Après la rencontre avec le notaire, la grande fratrie s’était mise à parler tous en même temps. Un brouhaha indescriptible.
Louis — l’unique Louis de la famille — leva la voix :
— Pour qu’on s’y retrouve, on va former des petits groupes. Dans chaque groupe, un secrétaire prendra des notes.
Il consulta sa montre.
— Rendez-vous sous le saule pleureur, dans deux heures.
— Et pour les groupes ? demanda quelqu’un.
Mila leva la main, un sourire malicieux aux lèvres :
— J’ai une idée.
Tino éclata de rire :
— Ma petite sœur, on t’écoute. Tu as réussi à tous nous rassembler, alors on te suit.
— On se met par fratries, proposa Mila. Sinon, je vais me disperser et ça va partir dans tous les sens. Et… on pourrait se partager les biens des Capet, juste sur le papier, pour voir ce que chaque groupe propose aux autres.
— Si mes frères sont d’accord, annonça Maël, on prend les… canas… chevaux de trait… enfin, le machin que le petit monsieur a mal nommé.
Les rires fusèrent. Louis acquiesça.
Thomas, qui avait suivi la scène, posa papiers et stylos sur la table.
— Voilà votre devoir de vacances, lança-t-il en souriant.
Tino, sa sœur pendue à son bras, demanda à Yanis de récupérer le matériel. Eux choisiraient les maisons d’Andorre.
Plus loin, Mikael et Kevin discutaient. Mila les écoutait en douce. Mikael rêvait de la villa aux îles Marquises, mais ça faisait loin pour une simple visite.
— Et le voyage, ça coûte combien ? demanda Mila. J’ai beaucoup d’argent, je peux aider.
Kevin trancha :
— Léo et Louis, prenez la villa des Marquises et les terrains constructibles.
Thomas nota les choix. Et il ajouta, il reste encore les appartements à Paris.
À ce moment précis, il sentit un changement dans l’air. Un silence s’installa autour de Shana. Elle s’était figée, le regard perdu. Ses mains tremblaient légèrement sur ses genoux.
— Ça va ? demanda-t-il en se penchant vers elle.
Elle secoua la tête. Sa voix, faible, se brisa :
— Dès que le notaire a dit “Haussmann”, j’ai… j’ai senti que ça n’allait pas. Cet endroit… j’y ai vécu l’horreur… là où ma sœur…
Elle s’interrompit, les lèvres blanches.
— Enfin… je n’ai plus de sœur.
Ses yeux se voilèrent. Elle se leva, chancelante, puis s’effondra.
— Shana ! cria Thomas en se précipitant.
Mila, qui s’était éloignée, revint en courant :
— Maman ! Qu’est-ce qui t’arrive ?
Mikael souleva sa petite sœur d’une main ferme. Thomas prit Shana dans ses bras et l’emporta dans le salon, la déposant avec douceur sur le canapé.
Kevin partit chercher Églantine, qui bavardait avec Ingrid tout en surveillant les jumeaux dans la piscine. Sali et Malian étaient aussi là. Le petit venait de se réveiller et protesta aussitôt :
— Moi, je veux pas aller dans la psine !
Églantine ne posa pas de questions et suivit Kevin. En chemin, elle finit par demander :
— Qu’est-ce qui se passe ?
— C’est Shana… Les souvenirs horribles lui sont revenus en plein visage. D’abord chez le notaire… et maintenant, avec Thomas.
Louis, qui marchait à côté, fronça les sourcils :
— Moi, je pense que c’est un concours de circonstances… mais il y a anguille sous roche.
— Un bébé ? demanda Églantine, intriguée.
— Oui… je crois. Mais Mikael m’a juste dit de venir te cherche
— Il fallait me le dire tout de suite… Dépêchons-nous !
Lorsque nous revenons dans le salon, Mila pleure dans les bras de Mikaël. Thomas profite de l’arrivée d’Églantine et Kevin pour s’éloigner de Shana.
Il s’approche de sa fille et, d’une voix douce mais sérieuse, lui dit :
— Écoute-moi, Mila. On ne vous avait rien dit, mais ta maman attendait un bébé. J’ai appelé les pompiers, mais il est possible qu’elle ait fait une fausse couche. Maintenant, tu vas aller avec Mikael et Kevin réfléchir à ce que tu vas faire des biens immobiliers des Capet. Je vous tiendrai au courant. Je vais accompagner ta maman. Ça ira, Mila ?
— Oui, Papa… dit-elle en reniflant.
— Allez, dépêchez-vous, vous êtes en retard. À mon retour, je relève les copies.
Lorsque les pompiers repartent, toute la fratrie suit des yeux le fourgon qui s’éloigne. Peu à peu, chacun retourne à ses réflexions, échangeant à voix basse. Tous se demandent comment s’occuper de ces appartements… sans que Shana en soit affectée.
Plus de deux heures plus tard, ils se retrouvèrent comme convenu sous le saule pleureur.
Maël avait voulu être secrétaire, il savait déjà ce qu’il allait dire sans même toucher à sa feuille.
— Nous avons regardé dans quel haras les chevaux se trouvent. Ils sont tous en Normandie. Louis a téléphoné et nous avons trois dates pour aller les voir. Voici ce que nous avons décidé : nous garderons tous les chevaux dans ce haras. De cette manière, nous n’aurons pas à nettoyer tous les matins, ni à chercher des jockeys pour les monter, ni à leur acheter du picotin. Bref, on récupère chaque fois qu’ils gagnent une course, car le notaire nous a dit que notre vieux ne les avait plus du tout, du moment que nous acceptions la donation.
— On garde celui qui a trois ans, on va lui faire une stalle dans l’écurie et Inès apprendra à le monter.
Inès devint rouge comme un coquelicot lorsque tout le monde apprit qu’elle voudrait devenir jockey.
— Léo, parmi ses clients, connaît une famille qui a des chevaux. Ils cherchent un endroit à l’année pour les y mettre. Si vous êtes d’accord, on les prend, et leur palefrenier fera le ménage.
À l’unanimité, la proposition fut adoptée.
Ensuite, ils énumèrèrent tous les biens. Mikael annonça que leurs prochaines vacances seraient aux îles Marquises. Mila devait se renseigner sur le prix, mais, vu les circonstances, elle n’en avait pas encore eu l’occasion.
Tout y passa, sauf les appartements. Ceux-là, ils allaient les confier à une agence, qui s’occuperait d’en tirer un bon prix.
Le groupe de Tino s’était occupé des maisons et chalets à Andorre. Ils avaient pris contact avec l’agence qui les gérait et il faudrait aller les visiter.Un des chalets était plus grand que les autres. Sans faire de plans sur la comète, si personne n’était contre, on pourrait le garder. Cela leur ferait un lieu de villégiature.Tous se regardèrent et trouvèrent l’idée très astucieuse. Ils approuvèrent à l’unanimité.Quant à la villa de Nice, il faudrait aller la voir, et ils décideraient après.
Quant aux terrains constructibles, ils étaient dispersés un peu partout : dix dans toute la France, deux en Espagne, un en Allemagne, et trois…À ce moment-là, Tino fit un roulement de tambour avec sa voix et, le plus naturellement du monde, annonça :
— En Laponie !Comme l’a dit Maël, c’est sûrement chez le Père Noël…
A suivre… C’est l’autre la fin 😂
Copyright Août 2025

j’espère surtout que Shana va bien…
mmoi je pense qu’ils devraient tout vendre, faire un pot commun, placer l’argent, et redistribuer les bénéfices à tous les enfants
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… en Laponie, ce n’est pas à la porte … Thomas reviendra avec des nouvelles de Shana … ensuite, il relèvera les copies … c’est là que nous serons en mesure de tout savoir … nous aurons probablement de bonnes surprises ; j’imagine.
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Tout devrait s’arranger et cette fratrie à l’air de s’entendre comme larrons en foire !
Quant à Shana, espérons que cela ne soit pas une fausse couche.
Bises et bon début de semaine – Zaza
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Bien sûr je me disais que les jeunes allaient se mettre d’accord et faire en sorte que chacun ait part égale et que tout se finirait bien. Oui, mais voilà, il a fallu que tu nous mette le petit grain de sable, celui qui fait grincer des dents : Shana qi attend un bébé et qui avec tout ce qui vient de se passer risque la fausse-couche.
Allons voir la suite, mais là, tu ne peux pas faire une fin « moche », n’est-ce pas.
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En Laponie? Mais où vas-tu chercher tout ça?
Suspense! Suspense jusqu’au bout!
😉
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