La planque (suite)

Dès que Pierre se trouve à leurs pieds ils se précipitent sur lui, lui font les poches, le retournent sans se préoccuper de son état, ouvre son sac à dos. A l’intérieur une lampe électrique, des céréales, deux petites bouteilles d’eau et deux pommes. Où se trouve son téléphone, je ne comprends pas, comment peut-il communiquer avec son complice dit le plus vieux à l’autre.

        Magne, on s’en fiche, on l’a trouvé le complice de Paulo, on exécute les ordres et le reste on s’en fiche.

       Mais ils nous ont dit de lui prendre son téléphone.

       Ecoute, rends toi à l’évidence il n’a pas de portable, les autres vont arriver il ne doit plus rien rester, ni lui, ni sa cachette et là ce n’est pas une mince affaire.

      Attends on ne va pas démolir cette cache, on s’en fiche on n’est pas obligé de lui dire qu’il était dans une planque,

      Et on dira quoi gros malin, qu’il sifflait et se baladait mains dans les poches…

      Pourquoi pas ? Nous dirons qu’il se dissimulait au fond vers les fruits à mettre à la benne et basta.

 

Tout en portant Pierre vers une destination connu d’eux seuls, ils devisaient sans voir deux yeux qui les observaient non loin de là.

Il fait son poids le chefaillon, et ils partirent d’un rire tonitruant alors que leur voiture s‘éloignait rapidement des entrepôts. En chemin ils n’étaient pas d’accord sur la suite à donner à ce kidnapping, le plus jeune veut se débarrasser du corps et le plus vieux à quelques scrupules à commettre l’irréparable.

     Nous ne sommes pas des assassins et il faut s’en débarrasser mais évitons de commettre une chose qui va nous suivre toute notre vie. De plus notre commanditaire ne veut rien savoir de ce qui va arriver à ceux qui croisent son chemin, alors le tuer où l’abandonner quelques parts ne lui donnera pas la gloire, à qui veux-tu qu’il aille raconter son histoire, il lui faudrait donner la raison pour laquelle il espionnait la nuit dans les entrepôts de son patron. Non je t’assure il est ferré le petit chef. De toute façon il n’a toujours pas repris ses esprits. Franchement je pense que j’ai raison.

Nous allons le laisser à ……Et, si il reprend ses esprits il aura de l’eau et après nous aviserons. Nous n’avons rencontré personne et nous avons fouillé minutieusement tous les endroits susceptibles d’accueillir un suspect. Toutes les caches de Paulo ont disparu et celle-là a été dure à trouver mais notre indic a bien su manœuvrer. Ni vu, ni connu, adieu le Pierrot.

Et sur ces bons mots ils referment la porte et jettent la clef,  en s’en allant ils espèrent  ne plus entendre parler de ce minable.

Lorsque Pierre commence à bouger il y a longtemps qu’ils ont quitté les lieux. Tout d’abord il ne voit rien et n’entend absolument rien, le temps de reprendre ses esprits il se frotte la tête, il a une belle bosse. Que s’est-il passé ? Est-il encore à l’entrepôt, il a des doutes car il sent un mur au bas de ses pieds et un autre à sa tête, un vrai tombeau, il frémit. Il bouge et heurte un jerrican, une odeur d’essence empli le réduit où il se trouve, mince j’aurais dû allumer ma lampe. D’ailleurs où est-elle cette dernière et que s’est-il vraiment passé et qui était ces hommes ? Les phrases se bousculent dans sa tête, maintenant il se souvient, deux hommes lui apparaissent comme dans des flashes, ils étaient cagoulé donc impossible de savoir qui l’a abandonné lâchement dans cette espèce de citerne. Bizarre ils lui ont laissé son sac à dos avec toutes ses provisions, c’est peu il est vrai, mais il a  de l’eau et dieu sait si il a soif. Tant qu’il ne sait pas comment va se passer les heures qui vont suivre, il va lui falloir être économe. Il lui faut se  lever et voir s’il y a moyen de s’échapper avant que ces dingues ne reviennent. En se levant il voit qu’il peut se tenir debout, ouf ce n’est pas une citerne mais une pièce exiguë, mais il n’est pas bien, sa tête tourne, il lui faut s’asseoir à nouveau, il cherche dans les petites poches de son sac à dos et il trouve des comprimés, c’est pour le mal de tête, cela devrait le soulager un peu.

Le jour s’est levé il voit par les interstices d’une fenêtre grillagé une pale lueur, il prend le jerrican, monte dessus et observe le décor. Il est à des kilomètres de chez lui, Cela ressemble à rien, un sol de terre battue, une palissade de bois avec de hauts piquets entourent ce lieu inhospitalier, il y a même des barbelés. Pas âmes qui vivent !

 

Soudain son regard est accroché par un vêtement qui flotte sur ce qui a dû être autrefois un étendage, ce vêtement il le reconnaît c’est celui de ceux qui travaillent au port, bizarre que fait-il là, accroché à ce fil tendu. Soudain un flash lumineux, ce sont les entrepôts sur le port, ils sont désaffectés mais des bandes de jeunes y passent leur temps à fumer où bien à jouer cela dépend de leur âge ; il n’y a pas si longtemps il se baladait dans ce coin avec une petite amie.

Aussitôt qu’il eut fait ces constatations, Pierre cherche une porte qui devrait se trouver dans ce coin s’il  ne me trompe pas, en effet il sent sous ses doigts les gongs, il passe sa main et va à l’opposé pour chercher la poignée, mais il n’y en a pas, ni la clef bien évidemment. Une porte en fer, jamais il ne va pouvoir sortir, en bois d’un coup d’épaule il aurait pu la faire sauter. Désespéré, il s’assoit pour réfléchir et commence l’inventaire de ses poches pour voir ce que ces deux types lui ont laissé, mais auparavant il éteint sa lampe car il doit avant tout l’économiser et la lumière qui filtre par l’interstice de la fenêtre lui donne assez de lumière pour sa recherche.

Dans sa poche gauche il a un canif, un morceau de ficelle, du solide, il le sait, un paquet de bonbons et une pomme. Dans l’autre un plan de la ville, oh c’est fou ce que cela va lui servir se dit-il mentalement. Un tournevis, ça c’est intéressant ! Quelques noix, ils n’ont pas du lui faire les poches, sinon le canif et le tournevis ne seraient plus là. Tiens il lui ont piqué son téléphone, ah mais non il se souvient qu’avant leur arrivée il l’avait mis dans sa poche de pantalon. Y est-il encore ? Sa poche qui se trouve le long de sa jambe et à l’intérieur, une vraie trouvaille que ce pantalon acheté la semaine passée dans un surplus de l’armée.

Son téléphone est bien là, mais qui était ces deux comiques, il a tout son matériel de détective. Enfin il en fait un beau ! Il espère avoir du réseau, il appelle chez lui à tout hasard, sachant qu’il est là, il n’y a personne, chouette ça passe, vite appelé Jeff et l’avertir.

Au moment où il va composer le numéro il entend à nouveau marcher avec ce bruit caractéristique. Ses kidnappeurs sont de retour, vite tout remettre à sa place et s’allonger, faire le mort, possible qu’il soit revenu avec de meilleures intentions, mais Pierre en doute.

A peine est-il  allongé sur le sol qu’une clef tourne dans la serrure, une lampe est braquée sur lui et  ce qu’il entend lui fait froid dans le dos.

 

A suivre…..

 

EvaJoe  Copyright novembre 2013

 

Les lunettes

Pour le coucou du haïku de Marie-Alice

 

 

Sur une idée de Lénaïg  aujourd’hui les 

 

regarder la vie

brouillard sur les lunettes

changement de temps

 

 

 

ski à gogo

lunettes plantées sur le nez

soleil assuré

 

 

 

vision en 3 D

requins à portée de mains

yeux exorbités 

 

La planque (suite)

Chapitre premier

 

Cela faisait des semaines qu’ils avaient préparé cette opération depuis que leur ami Paulo s’était fait renvoyer et emprisonner pour détournement de denrées. Lui, le petit Paulo qui avait tout juste dix-huit ans, jeune recru du Boss, son premier emploi et direct retour à la case départ. Bien sûr dans la cité, Paulo était une forte tête, mais quand son frère, éducateur, lui avait demander d’intercéder auprès de son patron, lui, Pierre n’avait eu que son bon coeur pour vanter les mérites de ce môme largué. Lorsque Paulo avait été remercié, lui et son copain n’était pas dans les entrepôts mais ils avaient été convoqué au commissariat suite au dépot de plainte de leur patron.

Que dire? Juste que Paulo était un travailleur, qu’il ne rechignait pas au travail et qu’il n’avait qu’une envie c’est donner des preuves de sa bonne foi à Pierre qui lui avait permis de décrocher son premier travaiL à  part ça ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi on avait retrouvé dans sa voiture des oranges en provenance du Maroc, alors que les leurs arrivaient d’Espagne. Pierre en bon chef de groupe se creusait la tête et se demandait si c’était une erreur  d’une part et d’autres parts pourquoi on  les avait mise dans la voiture du pauvre Paulo. 

En effet Paulo ne venait jamais en voiture mais en scooter, or depuis deux jours munis de son permis de conduire tout neuf il avait trouvé une petite voiture à un prix dérisoire à peine 500 € et il en était si fier et cela paraissait improbable qu’il est profité de cet achat pour se faire pincer avec des oranges.

Qui pouvait lui en vouloir? Le boss? Le chef de Pierre où un camarade de travail? Personne et encore moins Pierre pouvait répondre à cette question. Bien entendu Paulo clamait son innocence mais comme dans sa jeunesse il avait commis deux où trois méfaits, cela le suivait malgré sa bonne conduite depuis 6 mois.

Une vengeance de ses anciens copains de la cité était chose improbable car il n’avait rien perdu de sa prestance, car en travaillant il était encore plus reconnu comme le chef. Alors qui? C’est pour cette raison que Jeff et Pierre avait monté cette traque, savoir ce qui se passait à l’arrivée des fruits et qui avait pu tendre un piège à ce pauvre gamin. Mais pour cela il fallait se trouver à l’intérieur et non à l’extérieur et avoir du temps à perdre et surtout ne pas être au travail le lendemain, car passé une n uit blanche dans le froid ce n’était pas bon pour travailler. Cette semaine, Pierre avait posé des congés, on n »était pas encore au mois d’hiver, les oranges arrivaient mais au compte goutte. Poser des congés étaient encore possible, vers les fêtes de  fin d’années se serait impossible. Aussi Jeff se chargeait du travail de Pierre en accord avec leur patron et quand le moment serait venu ce serait le contraire. Une manière comme une autre de s’organiser. 

Il était déjà une heure du matin, les portes s’étaient enfin refermé mais Pierre ne savait pas qui était là et surtout ce qu’ils faisaient. Dans moins d’une heure l’entrepot allait fourmiller, l’arrivage des oranges nécéssitaient une dizaine de gars pour aider à décharger les camions et à tout entasser au fond pour que deux heures plus tard au moment de la reprise tout soit prêt pour partir dans les différents magasins de la région. En attendant, Pierre écoutait de la musique car la fatigue se faisait sentir, ne pass’endormir tel était son let motiv et surtout bien ouvrir les yeux pour savoir où voir ce qui se passait.

Toutà coup le portail du fond s’ouvre, un premier camion entre et c’est ainsi pendant une heure, puis un temps de calme avant que les grossistes débarquent. Mais à ce moment où le dernier camion quitte l’entrepot et que ses compagnons de labeur s’en vont se réchauffer près d’un braséro, un bruit insolite alerte Pierre. A nouveaux des chuchotements et un bruit de pas comme des chaussures ayant un fer dessous mais que d’un côté. Pierre imprime cela dans sa tête pour s’en souvenir et repérer celui qui porte ce genre de chaussures.Il en est là de ses réflexions quand soudain une lumière l’aveugle. Face à lui deux hommes tout de noirs vêtus et surtout ils ont des cagoules. Pierre n’a pas le temps de se sauver , ces deux hommes lui assènent un violent coup sur la tête et il s’effondre à leurs pieds, la tête ensanglantée.

 

A suivre….

 

EvaJoe copyright novembre 2013

 

La longue nuit

 

PROLOGUE

 

Combien de temps s’était-il  écoulé depuis que son ami l’avait laissé dans cet hangar, il n’osait allumer son portable pour le vérifier, car il entendait encore des voix. Il y avait donc  encore des vas et viens et, pourtant  la nuit était là, il le sentait. Bizarre personne n’aurait dû rester après la fermeture de l’entrepôt. Qui était-il? Ceux qu’il attendait, arriveraient bien plus tard, qui était donc ceux-là?

Pour se déplcaer il lui fallait quitter sa cachette que Tony et lui avait minutieusement fait au cours des jours précédents et se retrouver en plein milieu et à découvert. Les bruits s’estompaient et devenaient chuchotement. Des conspirateurs?  Dans la pénombre, Pierre souriait, mais malgré tout il n’était pas tranquille, car sa mission était importante il devait trouver ce qui se passait, et, surtout ne pas se laisser prendre le premier jour par les sbires de son patron.

 

 

Cela faisait des semaines qu’ils avaient préparé cette opération depuis que leur ami Paulo s’était fait renvoyer et emprisonner pour détournement de denrées. Lui, le petit Paulo qui avait tout juste dix-huit ans, jeune recru du Boss, son premier emploi et direct retour à la case départ. Bien sûr dans la cité, Paulo était une forte tête, mais quand son frère, éducateur, lui avait demander d’intercéder auprès de son patron, lui, Pierre n’avait eu que son bon coeur pour vanter les mérites de ce môme largué. 

 

Si vous pensez que ma nouvelle va vous intéresser, je mettrais la suite, sinon, je la laisserais dans le tiroir de mon imaginaire. J’ose vous avouez que je ne sais pas encore exactement où je vais vous emmenez, même si j’ai une idée. J’écris au feeling et aujourd’hui j’ai une idée qui demain risque de se transformer. C’est comme si j’étais devant mon cahier et que j’écrivais au gré de mon envie. Par contre, vous êtes mon premier public, si je vous sens vibrer alors je m’aventurerais loin, sinon je jetterais au feu mes élucubrations.

 

BONNE LECTURE! 

 

EvaJoe Copyright novembre 2013

 

Feuillage d’automne

Pour le coucou du haïku sur une idée de Marie-Alice

 

Le thème de ce jour est proposé par Eliane

 

Feuillage d’automne

offert au ciel bleu

feuillage coloré de rouille

flambe l’automne

 

clarté automnale

un arbre se dandine 

au bord du lac

 

 

imperceptible

sous la brise marine

des feuilles babillent