Shana face à son passé 3

À Château-Thierry le Gign s’était déployé, à minuit l’assaut devait être donné. Mais sur le coup de vingt-trois heures Shana qui était dans le fourgon caché dans la forêt avait reçu un appel émanant du Capitaine Morel il demandait à parler au Commandant de l’unité d’élite. Rapidement Shana avait averti son amour de ce drôle d’appel. Thomas était contrarié, il suffisait d’un petit couac pour enrayer et compromettre sa mission. Mais il connaissait Morel ils avaient fait l’école des Officiers à Montluçon ensembles. C’était un homme intégre et rigoureux, s’il se permettait de l’appeler avant l’assaut final c’est qu’il devait se passer quelque chose d’important. Aussi il demande à sa fiancée de lui passer l’appel directement sur son portable.

— Commandant Lambert ici le Capitaine Morel, désolé mon vieux de t’interrompre avant ton assaut mais j’ai un élément important à te signaler qui va sûrement remettre en question ton intervention.

— Qu’as-tu de si grave à me dire ?

— Suite à la description du Lieutenant Lamalle concernant un individu melé à un réseau de pédopornographie, nous avons eu ordre de faire attention à l’individu décrit. Or il y a environ une heure nous avons été appelé par la BAC qui patrouillait dans les rues de Lyon qu’un individu correspondant au signalement se baladait en direction de Villefranche-sur-Saône à bord d’un SUV gris. Nous l’avons suivi et nous sommes depuis trente minutes en planque devant une belle demeure d’un viticulteur de Villié-Morgon. Nous sommes dans une camionnette banalisée. Et il y a tout juste un quart d’heure nous apprenons que nos collègues de Villefranche se relayaient depuis quatre nuits en planque car le viticulteur Bonnard les avait appelé suite à plusieurs vols de bonnes bouteilles. Cela se passait la nuit.

— Ah ! Donc l’homme à la SUV peux-tu me le décrire, oublie ce que Shana a dit.

À l’autre bout du fil le Capitaine Morel compris que ce qui se disait dans les gradés de la gendarmerie s’avérait être vrai. Le Commandant Lambert était amoureux du Lieutenant Lamalle. Vite il se ressaisi et fait une description de l’inconnu.

— Il porte de fines lunettes métalliques, a un nez bourbon, et des lèvres minces, presque effacées. Je peux ajouter que ce soir il porte un costume parfaitement ajusté, et il a un attaché-case à la main.

— Un vrai gentleman qui pourrait se confondre avec des milliers d’autres qui partent au bureau le matin. Par contre vu l’heure j’ai des doutes. Les gendarmes de Villefranche sont certains du dénommé Bonnard, viticulteur de son état.

Ceux de la BAC l’ont pris en photo, ils l’ont envoyé au Commissariat de Lyon pour identifier la cible. Et là ils ont eu une surprise de taille. La reconnaissance faciale effectuée à partir des images captées révéla un nom : Étienne de Brévailles.

Thomas apres avoir entendu le nom prononcé était resté silencieux. Puis rapidement il avait annulé l’ordre d’entrer dans la maison des Capet. Celui qu’ils avaient entraperçu il y avait sept jours était à cinq cent kilomètres d’eux. Il rageait intérieurement. Ils avaient préparés cet assaut avec minutie et en dix minutes tout était remis en question.

Ce type était l’un des barons de la haute finance parisienne, président du conseil d’administration de l’un des plus puissants fonds d’investissement européens. Son nom apparaissait régulièrement dans Les Échos, souvent aux côtés du ministre des Finances lui-même lors de conférences ou d’allocutions officielles. Lorsque sa fiancée allait l’apprendre ce serait un séisme dans sa tête. Thomas se sentait impuissant face à ce qu’il allait dévoiler aux hommes et aux femmes de son groupe. Mais son coeur battait à tout rompre, il voulait ménager son Amour.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé ( 2

Chez Baptiste la Capitaine Lamalle rencontra sa jeune femme, elle aussi gendarme et leurs deux enfants Cyrille le garçon 14 ans et Céline sa jumelle. Les grands-parents étaient là. Shana fut heureuse de croiser l’inspecteur qui, désormais est à la retraite. Ce dernier l’a félicité pour son parcours brillant et lui souhaite bonne chance dans ses nouvelles fonctions.

Alors qu’elle s’apprêtait à regagner la caserne, la porte s’est ouverte à la volée devant un beau jeune homme. Baptiste le présente à Shana, voici mon frère Thomas. Ce dernier l’inspecte des pieds à la tête, ce qui lui valu le courroux de son père. Évite de prendre tes airs supérieurs, Shana est sortie major de sa promo. Shana je vous présente mon second fils tireur d’élite au GIGN et Capitaine comme son frère.

— Bonsoir Capitaine, Lieutenant Lamalle ravie de vous rencontrer et de vous dire bonsoir je me retire dans mes quartiers.

C’est lors d’un stage en unité spécialisée qu’elle le rencontra à nouveau. Le Capitaine Thomas Lambert est tireur d’élite, affecté au GIGN. Il a cinq ans de plus qu’elle, silencieux, précis, avec ce regard qu’ont ceux qui ont trop vu. Ils étaient là pour une simulation d’intervention. Lui en appui longue distance, elle en coordination de terrain. Le courant ne passa pas tout de suite, car il était resté outré par sa sortie méprisante chez son frère. Celui-ci lui avait dit tu l’as bien mérité. Sur le terrain, il la trouvait trop jeune pour tant d’assurance. Elle le trouvait froid, presque hautain. Mais les exercices les rapprochèrent. Le respect grandit, puis l’admiration, puis… quelque chose de plus profond.

Une nuit, après un exercice nocturne, ils parlèrent plus que de coutume. Il lui demanda :

— D’où tu tires ça ? Cette force tranquille, ce sang-froid presque inhumain.

Elle répondit sans détour :

— Je viens de l’enfer. Mais je refuse d’y retourner. Ce soir-là, il la regarda autrement. Et elle sut.

Ils tombèrent amoureux comme on tombe dans un feu : lentement d’abord, puis d’un coup. Leur relation fut discrète, intense, construite sur un respect mutuel profond. Elle admirait son contrôle, sa précision. Il aimait son courage, sa droiture. Ensemble, ils formaient un duo rare : passion et mission entremêlées.

Mais l’amour en uniforme n’est jamais simple, il y eut des missions séparées, le secret professionnel et le danger permanent. Et toujours, cette peur sourde : ne pas se retrouver au retour. Pourtant, Shana avançait. Lieutenant dans une unité territoriale prestigieuse, elle voulait changer les choses, sans jamais se compromettre. Elle portait en elle les cicatrices de son passé et l’amour brûlant d’un homme prêt à tuer pour sauver.

Elle n’était plus seulement survivante. Elle était désormais chef, femme, mère, amante, et gendarme. La pluie tombait en silence sur les tuiles rouges d’une grande maison bourgeoise isolée dans un recoin discret de l’Île-de-France. Un lieu à l’abri des regards, protégé par le silence complice des puissants et la peur des faibles. Mais ce soir-là, le silence allait être brisé.

Un fourgon banalisé s’était arrêté à 300 mètres de la propriété. À l’intérieur, Shana fixait les plans de l’intervention sur sa tablette numérique, casque sur les oreilles, cœur serré. Le Commandant avait exceptionnellement validé sa présence au sein de l’unité d’élite chargée de l’assaut. Officiellement, pour son expertise terrain et sa connaissance des réseaux. Officieusement, parce que cette mission touchait à son propre passé.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 1 ( suite)

Dix ans ont passé depuis ce procès retentissant dans le Pays. Le fils aîné Capet a été tué devant la prison par une jeune femme dont on a jamais connu l’identité. C’était hier….

Shana franchit les grilles de l’école de gendarmerie de Chateaulin d’un pas ferme. Le cœur battant, elle leva les yeux vers les bâtiments austères qui allaient devenir, pour plusieurs mois, son quotidien. Ce jour-là, elle ne laissait rien paraître. Ni la douleur, ni les souvenirs, ni les cicatrices invisibles.

Car Shana n’était pas comme les autres. Derrière son regard déterminé se cachaient des années d’épreuves, d’ombres, de silences. Son passé avait été marqué par l’injustice, la violence, et des pertes qu’aucune jeune fille ne devrait connaître. Mais elle avait refusé de sombrer. Elle s’était relevée, chaque fois, un peu plus forte, un peu plus libre.C’est ce passé-là, ce poids, qui lui donnait aujourd’hui une force unique. Là où certains voyaient un fardeau, elle voyait un moteur. Elle voulait protéger, comprendre, réparer.

Elle voulait être comme ce policier qu’elle avait croisé, il lui avait tendu la main, écouté, agit. À Châteaulin, elle n’était pas venue fuir son histoire. Elle était venue pour s’en servir. Le bus s’arrêta devant les grilles de l’école de gendarmerie de Châteaulin. Myriam avait voulu l’accompagner, mais elle avait refusé. Shana attrapa son sac, le cœur battant à tout rompre. Ils étaient une cinquantaine, hommes et femmes venus de tous horizons, tous habités d’une même flamme : servir.Elle inspira profondément. Une voix en elle murmurait que rien ne serait facile. Mais elle n’était pas venue pour la facilité.

Dès leur arrivée, tout alla très vite. Ils furent rassemblés, appelés un à un, affectés à leurs compagnies respectives. Shana fut intégrée à la 12e compagnie. On leur remit les premiers effets militaires : treillis, rangers, képi. Elle se souvint du poids du sac, du tissu rêche sur sa peau, des regards autour d’elle – mélange de peur, d’excitation, de fierté.

Puis vinrent les consignes : pas de téléphone sauf le week-end, levé à 5h30, discipline stricte, hiérarchie absolue. Une vie rythmée par les ordres, les valeurs, l’apprentissage du métier.La première nuit dans le dortoir fut étrange. Tout le monde semblait sur le qui-vive, inquiet de mal faire. Mais pour Shana, cette rigueur était une libération. Pour la première fois, elle sentait que les règles étaient là pour construire, pas pour détruire. Elle n’était plus seule face au chaos. Elle faisait partie d’un tout. Les premières semaines Shana découvrit l’instruction militaire : la marche au pas, le maniement des armes, les exercices physiques éprouvants, les cours de droit, de procédure, de psychologie. Tout était nouveau, mais elle apprenait vite. Sa douleur passée devenait une énergie brute qu’elle canalisait.

Les entraînements étaient durs, parfois humiliants. Les cadres criaient, corrigeaient, poussaient à bout. Certains craquaient. Shana, elle, serrait les dents. Elle pensait à ce qu’elle avait déjà traversé. Ce n’était rien, comparé à ce qu’elle avait vécu.

Elle se fit vite remarquer pour son sérieux, son calme, sa détermination. On commença à l’écouter, à lui faire confiance. Elle devint un modèle discret pour certains, un mystère pour d’autres. À Châteaulin, le Colonel Lefèvre avait rapidement repéré en Shana quelqu’un d’exceptionnel. Sa rigueur, son calme même sous pression, sa capacité à diriger sans hausser le ton, à protéger sans se perdre. Il l’observait depuis des semaines, impressionné par cette jeune femme que rien ne semblait pouvoir briser.

Lors d’un entretien privé, il lui avait dit simplement :

— Vous avez ce qu’il faut, élève Lamalle. Pensez sérieusement à l’école des officiers. Je peux appuyer votre dossier.

Une fois Shana sorti le Colonel était perplexe, il avait vu cette jeune femme quelque part et dans des circonstances étranges. Il interrogerait son aide de camp il l’avait vu passer.

Elle n’avait pas hésité. Non par orgueil, mais parce qu’elle savait que plus elle grimperait, plus elle pourrait faire la différence. Elle voulait des responsabilités. Elle voulait agir en profondeur.

À peine sortie de l’école de sous-officier, Shana enchaîna avec l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale (EOGN). Deux années exigeantes, techniques, stratégiques, où elle affina son leadership et son sens de l’humain. Elle en sortit major de promotion, honorée et respectée. À seulement 30ans, elle portait déjà le grade de lieutenant, prête à commander.

C’est le Capitaine Bastien Lambert qui lui avait remis les distinctions qui lui était attribué pour être lieutenant. C’était le petit fils du policier qui avait poussé Shana à faire tomber le procureur. Bastien s’en souvenait, et dès qu’il avait vu Shana il savait qui elle était. Aussi lorsque son Colonel lui demande s’il connait Madame Lamalle, de suite il remarque son hésitation.

— Capitaine Lambert, je veux comprendre comment cette jeune femme en seulement trois ans a réussi à franchir toutes les étapes sans rechigner et a devenir la meilleure au milieu de ces hommes et femmes. Rien ne sortira de cette pièce.

— Mon Colonel je n’en doute pas une minute. Et il lui exposa une minime partie de ce qu’il était arrivé à Shana. Bastien se doutait bien que le Colonel ne s’en tiendrait pas à ces propos et qu’il se renseignerait.

Il se garderait bien d’en parler avec Shana, car cette jeune femme lui inspirait le respect. Sa force de caractère pour lui était incommensurable. Un matin qu’elle rentrait d’une mission avec l’armée sur des quartiers sensibles de Marseille, il s’était attardé et avait osé lui dire qu’il était le petit fils du policier Lambert. Depuis Shana le regardait différemment. Ils avaient été au mess boire un coup, il avait appris qu’elle avait une sœur ainée de son âge et deux enfants Mila une fille de 12 ans et Maël un garçon de dix ans. Elle ignorait ce que sa propre mère était devenu, quant à son père, elle ne savait ni son prénom ni son nom. C’était un amour de passage comme lui avait dit sa soeur ainée. Bastien lui avait dit que c’était ses grands-parents qui les avaient élevé lui et son frère et sa sœur, car leurs parents étaient morts lors d’un accident d’avion, au retour d’un voyage en Thaïlande. Son frère était tireur d’élite au sein du GIGN et sa sœur enseignante dans une école maternelle à Marseille dans les quartiers Nord. Quand à lui il était marié et papa de deux enfants. Depuis ils étaient amis, mais ils allaient se quitter car comme elle était sortie première de sa promo elle avait choisi de rejoindre sa famille sur Paris. Bastien l’avait très bien compris. Avant de partir il lui avait proposé de venir chez lui puisque c’était son jour de permission.

A suivre …

Copyright Juin 2025

Une ombre dans l’escalier 24

Il y a des hommes qui façonnent les lois. Et puis, il y a ceux qui les tordent jusqu’à ce qu’elles leur obéissent.

Ainsi commence le procès de Jaril Capet et de son fils aîné Eron Capet âge de vingt-sept ans au moment des faits. Il devait prendre la succession de son père. Il avait à son actif quelques défauts des plus douteux. Dealer bien connu dans les milieux, son père l’a protégé à outrance, passant au-dessus des lois et jusqu’à les bafouer en a conclu l’avocat général.

Le procureur était connu de ses paires pour sa droiture. Ce que personne ne sait, c’est qu’il est aussi père de dix-sept enfants — et que pas une seule de leurs mères n’a donné son consentement à la venue d’un enfant né d’un viol.

Shana qui assiste au procès dans la salle rit lorsqu’elle entend qu’il était connu par sa droiture, quand elle ira devant la barre elle en donnera une autre version que son ami le juge en vomira dans le tribunal tout son excellent repas de midi.

Le premier jour du procès est consacré aux garçons de cet homme. Le plus grand a 27 ans le plus jeune trois ans. Les filles il leur réservait un sort different.

Shana est enfin appelée à la barre. La salle bruie à chacune des paroles vibrantes de sincérité de la jeune femme. Tout est décortiqué le machiavélisme d’un procureur avec un ambassadeur le fameux homme à la canne. Celui-là était aussi un sadique il punissait les enfants à coup de bâtons pour éviter qu’ils ne deviennent pas de la vermine. Cette partie du procès se déroule à huis clos, la plupart des enfants étant mineurs.

Shana montre du doigt le fils Capet qui, lui a essayé de la violer il y a tout juste trois mois. Il suit les traces de son père lance-t-elle au tribunal. Il faut faire attention avec ses autres frères. J’ai même peur qu’il soit trop tard.

Un médecin est appelé à la barre, chef d’une clinique ayant pignon sur rue. Tous les accouchements étaient signes de sa main. On s’était rapidement étonné du nombre de morts de nourrissons pendant les cinq ans où il avait exercé. Aujourd’hui ses anciens collègues sont atterré. Brevin était le meilleur, il est tombé bien bas a dit à la barre un de ses collègues de la fac de médecine.

Linne la collègue du Capitaine Lambert a interrogé plusieurs femmes. Elles ont accouché à la clinique Brevin, souvent seules, vulnérables, dans un flou administratif et psychologique total. À chaque fois, la même phrase : »Votre bébé n’a pas survécu. Le père ne veut pas être impliqué. « Mais Linne a fait analyser des traces ADN retrouvées dans les fichiers du docteur. Et un nom revient. Encore. Et encore. Jaril Capet. A son actif seuls dix-sept enfants se sont fait connaître d’eux-mêmes lorsqu’ils étaient majeurs ou par le biais d’assistantes sociales qui avaient eu affaire à ces enfants dans des circonstances assez dramatiques ou scabreuses.

Les parents pour certains avaient parler de faux dossiers, d’arnaques, de vols, certains avaient osés parler de viols. Jaril Capet L’homme le plus intouchable du pays était jugé indigne de la nation.

Lorsque la vérité éclate, c’est un séisme. Des manifestations éclatent. Des mères veulent récupérer leurs enfants. Des enfants, aujourd’hui adolescents ou jeunes adultes, découvrent qu’ils sont issus du même père. Un des enfants a tellement honte qu’il va aller se suicider.

Le procès reprend à huis-clos pour éviter les échauffourées de la veille.

Jaril Capet, vous êtes accusé du meurtre de l’ambassadeur de France au Pérou même si ce dernier était impliqué dans votre trafic. On n’a pas à faire justice soi-même, d’enlèvement de mineurs, de mensonges à répétition envers les mères biologiques, et de falsification d’identités. De sévices importants, viols assassinat…. Que plaidez-vous ?

Capet (calme, glacial) : Je plaide la nécessité.

Dans la salle ça siffle, hurle, les mères sont scandalisées. Un des jeunes adultes arrive jusqu’à son père et le tape à grand coup de poing. La salle est évacuée, le procès peut reprendre.

Toutes les parties civiles ont dit l’horreur, l’insoutenable, la soumission,la peur. Les viols à répétition pour engendrer des enfants.

Les avocats ont plaidé. Le procureur encourt la perpétuité, son fils 20 ans . Les délibérés ont duré quinze jours. Puis les jurés ont repris leur place, les avocats aussi. Le procureur général a prononcé la sentance, il a d’abord dit sa honte après avoir découvert que l’ex procureur Capet avait trahi les siens. Lui qui avait eu la Légion d’honneur, la Croix du mérite et bien d’autres décorations. Toutes lui étaient ôtés.

Jaril Capet levez-vous, avez-vous quelque chose à ajouter.

Oui mon cher Philippe

Pas d’outrages lui rappelle son avocat.

Je ne regrette rien sauf que j’ai oublié de vous dire que je me suis faites la femme du procureur adjoint et que son fils aîné est sûrement mon fils. Puis il éclate de rire et retourne s’asseoir. Deux policiers lui signifient qu’il doit rester debout jusqu’à l’énoncé du verdict.

Le verdict tombe : coupable sur tous les chefs d’accusation. Prison à vie sans possibilité de libération.Quant à son fils ayant demander pardon il n’ecope que de dix ans.

À suivre…

Copyright juin 2025

Une ombre dans l’escalier 23

Quelques heures plus tard… Saint-Ouen, Quai de Seine – 03h12

Le fourgon s’arrêta sans un bruit, phares éteints. D’autres véhicules étaient déjà positionnés autour du vieux bâtiment industriel, un monstre de tôle et de béton dormant au bord du fleuve. L’air sentait la rouille, le fuel et la pluie menaçante. Il n’y avait personne, tout avait été nettoyé. C’était propre, pas le moindre mégot, aucun papier, la place était nette. Si Shana en avait pas été persuadée, ils seraient passés à côté. Un gémissement là derrière un mur fraîchement monté. Le premier coup avait déclenché le hurlement d’une femme. Shana avait mené le groupe et c’est elle qui est entrée la première sa soeur gisait au sol à moitié nue, un bol d’eau à proximité et une laisse autour du cou pour un jeu sadique du procureur. Elle avait réussi, Edith sa soeur était vivante, maintenant c’était le temps de la reconstruction.

Quelques jours plus tard, Shana a enfin retrouvé sa fille, il y a eu des pleurs et de longues embrassades, puis Edith a entouré sa jeune sœur et sa nièce pour que chacune apprivoise l’autre. Mila connaissant Edith, cela lui a facilité la tâche. Depuis qu’elle avait su que l’enfant dont elle s’occupait c’était l’enfant de sa petite soeur, elle n’avait pas arrêté de lui parler de sa maman. Et ce fut tout naturellement que la fillette allait vers celle qu’elle connaissait le visage.

le jour où Mila a dit Maman à Shana, cette dernière s’est mise à pleurer des larmes de joie.

Pendant ce temps dans les bureaux de l’Aide Sociale à l’Enfance, on vient d’avertir Myriam que tout est conforme l’enfant Noam est bien le sien les test adn sont formels. Demain elle va retrouver son fils, Alain l’accompagne car c’est lui son père. Il est heureux et abasourdis, Noam a été conçu un soir de folie entre eux deux, mais qu’importe Alain est fier de son fils.

Face à Myriam et Alain, un petit garçon, assis sur un tapis, des cubes dans les mains. Un ours en peluche dans le coin. Il a grandi. Il a changé. Mais ses yeux, ces yeux sombres et profonds, c’est ceux de son père. Six mois se sont écoulés depuis ces jours de folie. Six mois avant de pouvoir prendre son bébé dans les bras.

— Noam… », murmure Myriam. L’enfant lève la tête la regarde.

Un instant, le silence absolu.Puis, doucement, il se lève, avance, il pose sa main sur celle de Myriam, sourit à son père, pas un mot. Juste ce contact, comme une reconnaissance instinctive.

Myriam tombe à genoux. Elle pleure sans bruit. Elle n’ose pas l’étreindre. Pas encore. Une éducatrice chuchote :

— Il vous regarde depuis qu’il est là. Il ne pleure pas. Il attend.

Noam approche, plus prêt, un pas deux pas, il s’approche encore. Puis il entoure le cou de Myriam de ses petits bras. Et là, elle craque. Elle le serre fort. Comme si elle ne voulait plus jamais le lâcher.

Alain attend, il a désormais tout son temps, Myriam l’a accepté comme son futur epoux. Elle lui murmure, entre deux larmes :

— C’est fini, mon cœur. On rentre à la maison.

A suivre…

Copyright juin 2025