à l’appartement, Ingrid cuisine un repas franco-suédois :gratin dauphinois, hareng mariné, pain croustillant et un dessert au citron venu du nord.
Maël goûte tout. Il aime, même les trucs bizarres.
— C’est… spécial. Mais c’est bon, dit-il en se resservant.Louis rit.
— T’es franc, j’aime ça.Pendant ce temps, Nils s’agite dans sa chaise haute, en lançant des bouts de pain par terre.Maël le regarde, intrigué.
— Il comprend quelque chose à tout ça, tu crois ?
— Non, mais il enregistre tout, répond Louis. Comme nous, à son âge.
Dans la chambre d’amis, Maël s’endort rapidement.Pas de cauchemars, pas de bruits inconnus. Juste la fatigue du parc, et l’étrange chaleur d’un endroit qui ne l’a pas rejeté.
Louis prépare du café. Ingrid donne un biberon à Nils. Maël arrive en chaussettes.
— J’peux revenir… un autre week-end ?Louis le regarde avec sérieux.
— Ma porte est ouverte. Même sans Léo.
— Alors j’viendrai.Ils échangent un vrai sourire. Pas de discours. Juste ça.
Il est est neuf heures, dans la cuisine baignée de lumière, Maël s’installe en silence.
Ingrid pose devant lui une tasse de chocolat chaud, du pain grillé, et des petits biscuits suédois au gingembre.
— Tu dors comme une bûche, dit-elle en riant doucement.
Louis arrive avec Nils dans les bras, les cheveux en bataille, les yeux encore mi-clos.
Le petit se met à babiller dès qu’il aperçoit Maël.
— Il te reconnaît, murmure Louis. Tu lui plais, apparemment.
Maël tend timidement les bras, et contre toute attente, Nils se laisse faire. Il le garde sur ses genoux pendant tout le petit-déj. Quelque chose dans ce geste l’étonne lui-même : il se sent utile. Il se sent là.
Ils sortent en famille au parc André-Citroën. Nils gazouille dans sa poussette, Ingrid parle des différences entre la France et la Suède, Maël écoute, curieux. Louis et lui marchent côte à côte.
— C’est bizarre, dit Maël. On dirait qu’on est une vraie famille.
Louis lui jette un regard.
— On l’est. Pas “comme une”, Maël. On l’est vraiment.Un silence. Puis Maël :
— J’ai jamais eu un grand frère comme toi. Enfin… j’savais même pas que t’existais.
— Moi non plus. Mais c’est pas trop tard.
Ingrid prépare un repas rapide : pâtes à la crème et saumon fumé, salade croquante, et glace à la vanille.
Pendant le repas, Nils tente d’attraper la cuillère de Maël.Il éclabousse tout. Ingrid s’exclame en suédois, Louis rigole.Maël, lui, se marre à pleins poumons. C’est la première fois qu’il rit comme ça depuis longtemps — un rire pur, sans sarcasme.
L’après-midi, pendant qu’Ingrid met Nils à la sieste, Louis et Maël restent au salon.Ils jouent un peu à la console, parlent de tout et de rien.Puis Louis s’absente pour prendre un appel, laissant Maël seul.
Dans le silence, Maël regarde les photos sur les murs :le mariage de Louis et Ingrid, la naissance de Nils, un selfie en montagne. Il se murmure à lui-même, un jour ce sera moi qui vivrait comme mon frère.
Vers dix-huit heures, Léo arrive pour le ramener.Maël embrasse Ingrid, serre Nils contre lui, puis s’arrête devant Louis. Ils se regardent, sans trop savoir quoi dire.
— Merci pour tout, lâche Maël.
Louis l’attire contre lui.
— Ce n’est que le début. Reviens quand tu veux. Tu fais partie de nous maintenant. Maël hoche la tête. Cette fois, il y croit.
A suivre…
Copyright Août 2025

ça fait un bon weekend pour Maël, j’espère que maintenant cette famille va pouvoir vivre heureuse
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Super ! Quelle agréable page, Eva Joe ! Bon dimanche. Bisous
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Merci Colette, bon dimanche aussi pour toi. Bisous.
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Un week-end qui restera gravé dans la mémoire de Maël !
Bises et bon dimanche – Zaza
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La chance de Maël, malgré un démarrage affreux, aucun mot ne peut être à écrire ou dire, a été de vivre avec Shana et Thomas. Aucun Capet Grand-père ou père ou Edith a eu une emprise sur lui.
Bisous et bon dimanche.
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Pour tous ceux qui passent par la case Shan/Thomas c’est l’apprentissage d’une vie « normale » saine.
Merci pour cette page EvaJoe.
Mael n’a plus qu’à se partager entre ceux qui l’aiment et que lui aime.
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Tino commence à accepter qu’il fait partie d’une famille heureuse et aimante
🙂
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