Une ombre sur le Causse

DES SOUVENIRS

Moi, je profite de mes vacances pour aller à la pêche, Pierre m’accompagne, Nous nous souvenons d’il y a quelques années où en compagnie de nos copains du village allions pêcher à mains nues la truite sauvage. Maintenant, Pierre est marié et s ‘est rangé comme il me dit. Il a toujours son sourire malicieux, ses cheveux roux sont coupés en brosse, alors qu’autrefois il ressemblait à un viking avec sa queue de cheval retenue par une épingle dorée. Il a fait des études d’agronomie et pourtant suite au décès de son père il fait tourner le garage afin que sa mère et ses jeunes frères puissent continuer à vivre dans de bonnes conditions. Sa femme est prof des écoles ici à Nasbinals. Je n’envie pas sa vie, surtout qu’il rêvait tout comme moi de voyager avant de s’établir, hélas sa vie a basculé brutalement lorsque son père a été tué par un chauffard alors qu’il revenait d’un enterrement. La vie est ironique parfois.

Je profite de mes vacances pour le distraire, je le trouve assez taciturne. Je ne pourrais pas lui raconter ma vie, car moi j’ai voyagé dans le monde entier à la fois pour me distraire mais aussi pour mon travail. Je fais un métier passionnant. Ici je suis juste en villégiature, le vacancier lambda qui attend le grain de sel qui va enrayer un programme bien huilé. Déjà cet homme mystérieux aiguise mon appétit. Je prévois des vacances mouvementées. Mais j’adore ça.

A suivre

Copyright janvier 2025

Ombres sur le Causse

Unr drôle de rencontre

Si dans le village il y avait un seul homme qui ne se souciait nullement de tous ces faits étranges c’était Olivier. Ses parents ont toujours habité Nasbinals non loin du lac de Salhiens ou nous pouvons apercevoir la cascade du Déroc qui jaillit d’une hauteur de trente-deux mètres du haut des falaises volcaniques. C’est Pierre son ami et voisin qui va remettre cette affaire sur le tapis.

Ce matin Pierre n’a pas l’air dans son assiette, il bougonne et Olivier l’entend dire tout bas : Je me demande qui est cet homme ? Pour quelles raisons se cache-t-il ? De qui a-t-il peur ?

Finalement de l’entendre parler dans sa barbe, cela alerte Olivier. Ensemble ils échafaudent mille et une hypothèses. Cet homme qui est arrivé par temps froid et que, personne au village n’a croisé c’est fort étrange. Pendant les mois d’hiver notre village a de moins en moins d’habitants. Les gens viennent surtout pendant les vacances, en effet il y a de nombreuses résidences secondaires. En hiver je ne suis jamais sur Nasbinals, je vais travailler dans un bureau miteux. Mais ce type surgit de nulle part me titille le cerveau.

Aussi dès mon retour pour les congés j’ai demandé à Pierre, si pendant le printemps il avait croisé l’homme du buron, devant son mutisme, je suis parti, sac au dos, en direction de la chapelle d’Aurelle, elle se situe dans mon département l’Aveyron. Cette chapelle est classée monuments historiques, si Rosette a vu entrer un étranger dans ces lieux, je persiste et signe à croire qu’il y est encore. Le village est abandonné, pourtant lorsque j’arrive à proximité de la maison de l’ancien maire j’entends des coups de marteaux. Etrange qui peut travailler ? Il est à peine neuf heures, j’avance doucement, heureusement je n’ai pas emmené mon chien, c’est un berger Allemand ancienne race à poils courts et au dos droit, je l’ai depuis mes dix-huit ans, il vient d’avoir six mois, il ressemble à un loup car il en a la couleur. Ce n’est pas étonnant il vient d’un élevage de Tchéquie, il se nomme Oural, comme la chaîne de montagne en Russie. Faut-il que je siffle une mélodie pour annoncer ma présence, ou dois-je me taire et surprendre le loup dans sa tanière. Je préfère ne rien dire, mais brusquement devant moi j’aperçois un homme armé d’un fusil pointé dans ma direction. Serais-je l’intrus à abattre ? J’opte pour le dialogue. Bien mal m’en prend, cet homme est un véritable sauvage, il ne parle pas, il émet seulement des cris gutturaux. Il aboie plutôt qu’il me parle, il me fait comprendre que je dois déguerpir. Je ne dis rien et je m’éloigne de son champ de vision. Je me hâte de rejoindre le chemin de randonnée que je n’aurais pas dû quitter, mais ma curiosité m’a poussé à aller à la rencontre de cet homme, mal m’en a pris, Monsieur est un loup solitaire, Oural à côté est gentil malgré son allure de loup. Je reviendrais avec mon chien pendant la nuit, j’aimerais bien savoir qui est cet homme ? En ce moment il répare le buron, je trouve ça bien, alors pourquoi montré ses crocs alors que nous l’avons bien accueilli, c’est étrange et bizarre.

Je croise des randonneurs qui se sont perdus, je les remets sur la bonne route et continue mon chemin sans rencontrer âme qui vive. Je déjeune en compagnie de vaches paisibles et discutent avec un berger qui surveille ses moutons. Tout naturellement lorsque je lui dis d’où je viens, il me demande si j’ai rencontré le fou du buron. Au départ j’hésite, puis devant son air bon enfant j’opine de la tête, ne voulant pas m’étendre sur le sujet. Je suppose que nous parlons du même homme, toutefois j’ai quelques doutes en écoutant ses propos. Un homme affable me dit-il, ne faisant de mal à personne, mais sans que rien ne le présage il pique des colères et sors son fusil, une vieille pétoire datant de Mathusalem et qui ne tuerait même pas un lapin à un mètre. Donc lui dis-je si je comprends bien c’est la raison pour laquelle vous l’appelez le fou du buron. Il me regarde d’un air ahuri, aussi je n’insiste pas et le laisse courir après ses moutons, qui, pendant notre discussion, en ont profités pour prendre la poudre d’escampette. Bien mal lui a pris de faire un brin de causette. Après cette belle journée passée au grand air je retourne à Nasbinals comme tous les vacanciers du coin qui profitent de leurs vacances pour randonner.

A suivre…

Février 2025 copyright

Ombres sur le Causse

Les commères ( suite)

D’où venait-il et quelles étaient ces intentions en pénétrant dans leur paisible communauté ? Rosette avait trouvé qu’il donnait l’impression de porter sur ses épaules un passé trop lourd, douloureux. Après cette discussion en se retrouvant dans certaines demeures, nous entendions des rumeurs qui gonflèrent au fil du temps ; Les uns soupçonnaient des secrets inavoués qui le poussaient à errer de village en village fuyant sans cesse une destinée sombre et implacable. C’est lorsque la nuit revenait que les chuchotements s’amplifiaient, elles étaient le théâtre de conversations secrètes et de confidence nocturne, révélant peu à peu les blessures cachées et les espoirs brisés qui hantaient les âmes de chacun. Au printemps, nul ne le revit ; cet homme, est-il sorti du cerveau embrumé de notre doyenne, l’étranger s’est évanoui dans la nuit comme il est apparu quelques jours avant Noël. Mais le village y avait perdu à la fois ses illusions pour les uns et même d’autres ne croyaient plus notre doyenne.

Puis un matin nous avons retrouvé notre centenaire allongée dans l’herbe jaunie sur le Causse non loin du buron hanté comme tous nous l’appelions. Si nous avions su, nous n’aurions jamais pris cet événement à la légère.Il y avait bien un homme mystérieux qui se cachait dans cette maison aux toits de lauzes. Il semble en harmonie avec son environnement. Il est silencieux, presque immobile, et ses yeux brillent d’une lueur énigmatique. On dit qu’il possède une sagesse ancienne, qu’il a appris à écouter les murmures de la nature et à communier avec les esprits qui habitent ces lieux oubliés.Plus tard certains diront que c’était un ermite, pour d’autres un bandit de grands chemins, pour d’autres encore un sorcier, mais pour tous il est forcément pour quelque chose dans la mort de Rosette. En fait personne ne sait réellement qui il est. Pourquoi a-t-il choisi de se cacher dans cette maison délabrée.

Malgré cela, ceux qui ont eu la chance de le rencontrer ressentent un étrange sentiment de paix en sa présence, comme s’ils étaient temporairement protégés des tourments du monde extérieur.Ainsi, ce buron délabré en plein milieu de nulle part devient à la fois un lieu hostile et un havre de paix, où le mystère et la sérénité se côtoient dans une harmonie étrange et envoûtante.

A suivre

Copyright janvier 2025

Ombres sur le Causse

L’ETRANGER

Dans sa traversée du village, alors qu’il l’avait trouvé accueillant l’été, il a senti des regards dans son dos. Il lui semblait pourtant que le village était endormi. Lorsqu’il pénètre dans le buron, de suite il s’aperçoit qu’il a eu de la visite. Comme si un homme c’était installé dans sa maison. Il en est là de ses réflexions lorsqu’il entend un loup qui hurle dans la nuit. Un frisson lui parcourt le dos. Qui vient par là ?

C’est au moment où le loup hurle qu’apparaît à l’entrée du village un homme. Cet homme semble mystérieux. Il passe la fontaine où l’eau est figée depuis de nombreux jours Il marche d’un bon pas, il a une canne qui lui dépasse la tête, un chapeau noir attaché par une ficelle sous son menton. Heureusement, sinon le vent aurait vite fait de lui l’arracher tant il souffle fort. Il a une houppelande jetée sur ses épaules qui le protège de ce vent glacial. Combien de personnes ce jour-là l’ont croisé ? Sûrement peu.

Cependant la vieille Rosette qui est derrière sa fenêtre à toujours regarder ce qu’il se passe, l’a vu arriver. Il a éveillé sa curiosité et même de la méfiance. Il se dirige tout droit vers l’église, en a poussé le battant et elle ne l’a jamais vu ressortir. Pourtant si Rosette avait continué de regarder par sa fenêtre, elle aurait vu sortir de l’église un autre homme, habillé avec une longue parka noire, chaussée de bottes en fourrure, sur l’épaule un sac à dos et aux pieds des raquettes car la montée sur le Causse était difficile sans cet accessoire.

LES COMMERES

Le lendemain de ce jour, elle en a parlé avec une de ses voisines, rapidement les deux commères ont alertés les autres habitants du petit village, le seul bar encore ouvert pendant la saison hivernale a vu arriver grand nombre de villageois. C’est un lieu de rencontre où lors de soirées comme celle-ci Rosette, la châtelaine comme nous l’appelons vient nous conter des contes d’autrefois qui tour à tour nous font rire ou nous glace le sang.

Lorsqu’elle commence son récit nous croyons tous à une nouvelle histoire, mais petit à petit nous sommes attentifs, car cela ne semble pas une légende mais bien une histoire de nos temps modernes, cela s’est passé aux alentours du solstice d’hiver. Que faisait cet homme au cœur du village par une nuit glaciale ? Quant à Rosette elle ne revenait pas de sa cueillette de fleurs pour ses tisanes. Rosette est la doyenne du village et rebouteuse à ces heures perdues. Nous respections tous notre bientôt centenaire, elle a dû voir un homme passé, du reste le garagiste l’a aussi vu. Mais de là à nous parler de la chapelle d’Aurelle, elle se moque de nous, elle qui maudit le nom de dieu à toutes ces paroles, pourquoi cherche-t-elle à nous embarquer dans une histoire de sorcellerie. Surtout que le village de son enfance est bien trop loin. Rosette ne peut pas d’être rendu à Aurélie, c’est à deux heures de marche de notre village.

Ce qui fait dire au maire que notre châtelaine commence à radoter. Pourquoi être rentré dans une église et jamais ressorti. Au printemps il sera obligé à monter voir si.un homme est mort. A moins que cet homme soit un prêtre, sur le moment nous ne comprenons pas grand chose.

Notre Risette aime bien nous raconter des histoires extraordinaires, toutes plus mystérieuses les unes que les autres. Parfois les gens se serrent les uns contre les autres en tremblant, ou éclatent de rire selon ce que nous raconte Rosette. Tous ces contes ou histoires se sont déroulés au fil des siècles. Aussi cet homme arrivé dans le village, habillé comme elle nous l’a décrit va nous laisser un immense malaise. Il avait un visage sombre, des yeux brillants, le menton comme effacé ou raboté, Sa silhouettes se découpait dans l’obscurité, éclairé par une lune blafarde. Il était comme une ombre errante. Un spectre à entendre les uns et les autres. Que faisait–il dans une église délabrée ? Rosette se payait notre tête, c’était évident…

A suivre…

Copyright janvier 2025

Ombres sur le Causse

C’est à Nasbinals que se déroule mon histoire, son origine remonte au
Moyen-Âge. Beaucoup d’édifices sont en basalte et granit, ainsi que de
nombreuses maisons. Nous sommes au cœur de l’Aubrac. Haut lieu de l’aligot plat à base de fromages et de pommes de terre. Sur le Causse il y a encore quelques burons, maison typique de Lozère. Et nous y rencontrons ces belles vaches aux yeux maquillés à la belle robe marron clair. La vie y est rude mais les habitants aiment recevoir, ils offrent le gîte aux randonneurs de passage.

Mon histoire ne vous raconte pas l’histoire de la bête du Gévaudan, qui non loin de là a hanté ses lieux. Pourtant les hommes sont parfois des loups pour d’autres êtres humains.

LE BURON SUR LE CAUSSE

Dans un buron isolé au milieu de nulle part, un homme mystérieux se cache. Il est arrivé par une nuit d’hiver où la bise soufflait. Une nuit comme on en connaît encore, glaciale, la neige tombait en flocons serrés, et, rapidement marcher pour cet homme était devenu difficile voir même impossible. Avec des raquettes, sa progression n’aurait pas durée des heures. Devant lui se dressait une masse sombre. Il avait dépassé Nasbinals depuis fort longtemps mais ignorait à combien de kilomètres il se trouvait.

Deux jours plus tôt alors que le temps était sec il y avait déposé une caisse avec de nombreuses boîtes de conserves et autres nourritures pour pouvoir survivre avant que le printemps ne revienne. D’ici là il aviserait. Était-ce ce buron ou l’autre plus à gauche ? En ce moment il l’ignorait. il lui fallait se reposer. Il était plutôt mal en point. Ne pas traîner sous cette tempête de neige sinon il prendrait froid et sa mission serait largement compromise.

Lorsqu’il s’était rendu sur les lieux en été il avait constaté que personne ne l’occupait. Renseignements pris à la mairie on le lui avait cédé moyennant quelques milliers d’euro. Il y avait déposé une caisse à outils, une malle avec des livres, des lampes et tout un matériel pour du camping. Une autre caisse contenait ses vêtements et des couvertures chaudes. Bref tout ce dont on à besoin pour survivre quelques mois.

Les murs de la maison sont recouverts de végétation sauvage, les fenêtres sont brisées et la charpente semble fragile. Le vent souffle à travers les fissures, créant des sifflements fantomatiques qui résonnent dans tout le buron. À l’intérieur, la poussière recouvre les meubles de bric et de broc, les toiles d’araignée pendent des poutres du plafond.


Des ombres dansantes semblent se faufiler le long des murs, donnant l’impression que le bâtiment est habité par des esprits anciens. Pourtant, malgré l’apparence sinistre de l’extérieur et de l’intérieur, il y a quelque chose d’ apaisant dans ce lieu. La lumière du soleil deux jours plus tôt
filtrait à travers les trous dans le toit, créant des motifs lumineux sur le
sol poussiéreux.

Le chant des oiseaux et le murmure du vent à travers les arbres environnants parviennent à pénétrer la maison, créant une atmosphère presque magique.

Copyright janvier 2025 EvaJoe

A suivre….