Hum! Une famille tuyau de poêle !

Cécile et moi sommes assises au bord de la piscine, nous discutons des derniers événements, nous comprenons mieux la situation. Même Chantal en est pas revenu que le vieux avait un frère jumeau personne ne l’a su sur Béthune. Il a été éloigné de sa famille assez jeune puisqu’il est bien plus jeune que notre père adoptif. Avoir un père aussi jeune va permettre à Charles de faire pleins de projets d’avenir. Pour Père c’est déjà plus facile de voir qu’il n’y a pas que le vieux pervers dans les parages. A table il a commencé à parler de rentrer au Domaine. Et par la même occasion sans vouloir vexer Charles j’ai qu’un désir c’est rentré moi aussi. Mon chéri a téléphoné il va avoir une permission de quatre jours et apparemment je lui manque terriblement. Et dès qu’il connaît notre retour il va dire à son ami de Marseille de le rejoindre avec l’accord de Beau-papa.

  • Claire !

Je sursaute, je suis perdue dans mes pensées assez coquines je me l’avoue.

  • Que me veux-tu Annabelle ? Tu viens de me crier dans les oreilles, mon tympan en a pris un coup.
  • Arrête tu as toujours tendance à éxagerer

Médusée je regarde Annabelle , c’est la première fois qu’elle me tient pareils propos.

  • Mais qu’as-tu Soeurette ?
  • J’ai peur de m’ennuyer ici, je ne connais personne, en plus il va falloir que je donne une réception dès dimanche prochain et Papa vient de me dire que dès samedi vous rentrez sur Mâcon. Je vais être seule et ma grossesse me fatigue et j’en suis qu’au troisième mois, qu’est-ce que ça va être dans les prochains mois.
  • Tu n’auras pas grands choses à faire , à part jouer à l’épouse parfaite du fils d’Étienne de Bougainvilliers, je ne vois pas ce qui va te fatiguer plus qu’en ce moment.
  • C’est à la fois l’entrée de Charles aux Houillères de Béthune mais en plus ce sera son baptême en tant que l’héritier de Monsieur Etienne de Bougainvilliers. Toutes les huiles vont être là. Mon beau-père m’a dit plus de cent personnes.
  • Oh ! Je te laisse bien volontiers cette besogne – intervient Cécile-, pour les maris ou amants tu n’auras pas trop de fil à retordre, mais pour les femmes, il faut que ta tenue soit irréprochable. Du reste je te conseille de prendre deux robes. Il y a toujours des jalouses qui peuvent te renverser un verre de vin rouge. Et sois certaine qu’il y en aura. De plus notre grand-frère a un charme fou.
  • Ah nous voilà mal si les jalouses arrivent, elles seront bien reçu. Mais je ne pensais pas être obligé de recevoir tout le gratin de Béthune, tout au moins pas dès son entrée dans la haute sphère du Nord. Je ne peux pas trouver une couturière aux pieds levés.
  • Ne t’inquiètes pas, cet après-midi je devais retourner chercher des vêtements, je ne pense pas que chez tes parents Annabelle il y a mainte et mainte réception.
  • Non ce n’est pas l’habitude de la maison.
  • Et bien tu choisiras dans ma garde-robe les toilettes qui te font défaut. S’il faut te les retoucher je demanderais à ma couturière, elle ne refusera pas de t’aider.
  • Oh merci Cécile tu ne sais pas le poids que tu m’as ôté.

Et bien Cécile est d’une générosité immense cela me fait plaisir de le découvrir, ce n’est pas ma jumelle pour rien. Nous sommes vraiment identiques en tout point ce qui a fait dire à Charles l’autre jour :  » attention soeurette qu’elle ne joue pas les troubles-fêtes en te piquant ton chéri d’amour. »

J’ai failli lui envoyer à la tête une porcelaine de Chine que notre géniteur a dû rapporter d’un de ses voyages autour du Monde. Il paraît même selon Chantal que c’est un « Ming » et qu’il vaut une petite fortune. Je n’aime pas le bleu alors Ming ou Mangue je m’en contrefiche.

Plus que deux jours avant que nous repartions mais il y a un problème de taille. Il n’y a que Père qui conduit, ce dernier voulait descendre les deux voitures. Après longs palabres, Etienne le précieux papa de Charles a promis que dès que son cher fils aurait trouver ses marques il viendrait nous rendre visite. Il n’avait jamais vu des vendanges et cette année elles débuteraient entre fin août et début septembre. Il ramènerait la voiture et prendrait un taxi pour rentrer.

Charles n’en crû pas ses oreilles à l’annonce de son retour en taxi. Et bien il y en avait de l’argent chez les Bougainvilliers. A ce point c’était du délire. Plus de huit cent kilomètres en taxi il allait sentir passer la note. Même Pete s’en est mêlé en lui disant que les premières classes du « Corail  » étaient à la hauteur de sa particule. D’un revers de manche il a balaye la proposition, en ajoutant :

  • Je suis parti précipitamment de chez moi lorsque mon notaire m’a annoncé les évènements heureux. Je vais passer quelques jours dans ma villa une fois que je serais reparti de chez vous. J’en profiterais pour mettre de l’ordre dans mes affaires, en particulier mon travail et je rentrerais seconder mon fils. Vingt-cinq ans que j’attendais cette rencontre. Depuis que Jean m’avait annoncé la naissance de mon fils je ne rêvait que d’une chose c’était de pouvoir le serrer dans mes bras et surtout de le connaître. Enfin ce jour merveilleux est arrivé.
  • Je vous remercie Étienne et je comprend votre émotion. Charles a été un petit garçon très calme, travailleur et sérieux. La seule chose que je n’ai pas compris c’est qu’il est poursuivi des études d’ingénieur des Mines. Désormais je comprend il avait ça dans le sang.
  • Pourtant Charles m’a dit que les vignes allaient lui manquer, que ces dernières années il avait travaillé avec vous.
  • En effet car il n’avait pas réussi à intégrer un travail à la tête des Houillères de Montceau-les-Mines.
  • J’en connais la raison. C’est mon jumeau qui a dû lui mettre des bâtons dans les roues.
  • Êtes-vous certain qu’il connaissait son existence ?
  • Il suffit de lire ses notes pour en être convaincu. Sauf qu’il s’était attribué cette paternité. Pour les jeunes filles violées et les femmes , elles peuvent être certaines que je n’y suis pour rien. Dès mes treize ans je ne rêvais qu’à la mère de Charles. Et quitter cette maison était la seule issue. Hélas si je l’ai quitté c’est contre mon gré. Attacher dans une carriole, pieds et poings liés et jetés en pâture à une mégère qui pensait qu’à une chose que je devienne proxénète dans les bas fonds de Paris.
  • Oh !

C’est sur un cri d’horreur que c’est terminé la longue tirade d’Étienne le jumeau d’Artémis.

A suivre …

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque notre oncle a vu le petit carnet rouge, que Charles avait remis dans le coffre, il est devenu blème comme si c’était lui qui était le coupable. Charles lui a dit qu’il était juste un témoin dans l’affaire qui le confronte à son frère mais en aucun cas il lui en tenait rigueur.

Ce pauvre oncle lui a dit avec du recul craint que ce coffre ne dévoile ce que lui avait fait au cours de la dernière décennie. Mais il ne s’était pas étendu sur le sujet. Il a seulement affirmé à notre frère qu’il n’avait pas d’enfants nés hors mariage. Il ne s’était jamais marié.

  • Qu’as-dis notre oncle ?
  • Cette branche allait s’éteindre sauf…
  • Acheve ta pensée Soeurette m’a crié Annabelle
  • Qui peut me dire s’il voit une différence entre le vieux ou notre oncle.
  • Oh mon Dieu ! Mais tu es folle Claire
  • Mais quoi Père vous n’y avez pas songé.

Il fallut se rendre à l’évidence. Qui pouvait prétendre que les jumeaux ne se ressemblaient pas. ? Qui pouvait affirmer que Chantal ou notre mère avait eu pour violeur les deux frères ou l’un ou l’autre. Et même pire les deux sur une même journée. Personne ! Sauf bien entendu les deux intéressés. Des jumeaux avaient eu des jumelles. Pourtant Annabelle nous disait que c’était rare la gémellité entre un père et sa fille. Souvent cela sautait une génération. Eh les humains ne sont pas des chattes qui peuvent mettre bât les bébés de plusieurs pères. Donc…

Charles a décidé de passer à l’acte après avoir consulté le carnet rouge qui faisait tant peur à l’oncle. Et pour cause, tour à tour vers leurs quinze ans les jumeaux, père et oncle s’amusaient à se piquer leur conquête jusqu’au jour où l’une d’elle accompagné de son père était venu affronter le père des jumeaux. Il demandait réparation pour sa fille âgée d’à peine quatorze ans. Les deux jeunes Monsieur l’avaient tour à tour violenté et la petite attendait un enfant. Mais le Grand-père ne s’était pas laissé conté fleurette il avait demandé à la jeune fille si elle n’avait pas remarqué une différence entre ses deux amoureux. Car oh surprise un des jumeaux avait sur la verge un grain de beauté. Si les deux s’étaient occupés d’elle, elle aurait pu déterminer lequel l’avait déshonoré. Elle se souvenait qu’il n’avait rien , bien que la première fois elle n’avait pas vu grand chose, mais elle a toujours reconnu Artémis à l’odeur de ses cheveux. Arthur portait les cheveux très courts, alors que son jumeau se les gominait avec du pétrolhane car il a une mèche rebelle sur le front.

Alors que Charles nous racontait cette découverte dans le carnet rouge, notre oncle s’était dissimulé dans l’ anfractuosité de la bibliothèque en noyer massif. Et Chantal qui passait par là, l’avait houspillé. Tout honteux il était sorti de sa cachette. Chantal avait elle aussi entendu et elle nous affirma qu’elle connaissait ce détail et pour ce qui l’a concernait c’était bien Artémis qui l’avait violé. Lui n’avait pas de grain de beauté mal placé ou bien placé selon la suite des évènements. Et cette odeur caractéristique qui émanait de lui, elle s’en souvenait tout le temps. Jamais son mari, aujourd’hui décédé avait pu en mettre car cela lui donnait la nausée.

L’oncle était cramoisi, voilà qu’il risquait lui aussi l’emprisonnement surtout si ses neveux et nièces communiquaient au juge ou à leur avocat ce détail bien compromettant.

Annabelle qui était bien silencieuse dit d’une petite voix :

  • Toi aussi mon amour tu l’as le grain de beauté.
  • Tu ne vas tout de même pas exposer mon anatomie devant mes sœurs.

Et soudain, il regarde l’oncle et lui dit :

  • C’est vous que ma mère aimait.
  • Oui, c’était la femme de ma vie, mais mon père l’a banni hors de notre maison car son grand-père avait affronté notre grand-père lors des grèves. Et pour lui c’était contre nature qu’un  » De Bougainvilliers  » puisse s’abaisser à épouser une fille du peuple. Nous avions toutefois Artémis et moi joués avec votre mère et ses frères car votre Grand-mère était à notre service depuis des générations et mon grand-père aimait bien pour Noël donné quelques pièces à votre mère et vos oncles. J’ai rencontré votre père spirituel Jean lors d’un bal ou votre mère m’avait demandé de l’accompagner, elle savait qu’elle attendait un enfant de moi. C’est votre père qui avait trouvé une cabane pour que nous puissions nous cacher en attendant que les battues s’arrêtent car j’avais décidé de fuir cette famille qui m’empêchait d’aimer la femme avec qui je voulais vivre. Et il fallait que je rencontre Jean. J’ai du reste bien fait.
  • Qu’est-il arrivé ? Avez-vous réussi dans un premier temps à vivre avec notre mère et moi.
  • Helas non, Artémis avait surpris notre conversation et avait été le redire à notre père.
  • Et ?
  • Lorsque je suis arrivé à la cabane il y avait sur les lieux que votre père Jean, ma promise avait été emmené en pension jusqu’à la fin de sa grossesse. Mon père avait passé un contrat avec votre père, il épouserait votre mère et élèverait l’enfant comme si c’était le sien. Ce qui l’avait promis, sinon l’enfant serait déposé à la porte de l’église et recueilli par les religieuses.
  • Je comprend beaucoup de choses. Et mes sœurs
  • Les jumelles !
  • Oui de qui d’autres voulez-vous parler ?
  • Pardon Charles, vous comprenez maintenant pourquoi je suis là. Vous êtes mon unique enfant, c’est la seule raison qui m’a fait revenir sur la terre de mes ancêtres. Mon père m’a empêché de voir ma mère lorsqu’elle est morte de chagrin. Tant qu’Artemis était le maître le plus puissant et que mon père était encore de ce monde je n’avais pas le droit de revenir à Béthune. Aujourd’hui mon jumeau est en prison. Et je veux vous aider Charles
  • Vous pensiez m’en informer quand donc que j’étais votre fils.
  • J’attendais le bon moment mais je savais que cela n’allait pas tarder.
  • Notre père spirituel comme vous dîtes n’a jamais eu d’enfants avec notre mère
  • Votre Maman avant la naissance de vos soeurs a fait trois fausses couches. Avec votre père j’avais espéré qu’elle serait protégé des griffes de mon frère, hélas les jumelles sont là et je sais qu’il a prise votre mère de force il me l’avait écrit.
  • Avez-vous gardé ce courrier ?
  • Oui je l’ai, mais c’est à vos demi-soeurs de déposer plainte. Et je donnerais à votre avocat la lettre d’Artémis.

A suivre…

Hum! Une famille tuyau de poêle !

Enfin nous voici à la banque, Monsieur le Directeur en personne est venu à notre rencontre. A croire que je sens « les Bougainvilliers » car cet homme s’est incliné devant moi , obséquieux et m’a dit

  • Je vois que le jeune Monsieur est le digne fils de Monsieur votre frère, il ressemble comme deux gouttes d’eau à feu Monsieur André de Bougainvilliers si tôt disparu. C’est vraiment son portrait craché. A croire qu’il est le fils d’André et non de votre jumeau. Mais il n’est plus là pour nous le dire.
  • Comment ? Que dites-vous , je serais le fils de Monsieur André, c’est normal que je lui ressemble puisqu’il est mon frère. Mais de là à penser que je sois son fils c’est faire injure à mon père qui va me reconnaître.
  • Je vous prie de m’excuser, j’ignorais que Monsieur De Bougainvilliers vous avait reconnu.

J’esquive ma réponse car je n’en sais rien, je l’espère car j’aimerais empocher son argent, surtout que j’ai d’immenses projets pour le faire fructifier.

Nous voici dans la salle des coffres, il y a des tonnes de coffres, j’en ai jamais vu autant, quoique je devrais dire je n’en n’ai jamais vu la couleur d’un seul. Le banquier ouvre une porte blindée précise-t-il, il sort un tiroir fermé avec nos deux clefs. Ensemble nous introduisons la clef jaune dans la serrure A et ma clef blanche dans la serrure B. Maintenant tout va se compliquer je dois tourner la clef dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Et mon oncle dans le même sens. Lorsque le déclic se fera entendre nous devons retirer nos clefs assez rapidement pour éviter qu’une reste coincée.

Tout s’est déroulé à la perfection. Nous avons découvert la clef du coffre du bureau de notre géniteur ainsi que le code pour ouvrir ce même coffre. Il y a des reconnaissances de dettes, plus de deux cent. Des extraits de naissances et tant d’autres papiers. Je prends la malette qu’Oncle m’a fait emporter et je prends le maximum de documents.

Le coffre désormais est vide, j’ai pris tout l’argent qui s’y trouvait sous l’oeil réprobateur de l’Oncle. Mais j’en ai besoin. Il me faut une voiture car je laisse la mienne à Annabelle. Ce soir je regarderais tous ses papiers et j’espère trouver le livret de famille de Maman. Il me faut des papiers officiels, surtout que je suis dans l’obligation de le faire fabriquer une carte d’identité à mon nouveau nom.

De retour dans la demeure des De Bougainvilliers je raconte ce que j’ai découvert ainsi que la réflexion du banquier. Père dit :

  • j’irai dès demain interroger votre mère adoptive Cécile, car je trouve que l’on nage en plein mélodrame. Elle sera bien au courant des faits et gestes de son cher mari.
  • Mais Papa est mort cela fait à peine cinq ans. J’avais quinze ans je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui. Laissez cette pauvre femme à son chagrin sans en rajouter une couche.
  • Mais Mademoiselle, Charles a besoin de le savoir.
  • Oui je comprends et bien faites comme bon vous semble.

Nous terminons la soirée et Annabelle et moi montons nous coucher assez tôt. Je sens ma petite femme toute émoustillée. Je n’ai vraiment pas envie ce soir de lui donner ce qu’elle veut. D’habitude ne dit-on pas que ce sont les femmes qui parlent d’une migraine, ce soir je jouerais au malade.

Je n’ai ni eu besoin de jouer au malade , ni de faire mon devoir conjugal. Nous attendons un bébé. Ma douce et tendre Annabelle est enceinte. Nous avons discuté toute la soirée de ce bébé qui arrivait comme une promesse d’avenir. Nous avons même fait des pronostics, nous espérons que ce sera une fille car si le nom que dorénavant je porterais à l’avenir lui pesait. En se mariant elle le perdrait. Ce que m’a fait remarquer fort judicieusement ma précieuse femme, ai-je vraiment envie de m’appeler de Bougainvilliers. Vu sous cet angle et compte tenu de ce que j’apprenais me fait monter aux lèvres un dégoût qui, au petit matin était encore là.

L’oncle est revenu à la charge ce matin’pour me pousser à mettre l’argent dans le coffre et pour ouvrir le coffre fort du bureau du vieux. Ce que je ne lui ai pas dit c’est qu’hier au soir j’avais déjà mis la main sur un testament, testament était un bien grand mot, c’était certes ce qui pouvait s’y apparenter. En fait c’était des mots jetés à la hâte sur un carnet pour était il noté dans la marge le refaire en bonne et dû forme.

Surprise, le vieux était un véritable « sal… » Car il connaissait notre existence depuis notre naissance. Il y avait un petit carnet où était noté le nom des mères et leurs enfants. Il y avait pas moins de cinq femmes dont ma cousine Chantal et bien entendu notre mère figurait en tête . Chantal hier lorsque j’avais lu son nom, je lui avait fait discrètement signe. Les bras lui en étaient tombés, elle qui se croyait à l’abri du vieux grigou, elle apprenait que son accouchement clandestin était connu du vieux. Heureusement qu’il est en tôle en avait-elle conclu. Comme je la comprenais. La seule chose qui l’ignorait c’était la naissance des jumelles. Quant à moi j’étais le second de ses enfants après André le soi-disant père de Cécile. En fait je m’étais aperçu que sur ce carnet ne figurait que les garçons…

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Charles se prépare à rencontrer à la prison notre vieux comme il l’appelle désormais. Il s’est rendu accompagné de son frère, notre oncle , dans les bureaux de la mine, mais hélas, la secrétaire ne leur a pas été d’un grand secours, la porte était fermée à clefs et, personne n’en avait un double. L’oncle s’étant opposé à ce que Charles l’ouvre d’un coup d’épaule comme il s’apprêtait à le faire, il avait bien fallu aller voir notre géniteur

Nous ! Sûrement pas mais notre frère a dû s’obliger à aller voir notre père de sang. Il a accepté de rencontrer Charles. Il voulait lui faire une accolade mais le frangin a reculé comme notre oncle nous l’a raconté. Puis un dialogue de sourd a commenté.

  • Que me vaut ta visite mon cher ?
  • Monsieur
  • Je ne vois pas de Monsieur, je suis ton père que tu sois d’accord ou non, mon sang coule dans tes veines
  • Monsieur mon père
  • Si tu penses que je vais répondre à tes questions en le prenant de haut crois moi tu vas être déçu. C’est donc si difficile de me dire Papa.
  • Mais Monsss, enfin père
  • Non … Papa dis-le bon sang de bois, ose me le dire, toi qui prends ma place à la mine. Donne moi du Monsieur encore une fois et la discussion sera close.

Un grand silence, Charles nous dira après qu’il s’est mis à trembler intérieurement, puis il s’est ressaisi et a finalement articulé contre son envie de le dire les mots que l’autre attendait

  • Papa je suis venu vous demander de me dire où vous avez mis les clefs de votre bureau, si vous voulez que je fasse tourner la mine il faut que j’ai accès à tout.
  • Alors ça t’a écorché la bouche que de me dire ce mot  » Papa » hein dis-moi un peu si tu saignes des gencives.
  • Non
  • Non qui
  • Non papa ça va
  • Bon tu trouveras mes clefs dans mon coffre
  • Votre coffre se trouve où
  • Dans ma chambre
  • Y-a-t-il une combinaison
  • Oui
  • Pouvez-vous me l’a donner

A cet instant notre géniteur s’est levé et il.lui a dit :

  • Puisque tu es ingénieur des Mines débrouille toi et fais marcher ton cerveau…

Charles s’est retrouvé seul sans avoir la clef du coffre. Et surtout sans rien savoir des affaires courantes. Ils sont rentrés bredouille. Charles était blème et en colère. Le vieux de Bougainvilliers l’avait pris pour un moins que rien. Il allait leur donner du fil à retordre. La poche du vieux recelait des découvertes insoupçonnées.

Tout d’abord dans la poche gauche en haut, il y avait une enveloppe avec une liasse de billets et pas des petites coupures mais des grosses de cinq cent francs. En tout une vingtaine de billets. On ne savait même pas à quoi était destiné cet argent. Ensuite il y avait la clef d’une porte de cadenas, puis la clef très spéciale du coffre. Tout ceci dans les deux poches de son pantalon. Et dans une poche intérieure il y avait une autre clef ce qui a fait dire à notre oncle que c’était celle de la Caisse D’Epargne vu que lui avait l’autre. Car il fallait deux clefs pour ouvrir ce coffre. Mais cela faisait plus de vingt ans qu’il n’avait pas été convié par le banquier a l’ouvrir.

Aussi avant de chercher la combinaison du coffre de la chambre , le jumeau de notre géniteur à pris rendez-vous avec la banque pour voir si le coffre ne pouvait pas par un extrême hasard contenir la combinaison du coffre. Ils avaient eu de la chance le banquier pouvait les recevoir en fin d’après-midi. Mais est-ce que Charles allait pouvoir accéder au coffre. Bien sûr qu’il avait la clef, mais le banquier accepterait-il de le laisser entrer dans la salle des coffres. On le saurait d’ici deux heures.

D’ici là nous avons flâner dans le jardin et surtout piqué une tête dans la piscine des « De Bougainvilliers ». Vers dix-sept heures, notre frère est parti en direction du Centre ville, accompagné de l’oncle et nous avons attendu leur retour.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Charles s’est absenté longuement. A son retour un large sourire s’exprimait sur son visage. L’après-midi en compagnie du frère de notre géniteur s’était passé aussi agréable que studieuse. Ce vieux Monsieur était ravi de faire la connaissance de son neveu et demain de ses nièces. Même Annabelle, la pièce rapportée, comme elle disait était convié à le retrouver à l’Auberge du cheval blanc dans Béthune, restaurant fort réputé pour la région selon Chantal.

Ils s’étaient rendu dans deux puits de mine différent. Charles et Thibault de Bougainvilliers avaient aussi rencontré les porions . Charles en bombant le torse nous avait dit avoir cloué le bec à un des porions qui voyaient d’un sale oeil la main mise de Charles qui allait leur donner du fil à retordre.

un énième beboulement avait eu lieu mettant à mal un de leurs meilleurs filons. Aussi Charles qui avait d’une part discuté avec les frères de notre premier papa savait que les mines s’éboulaient souvent sans que rien ni personne n’y trouve a redire. Il avait donc suggéré à notre nouvel oncle et aux deux porions une méthode efficace déjà mis en place dans les mines de Pays de l’Est.

Dorénavant vous exécuterez mes ordres leur avait-il annoncé.

  • Dans la mine après avoir retiré le charbon vous le remplacerer par des cailloux pour éviter les éboulements et les affaissements du terrain.

Père est médusé d’entendre Charles expliquer la manière dont il voulait que dorénavant les Mines ne soient pas un lieu où les coups de grisou enlèvent des jeunes gens dans la force de l’âge. Cette année où il va prendre son poste il veut zéro coup de grisou. Il s’y engage personnellement.

Dès la prise de poste de l’après-midi un bruit se fait entendre dans les galeries à la pause les Maîtres porions annoncent les nouveautés mis en place par le jeune Monsieur de Bougainvilliers. Ils en sont abasourdis et n’en reviennent pas.. Il va révolutionner leur monde. Et il va même plus loin. Il veut une équipe spéciale qui travaillera une fois l’extraction du charbon effectué. Si ce n’est que la nuit il n’y aura qu’une équipe de nuit, elle effectuera le remblayage. L’extraction du charbon se fera le jour. Il invente pour ses mineurs la polyvalence. Lorsque le père de Chantal annonce ces mesures, ce sont une centaine de bérets qui sont jeté en l’air sous des Hourra pour le jeune Monsieur. Il est littéralement acclamé. Jamais le vieux ou son petit fils aurait eu l’intelligence de procéder ainsi ( veridique, ce procédé c’est l’organisation du travail selon Taylor).

Quand Chantal lui rapporte ce qu’il s’est passé à la mine en son absence, Charles décide immédiatement d’aller à la rencontre de l’équipe de notre oncle du côté de notre mère. Ni une ni deux le voilà partie, il n’averti pas notre oncle de Bougainvilliers. Après tout ce sont bien ces mesures qui ont été acclamé. Il ne se fait guère d’illusions et se doute qu’à la moindre erreur sa notoriété sera mis à mal. Mais pour l’instant tout se passe bien.

Le reste de la journée s’était passé à se balader dans le jardin magnifique qui abritait depuis des générations la famille de Bougainvilliers. Le soir nous avions invités notre oncle pour le remercier de son déjeuner au Cheval Blanc. Il est arrivé fort élégant. Une veste qu’il tenait négligemment sur l’épaule car il y avait à 20 h encore plus de vingt-cinq degrés. En dessous une chemise blanche à manche longue, un pantalon noir et des chaussures vernies noires. Une cravate couleur moutarde. Père était très décontracté, certes il avait un pantalon et non un short comme Charles , avant qu’il s’sperçoive que nous ses soeurs avions revêtus de belles robes de soirée. Il ne se fit pas prier, il remonte les marches et revient avec un ensemble en toile beige et une jolie cravate vieux rose assorti à la robe de sa femme. Mère avait la migraine elle n’a pas assisté au repas.

A suivre…