Shana face à son passé 13

Personne ne comprend comment la voiture a pu franchir le premier périmètre. La route était bloquée, les accès filtrés. Et pourtant, elle est là, surgie comme un fantôme au milieu de la zone sécurisée. À croire qu’elle était là avant la mise en place de notre souricière.

Baptiste échange un regard rapide avec Thomas. Quelqu’un a ouvert une brèche. Volontairement ou non, c’est trop tard pour les questions.

Les hommes du GIGN à même le sol doigts sur la gâchette tirent dans le pneu avant droit, mais la voiture fait une embardée et se dirige droit sur l’homme couché au sol.

Ce dernier se relève et lance une corde et monte dans l’arbre. Sauvé pour cette fois. Mais son arme doit être en bouillie l’autre a pris un malin plaisir à l’écraser.

C’est leur lieu de manoeuvre depuis que Thomas est à leur tête. Son père avait une cabane de chasse et c’est tout naturellement qu’ils y sont installés.

Thomas parle tout haut pendant que Bastien cherche l’autre chemin forestier qui devrait les ramener à la fin du tunnel afin de récupérer Shana et Brittany.

— C’est impossible, murmure Thomas. Cette voiture ne devait pas être là.

Bastien n’a pas le temps de lui répondre, on leur tire dessus. Soudain, un premier projectile abat leur retroviseur, de chasseurs les voilà chassés. Pourquoi sont-ils à nouveau dans ce champs de bataille ?

En voyant la cabane, Bastien comprend qu’ils se sont jetés dans la gueule du loup. Ils ont tourné en rond et sont pratiquement revenu à leur point de départ. Thomas donnent des ordres. Les fusils d’assaut Bren ripostent, ciblant les pneus comme prévu. Deux éclatent dans un fracas sourd.

Le véhicule dévie, vacille, mais continue d’avancer. Puis, à pleine vitesse, deux silhouettes jaillissent par les portières arrière. Elles roulent dans les hautes herbes, disparaissent un instant. À peine ont-ils touché le sol que la voiture explose. Une boule de feu déchire l’air, projetant des débris enflammés dans tous les sens.

La détonation résonne jusque dans les chemins de traverse. Une pluie de cendres retombe doucement. Mais déjà, le feu se propage. L’herbe sèche s’embrase, les premières branches prennent. En quelques secondes, la lisière de la forêt s’illumine d’un rouge vif et inquiétant.Thomas serre les dents.

— Je les veut vivants. Mais s’ils disparaissent dans la forêt en feu, on n’aura plus rien.

La forêt brûle. L’air est lourd, saturé de fumée. Les branches craquent, les flammes lèchent les troncs. Quatre hommes s’élancent malgré tout, fusils en main, avançant entre les ombres et les braises. Ils suivent les traces des deux fuyards, les empreintes sont fraîches, herbes piétinées. Il y a sur un arbre la marque d’une main ensanglantée. Le sol vibre encore de l’explosion.

Après avoir reçu les ordres de Thomas, Gaby, l’un des tireurs d’élite va mettre en sûreté les deux jeunes femmes qui se trouvent dans la poche de survie. Il cherche à taton le plus près du sol, à la recherche de l’anneau. Avec des gants ignifugés, ils balayent les scories incandescentes, ainsi que les feuilles qui tombent du revers de la main. Ses doigts frôlent enfin le métal bouillant mais il ne sent rien. l’anneau est là, dissimulé sous un tapis de fougères qui risquent de s’embraser à tout moment. Il tire sur l’anneau et soulève la trappe. Rapidement il se laisse tomber à l’intérieur. Et referme la trappe, il règne en bas une légère fraîcheur mais rapidement l’air sera intenable, il va falloir faire vite. Shana de suite lui demande:

— Que se passe-t-il ? Pierrot et Jung sont partis pour nous ouvrir le chemin, ils ne sont pas revenus.

— C’est tout à fait normal Madame Lambert, votre beau-frère et votre mari n’ont pas atteint le point de rendez-vous.

— Dites-moi ce qu’il se passe je suis en état de comprendre je ne suis pas en sucre.

— Pourtant le Commandant m’a dit que vous étiez sous oxygène. Pourquoi l’avoir enlevé ?

— C’est Pierrot qui me l’a ôté lorsqu’il a vu que j’allais mieux.

— Parfait, êtes-vous en état de marcher Shana, moi c’est Gaby ?

— Oui, allons rejoindre mon époux, il m’en dira plus lorsque je serai auprès de lui. Et les occupants de la voiture que sont-ils devenus ?

Gaby reste évasif , ne voulant pas se trouver en opposition avec son chef. Dire aux deux femmes juste ce dont elles ont besoin de savoir, pour le reste le silence est de rigueur.

Le tunnel serpente comme une cicatrice oubliée sous la terre. Toute la petite troupe marche d’un pas vif. Le vent ne devrait pas entraîner de ce côté du bois le feu, mais on ne sait jamais. Lorsque Gaby arrive à l’intersection qui mène soit à la sortie, soit aux lieux de vie, il reçoit un appel de Thomas.

Gaby , tu vas accompagner mon frère, ma femme et Brittany, je suis comme un capitaine je ne quitte pas le navire. Tu es mes yeux mes oreilles en l’absence de Buisson. Mets tes oreillettes j’ai une ou deux choses à te dire, c’est confidentiel.

— « Tu emmènes Brittany à notre deuxième planque, Bastien te laissera le 4×4 ,le Colonel est au courant. Et ne cède pas à son charme.. Ne me réponds pas je sais que tu exécutera mes ordres à la lettre. »

— « À la perfection tu veux dire »

— Mesdames nous repartons.

Puis soudain des tirs sourds se font entendre, Gaby ne dit rien il a fait passer Brittany devant et lui est derrière Shana, la femme du Patron, il doit y veiller comme si c’était sa mère. Mais Brittany est intriguée par les bruits des Sten qui répondent aux mitraillettes des deux individus qui leur donnent du fil à retordre. Ce sont sûrement des militaires aguerris. Qui a bien pu les rencarder ?

Enfin la lumière au bout du tunnel, Bastien est là avec Jung, Pierrot a rejoint le reste de la troupe. Il y a deux voitures, le 4×4 de Bastien et la jeep de Jung. Ils vont repartir séparément, Jung Gaby et Brittany dans la jeep et Shana et Bastien dans le 4×4.

Brittany s’étonne et Shana lui répond :

— J’ignorais que tu habitais chez moi, t’inquiètes tu seras bien en compagnie de ses Messieurs.

Brittany ne dit rien et monte à l’avant dans la Jeep.

Pendant ce temps, remontant la pente entre les troncs noircis Thomas et ses hommes sont derrière les deux fuyards.

Thomas repère un mouvement vers des rochers, de suite il cri :

— À couvert

Un troisième homme apparaît, il était caché dans une anfractuosité de rochers. Depuis combien de temps était-il planqué. Thomas crie

— Attention grenade

Un des hommes du GIGN tombe, il est touché. Un éclat de métal l’a frappé à la cuisse lorsque l’homme en kakis, désespéré, car se voyant rattrapé a lancé une grenade artisanale. L’explosion n’a pas été fatale, mais elle l’a jeté au sol, sa jambe ensanglantée.

Thomas riposte avec sang-froid, puis donne un ordre silencieux, compris immédiatement par deux de ses hommes qui se jettent sur le type blessé à la main par la bombe. L’ homme hurle de douleur lorsqu’il est plaqué au sol, il le menotte d’un geste net. Le deuxième qui était revenu en arrière en entendant le bruit de la grenade tente de fuir, mais à bout de souffle, encadré par le feu, il est vite neutralisé.

— Les deux sont récupérés, annonce la voix dans la radio. L’un des nôtres est gravement blessé. Besoin d’évacuation d’urgence.

Thomas est sceptique, était-il que deux, il appelle Jung et Gaby pour leur demander la tenue vestimentaire des deux fuyards. Ils sont catégoriques, les deux confirment qu’ils étaient noirs. Il y avait bien un troisième homme. De toutes façons la forêt est en flamme et il ne l’a connait pas, il ne donne pas cher de sa peau. ils doivent retourner au passage secret. Auparavant ils doivent récupérer une de leurs civières et transporter Jo vers l’hélicoptère qui doit récupérer Jung, Gaby et Brittany. Ils céderont leur place au blessé.

Au même moment tous entendent un Au secours….

A suivre…

Copyright Juin 2025

Shana face à son passé 12

Et pourtant, un événement inattendu allait changer la donne.

Alors qu’à Lyon se déroulait ces moments dramatiques ou Calmet était liquidé car ayant trop parlé,Shana , épluchait depuis une quinzaine de jours un dossier d’ une unité spécialisée dans les crimes sexuels et réseaux pédocriminels. C’était une affaire non résolue. Des voisins s’étaient plaint de va et viens surtout la nuit d’un nombre impressionnant de personnes qui arrivaient vers 19 heures. Cela se passait dans un quartier résidentiel, lors d’une surveillance autour d’une maison bourgeoise la planque organisée à différents moments de la journée n’avait rien donné. On suspectait le couple d’abriter des “réunions privées” avec des mineurs. Plusieurs photos avaient été prises mais personne n’y avait reconnu qui que ce soit. Et surtout aucun enfant n’était rentré. En conclusion il était noté, des voisins jaloux voudraient aller aux partouzes. Et l’affaire avaient été laissé en suspens. D’autres crimes ou dossiers plus lourd s’étaient greffes sur celui-ci et méritaient plus d’attention qu’une partie de jambes en l’air avec adultes consentant.

Sur les photos prises cinq ans plus tot par des spécialistes de la traque. Une silhouette nette, un visage de profil sortant d’un SUV gris attire le regard de Shana.

Elle n’avait pas eu ce rapport sous les yeux à l’époque. Aujourd’hui, elle se sent mal, le bébé lui va bien. Le visage lui disait quelque chose mais les pages avaient été mainte et mainte fois consulté que c’était plié autour du visage, mais la voiture, elle lui donnait des frissons d’horreur.

En parcourant la presse économique, son œil fut happé par un article illustré du portrait d’un financier interrogé dans le cadre d’un « audit de conformité bancaire ». C’était Etienne de Brevailles, l’homme recherché par Morel, Gendarme dans une brigade de province un tantinet sur la touche et Thomas Lambert chef incontestable de l’unité d’élite du GIGN. Le sang de Shana n’a fait qu’un tour, l’homme que tout Interpol cherchait se pavanait cinq ans plus tôt dans ce pavillon de la ville de X. Voilà le lien qui lui manquait. Voilà la raison pour laquelle elle se sentait mal.

Et ce matin il sortait libre de sa convocation chez le Juge. Et c’était encore lui qui quittait la villa à deux heures du matin, pressé. Shana l’avait déjà vu dans d’autres circonstances. Pourquoi personne n’avait fait le lien ?

Shana lança immédiatement une recherche confidentielle. Et les signaux d’alerte s’enchaînèrent. Des virements suspects. Des allers-retours entre Paris et ce petit village du Beaujolais et de son vin célèbre.

Le Sergent Buisson et elle-même entendent bien distinctement dans les écoutes du passé. Un nom prononcé à voix basse par plusieurs suspects :

— “EB”… c’est lui qui paie. Lui qui protège.”

Elle prit son téléphone et appela le numéro de téléphone privé remis trois mois plus tôt par Julien M.

Ce n’était pas la ligne directe du commissariat central de Lyon. Mais un téléphone prépayé, le même pour tous. Ni vu ni connu.

— Capitaine Morel ? Je crois que vos fantômes croisent les miens. Et si c’est ce que je pense, c’est un putain d’État parallèle qu’on a sur les bras. Et pire tout ce qui nous semblait terminé avec l’arrestation de Capet est de retour . Il y a même des tentacules qui sont au delà de nos frontières. J’arrive.

— Non ! Ne vous fatiguez pas Shana c’est à moi de faire le voyage, rendez-vous là où vous savez.

— Bien Capitaine, le Sergent Buisson et moi nous y allons mon beau-frère nous y conduira avec une voiture passe-partout et une immatriculation bidon.

— Parfait, tout est en place les têtes devraient tomber…

Dès le lendemain, Morel rejoignit discrètement Shana et Buisson à une planque connue de Shana et Morel. Shana emporte avec elle son dossier, ses photos, et surtout : des écoutes téléphoniques accablantes, où un homme (identifié comme un ancien directeur d’établissement social) faisait clairement allusion à « des protections au sommet » venant de l’argent noir géré par le baron” JLC.

L’ancienne villa fut mise sous surveillance, mais à peine deux jours plus tard… elle fut incendiée dans la nuit, aucun blessé. Pas de traces, comme si quelqu’un avait effacé un tableau gênant. Est-ce que les voisins avaient prévenus les propriétaires en voyant le va et viens des voitures qui planquaient derrière et devant la maison. Bien qu’elle soit banalisées dans un quartier calme elles sont vite repérées.

Morel et Shana savaient désormais qu’ils ne pouvaient plus passer par la voie normale. Trop de complicités. Trop de risques.

Il fallait frapper vite, fort, et exposer au grand jour ce que les puissants tentaient d’enterrer depuis des années.

Mais pour ça, il leur fallait encore une chose : les fichiers cryptés de Calmet. Et le seul capable de les déchiffrer était en cavale. Un ancien analyste de la DGSI… lui aussi disparu.

Après quelques jours de filatures discrètes, mais surtout grâce à une ancienne connaissance de Shana au sein du renseignement intérieur qu’ils retrouvèrent Raphaël Brenne, un ex-analyste de la DGSI, spécialiste des systèmes de cryptage bancaires, aujourd’hui planqué dans un squat high-tech de la banlieue lyonnaise.

Quand Morel lui tendit la clé USB de Calmet, Brenne pâlit.

— D’où vient ça ? Qui vous a donné ça ?

— Il est mort, noyé. On pense que c’est vous le dernier à pouvoir nous aider.

Brenne brancha la clé. Le cryptage était du lourd, niveau militaire, mais pas infaisable. Trois heures plus tard, il dévérrouilla le cœur du dossier : une structure en arborescence, contenant des documents comptables masqués par des sociétés écrans, des listes d’invités à des « conférences privées » dans des maisons, hôtels particuliers, chalets en Suisse ou domaines en Bourgogne.

Shana avait annulé sa visite du quatrième mois et l’avait repoussé quinze jours plus tard. Elle n’aurait pas commencé son cinquième mois. Le médecin obstétricien avait accepté mais interdiction d’aller au-delà.

Il y avait des vidéos…Shana, qui avait vu les pires horreurs dans sa carrière, mit ses écouteurs.

Et son visage se figea.

— Ce sont des enfants ils n’ont pas plus de douze ans. Certains parlent allemand, d’autres espagnol. Et lui, là, à droite…C’est un adulte.

Elle agrandit l’image : Étienne de Brévailles, costume froissé, visage moite, assis dans un salon aux rideaux rouges. Il riait, et le pire… Mais Shana ne pouvait pas le dire, Morel se penche sur la vidéo et lui dit

— A partir de maintenant Shana c’est terminé vous ne visionnez plus rien. Baptiste va vous reconduire chez vous.

Elle protesta mais il fut inflexible. Thomas pas plus tard que ce matin m’a téléphoné, il était en colère car il avait appris que vous aviez changé la date de votre visite chez votre médecin. Le Colonel vous ordonne de rentrer chez vous. C’est un ordre Lieutenant.

En repartant avec Baptiste, elle lui dit seulement ses quelques mots :

. Le financier n’était pas seulement au courant. Il participait. Je l’ai vu… J’ai vu…. C’était horrible…

Baptiste tourne brusquement dans une allée forestière et s’enfonce dans la forêt. Shana s’aperçoit de rien jusqu’au moment ou une silhouette en treillis leur barre la route. La porte de Shana s’ouvre et sous le masque elle voit deux yeux verts, ils sont inquiets. C’est Thomas.

Dans un premier temps il l’a câline puis la gronde doucement :

— Baptiste va nous emmener à la visite du quatrième mois, j’ai refusé de l’annuler et nous y serons d’ici deux heures. De plus cette nuit tu as visionne l’Insoutenable, j’aurais dû m’y opposer. A compter d’aujourd’hui seuls Morel et Buisson s’occuperont de mettre le nez dans ce nid de mer

Mais Thomas ne finit pas sa phrase, au même moment il entend dans son oreillette :

 » Alerte, alerte une voiture en vue, immatriculation cachée, deux suspects à l’intérieur. « 

Branle bas le combat dans la forêt, la voiture de Baptiste est emmenée à couvert avec Shana, Baptiste et Thomas. Elle est rapidement mis sous des branches et des feuillages. Shana est cachée dans une planque dans le sol, sur ses oreilles un casque pour ne rien entendre. Elle y est en compagnie de deux des gars de Thomas et de Brittany une anglaise qui était venue les interviewer. Cette dernière trouve fort plaisant ces instants.

Baptiste récupère une mitraillette et suit au pas de courses son frère. Les hommes sont en place. Ils ont ordre de ne tirer que dans les pneus. Les deux hommes Thomas les veut vivant.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 11

Le dimanche fut une succession de petits bonheurs. D’abord, vers neuf heures, Mila frappa à la porte et me dit :

— Maman, papa t’a laissé une lettre. Il faut que tu nous la lises, c’est ce qu’il veut.

Lorsque je prends connaissance du courrier, Mila et Maël sont là, attentifs, écoutant avec sérieux les conseils de leur père. Un sourire discret se dessine en moi à la lecture de ses mots. Je m’interroge : comment vont réagir mes ados ? Et pourtant, sans discuter, ils accueillent tout d’un bloc, comme une évidence.

Bien sûr, tous les jours ne furent pas simples, mais dans l’ensemble, ils m’aident du mieux qu’ils peuvent.

À midi, je déjeunais chez mes beaux-parents, en compagnie du frère et de la sœur de Thomas. J’étais pleinement intégrée à leur cercle, comme l’une des leurs.

Après le repas, Olga, ma belle-mère, m’a tendu un écrin contenant une rangée de perles. Elles avaient appartenu à sa sœur, qui était aussi la marraine de Thomas. J’ai d’abord décliné, touchée mais un peu gênée.

C’est alors que Manon est arrivée, le sourire aux lèvres, et a lancé en riant :

— Ne fâche pas maman, m’a glissé Manon. Elle se réjouit tellement que Thomas ait accepté de se marier. Avant, c’était un vrai ours : aucune femme ne trouvait grâce à ses yeux. Et puis tu es arrivée… Juste après qu’il nous ait annoncé je ne sais quelles absurdités qui ont rendu notre père fou de rage.Je n’ai jamais su ce qu’il avait dit exactement.

Olga, sa mère, s’est contentée de souffler : C’est du passé

Mila et Maël, de leur côté, s’étaient parfaitement fondus dans la bande de cousins et cousines. L’ambiance était légère, joyeuse — chacun savourait pleinement ces instants partagés.

Le soir venu, nous sommes rentrés à la caserne. Là, j’ai croisé pour la première fois Madame Buisson, l’épouse du second de Thomas. Elle m’a abordée avec chaleur et m’a proposée de venir prendre un café pour rencontrer les autres épouses. Je lui ai répondu que ce serait avec plaisir, dès que je connaîtrais mes horaires.

Le lundi, à dix heures, je me suis présentée devant le Colonel. Dans le bureau se trouvaient également le capitaine Morel et… Baptiste, mon beau-frère, qui n’est autre que l’aide de camp du Colonel. Morel prit la parole pour nous exposer la situation.

Un soir, avait-il raconté, il avait été convoqué en toute discrétion par une ancienne connaissance de l’IGPN — une femme d’une quarantaine d’années, le regard perçant.

— Écoute, Julien, lui avait-elle soufflé. Tu es sur quelque chose de bien plus gros que ce que tu crois. De Brévailles, Larzay… ce ne sont que des courroies de transmission. La véritable machine est ailleurs. Le ministre lui-même a été aperçu en réunion privée avec ces types. Ce que tu fais, là, peut faire sauter une moitié de la République…

En entendant ces mots, j’ai compris que je n’étais pas mise à l’écart — bien au contraire. J’allais intégrer l’équipe de terrain. Morel, lui, reprenait la route pour Lyon.

Mais auparavant Morel nous exposa calmement ses conclusions. Ce dont il parlait n’était plus une simple enquête : c’était une guerre souterraine. Et lui, simple flic de terrain, venait de poser le doigt sur une structure parallèle à l’État. Un système alimenté par la finance, couvert par les réseaux politiques et protégé par un silence savamment orchestré.

J’apprends par le Capitaine Morel qu’entre-temps, Thomas avait réussi à infiltrer un de ses hommes au sein du dispositif, Une taupe s’était infiltrée , discrète,parfaitement intégrée, chargée de remonter des informations sans se faire repérer. Les ramifications étaient tentaculaires, invisibles à l’œil nu. Certaines personnes que nous pensions inaccessibles étaient en réalité profondément compromises. C’était vertigineux. Tout ce que nous pensions savoir était à revoir. Je sentais la tension monter dans la pièce. Pourtant, chacun restait concentré, pragmatique. Ce n’était plus le moment des doutes. C’était celui de l’action. Je comprenais, à travers les regards échangés et les silences lourds de sens, que mon rôle allait bien au-delà de ce que j’avais imaginé. Je n’étais pas là pour observer. J’étais là pour agir. Certes pas en m’exposant aux tirs mais là dans le bureau pour regarder à la loupe ce que nous avions raté il y a dix ans.

Le Colonel est lui aussi abasourdi, contrarié, et surtout fort en colère. Il ne peut pas admettre que des dignitaires de la République puissent se compromettre. Morel se retire et je soumet au Colonel une idée que j’ai eu. Il m’écoute fort attentivement et rapidement demande à Bastien de me trouver un bureau. Puis, il se ravise et me demande de le suivre. Il m’emmène dans l’appartement de fonction qu’il a mais n’utilise pas. Il choisit le séjour et me dit :

— Je vous donne tout ce que vous voulez Lieutenant, ordinateur, téléphone tous les dossiers concernant cette époque, je sais que pour vous c’est sûrement fort dure pour vous de remonter à ces moments.

— Je me permets de vous couper mon Colonel, il faut que l’on mette la main sur ce commanditaire, je pense qu’il y a dix ans nous avons râté quelque chose. Pouvez-vous me donner les écoutes téléphoniques ? Il est possible qu’une voix, un son, une voiture pourra nous permettre d’avancer. Est-ce que le sergent Buisson qui était radio il y a quelques années ne pourraient pas venir me donner un coup de main

— D’oreilles vous voulez dire

Le Colonel avait le don de détendre l’atmosphère, mais il approuva ma demande et me quitta pour donner un ordre.

Le Sergent Buisson me rejoint le lendemain et avant de me montrer un fichier récupéré par un contact à Bercy. Il me dit Lieutenant j’ai le Bonjour de Thomas et je suis la taupe.

Rapidement nous nous mettons au travail il me donne son dossier qui contient une simple feuille Excel, sobre, presque anodine. Elle contenait une liste de transferts, avec des noms codés, mais certains étaient reconnaissables malgré les précautions.

EBRVA » : Étienne de Brévailles »

MLRZ » : Maxime Larzay »

MNST-FIN 02 » : probable référence au ministre lui-même

Et toujours celui-ci JLC que l’on n’avait toujours pas identifié.

Et à côté : des montants, des destinations. Dubaï. Singapour. Panama.

— C’est un budget parallèle. Ils siphonnent des fonds publics sous couvert de montages financiers. Et ils financent quoi, derrière ? Des campagnes ? Des opérations noires ?

Je lui repond, le regard sombre :

— Peut-être pire. Du renseignement privé, du chantage, de l’influence et j’ai peur que tout est recommencé.

Il nous fallait désormais une preuve irréfutable. Un témoignage. Un enregistrement. Quelque chose qui rendrait toute tentative d’étouffement impossible.

Et cela n’allait pas tarder à arriver. Car un homme, était prêt à parler. Et il avait tout enregistré. C’est Le Sergent Buisson qui l’a appris par un recoupement au sein d’un ministère. Un secrétaire avait disparu.

Une semaine plus tard, le capitaine Morel reçut un appel sur une ligne sécurisée. Une voix hachée, déformée, presque murmurée.

— J’ai des preuves. J’ai tout. Mais ils savent que je parle. Je ne peux pas passer par les canaux normaux. Il faut me rencontrer. Ce soir. Seul.

Morel lui proposa un point de rendez-vous dans un bar, mais l’autre que nous avons nomme Monsieur X refuta ce lieu. Argumentant qu’il y avait trop de monde.

Mais de quoi pouvait-il avoir peur ? Il proposa à Morel le point de rendez-vous : un ancien parking souterrain près du funiculaire de la Croix Rousse.

L’homme qui l’attendait dans l’ombre, tremblant, visiblement en fuite, s’appelait Jérôme Calmet. Ancien cadre d’un cabinet d’audit en charge des comptes d’une fondation opaque liée à de Brévailles. Il sortit une clé USB.

— Ici, tout est chiffré. Mais les noms, les virements, les dates… Vous verrez par vous-même. Ils déplacent de l’argent pour des choses qu’aucun État ne devrait couvrir.

Morel lui demanda :

— Des campagnes électorales ? Du lobbying ? Calmet baissa les yeux. Pas seulement, ils payent le silence. Des gens… des enfants… dans certaines soirées organisées dans des maisons privées. Le lien est là, caché dans les virements. On parle de vidéos, de complicités judiciaires. De Brévailles est au centre. Mais il n’est pas seul. Il y a des magistrats, des chefs d’entreprise, un député européen même…

Le lendemain, Calmet était retrouvé mort, noyé, à La Mulatière là où la Saône et le Rhône se rejoignent.

« Suicide », disait la note interne. Mais Morel savait. L’étouffement venait de commencer.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 10

Huit jours plus tard ils se marièrent. la cérémonie avait été simple. Juste quelques mots échangés dans la petite mairie en pierre claire, baignée par la lumière dorée d’un après-midi de mai. Les mains de Thomas dans celles de Shana. Un regard qui disait plus que n’importe quel serment.

Elle portait une robe fluide , sans éclat superflu. Lui, un costume sombre, sobre, élégant. Autour d’eux, peu de monde. Quelques proches, des collègues triés sur le volet. Le Commandant Lambert lui-même, debout au fond, droit comme un I accompagné de son épouse Olga. Leur petite fille Manon accompagné de son mari Mathieu et de leurs enfants Béa et Tom, ainsi que Baptiste avec sa femme Angélique et leurs jumeaux Cédric et Celine. Pour rien au monde Manon n’aurait raté le mariage de son petit frère. Le capitaine Morel était présent.

Mila tenait l’alliance de son père et Maël l’alliance de sa mère. Mais c’est en sortant que l’étrangeté sublime les frappa. Il y avait un grand silence, mais de part et d’autre des marches de la mairie, il y avait quatorze hommes et femmes, parfaitement alignés, en une double haie d’honneur, en costumes noirs, cagoulés de noir également — comme sur le terrain. Aucun visage visible. Juste leurs yeux de différentes couleurs. Une rose tenue à la main : rouge pour les hommes, blanche pour les femmes.

Les tiges étaient droites, les fleurs inclinées vers eux, comme un hommage. Pas un mot. Pas un mouvement.Thomas, en descendant les marches avec Shana à son bras, ralentit. Il les reconnut sans les voir. Il connaissait leur posture, leur respiration. C’était son groupe. Ceux qu’il avait menés en mission. Ceux qu’il aurait suivi les yeux fermés.

Shana les fixa, elle aussi. Elle aurait pu être parmi eux pour un mariage. Elle aurait pu porter cette cagoule, cette rose, cette posture tendue. Mais elle n’avait aucun regret. Thomas s’arrêta au bas des marches. Le silence était presque sacré.

Alors, l’un des tireurs d’élite s’avança. Un grand homme à la carrure massive s’approcha lentement, puis tendit sa rose rouge à Thomas.

— Pour la cible que tu ne perdras jamais de vue, » dit-il d’une voix grave.

Puis il se tourna vers Shana avec une rose blanche et ajouta :

— « Et pour celle qui t’a touché en plein cœur. »

Il retourna prendre sa place sans un mot. Derrière les cagoules, il n’y avait plus de soldats, plus d’ombres, juste une famille silencieuse. Shana regarda Thomas, émue au-delà des mots.

— Ils te respectent.

— Non, dit-il. Ils nous respectent.

Alors, dans ce couloir de silence et de loyauté, main dans la main, ils avancèrent. Lentement, ensemble. Derrière eux Mila et Maël et leurs cousins cousines. Les adultes étaient dans la cour et prenaient des photos où filmaient.

Et sans un seul applaudissement, sans une seule fanfare, ils vécurent le moment le plus fort de leur vie.

Le soleil déclinait doucement derrière les arbres. La lumière dorée traversait les pans de toile, diffusant sur les visages un éclat d’ambre tendre. Les assiettes étaient presque vides, les conversations roulaient doucement sur les nappes blanches, lorsque Thomas, se leva.

Le silence tomba presque naturellement. Il n’était pas en uniforme, mais dans son costume sombre, il dégageait la même autorité tranquille. Celle qu’on n’impose pas, qu’on incarne.Il leva son verre, sans sourire, mais avec cette intensité dans le regard qu’on lui connaissait.

— Je ne suis pas doué pour les grandes déclarations. Je préfère les décisions nettes, les ordres clairs, et les silences utiles.

Un léger rire parcourut la tablée.

— Mais aujourd’hui, je ne parle pas comme chef d’unité. Ni comme Commandant. Je parle comme un homme qui, pour la première fois de sa vie, a eu peur de vivre heureux.Il jeta un regard à Shana, assise à sa droite. Ses yeux se radoucirent immédiatement.— Shana est entrée dans ma vie comme une brèche dans un mur, franche, inattendue, brillante. Elle n’a pas eu besoin de me convaincre. Elle a juste été là, présente rien que pour moi, et je me suis rendu.

Il inspira un instant, posant son verre.

— Ce que vous voyez aujourd’hui, ce n’est pas juste un mariage. C’est une alliance. Deux soldats, deux âmes cabossées, qui ont choisi de poser les armes, l’un pour l’autre. Et d’en fabriquer une nouvelle. Une bien plus précieuse : l’amour.

Un silence, puis les verres se levèrent. Une émotion discrète. Beaucoup de regards qui se baissent, par pudeur.

Mais Shana se leva alors, doucement. Elle porta ses doigts à la table pour s’y appuyer. Ses yeux étaient brillants, mais sa voix était claire.

— Il fut un temps où je croyais que l’amour n’était pas fait pour moi. J’ai connu la douleur, la peur, la perte de confiance. J’ai été brisée, à une époque où j’aurais voulu disparaître. J’étais une victime. Mais ce que j’ai compris avec le temps — et avec beaucoup de cicatrices que vous ne voyez pas — c’est qu’on peut être une victime un jour, et une survivante le lendemain. Et qu’après avoir survécu, on peut apprendre à vivre… Puis à aimer. Et c’est là que tu entres en scène, Thomas avec ton calme, ta droiture, ton regard perçant de tireur d’élite, mais surtout ton cœur immense, qui m’a vue toute entière. Tu as vu mes failles, mes ombres, mes silences… Et tu ne m’as jamais demandé d’être parfaite. Tu m’as juste tendu la main. Patience après patience, tu m’as appris à me relever, à faire confiance, à rire à nouveau. Je ne t’ai pas seulement choisi comme mari. Je t’ai choisi comme refuge. Comme partenaire de vie. Comme père de nos enfants. Tu m’as montré qu’un passé douloureux ne nous condamne pas à un futur sans lumière.

Thomas très ému, mis sa main sur la bouche de Shana, puis l’embrassa passionnément, mais sa femme lui dit :

— Je n’ai pas terminé Thomas. Merci à toi, mon amour, de m’avoir appris qu’on peut renaître, qu’on peut aimer après la peur, et qu’on peut construire quelque chose d’infiniment beau, même après avoir été détruite.

Un silence attentif. Elle sourit.

— Tu es l’homme le plus exigeant que j’aie rencontré. Tu diriges des missions impossibles, tu fais tomber les murs, et tu ne te laisses jamais le droit à l’erreur. Tu veux toujours protéger. Mais aujourd’hui, tu as accepté de me recevoir et d’accepter.

Elle posa une main sur son ventre encore invisible.

— Ce qu’on porte là, c’est peut-être pas venu au bon moment. Mais c’est venu du bon amour. D’une nuit où le monde tombait, et où on a décidé de ne pas tomber avec.

Elle le regarda droit dans les yeux, elle leva son verre.

— À nous, Thomas. Et à l’inconnu qu’on ne craint plus.

Les applaudissements furent sobres, mais profonds. Pas bruyants, juste respectueux, comme dans une cérémonie officieuse, que seuls ceux qui ont connu le terrain comprennent.

Puis Thomas et Shana disent ensemble à leurs enfants Mila et Maël :

Mila, Maël il va falloir trouver des prénoms commençant par la lettre M plusieurs pour que nous ayons le choix.

C’est par un éclat de rire que se termine le discours en duo de Thomas et Shana.

Puis, la tente s’était vidée doucement, les éclats de voix remplacés par le bruissement des arbres. La nuit s’était posée comme un voile de velours sur le domaine.

Dans la chambre qu’on leur avait préparée, simple, sobre, presque monacal, Shana s’était allongée, encore en robe, les cheveux défaits. La lumière tamisée d’une lampe posée au sol dessinait des ombres souples sur les murs. Thomas entra en silence après s’être assuré que tout était bouclé, comme toujours.

Il s’arrêta quelques secondes à la regarder. Elle tourna la tête vers lui. Son visage n’exprimait pas de tristesse. Juste cette lucidité qu’elle portait en elle, dans les bons comme les pires moments.

— C’est pour demain matin, n’est-ce pas ? demanda-t-elle sans détour.

Il ne répondit pas tout de suite. Il posa sa montre, sa ceinture, son téléphone. Des gestes millimétrés. Et finalement :

— Oui. Avant l’aube.

Elle se redressa, s’assit sur le lit. Sa robe glissa légèrement sur ses épaules.

— Tu ne veux pas me dire où ? Il secoua la tête.

— Je ne peux pas.

Un silence. Il s’assit à côté d’elle, sans la regarder encore.

— C’est pour combien de temps ?

— Je ne sais pas. Mais toi par contre , après demain tu vas travailler au bureau en binôme avec Morel. Lundi matin à dix heures tu as rendez-vous avec le Colonel. Tu n’iras plus sur le terrain, tu me le promets.

Elle posa doucement sa tête sur son épaule.

— J’essayerai, tu crois que ce sera la dernière fois qu’on se touche comme ça avant longtemps ? Il prit sa main, entrelace leurs doigts. Il sentait la fragilité nouvelle de sa peau, la fine chaleur de ce lien si jeune encore.

— Je l’espère pas. Mais si c’est le cas… alors je veux que cette nuit compte.

Il se tourna vers elle. Leurs deux fronts se touchèrent.

— Pas pour le sexe. Pas pour le corps. Pour l’instant. Pour la mémoire. Pour que, chaque nuit où je serai loin, je sache exactement comment tu respires. Comment ton cœur bat sous ma main. Comment ta voix me murmure « reviens ».

Elle ferma les yeux, et posa sa paume contre sa nuque.

— Tu reviendras. Parce que tu n’as pas fini de m’aimer. Et que je n’ai pas fini de te faire chier.

Il sourit, enfin, un vrai sourire, rare, précieux.

— Ça, c’est une promesse.

Puis il l’allongea tout doucement, en la tenant contre lui, comme s’il apprenait un nouveau langage. Celui du silence, du respect, de la lenteur. De l’amour qui se dit par le souffle, la peau, la façon dont deux fronts se frôlent dans l’obscurité. Ce n’était pas une nuit de noces. C’était un serment, muet, profond, entrelacé de chair et d’âme.

Et quand l’aube approcha, il la regarda dormir quelques minutes encore.

Puis il partit.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 9

Une fois Maël couché par Thomas car il était fort excité par la venue de ce bébé, Thomas me rejoint dans la salle de bain ou je suis en train de prendre une douche. Il se glisse derrière moi et avec le savon dessine les contours de mon corps s’attardant sur mon ventre et me disant à l’oreille :

— Nous allons à la clinique quel jour ?

— Je croyais que tu partais avec les promus.

— Effectivement je n’ai pas eu le temps t’en parler, finalement j’ai renoncé à y aller car le Colonel m’envoie en mission.

— Quand ?

Je sens Thomas réticent à me le dire.

— J’ai peur que cela te déplaise.

— Tant pis vas y

— Déjà je suis en vacance jusqu’à notre mariage, ensuite je partirais dimanche matin à l’aube.

— Le dimanche après notre mariage, tu lui as dit au Colonel.

— Oui et j’ai réussi à partir après avant c’était dans la nuit du vendredi au samedi.

Je ne peux retenir mes larmes au début il croit que c’est la douche mais lorsqu’il me prend dans ses bras, de suite il voit que je pleure. Il me caline.

Apres avoir fait l’amour, Thomas la tête appuyer sur son coude me dit :

— Je savais que tu t’étais entraînée pour rentrer dans les soldats d’élite. Tu as toute mon admiration à la fois pour ta brillante réussite et à la fois pour le choix que tu as fait. Donner la vie à notre bébé et non avorté.

Puis il ajouta :

“Le courage, c’est pas seulement d’aller au bout. C’est parfois de savoir quand s’arrêter.”

J’ étais émue, comme Thomas parlait bien. Une fois Thomas endormi je me relevais et envoyais un mail au Colonel.

Mon Colonel,

Je suis dans l’obligation de reporter mon intégration. J’en assume les conséquences et reste à disposition pour toute suite à donner.”

Lieutenant Lamalle Shana

Il était deux heures douze du matin, Thomas penché sur mon épaule me dit :

Il va te répondre rapidement , possible qu’il te demande des explications.

A notre réveil j’allais sur notre ordinateur et je vis que le Colonel ne dormait pas vu qu’à deux heures trente il m’avait répondu. Il y avait deux courrier l’un formel et militaire :

Il avait répondu avec retenue, mais sans hostilité : « Nous prenons note de votre situation. Une réintégration pourra être étudiée, selon conditions. »

le second courrier était totalement différent

Thomas je vous conseille de surveiller votre femme, elle m’écrit à deux heures du matin. Son état nécessite beaucoup de sommeil. Bienvenue au futur bébé Lambert. Prenez beaucoup de repos lieutenant Lamalle et profitez de ce temps pour trouver ces enfants de salop qui nous ont files entre les doigts. Parfois devant des dossiers in voit ce qui a échappé à tout le monde. Vous travaillerez avec mon aide de camp et Morel à distance, si le besoin s’en faisait sentir et selon votre état je vous promet de vous adjoindre un de mes meilleurs éléments. Tout ceci pour me faire pardonner d’envoyer Thomas loin de vous.

Et je dirais à Madame la Colonelle que son diagnostic s’est avéré exact.

Mes amitiés sincères

Colonel Lefèvre

A suivre…

Copyright juin 2025