Ivresse

Batissant des  rêves sur du sable

s’enlisant dans de sombres marécages

perdu son âme à chercher son âge

mais la rencontre en fut inoubliable.

 

Envers toi je n’étais pas déloyale

tu m’as fais la cour au bord d’un rivage

enhardis par mon rire tu m’as vu volage

m’emportant déjà dans ta chambre nuptiale.

 

Un nuage de rêves aux couleurs émeraudes

enveloppe nos corps d’un baiser d’amour

d’ou s’échappe la complainte du troubadour

soufflant sur notre destin en une belle ode.

 

S’évapore l’arc en ciel fardé de larmes

effaçant les peurs de ces deux amants

en un subtil mélange d’ivresse et de charme.

 

En quittant la plage la mer dénude les corps

froissant nos peaux dans un doux frisson

mélangeant notre secret en un enivrant accord.

 

 

La révélation (fin)

Après avoir refermé la porte de la chambre, Marco marche de long en large dans son salon, il pense à ce que Anne vient de lui
révéler. Comment à la fois l’aider à se retrouver et être moins perdue. Il lui faut du temps, mais lui , pense que si elle s’en va sa vie en sera complètement bouleversée. Est-ce le fait qu’elle
se soit confié, déballée sa vie qui fait qu’il a envie de la bercer, la consoler, la prendre dan ses bras, ou bien son charme qui a fait naître en lui ce désir. Aura-t-il le courage de la laisser
repartir, mais il sait qu’il ne la retiendra pas contre son gré, il lui faut l’aider et advienne ce qu’il pourra.

 

Fatigué, Marco s’allonge et le voilà revenu à la confession d’Anne:

 

Anne s’est installée à même le sol et d’une voix d’outre-tombe elle lui a raconté sa vie, quarante ans de questions, d’amour,
de souffrance et d’interrogation.

 

Paul mon mari je l’ai rencontré sur les bancs du collège, qui est tombé amoureux de l’autre? Je ne le sais pas, pour lui comme
pour moi ce fut un véritable coup de foudre; tout de suite nous avons su que nous ferons notre vie ensemble, au vu des évènements qui vont suivre je pense que nous étions trop jeune et que c’est
là que j’ai commis ma première erreur. Mes parents m’avaient mises en garde sur le fait que nous l’étions et pas encore à même de savoir si nous le voulions réellement. Nous avons fait nos
études, mon mari est comptable dans une société et moi j’étais assistante de direction, je suis à la retraite depuis quelques mois. J’ai eu trois fils et une fille et j’ai sept petits enfants, je
les aime tous, que dis je , je les adore.

 

Alors que j’attendais le premier de mes fils, je suis rentrée plus tôt que prévu à mon domicile, lorsque j’arrive ce 1er
juillet, la voiture de mon mari est garée dans notre cour, je trouve cela quelques peu étrange mais je cours pour voir si il n’est pas malade. Il n’y a personne dans le bas de notre maison, il
est peut être au jardin, aussi je monte dans notre chambre et au moment de franchir la porte, celle-ci est légèrement entrouverte et je vois la glace de notre armoire. Et là je découvre une
femme, pas n’importe quelles femmes, j’ai même l’impression de la connaître sauf qu’elle porte mon joli tailleur rouge que j’ai acheté pour célébrer notre deuxième anniversaire de mariage , ainsi
que mes talons hauts. Paul me tromperai donc et admirerait mes tenues sur une autre femme, je suis abasourdie, aveuglée par les larmes , et au moment ou je pense tourner les talons et m’en aller
la porte de notre chambre s’ouvre et stupeur ce n’est pas une femme, une inconnue, non c’est mon mari habillé en femme, il a même une perruque blonde. Je suis tellement surprise que je ne sais
pas quoi lui dire. Dans un premier temps j’éclate de rire et lui dit tu t’es déguisé? Ma phrase doit être incongrue, aujourd’hui je comprends pourquoi mais au moment je ne m’attends pas au
torrent de larmes que ma phrase génère. Paul ne sait quoi me répondre, puis il se ressaisit et me demande ce que je fais ici, et je lui retourne la même chose, alors qu’à ce moment là j’aimerais
bien savoir ce qu’il fait vêtu de mes vêtements. Loin de moi l’idée de penser que cette situation sera la première d’un long calvaire pour moi.

 

Assis sur notre lit, Paul se déshabille et passe un short et là il me fait une confession étrange. Il m’aime je ne dois pas en
douter mais il adore s’habiller en femme, sentir la délicatesse de mes sous vêtements sur lui. Il a toujours été ainsi, déjà petit il chipait les vêtements de ses sœurs pendant leur absence voir
parfois ceux de sa mère et il en jouissait. Pour moi c’est l’horreur total qui s’abat sur moi, je ne comprends pas.

Je le frappe, lui griffe le visage et crie pourquoi, pourquoi, tu aurais du me le dire, je n’ai pas envie qu’en douce tu me
piques mes vêtements. Depuis combien de temps fais tu ça? Pourquoi tu ne me l’as jamais dit. Aurai je compris je ne le sais pas, mais au moins j’aurai pu t’aider. D’ailleurs je vais t’aider lui
ai je dit à ce moment là. Lui, ne comprends pas ma rage folle, car je suis dans un état de colère que vous ne pouvez même pas vous imaginez, Marco!

 

Marco se souvient qu’à ce moment là, il n’a su quoi lui dire, au travers de cette confession elle revivait intensément ce
moment marqué à tout jamais dans sa mémoire; il l’a prise dans ses bras, consolée mais elle a voulu aller jusqu’au bout de cette confession des plus étranges.

 

Vous savez Marco, aujourd’hui je me dis que j’aurai pu le quitter sur le champs mais je l’aimais tellement, et puis j’attendais
son enfant, vu avec du recul je sais bien que dans nos moments d’intimité il me demandait toujours des choses bizarres mais je trouvais que ça l’émoustillait et je ne l’empêchait pas de donner
libre cours à ses fantasques idées. Si j’avais su je n’aurai pas mis le doigt dans un engrenage qui allait devenir au fil des ans une folie de sa part, et pour moi une honte
incommensurable.

Il m’a promis de ne plus recommencer, et à cet époque nous en sommes resté au constat qu’il était un travesti* plutôt qu’un
transsexuel** ce que je vais découvrir bien plus tard et j’ai commis une erreur que je regrette aujourd’hui car chaque fois que nous faisions l’amour, je cédais à ses demandes qui deviendront au
fil des ans de plus en plus extravagantes. Souvent il revenait avec un cadeau, sous vêtement aux délicates broderies, des couleurs qu’il aimait et il n’était pas rare qu’il me fasse l’amour en
soutien gorge, en nuisette ou autres déshabillés, certes c n’était pas tout le temps mais cela deviendrait au fil du temps l’unique manière qu’il avait à se sentir viril et surtout la seule
manière de m’aimer et de me posséder. Sans ces artifices il ne pouvait pas. Je suis bien certaine qu’au cours de ces années il a récidivé en mon absence à s’habiller de mes vêtements, car je les
rangeais d’une certaine manière et je les retrouvais à d’autres places , voir même dans la machine à laver, mais pour être heureuse j’ai fermé les yeux.

 

Après la naissance de notre fils aîné, j’ai eu des jumeaux neuf mois après et c’est vrai que j’étais bien fatiguée et n’avait
nullement envie d’avoir un quatrième enfant, mais c’était sans compter sur mon mari qui aspirait à avoir une fille. Moi je ne comprenais pas.. mais j’allais bien vite comprendre.

 

Marco se souvient qu’à ce moment là, il a fait à Anne une réflexion, heureusement pour vous que votre fille est née après vos
trois garçons car la naissance c’est tout de même une loterie. Mais il n’a pas commis des choses irréparables sur votre fille lui a t il demandé assez doucement car elle pleurait tout le temps
pendant son récit.Non, il n’a jamais fait de mal à nos enfants, il les aime, mais dès que notre fille a mis des petites tenues assez sexy il les mettait, vu que moi j’étais dégoûté qu’il prenne
les miennes, il achetait des tonnes de vêtements à notre fille , lorsque je les trouvais déplacé pour une enfant de cet âge , il se les mettait de côté pour lui…..

 

Et le récit d’Anne a duré comme je vous l’ai dit plus de quatre heures. Mais Marco n’y tient plus et lui demande:

 

  •  
    • Mais que c’est il passé après avoir plus ou moins accepté cette vie, pour en arriver à votre tentative de suicide, car
      vous ne pouvez me faire croire le contraire.

    • Il est devenu pire qu’avant, est ce le retour d’âge, ou ses envies que j’ai trop canalisé qui remontent à la surface,
      nos enfants sont partis ils ont quitté le domicile et depuis il vit habillé en femme dès qu’il rentre à la maison. J’ai épousé un homme pas une femme et j’ai préféré m’enfuir que rester
      avec lui. J’ai fait n’importe quoi car j’ai voulu savoir si je plaisais à des hommes , des vrais.

    • N’en doutez pas Anne, vous êtes une femme, une vraie, mais vous n’avez jamais pousser votre mari à se faire
      soigner.

    • Si bien sur mais il n’a jamais voulu, pour lui il n’est pas malade, il est ainsi et si je l’aime je dois me taire. Mes
      enfants je les ai protégé ils en ont jamais rien su, je les ai emmenés vers des psychologues, surtout mes fils , j’avais tellement peur qu’ils aient le même penchant que mon mari.
      Apparemment ils se sentent hommes , mais j’ai cette hantise. Je ne peux pas leur en parler, je n’imagine même pas leur tête et comment ils peuvent réagir en le sachant, c’est lourd à
      porter mais je ne veux pas qu’il sache et pourtant .

 

Un long silence s’installe entre eux, entrecoupé par les pleurs d’Anne, Marco n’ose s’approcher, puis brutalement elle
continue:

 

  •  
    • Mais jamais plu je ne me prêterais au jeu malsain de mon mari. Du reste cela fait dix ans qu’il ne m’a pas touché, les
      derniers temps j’étais tellement mal qu’une fois que j’avais finis de faire l’amour j’allais vomir. J’ai au moins remarqué qu’avec ces deux hommes ces jours derniers je n’ai pas eu envie
      de vomir bien que je sois mal après, mais cela n’a rien a voir avec la vie que j’ai mené.

 

Le récit d’Anne s’était arrêté là, mais Marco est bien certain qu’il y aura un dernier épisode surement fort douloureux, mais
il faut qu’il la pousse à le dire, il pense qu’elle en sera libéré, après elle verra plus claire. Elle pleurait tellement et était à bout de force qu’il a préféré lui donner un léger sédatif. A
son réveil il avisera, il l’aidera. Il est encore dans ses réflexions lorsqu’il entend la porte du salon s’entrouvrir, c’est Anne, comme elle est belle dans son peignoir sombre, belle mais a de
grosses cernes sous les yeux.

 

  •  
    • Marco je dois finir ce soir, enfin cette nuit à vous racontez la fin, car demain je n’en n’aurai plus le courage, je le
      sens.

    • Si vous le voulez, allez y je vous écoute, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je ne vous juge en rien.

    • Oui et je vous en remercie. Si j’ai quitté le domicile conjugal c’est parce que Paul a décidé de devenir femme à part
      entière, il a soit disant murement réfléchi et a pris sa décision, il va se faire opérer, il pense tellement à ma place qu’il était certain que j’accepterais de rester avec lui. Je suis
      une femme pas un homme il a tendance à oublier cela, je ne pourrai jamais me faire caresser par mon ex mari devenu ma femme , c’est incongru comme situation mais lui ne voit pas ça. Il
      dit qu’il sera d’accord avec lui même et qu’il vivra la tête haute. Il n’a nullement pensé à nos enfants et moi je l’aime mais pas ainsi, aussi j’ai préféré m’en aller à tout
      jamais.

    • Mais vous souffrez terriblement, êtes vous capable de vivre sans lui, avez vous bien réfléchis?

    • Oui, je préfère m’en aller que vivre ainsi, mes enfants je vais leur expliquer, je ne divorcerais pas, mais je ne
      vivrais plus à ses côtés. C’est au dessus de mes forces. Du reste je vais dormir;

 

Au moment ou elle franchit la porte , elle s’effondre autant de chagrins que de fatigue, Marco n’a que le temps de la récupérer
avant que son front heurte le pieds de sa table. Il la serre dans ses bras, puis se ressaisit, il sait très bien qu’elle est à sa portée mais il ne veut pas profiter de son désarroi si elle veut,
elle viendra d’elle même, mais ce ne sera pas sordide comme les deux rencontres qu’elle a vécues. Il a le temps, il faut qu’elle se reconstruise. Il la dépose délicatement dans son lit, et s’en
va dormir.

 

A son réveil le lendemain, il trouve sur sa table un mot, merci pour tout Marco, mais il me faudra du temps, je vous fait la
promesse que je reviendrais mais je dois régler tous les problèmes qui viennent de surgir, je le dois à mes enfants et à Paul. Je ne sais si je vous aime mais votre tendresse et amitié m’a
bouleversé, si demain vous êtes libre, nous ferons ensemble un bout de chemin.

 

Marco ne regrette pas de s’être comporté ainsi, ils auraient fait cela sous le coup de l’émotion et tous deux l’auraient
regretté, c’est bien mieux ainsi. Et qui sait demain , il l’attendra, il l’attends déjà.

 

 

 

 

Fin

 

 

Cet histoire est purement fictive, sauf pour une partie de la
confession d’Anne, elle m’a été rapporté il y a quelques années. Mais personne ne peut se reconnaître dans ce récit j’ai laissé mon imaginaire extrapolé l’ensemble de ce récit, possible que j’ai
pu choquer certains d’entre vous . Anne à mes yeux n’est pas une femme de mauvaise vie, elle aurai du se confier plus tôt et se faire aider. L’amour ne peut pas tout permettre.

 

 

Pour que mon récit soit complet je vous rappelle la différence entre les deux mots suivants.

 

 

 

* Un travesti est une personne qui éprouve
le besoin de s’habiller avec les vêtements du sexe opposé sans faire appel à des modifications corporelles.

 

** transsexuel: Une personne transsexuelle a la
nécessité de vivre dans l’identité revendiquée, ce qui implique la plupart du temps une hormonothérapie et des interventions chirurgicales. Pour cette dernière, la modification de l’état civil
est également indispensable à l’insertion sociale.

 

 

 

 

La révélation (suite 2)

 

Seule, la voici seule à nouveau après cette nuit torride ou elle a été sublimé par cet homme, son corps, sa bouche elle lui a
tout donné. Mais était ce à lui qu’elle se donnait? N’était ce pas à son mari, le compagnon de sa vie, celui qui l’aimait d’un amour indestructible et qu’elle avait quitté.

 

Deux jours déjà, et deux hommes aussi, mais elle ne se sent pas libéré pour autant, au contraire elle est de plus en plus
seule, elle est si mal. Elle ne va pas pleurer sinon elle va encore attirer l’attention d’un passant, et elle en a nullement envie. Elle ne sait même pas dans quelle ville elle est. Il lui faut
trouver un hôtel, elle a tellement sommeil, dormir et ne plus penser.

 

Combien de temps a t elle dormi elle ne le sait pas. C’est un coup à la porte qui la réveillé, sûrement le service d’étage,
mais elle n’a rien commandé. Elle s’habille à la hâte et se rends à la porte. On vient pour la chambre, elle se dépêche de s’habiller et sort.

La voilà à nouveau errante dans les rues, sans bagage, dans ses poches quelques euros et un billet de retour pour la France.
Ses pas la dirigent inexorablement vers la gare, elle va repartir, elle est folle sa vie a basculé et qu’importe sa destination, pour elle tout est finie, à quoi bon vivre? Elle traverse la
chaussée. Des cris, un coup de frein et plus rien.

 

Ici, tout est blanc, cotonneux, aucun bruit juste un souffle de vie, qui dort ici? Qui gémit? Des bruits, puis une voix,
Madame, qui appelle- t-on? Personne ne réponds, c’est le silence. Il fait froid, elle a froid, elle entends des paroles, des mots sans suite. On lui parlerait donc, mais que fait elle ici? Ou est
elle?

 

Il lui faut faire un effort surhumain pour essayer d’entrevoir quelques choses, tout est lumineux, mais si blanc et ce froid
qui l’envahit, mais pourquoi a t elle si froid? Deux yeux bleus la fixent, des yeux , ils appartiennent à qui? Ou est elle? Qui est elle?

 

Puis les pas qui s’éloignent et à nouveau la voilà seule, elle arrive à ouvrir les yeux et ne sait ou elle se trouve. Dans un
lit elle s’en rends compte, elle tâte ses jambes, elles n’ont rien , sa tête a un énorme pansement mais elle ne souffre pas. Elle est donc blessée mais qui est elle? Doucement elle se lève, ne
pas faire de bruit, puisqu’ici tout est feutré. Mais au moment ou elle va pour poser le pieds au sol une sonnerie stridente retentit à ses côtés. C’est en se levant qu’elle a déclenché ce bruit.
Elle avance et s’écroule dans les bras de cet homme aux beaux yeux bleus.

 

  •  
    • Alors on se sauve lui dit il d’un ton mi rieur mi sérieux

    • Non, mais je voulais savoir ou j’étais

    • Dans ma clinique après vous êtes littéralement jeté sous mes roues. Si vous vouliez vous tuer c’est raté, jolie
      dame.

    • Me tuer!

    • Je ne sais pas, mais c’était étrange, j’étais face à vous, vous m’avez fixé et vous avez continué à traverser, j’ai eu
      beau freiner je n’ai pu vous évitez, mais votre chance c’est que je suis médecin, chirurgien plus exactement.

    • Me tuer, je ne comprends pas, je ne pense pas que j’ai voulu me tuer, mais je ne sais pas qui je suis et ce que je fais
      là, même si vous me dîtes que j’ ai eu un accident, je ne me souviens pas de qui je suis.

    • Ne vous inquiétez pas, cela arrive parfois après un heurt à la tête d’avoir une amnésie partielle. Vous vous appelez
      comment?Ses deux grands yeux mauves sont perlés de larmes, elle a beau réfléchir , rien ne lui revient, ni son prénom, ni ce qu’elle faisait en Italie, car le médecin lui a appris être en
      Italie et comme elle lui réponds en français il en a conclu qu’elle est française, vu que lui, lui parle en italien, mais elle connaît l’italien puisqu’elle le comprend, mais pourquoi
      elle ne peut lui dire un mot dans sa langue..

       

      Je vais aller faire mes visites, si vous avez besoin de quoi que ce soit, sonnez et une infirmière viendra et surtout
      ne vous sauvez pas, personne ne vous veut du mal.

       

      Elle a du se rendormir car il fait nuit lorsqu’elle ouvre à nouveau les yeux et là l’horreur de sa situation lui
      revient aussitôt. Elle sait qui elle est, mais elle pensait qu’elle était capable de mourir et ensuite elle ne se souvient de rien. Quand le médecin reviendra , elle ne lui avouera pas
      qu’elle voulait se tuer. Elle entrouvre les yeux et le voit , c’est lui qui s’est endormi sur la chaise à côté d’elle. Elle l’observe à la dérobée, il est si beau. Mais le voilà qui
      s’étire, il lui sourit:

       

      •  
        • Alors la belle au bois dormant s’est réveillée, avez vous quelques souvenirs?

        • Oui, je me nomme Anne et je suis française.

        • Mais encore, que faîtes vous ici?

        • Dans votre clinique et bien ne m’avez vous pas renversé?

        •  

      Il éclate d’un beau rire et lui dit:

       

      •  
        • Bien entendu mais pourquoi vous êtes vous jeté sous mes roues?

        • C’est une longue histoire.

        • J’ai toute la nuit devant moi, mais venez, habillez vous, ne restons pas là, je vous enlève.

       

      Les voici tous les deux installés dans un charmant salon, Anne ne sait pas par quel bout commencer, mais Marco détends
      rapidement l’atmosphère en lui servant un verre d’un vin chaud et lourd qui lui monte à la tête immédiatement, elle lui avoue avoir faim, elle n’a rien dans le ventre depuis plus de
      quatre jours et le vin aidant la voici capable de faire n’importe quoi.

       

      Il l’enveloppe d’un regard tendre et lui sourit. Anne tremble de la tête aux pieds. Et dans sa tête elle se répète
      surtout ne pas se laisser aller contre lui sinon elle est perdue. Une nuit d’amour , elle a déjà donné et elle se sent sale depuis. Même si il est beau et a un charme énorme , elle ne
      veut succomber, elle a besoin d’aide et Marco va l’aider, elle en est certaine.

       

      Il s’assoit tout près d’elle et l’enveloppe de ses bras, elle tremble de plus en plus comme si elle avait froid, il lui
      caresse le visage, les lèvres, elle gémit et le repousse en lui disant, non non, je ne peux pas si vous saviez.

       

      •  
        • Anne, calmez vous, je ne ferai rien contre votre volonté, mais laissez vous aller, racontez moi tout.

       

      Plus de quatre heures plus tard, Marco marche de long en large, il semble incrédule mais il en a tellement vu que cela
      ne la pas surpris outre mesure. Anne quant à elle sanglote. Il n’ose s’approcher d’elle, a peur de l’effaroucher davantage, pourtant il sait qu’elle le désire, mais il ne veut pas que ce
      soit sans lendemain. De plus il a une vie bien remplie et Anne est folle amoureuse de son mari, même si son histoire est des plus sordides. Il sort rapidement de son salon et va lui
      préparer sa chambre d’amis, quand il revient au salon elle dort à même le sol, il la soulève délicatement et la déshabille, il ne peut s’empêcher de la dévorer du regard, mais il la
      glisse sous les draps, éteint la lumière et sort de la pièce.

       

      A SUIVRE

       

La révélation (suite 1)

A nouveau elle est partie, elle a fui cet homme après une nuit avec lui ou elle a goûté son corps, son regard
plongé dans le sien. Une nuit chaude mais qui s’est terminée juste parce qu’elle l’a voulu. Faut il se souvenir dans sa chaire, sur son corps de ses baisers, de ses caresses, elle ne le pense
pas, car si lui a aimé , elle ne sait ce qu’elle recherchait, à part Lui, mais ce n’était pas cela, cela ne l’ a pas apaisé, au contraire, elle court, elle veut mettre de la distance entre Michel
et elle. N pas prendre sa route, ne pas se retrouver dans sa voiture, fuir et encore fuir.

Fuir pour aller ou, elle ne le sait pas plus qu’hier, elle a consulté sa messagerie, il l’appelle dix fois
vingt fois par jour, la supplie de revenir. Mais revenir pour faire quoi, pour aller ou, recommencer à subir, à pleurer, à ne plus savoir qui il est, ce qu’il veut. Non oh non jamais ne plus
recommencer, ne plus se souvenir. Elle entend sa voix, elle est douce, la console, mais il n’y peut rien. C’est surement dans ses gênes ou c’est la faute à pas de chance. Qu’en sait-il? Elle sait
qu’il est malheureux, elle devra à nouveau fermer les yeux si elle revient, alors à quoi bon?

 

Alors elle va dans cette gare, prendre un train en partance pour nulle part, là au moins elle refera sa vie,
oublier. Oui mais il y a ses enfants, ses fils, ses filles, même ses petits enfants, ils vont lui manquer.

 

Assise sur ce banc , elle revoit sa vie défilée, les naissances, c’était pour pouvoir aller de l’avant car
elle aurai pu partir avant qu’ils soient nés, mais elle l’aimait, et elle est restée, mas là il y a eu ce déclic, ce quelque chose qui a fait qu’elle n’a pu assumer. Les mains dans le visage elle
pleure, elle sanglote, lorsque tout à coup une main se pose sur son épaule:

 

  •  
    • Madame, cela ne va pas

    • Ce n’est rien

 

Il s’éloigne, puis pris d’un doute, il revient :

 

  •  
    • Vous avez besoin d’argent car vous avez égarés votre billet.

    • Non

 

Et ses sanglots redoublent, il va rester là jusqu’au départ de son train, il parle de tout et de rien, de la
pluie et du beau temps, elle l’écoute sans rien dire, sa voix a un beau timbre, elle le regarde au travers de ses cils recourbés, il n’est pas une foudre de guerre, mais qu’importe, c’est juste
un passant. Elle ne va pas refaire sa bêtise d’hier, s’envoyer en l’air comme une femme de mauvaise vie. Comme dans toutes les gares les trains s’arrêtent et repartent, destination de vacances,
de rêves ou de larmes, le sien est un train de nuit, partir là bas, vers l’Italie et se noyer dans une foule cosmopolite, inconnue parmi des inconnus. Un train de nuit, ou elle n’a même pas pris
une couchette, elle va mal dormir, mais tant pis. Brutalement elle s’entend lui demander:

 

  •  
    • Mais votre train il est à quelle heure?

    • 19H30, je pense que c’est le même que vous. Nous voyagerons ensemble. Avez vous pris une
      couchette.

    • Non , et vous?

    • Oui

 

A nouveau un silence s’installe ente eux deux, puis il lui dit voulez vous partager ma cabine, je prends
toujours une cabine pour être seul, il reste une couchette, elle sera pour vous. Devant son air offusqué, il ajoute en tout bien tout honneur, cela va de soi. Je préviendrais le contrôleur et si
il y a un supplément il sera à ma charge. Le voulez vous?

 

Elle ne lui a rien répondu, mais pourtant la voici au restaurant avec lui, il lui prend les doigts et
l’écoute, elle parle , parle , cela lui semble durer une éternité. Il na pas dit un seul mot pendant cette confession de son drame. Elle, se confier à un inconnu, elle est devenue folle, raconter
sa vie, cette vie misérable qu’elle a fuit, cette vie qu’elle aurai tant aimé être différente.

 

Il se prénomme André et il rejoint sa femme à Rome après une séparation de quelques semaines pour son
travail. Il raconte sa vie, l’amour qu’il porte à sa femme, elle n’a pas d’enfants, lui a un fils , il revient de chez lui et ils ont une ribambelle de neveux et nièces et ils sont très
heureux.

 

Les voici dans la cabine, c’est en première classe, c’est pas avec sa modeste somme qu’elle aurai pu se payer
ce luxe, mais à quoi bon réfléchir, il faut se laisser porter par le destin, son destin a le visage d’André pour cette nuit. Qui a fait le premier pas vers l’autre, elle ne s’en souvient plus,
toujours est il qu’elle a dévoyé cet homme, amoureux fou de sa femme, ils ont fait l’amour toute la nuit, comme elle était bien malgré les secousses du train, elle a tout oublié. Au petit matin
il y avait un mot sur la couchette du haut.

 

«  Oublie moi et ne me téléphone pas, merci, André. »

 

Comme si elle avait envie de donner une suite, elle ne sait même pas ce qu’elle recherche dans les étreintes
qu’elle a , avec ces hommes de passage. Quand elle descend du train, elle voit André qui se retourne, un signe de la main, un sourire. Une femme l’attends, sa femme , ils partent, et elle se
retrouve seule.

 

 

A SUIVRE

 

 

 

 

La révélation

 

 

 

La porte brutalement s’est refermée sur elle, elle dévale les escaliers quatre à quatre, elle fuit, enfin
elle est partie, pour quelle destination? Elle ne le sait pas, mais il faut qu’elle mette de la distance entre cet hier et ce demain. Fuir pour aller où, qu’importe, il fallait qu’elle le fasse.
Elle n’en peut plus , sa vie est devenue lamentable, et pourtant elle l’aime, il est son unique raison de vivre et elle s’en va. Mais le quitter pour aller où, vivre comment, elle ne le sait pas,
mais ce qu’elle sait c’est qu’il faut qu’elle sache si elle peut encore plaire, encore aimer. Si c’est elle le monstre, oh mon Dieu mais son amour n’est pas un monstre, c’est elle qui le voit
ainsi, rien n’est plus comme avant. Il était son homme, il s’aimait, mais il y a un drame dans sa vie et du coup cela a rejailli sur elle, et maintenant que faire? Elle aurai du le quitter quand
elle a su mais elle ne pouvait pas, ils allaient fonder un foyer, un enfant s’annonçait, alors le laisser c’était impossible, et puis elle pensait être à la hauteur, être capable de surmonter ce
malheur qui venait de s’abattre sur elle.

 

Maintenant la voici seule, elle pourrai aller chez ses enfants mais pour leur dire quoi? Ils seraient comme
elle il y a quarante ans abasourdis, voir choqués, elle est vraiment seule. Ses amis la comprendrait elle? Là aussi elle a des doutes, les plus fidèles la regarderaient sans comprendre. Que
faire?

 

Depuis combien de temps marche-t-elle, elle ne le sait pas, elle a rien dans le ventre, aucun bagage, juste
une poignée d’euro dans les poches, elle n’ira pas loin. Mais a t elle envie de vivre? Depuis des années elle survit, alors elle peut encore continuer.

 

Il doit être midi, les passants se font rare, seules quelques voitures roulent encore, elle est écœurée, une
voiture s’arrête à sa hauteur.

 

  •  
    • Vous allez loin

    • Non, enfin je ne sais pas

    • Vous voulez monter

 

 

 

Pour elle, monté signifie aller à l’hôtel comme les putes, allez ose le dire, le mot est lâche, mais elle ne
peut , elle n’est pas une femme à sauter le pas, mais il est bel homme , et puis après tout elle n’a pas de compte à rendre, surtout pas à lui, l’homme qu’elle fuit. La voici dans la voiture, le
monsieur sympathique nommé Michel lui raconte qu’il est représentant de commerce, elle s’en fiche à vrai dire, mais il a envie de parler alors poliment c’est ce qu’elle sait faire, elle l’écoute.
Puis petit à petit le silence s’installe entre eux, Michel lui propose de faire une halte, puis devant son visage courroucé, ajoute dans ce relais routier. Elle éclate de rire.

 

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    • Excusez moi Michel, j’ai les nerfs en pelote

    • N’ayez crainte, j’ai tout à fait compris, excusez moi pour mes mots maladroits, je ne cherchais
      nullement à vous blessez.

    • Je ne vous en tient pas rigueur , c’est moi qui est l’esprit mal tourné.

 

 

Après le repas, ils repartent, lui pour sa destination et elle pour l’inconnu, elle lui a laissé entendre
qu’elle irai dans la ville voisine, mais le vin et la chaleur font qu’elle s’endort. Quand elle se réveille, elle est seule dans la voiture, Michel n’est pas là, ils sont arrêtés dans une
clairière. Elle contemple la frondaison des arbres et l’eau d’une magnifique rivière qui miroite sous le soleil. Les minutes passent , ainsi que l’heure et Michel ne revient pas, mais que fait-il
et surtout se dit elle, j’espère qu’il va revenir. Puis brutalement elle ouvre la portière et fait quelques pas sur le chemin, au loin elle entend le bruit d’une tronçonneuse, la forêt n’est pas
vide d’habitants, il y a des gens qui travaillent, elle avance et là le spectacle est insolite pour elle, dame de la ville, une dizaines de bucherons abattent des arbres, Michel est là en pleine
discussion avec celui qui lui semble être le chef.

 

A grande enjambée, il la rejoint. Ce n’est plus le fringuant homme d’affaire, il a des bottes et un casque,
c’est amusant de le voir ainsi.

 

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    • Venez, ne restez pas là c’est dangereux, vous avez finis votre somme, je me suis permis de garer la
      voiture assez loin pour respecter votre sommeil.

    • Merci.

 

Mais elle ne peut en dire plus, sa gentillesse la bouleverse, elle ne peut lui raconter en quelques mots sa
vie, sa misérable vie. Michel la prend dans ses bras et la console, la raccompagne à sa voiture et lui dit en avoir pour quelques minutes, le temps de saluer et il revient;

 

Promettez moi de ne pas vous enfuir, vous vous perdrez dans cette forêt. Et quoiqu’il vous soit arrivé , nous
pouvons en discuter, rien n’est irrémédiable. Essuyez vos larmes, n’abimez pas votre jolie visage, au travers de ses larmes elle lui sourit.

 

A ce moment là, Michel ne sait ce qui se passe en lui mais il l’embrasse, elle répond à son baiser et se
colle contre lui. Il sent son corps gracile et ses seins qui pointent, mais il se ressaisit et lui dit, attendez moi, je me dépêche je vois que vous autant que moi en avez envie.

 

 

A suivre