Une boucle de tes cheveux
Ils étaient blond comme les blés
Avant la moisson de l’été.
J’avais oublié la couleur de tes yeux
Mais tout surgit du passé
A la vue de cette mèche.
Je revois la fossette de ton menton
Tes joues rebondi es et si rouges
par la morsure du froid
Tes allures de gamin des rues
et ton visage d’ange parfois..
Tu chaussais tes bottes
prenais ton ciré jaune
pour aller patauger
dans les flaques de notre cour
Tu ne rentrais que le soir
Ivre de l’air et du soleil
Ton sourire enjôleur
m’empêchait de te gronder
et tu es partis mainte fois encore.
Tu nous a fait les quatre cent coups
Mais tu revenais toujours au nid
Ton petit air mutin
me prenait au dépourvu.
Je te revois aujourd’hui
repoussant d’une main
ta mèche qui tombait
sur ton front rageur.
Tu ensorcelais tes frères et soeurs
Ils étaient à tes pieds
tu jouais de leur naïveté
mais tu les faisais profiter
de tes largesses..
Un jour de grand vent
tu t’en es allé
tu as pris la mer
sur ce petit voilier
Et plus jamais
tu es revenu.
