Quelques parts là-haut vers les sommets ( 19)

Le gamin qui les avait averti était du quartier, mais ils ignoraient tout de lui. Les pompiers devaient déjà être sur les lieux.

Le capitaine Morel gara sa voiture à l’angle de la rue des Marronniers.Les gyrophares rouges et bleus des véhicules de pompiers coloraient la façade d’un immeuble ancien.Deux fourgons stationnaient déjà devant l’entrée. Des voisins, silencieux, observaient depuis les trottoirs.Morel sortit précipitamment, montra sa plaque à un pompier qui dirigeait la circulation.

— Capitaine Morel, commissariat central de Grenoble. Qu’est-ce qu’on a ?

Le pompier hésita, le regard grave.

— Un homme, la quarantaine. Les voisins ont entendu un bruit sourd, puis plus rien.

— Il est vivant ?

— Je ne crois pas.

Le capitaine Morel se précipita à l’intérieur.L’escalier sentait le métal et la poussière brûlée.À l’étage, la porte de l’appartement était entrouverte, fracturée. Un pompier en combinaison s’effaça pour le laisser entrer.

— Là, Monsieur Renaud Masson gisait dans le salon, à moitié allongé contre le canapé. Le téléphone portable reposait sur le sol, l’écran encore allumé sur un numéro non terminé.Morel s’accroupit près du corps. Le médecin des pompiers secoua la tête.

— Pas de pouls depuis plus de dix minutes.

— Cause probable ?

— Chute violente. Mais… il y a un hématome sur la tempe. Pas de trace de lutte apparente.Morel observa la pièce. Rien ne semblait déplacé, sauf une lampe renversée et quelques feuilles éparpillées sur la table basse. Sur l’une d’elles, un mot griffonné :

Je n’aurais jamais dû signer. Pardonne-moi.

Morel se redressa lentement.

— Personne n’a vu quelqu’un entrer ou sortir ?

— Non, capitaine. Les voisins disent avoir entendu un claquement de porte, c’est tout.

Morel fit le tour de la pièce. Une fenêtre entrouverte, un rideau qui bougeait doucement sous le vent du soir.Il se pencha sur le téléphone au sol. L’historique affichait :Dernier appel : Professeur Armand – 19h42.

Appel sortant interrompu : Étienne Permet – 19h56.

Il sentit sa mâchoire se contracter.

— Fermez la scène, dit-il d’une voix basse.

— Vous suspectez quelque chose ? demanda un pompier.

— Ce jeune qui a téléphoné à bien dit c’est une agression et il a ajouté c’est mon père, puis plus rien. J’espère qu’il est vivant. Et sa femme et ses autres enfants où sont-ils donc ?

— Vous avez raison Capitaine, il ne doit pas être loin.

— Mes hommes ont fait le tour de la maison, ils n’ont rien trouvé, la mère et les enfants ne sont pas là.

— Il n’est que dix-neuf heures trente, les grandes surfaces ne ferment qu’à vingt heures. Ils ne devraient pas tarder.

Morel regarda à nouveau le corps de Masson.

— Disons qu’il y a des gens à qui la vérité coûte plus cher que le mensonge.Il sortit son téléphone, composa un numéro.

— Allô, Professeur Armand ?

— Oui, capitaine.

— Je suis chez le docteur Masson. Il faut qu’on parle. Tout de suite, j’espère que c’est possible.

— Que s’est-il passé ?

— Venez si vous pouvez… mais préparez-vous. Ce n’est plus une affaire médicale. C’est devenu une affaire criminelle.

A suivre…

Avatar de Inconnu

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Quelques parts là-haut vers les sommets ( 19) »

  1. Le gamin a dû avoir une sacrée trouille. Il a certainement été se cacher puisqu’ il a prévenu les pompiers. Valgrange ne sera pas inculpé puisqu’ il était au fil avec Masson, qui a été agressé en laissant tomber le combiné. Et comme il a téléphoné à Morel tout de suite après.. Je le savais, je le savais qu’il y aurait du sang 😉.

    Bises et bonne soirée – Zaza

    J’aime

Répondre à ANNE GUILLARD Annuler la réponse.