Quelques parts là-haut vers les sommets (20)

Le repas venait de se terminer dans le restaurant  » A la bonne raclette »de Chambéry. La chaleur du feu contrastait avec la neige qui tombait dru dehors. Antoine, adossé contre la banquette, regardait les flocons descendre lentement. Mélanie, elle, semblait apaisée, presque heureuse.Pour la première fois depuis des années, tout paraissait simple.

Le téléphone d’Armand vibra.Il jeta un œil à l’écran :

C’était le Capitaine Morel. Un pressentiment lui traversa le ventre.Il décrocha, un peu à l’écart.

— Oui, capitaine ?

— Docteur, je vous dérange ?

— Non, pas du tout.

— Il faut que vous veniez. C’est au sujet de Renaud Masson. On vient de le retrouver mort chez lui.

Armand sentit son sang se glacer.

— Mort ? Comment ça, mort ?

— Ce n’est pas une mort naturelle, docteur. On parle d’un homicide. J’aimerais que vous voyiez certaines choses avant qu’on les emporte.

Un silence pesant, Morel ne raccrochait pas,Armand regarda la table où Mélanie et Antoine riaient encore doucement.

— Je viens tout de suite, puis il raccrocha, reprit place un instant.

— C’était le capitaine Morel, dit-il calmement. Il faut que je descende à Grenoble. C’est important.

— Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Mélanie, la voix déjà inquiète.

— C’est à propos de Renaud. Il est mort.

Elle pâlit, se raidit sur sa chaise.

— Mort ?… Comment ?

— Ils n’en savent rien encore. Mais je dois y aller.

Antoine qui était allé voir les grands aquariums, vit de suite qu’il se passait quelque chose. Il prit son temps pour revenir vers la table. Sa mère semblait désemparée.

— Je viens avec toi.

— Oui, bien sûr. Vous resterez dans la voiture, tous les deux. Ce sera plus sûr. Une heure plus tard, la voiture d’Armand descendait la vallée, phares allumés dans la nuit neigeuse. Mélanie gardait le silence, les mains jointes sur ses genoux. Antoine dormait à moitié, la tête appuyée contre la vitre. Armand roulait vite, concentré, le visage fermé. Quand ils arrivèrent dans la rue bordée de sapins où vivait Renaud Masson, des gyrophares bleus clignotaient de toutes parts.

Le capitaine Morel les attendait sur le trottoir, manteau sombre, regard grave. Armand se gara un peu à l’écart, coupa le moteur.Il se tourna vers Mélanie.

— Tu restes ici, tu m’entends ? Quoi qu’il se passe, tu ne bouges pas.

— D’accord. Fais attention à toi.

Il sortit de la voiture, referma la portière avec douceur.À travers la vitre embuée, Mélanie suivit sa silhouette s’éloignant vers la lumière bleue des véhicules officiels.Elle sentit alors un frisson lui parcourir la nuque. Quelque chose, dans cette nuit glacée, lui soufflait que l’histoire n’était pas encore finie.

Soudain une voiture noire s’arrête à hauteur de Mélanie, en sort Rosemonde Masson, une ancienne amie d’école, c’est la femme de Renaud. Elle est avec ses deux derniers enfants. Mélanie ne cherche pas à lui faire signe, elle se fait toute petite et attend qu’Armand revienne.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Quelques parts là-haut vers les sommets (20) »

  1. Pourvu que Mélanie reste enfermée avec Antoine dans la voiture… Et si Etienne Permet était resté dans les parages…. Car l’assassin, c’est bien lui, Éva Joe hein ? »n

    Bisous, bisous en attendant la suite.

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  2. Je me disais aussi que la femme de Masson avait dû terminer ses courses ! Quel retour pour elle et ses enfants.

    Mélanie a bien fait de rester dans la voiture.

    Sûr qu’elle ne doit pas se sentir en sécurité en ce moment.

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