Ce sont des phrases jetées à la hâte sur un bloc de papier que j’ai mis en forme. Et une petite histoire a surgit … Je les avaient oubliés… Mystères, légendes… Intrigues…Et le décor est planté. Bonne lecture…
Personne ne l’avait vue arriver…
Plus tard, on dirait, grâce à Mélanie de la ferme des Hauts, qu’elle était dans le bus du vendredi, juste avant les vacances scolaires de Noël.
C’était une journée glaciale.Les enfants étaient rentrés plus tôt, sur décision du préfet.Moins d’une heure plus tard, les routes qui montaient à Aime étaient déjà recouvertes de neige.
Le vent souffla toute la nuit.Au matin, le village était coupé du reste de la vallée. Nul ne pensait à sortir : les cheminées fumaient, les volets restaient clos. Personne, sauf Mélanie, ne semblait se souvenir de la passagère mystérieuse.
Toute de noir vêtue, elle portait un long manteau serré à la taille, un foulard sombre qui lui cachait la moitié du visage… et ces bottes rouges, éclatantes, qui auraient dû attirer le regard de tous. Mais ce soir-là, chacun s’était empressé de rentrer au chaud, laissant la femme disparaître sans témoin.
Au café de la place, on parlait bas, entre deux gorgées de vin chaud. Les routes fermées enfermaient le village dans un silence de neige, et les langues, elles, se déliaient.
« Une étrangère, dit l’un, une qui n’est pas d’ici, ça se voit.
« On dit qu’elle est descendue près du vieux moulin, ajouta une autre, la voix basse, comme si elle craignait d’être entendue.
« Non, non, je l’ai vue longer la route du cimetière, j’en suis sûr, trancha le vieux Carrel, toujours prompt à noircir les histoires.
Personne n’avait remarqué ses traits, mais tous répétaient la même chose : ses bottes rouges, éclatantes dans la blancheur de la neige, qui claquaient contre le sol gelé.
Le soir venu, derrière les volets clos, on allumait des chandelles plus tôt que d’habitude. On disait que le vent emportait son pas, qu’on l’entendait glisser dans les ruelles, même quand personne ne sortait.
Les nuits devinrent plus lourdes. Les volets claquaient plus tôt. Dans chaque maison, on tirait les rideaux avec un soin particulier, comme si cela pouvait suffire à tenir dehors l’invisible.
Mais dès le lendemain, elle avait disparu.Aucune trace dans la neige, aucune empreinte menant hors du village. Comme si la tempête elle-même l’avait engloutie.
Alors les récits commencèrent à circuler.Certains se souvenaient d’un soir semblable, vingt ans plus tôt, où une femme, toute de noir vêtue, avait été aperçue sur la route du col. D’autres racontaient qu’au temps de leurs grands-parents, une silhouette aux bottes rouges revenait chaque hiver, quand les montagnes se refermaient et que le village se retrouvait seul, isolé du monde.
On chuchotait qu’elle n’était jamais la même, mais toujours la même présence.On murmurait qu’elle venait chercher quelque chose, ou quelqu’un.Et l’on jurait que, chaque fois qu’elle apparaissait, un malheur suivait.
On pensa d’abord à une simple coïncidence. Mais trois jours après l’épisode du bus, alors que les routes restaient bloquées par la neige, on s’aperçut qu’Antoine, le fils du boulanger, n’était pas rentré de chez son oncle. On chercha dans les granges, on descendit jusqu’à la rivière gelée. Les hommes du village, bottés jusqu’aux genoux, appelèrent son nom des heures durant, leurs voix étouffées par le vent. Mais rien. Pas même une trace de pas. Le soir même, autour du poêle du café, les murmures prirent un autre ton.
« Elle l’a emmené. »
« Comme autrefois,vous vous souvenez, la petite Jeanne ? »
Les anciens baissaient la voix, mais les plus jeunes tendaient l’oreille, blêmes.On parla de pactes oubliés, de dettes anciennes que le village payait chaque fois qu’elle revenait.Et dans toutes les maisons, on répétait en frissonnant :« On n’aurait jamais dû la laisser monter dans ce bus.
Les nuits devinrent plus lourdes. Les volets claquaient plus tôt. Dans chaque maison, on tirait les rideaux avec un soin particulier, comme si cela pouvait suffire à tenir dehors l’invisible.
A suivre…

Coucoy EvaJoe
des phrases jetées sur le papier qui t’ont inspirées par une nouvelle saga cette invisible ne serait-elle pas un fantôme de légende.?
Bises et bon dimanche – Zaza
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Une entité, un mythe, une apparition, un rêve tout éveillée… Ou un cauchemar…dans les Alpes…
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Bonjour Eva Joe, certainement que je vais suivre cela ! C’est quelque chose, ça que de tenir dehors l’invisible, hein ! Bisous
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sale ambiance lol
la mort rode dans le village
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