Léa et moi n’avons pas dormi. Toute la nuit, nous avons cherché comment présenter l’affaire.
À Jean. À Gwendal. Deux hommes, deux regards différents.
Gwendal, mon ami d’enfance, ignore que la querelle entre nos familles remonte loin. Trop loin. Avant même que Léa et moi ne soyons nés.
Tout commence en 1870. L’arrière-grand-père de Gwendal part à la guerre, enrôlé à la place d’un Le Guen. À son retour, mutilé, il découvre que sa fiancée Catherine a épousé un autre. Un Le Guen, justement. De cette trahison naît une haine qui ne s’éteindra plus.
Un soir de beuverie, l’ancien soldat noie son rival. Mais Catherine s’enfuit à Roscoff avec ses deux fils. L’un, Roger, deviendra le père de Michel. L’autre, Pierre, mourra à la Marne en 1918.
Et la rancune, elle, survit. Car dans l’autre camp, il y a les Le Bihan. Ma belle-mère, Marie, a grandi auprès de Jean Le Bihan. Il la voulait. Elle le méprisait. Sournois, violent, toujours prêt à la forcer. Jusqu’au jour où le père de Léa lui règle son compte. C’est lui qui épousera Marie. Pas Jean. Pas ses frères.
Depuis, la blessure s’est rallumée : Jean contre Michel, Le Bihan contre Le Guen. Hier encore, le sang a coulé. Michel est mort. Et Léa et moi sommes convaincus que son meurtrier n’est autre que Jean Le Bihan.
Mais qui, alors, a tué Jean ? Erwan, qui s’est enfui juste après notre mariage ? Ou quelqu’un d’autre ?
Deux enfants sont venus nous brouiller l’esprit. Malo et le petit Yann. D’abord ils ont nié, puis bredouillé, puis lâché une vérité impossible : Malo aurait tué l’oncle de Tit’Yan comme désormais nous l’appelons. Ce dernier l’aurait seulement suivi. Mais leur histoire ne tient pas debout. Trop d’incohérences. Trop de trou.
Léa me donne sa version comme elle a ressenti tout ça.
Elle se remémore le moment où les deux gamins jouaient pendant le repas, puis brutalement ils étaient venus les voir alors que je fumais dehors en compagnie de son frère Yves.
Malo et le petit Yann sont venus nous trouver. Deux enfants, deux visages graves, comme s’ils portaient un fardeau trop lourd pour eux. Leurs paroles d’abord n’étaient que balbutiements. Ils racontaient une histoire incroyable, trop confuse pour être crue. Un instant, ils accusaient quelqu’un d’autre, puis se rétractaient aussitôt, comme pris de remords ou de peur.
Malo se racle la gorge. Il dit que c’est lui. Lui qui a tué Loïc. Tit’Yann comme on le nomme, lui, n’aurait fait que suivre. Toujours pareil. Malo de deux ans son aîné commande, Tit’Yann obéit. Mais ça sonne faux. Leurs mots se contredisent. Les heures ne collent pas.
Et Malo, lui, ne cesse de regarder sa montre, comme si le temps pressait, comme s’il attendait un signal.
Léa et moi nous jetons un regard. Nos deux versions se ressemblent. Il y a des incohérences partout. Ces enfants mentent. Ou on leur a mis une histoire dans la tête. Qui ? Pourquoi ? Mais alors qui a tué Loïc ?
A suivre…
Copyright Septembre 2025

comme quoi il ne faut pas juger trop vite 😅
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Il faut réfléchir, mais ce petit intermède m’a bien amusé…
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Bonne question EvaJoe. Mais alors, qui a tué Loïc ?
Joli rebondissement, la saga continue.
Bises et bon jeudi – Zaza
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Alors, qui, oui, a bien pu tuer Loïc, alors … Bonne soirée Eva Joe. Bisous
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Qui et pourquoi les enfants s’accusent-ils.
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Suspense! Quand tu nous tiens!
😉
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