Une rencontre inattendue (33)

Nous prenons tout notre temps pour redescendre. Il faut bien les faire attendre. Quel est donc cet ultimatum qui ferait que nous devions les rejoindre tout affaire cessante. Car en descendant nous apprenons de la bouche de Nicolas que c’est le vieux pervers qui a demandé que nous soyons tous là.

Nous prendrait-il pour des demeurés? De quelles annonces pourraient-ils bien être le détenteur. Qu’il a perdu ses filles alors que jusqu’à ce jour il voulait s’en débarrasser.

Nicolas est formel il va se comporter en Seigneur sans être consterné pour nous jouer la comédie d’un père affligé sous prétexte que sa fille s’est évaporée dans la nature.

Mais lorsque nous arrivons dans la bibliothèque, le Majordome empêche Nicolas d’entrer. Il véhémente mais rien n’y fait il n’a pas demandé ma main officiellement et tant que la cérémonie n’a pas eu lieu il n’a pas besoin d’être présent.

Il ne veut pas que je me jette dans la gueule du loup. Je lui dit que mes parents adoptifs me protégeaient de la vindicte de Monsieur mon géniteur. Par contre ce que je ne dis pas à Nicolas c’est que j’ai peur de l’affronter. Je dois me ressaisir et ne rien laisser paraître.

Lorsque nous entrons dans la bibliothèque il y a mon frère, mes parents, Monsieur de Bougainvilliers nous tourne le dos il regarde par la fenêtre . Dans un fauteuil je vois enfin de très près celui qui est mon neveu. Enfin pour moi il n’est rien. Il arbore un sourire ironique, il doit ruminer un sale tour.

  • Bon nous voici au grand complet, Nicolas le fiancé de ma fille a accompagné son ami et collègue Stéphane à Macon afin qu’il puisse prendre son train pour se présenter sur Marseille à son poste d’officier dès demain. Quant à notre futur gendre il ne rejoindra le commissariat que demain.

Je suis étonné que mon père raconte ça à deux étrangers qui se sont comporté à la fois comme des goujats et des assassins. Où alors c’est pour les informer qu’ils sont en lien étroit avec la police.

Mais je n’ai pas le temps pour la réflexion car à peine mon père a-t-il terminé que mon géniteur se précipite à nouveau vers moi et me secoue en me disant:

 » Osez répéter devant tout le monde que vous n’êtes pas Marie-Cécile « 

  • Je m’appelais il y a 20 ans Claire Meignière, j’ai été pratiquement adoptée par Monsieur et Madame De La Roche Vineuse, et je viens d’apprendre que j’étais en réalité votre fille par les liens du sang et que vous aviez décidés que je devais disparaître afin de donner toute votre fortune à mon neveu seul descendant à vos yeux du seul fils qu’il vous reste. Or vous ignorez que vous aviez un autre fils, et, non vous n’étiez pas au courant. Ce fils de votre vivant vous ne saurez jamais qui il est.

Le vieux vacille et se retient in-extremis au bureau de mon père adoptif. Il se tient le coeur, il faudra qu’ Annabelle et moi-même lui donnions les premiers soins. Il n’ a qu’à mourir, nous en serons débarrassé. Titouan son héritier se lève et lui dit :

  • Grand-père si vous m’aviez laissé vous parler vous ne seriez pas exsangue et complètement fou, oui vous devez bouillir intérieurement à l’idée de partager votre fortune. Je savais que j’avais un autre frère, après Claire il y avait.
  • Taisez-vous, n’en dites pas plus. Vous pouvez en faire ce que vous voulez de l’argent sale que vous avez en votre possession. Je préfère être fille de mineur que celle d’un salaud.

Moi, Claire j’ai réussi à lui parler et à lui dire ce qu’il méritait d’entendre. Mais je n’avais pas fini il fallait que tout le monde sache de quoi il était capable jusqu’où il avait osé aller. Mais auparavant j’allais à la porte et laissait entrer Marie -Cécile.

En descendant de nos chambres j’avais été convaincu par Nicolas qu’il était préférable que Marie-Cécile assiste à ce grand déballage. Elle serait protégé par mon père adoptif. Je voyais bien qu’elle n’en menait pas large mais je lui serrais la main en lui disant :

  • Je suis là n’ai pas peur
  • Ton fiancé m’a dit que je n’avais rien à craindre.

Le vieux est pétrifié en nous voyant entré toutes les deux. Je pense que mes parents n’en sont pas moins surpris . Nous sommes deux gouttes d’eau et notre géniteur en écume de rage. Marie-Cecile me regarde et s’avance vers le vieux en gardant une distance respectable. Et lorsqu’elle va pour parler il lui coupe la parole en lui disant:

  • Hors de ma vue mauvaise fille
  • Oh ! Un cri, un seul s’échappe de la bouche de père et de mère.

Charles le Majordome qui apporte une collation en laisse tomber le service à thé de Maman. Tout s’éparpille sur le sol et mon neveu en est même éclaboussé. Le thé ne lui a pas occasionné une brûlure énorme et pourtant il geint en se tenant le bras. Il ferait diversion qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

C’est Papa qui intervient et n disant :

  • Cette mascarade a assez duré, nous vous écoutons Marie-Cécile, quant à vous Monsieur, sortez avec Annabelle la fille elle va vous soignez, vous semblez un tantinet moins en capacité de faire le petit caïd comme vous m’êtes apparu il y a deux jours planqué dans la cadole qui est au coeur de ma vigne. Ne vous inquiétez pas elle ne va pas vous tuer comme vous l’avez fait il y aura bientôt trois semaines.

Titouan ne demande pas son reste, il sort groggy par les mots de mon père. Il ignore que de l’autre côté de la porte se trouve Nicolas et Stéphane qui vont veiller sur Annabelle. Ce vaurien malgré sa particule est prêt à tout.

Nous vous écoutons Marie-Cecile, par contre si vous voulez que ma femme et moi nous partions. Mais Annabelle bien que courageuse préfère que les parents restent. Elle le leur dit.

  • Vous pouvez rester ce que je vais dire vous concerne aussi.
  • Alors nous vous écoutons
  • Non, cela ne m’intéresse pas moi.
  • Monsieur vous n’êtes pas en état de discuter, je suis chez moi et j’accueille cette jeune fille car je pense que les révélations qu’elle va nous faire ne vont pas vous être favorable vu les échos que je viens d’avoir de sa mère.

Le vieux devient pâle, il s’assoit et se tait

  • Je suis née le même jour que Claire, dans une maison bourgeoise de Bethune. Ma mère était la fille d’un riche industriel qui travaillait en étroite collaboration avec ce Monsieur. Mon père était le fils aîné de celui que j’appelais grand-père. Ses deux autres frères étaient encore vivant au moment de ma naissance. J’avais un frère de 7 ans mon aîné. Un jour alors que j’allais avoir douze ans et lui dix neuf, j’étais dans le jardin, il ne m’avait pas vu, il disait à un de ses amis celle que je considérais être ma sœur en réalité ma mère a fauté avec un vieux. Quand elle sera pubère tu pourras te la faire. Ce jour-là je n’ai pas vraiment compris ce qu’il disait. Quelques temps après j’ai entendu mon père se disputer avec ma mère vêt il lui disait  » ce n’est pas ta faute, ce vieux pervers ne compte plus ses conquêtes, et à ce moment ma mère s’est mise à hurler , je crois que son cri et ce qu’il s’est passé ensuite resonneront dans ma tête toute ma vie.

A ce moment de son récit Marie-Cécile s’est arrêtée, terrassée par les sanglots. Elle revoyait la scène et vu qu’elle me l’avait raconté j’en comprenais d’autant mieux la difficulté qu’elle avait à nous en faire part. Aussi j’intervenais.

  • Veux-tu que je continue
  • Non je m’excuse auprès de tes parents mais c’est comme si c’était hier et les conséquences de l’aveu de maman ont été horribles.
  • Prenez un peu de thé, certaines tasses n’ont pas subi de dégâts.

Maman a le don d’intervenir comme un papillon et de ramener tout le monde au calme.

  • Merci
  • Ne vous inquiétez pas, continuez nous sommes avec vous de tout cœur.
  • Je continue, ma mère était en colère et rapidement j’en ai compris la raison, je venais juste d’avoir quinze ans, elle s’est agrippé à mon père en lui disant  » comment osez-vous mon Amour de dire que j’étais une conquête de votre père. Je vous avait pourtant dit que votre père était le pire des salauds. Il m’a violé vous entendez violé. Je ne suis pas une de ses conquêtes. Il m’a rejoint lorsque je sortais de chez votre sœur que vous n’avez point défendu vu qu’il fallait tous que nous soyons corvéable à souhait pour le Maître des charbonnages. Le soir lorsque vous êtes revenu de votre bureau votre père vous a annoncé que Cécile était parti pour s’engager. Alors que quelques heures plus tard il l’a fait enfermé dans un hôpital psychiatrique. C’est à ce moment que mon père s’est effondré victime d’une crise cardiaque. Une fois mon père enterré je n’ai rien dit à ma mère par contre je me suis rendue chez lui. Et je lui ai dit qu’il était mon père. Il m’a ri au nez en me disant si c’est ta mère qui t’ a raconté ça et bien c’est faux. Je lui ai dit non c’est moi qui l’ai entendu avant que Papa ai sa crise cardiaque. La seule réponse qu’il’a eu ce fut  » quel imbécile mourir alors que j’avais sauté sa femme ».

À suivre ( oui je sais je devais terminer mais je ne m’étais pas aperçu que c’était fort long)

Une rencontre inattendue (31)

Marie-Cecile entendant le juron de Stéphane fut saisi d’une panique incontrôlable en découvrant la voiture de son géniteur. Il était forcément là pour la ramener. Aussi Stéphane pris la décision de l’emmener hors du Domaine pour qu’elle se calme.

Nicolas et Claire était trop près pour faire demi-tour, puis il pouvait ignorer que le  » vieux » recherchait Marie-Cécile, sinon quelle serait la raison de sa venue. Et surtout comment pouvait-il savoir qu’ils avaient rencontrer sa fille. Aussi c’est bras dessus bras dessous qu’ils montent les escaliers. Et, c’est à ce moment que la porte s’ouvre à la volée et que Monsieur De Bougainvilliers se jette comme un malade sur Claire. Il l’a secoue et lui hurle aux oreilles :

  • Comment avez-vous osé laisser votre mère dans l’angoisse et partir avec un inconnu. Fille de mauvaise vie, ingrate, je me retiens de vous flanquer une fessée magistrale. Suivez-moi…

C’est à ce moment que Nicolas intervient en lui disant :

  • Claire est ma fiancée ôtez vos sales pattes de son bras et qui que vous soyez pour mon futur beau-père taisez-vous et je suis poli.
  • Mais mais…
  • Mais quoi ? Il n’y a rien à redire disparaissez avant que je vous provoque en duel.
  • Mais vous n’êtes pas Marie-Cécile
  • Je ne connais pas de Marie-Cécile, et puis je vais me plaindre à mon père. Vos ongles m’ont blessé.

Le vieux semblait abasourdis, elle ressemblait à sa fille et pourtant ce n’était pas elle, c’était plus le même regard qu’elles avaient toutes les deux . Le regard du vieux, des yeux de la même couleur d’un bleu vert assez particulier. C’est ce que pensait Stéphane. Puis c’était flagrant.

C’est à ce moment que Monsieur De La Roche Vineuse arrive en voiture et découvre une scène hors du temps. Il a son costume de ville et par la fenêtre de sa traction j’entrevois un jeune homme qui a des allures de Marie-Cécile. Serait-ce son frère ? Il a des cheveux blonds coupés très court, il descend de la voiture et se précipite vers son grand-père.

  • Pépé pourquoi êtes-vous là ?
  • Il paraît que vous vous êtes comportés comme ces voyous de mineurs. Je vous ai jamais dit de détruire le travail de Monsieur. Juste de le rencontrer et d’expliquer votre recherche. Montez dans ma voiture et j’aviserais pour votre punition.
  • Grand-père j’ai …
  • Taisez-vous je ne veux rien entendre de plus.

Le frère de Marie-Cécile va pour monter dans la traction de son aïeul lorsqu’il entend le père de Claire lui intimer l’ordre de rester sur place car il n’est pas question qu’il reparte sans s’acquitter du manque à gagner qu’il vient de subir.

Claire une fois remise de ses émotions se demandent comment tout cela va se terminer lorsqu’elle voit arriver Marc et Stéphane sans Marie-Cécile. Ouf elle a dû rester dans la voiture à moins que Marc l’est emmené dans la cadole où elle aura pu s’allonger. En attendant elle préfère s’éloigner et rejoindre sa mère qu’elle retrouve en pleur.

  • Petite Mère pourquoi pleurez-vous ? Qui vous a blessé. Et où est Annabelle ?
  • Annabelle est dans sa chambre quand ce fou furieux s’est jeté sur elle je me suis interposée mais il a une force incroyable pour son âge il m’a repoussé et je me suis tapée la tête à l’angle de la commode. J’ai dû m’évanouir car ce sont les hurlements terrifiés de ma fille qui m’ont remis l’esprit en forme.
  • Pourquoi ma sœur hurlait
  • Ce fou la tapait avec le pommeau de sa canne sur le corps, et il l’aurait tué si notre Majordome attiré par les cris de ta sœur n’était pas intervenu.
  • C’est la raison pour laquelle il s’en allait.
  • Oui, mais les gendarmes ne devraient pas tarder Charles vient de les appeler.
  • Papa est aussi de retour
  • Et l’autre ? Est-il parti ?
  • Non, il s’en est pris à moi.
  • Pourquoi
  • Je t’expliquerais mais c’est une longue histoire. Pour l’instant je vais voir Annabelle et lui annoncer que son chéri est de retour.

Pendant que Claire monte quatre à quatre les marches qui mènent aux chambres elle entend les cris du vieux et ceux de son père adoptif.

Dehors il se passe une scène qui aurait fait pâlir le plus aguerris des gendarmes de notre Pays. Une course poursuite avait lieu dans les parcelles de vignes. Devant il y avait le fils Bougainvilliers, le seul fils de la mère de Marie-Cécile, il était poursuivi par Nicolas et Stéphane, pendant que Marc mon frère et notre père adoptif le prenait à contresens. Pendant ce temps Monsieur notre géniteur était assis au côté de son chauffeur et fumait des cigarettes.

C’est le cri d’Annabelle qui a stoppé l’ensemble des protagonistes et a mis fin à cette fuite en avant. Elle était au balcon de sa chambre pâle comme une morte. Claire la retenait par le bras tant elle avait peur qu’elle se jette en bas.

  • Qu’as-tu Annabelle ? Pourquoi es-tu dans cet état ? Tremblante, hagarde ayant vu comme le diable.
  • C’est lui ?
  • Qui ton amour ?
  • Non lui qui m’a…
  • Réponds-moi je t’en supplie
  • Je ne peux pas te le dire soeurette

Je la regarde et de suite je comprends, il est comme son grand-père un être vil, il a dû violer Annabelle. Sinon pourquoi tremble-t-elle ainsi ? Heureusement qu’elle a perdu le bébé. Mais pourquoi vouloir le garder. J’hésite à lui dire que j’ai compris. Puis finalement je prend le parti de me taire. Tant pis si elle me prend pour une oie blanche.

Elle me regarde et devient rouge comme un coquelicot. Aurais-je mal compris ? Elle a succombé à son air de jeune premier du cinéma. Et c’est délibérément qu’elle s’est trouvé enceinte. Alors pourquoi se mettre dans un état pareil. A moins que le vieux l’est humilié. Du reste pourquoi est-il vraiment ici. Pour les méchancetés de son petit-fils ou pour s’assurer que ma sœur est perdu son enfant. Ou alors il est venu récupérer sa fille et je me sens en danger car il va faire le rapprochement.

Il doit déjà savoir que je suis une de ses bâtardes comme il se plaît à le dire. Mais fera-t-il le rapprochement entre mon frère qui tient à la fois de mon père et a les yeux de Maman. Ils sont gris piquetés de vert, et Marie-Cécile et moi avons hérité de sed yeux pers. Ni vert, ni bleu, parfois les deux. Changeant au fil du temps, ou selon mon frère lorsque je suis en colère cela me donne des yeux de vipère.

Mais j’entends que l’on monte et j’aperçois mon fiancé accompagné de mon frère. Nous nous jetons dans un ensemble parfait dans les bras de nos amoureux. Mais rapidement Marc se ressaisi et nous dit que nous sommes attendus en bas. Ils sont venus nous chercher.

Annabelle demande la raison, Marc a le regard fuyant il ne répond pas. Mais que se passe-t-il encore ? J’insiste auprès de Nicolas et lui n’ayant aucune contrainte ou pression me répond :

  • Ton père adoptif et le vieux veut des explications.
  • Lesquelles ?
  • Pour Annabelle je ne sais pas mais pour toi il veut savoir qui tu es.
  • Mon père n’a qu’à lui dire que je suis orpheline et qu’il nous a adopté tous les deux. Je ne veux pas le retrouver en face de ce type. Regarde ce qu’il m’a fait.

Je relevé la manche de mon gilet pour leur montrer l’hématome que j’ai ainsi qu’une petite plaie sanguinolente là où ce vieux pervers m’a enfoncé ses ongles dans ma chair.

Annabelle montre à mon frère les zébrures qu’elle a sur les bras, les jambes sans parler de son ventre qui est dans un état lamentable. Ici des marbrures, là des griffures. On distingue même la semelle d’une chaussure. Marc n’en revient pas, c’est Nicolas qui lui dit. Viens tu vas pouvoir porter plainte, enfin Marc le fera pour atteinte à l’intégrité de sa femme. A ta place je ne dirais pas que tu as perdu ton bébé. Au contraire tu lui feras porter le chapeau une fois qu’il aura regagner sa demeure.

Soudain je comprend ce déferlement de violence sur mon aînée. Il savait qu’elle attendait un enfant de son petit-fils et ses coups ont été porté dans un but bien précis qu’elle perde l’enfant.

La fin au prochain épisode….

Une rencontre inattendue (30)

Stephane et moi nous laissons Marc gérer la situation. Ils sont à la merci de l’escouade de policiers qui les cherchent.

C’est étrange cet acharnement du vieux patron des charbonnages de s’escrimer sur Claire. Possible qu’il pense ce vieux bonhomme antipathique que nous avons enlevé sa fille, alors qu’il n’a jamais assumé son rôle de Père.

  • De qui parles-tu ?
  • De Marie Cécile
  • D’accord, mais pour moi sa fille à qui il veut du mal c’est Claire, sinon pourquoi lui tirer dessus ?
  • Oui, en effet tu as raison.

Toit en devisant à voix basse nous voyons la voiture du père de Marc. Mais hélas nous sommes mal, en effet il y a deux policiers qui à l’aide d’une lampe électrique sonde l’habitacle de notre voiture. Il.nous faut nous avancer et jouer le tout pour le tout.

  • Bonjour Messieurs, notre voiture vous interesse.

Le plus petit sursaute et se sent un tantinet gêné, j’en profite pour lui demander quelle infraction j’ai pu commettre.

Le plus grand triture sa moustache et nous demande à brule pourpoint :

  • Vous êtes de la maison
  • Comment le savez-vous ?
  • Votre vide-poches est entrebaillé et à l’aide de la lampe nous avons vu que c’était une carte de police.
  • Oui, nous sommes de la maison, vos noms Messieurs.
  • C’est plutôt à nous de vous demander ce que vous faites ici et quant à vos noms vous allez nous présenter vos cartes et nous le saurons rapidement.
  • Non
  • Vous voulez que je vous emmène au poste. Après tout vous n’êtes peut-être pas ce que vous prétendez être, et tant que nous n’avons pas vos cartes nous pouvons appeler à la rescousse nos collègues et vous mettre en cellule.
  • Vous n’en ferez rien Messieurs car notre grade est plus élevé que ceux de deux planctons envoyés sur ordre de leur chef à patrouiller dans un Coron où la majorité des gens doivent trembler devant les soudards que vous êtes.
  • Vous m’insultez Monsieur
  • Vous allez me demander en duel

On entend un rire tonitruant et surgit devant nous un troisième policier qui nous dit :

  • Vous avez dû disparaître rapidement lorsque vous êtes venu voir vos promises car votre voiture avait la portière avant droite ouverte et des gamins à mon arrivée allait tout simplement embarquer vos cartes. Je sais qui vous êtes et effectivement mes collègues vous doivent le respect. Alain et Pierre je vous présente les inspecteurs de police de Versailles, l’un se nomme Nicolas Martin et l’autre Stéphane Dupont.
  • Bonsoir Inspecteurs
  • Des noms fort commun mais un grade fort élevé pour votre âge.

Au moment où j’entends la voix je commence à paniquer car je connais ce gars, Stéphane doit déjà l’avoir reconnu. C’était le boute-en-train de notre chambre. Il ne manquait pas une fête ce qui lui avait valu d’aller en cellule de dégrisement. Il l’avait payé cher car au moment de choisir son affectation puisqu’il était sorti tout comme nous dans les tout premiers le Colonel lui avait dit :

  • Mon cher Montalivet vous n’irez pas vous dorer la pilule au bord de la mer je vous envoie dans un pays minier à Béthune plus exactement. Là -bas vous exercerez votre talent de comique lorsque les mineurs vous chargeront à coup de pelles ou de manche de pioches. Ça vous forgera le caractère.

S’il avait eu nos cartes entre les mains comme je le pressentais il savait qui nous étions. J’avais mis nos photos. J’etais à mille lieux de penser que nous allions tomber sur lui. Mais Titouan ne me laisse pas le temps de me ressaisir, il nous tape sur l’épaule en nous disant.

  • Alors mes amis c’est vous les comiques désormais, vous ne seriez pas venu à un bal costumé.
  • Je lui réponds du tac au tac car je n’ai pas envie de m’éterniser ici.
  • Nous sommes venu compter fleurette à une amie de la soeur de Stéphane et par la même occasion j’ai trouvé sa jumelle.

Titouan s’esclaffe, il est hilare, sent-il que nous lui jouons la comédie en tous les cas il n’en laisse rien paraître. Au contraire il emmène ses collègues et nous avons même un laisser-passer en bonne et dû forme pour éviter de se faire arrêter. Nous ne lui demandons pas ce qu’il se passe nous le savons déjà, et je ne pense pas que devant ses collègues il aurait juger bon de nous informer. Muni de ce sésame si précieux nous parcourons en sens inverse les 200 mètres qui nous séparent de Marc et des jeunes filles. Marie Cécile a la cheville qui a doublé de volume, elle est dans l’impossibilité de poser le pieds par terre.

Claire me chuchote  » je pense que c’est une entorse » il faudra s’arrêter en route mais loin d’ici pour voir un médecin ou éventuellement aller à l’hôpital ». Je lui serre la main et hoche la tête. Il.nous faut parer au plus pressé. Quitter les lieux le plus rapidement possible. Marc et moi porterons Marie-Cecile à tour de rôle en espérant qu’elle ne soit pas découverte avant d’atteindre la voiture.

Enfin nous voici à la voiture. Marc monte à mes côtés alors que les deux soeurs se mettent de par et d’autres de Stéphane. Nous partons en roue libre au départ puis je met en route la voiture jusqu’au premier barrage. Claire et Marie Cécile rabattent leur capuche sur la tête et font celles qui se sont assoupis sur l’épaule de Stéphane.

  • Sous aucun prétexte vous vous réveillez, vous dormez profondément. Vous m’avez bien comprise.
  • Oui
  • Bien allons voir si tes talents de dessinateurs vont nous laisser la voie libre me dit mi-figue mi-raisin mon ami Stéph.
  • Si je ne suis pas obligée je ne vais pas les montrer j’utiliserais seulement le laisser passer.
  • Alors affrontons l’ennemi s’esclaffe Steph.

Je suis à hauteur de la patrouille qui a mis en travers de la route une herse munie de crochets.

  • Vos papiers
  • Bonjour mon Commandant, voici notre laisser-passer.

Je sens le gradé légèrement déstabilisé je connais son grade et il ne l’a nullement mentionné.

  • Comment savez-vous que je suis Commandant ?
  • Ce sont vos insignes qui me l’ont dit
  • Ah et bien passez si vous êtes de la maison.
  • Peut-être que vous voulez voir ma carte
  • Je ne vous ferai pas cet affront .
  • Au revoir !

J’embraye et disparaît rapidement.

  • C’est bon réveillez-vous, nous approchons de la place ou Stéphane a garé sa voiture. Marc et Marie-Cécile vous allez avec Stéphane. Toi ma petite princesse tu restes avec moi.

Nous repartons il n’est pas loin de quatre heures du matin. La nuit va être longue il nous faut arriver le plus rapidement possible. Surtout Stéphane car tout comme moi il doit se présenter au Commandant du Commissariat où nous sommes affectés dès 9 heure lundi matin pour notre première journée en tant qu’inspecteur. Les premiers jours on ne va pas nous filer des enquêtes je pense que nous serons même affectés à la circulation. Surtout moi à Macon.

  • A quelle heure est le train de Stéphane me demande Claire.
  • Pourquoi veux-tu le savoir ?
  • C’est à cause de Marie-Cécile, si elle peut supporter la douleur on ne s’arrêtera pas. Sinon nous allons perdre du temps.
  • Tu n’as pas des médicaments contre la douleur.
  • Si bien sûr mais ce serait bien si elle était bandé et surtout j’espère qu’elle n’a pas une fracture.
  • Nous allons roulé pendant quatre heures et nous nous arrêterons pour prendre un petit déjeuner. Nous aviserons à ce moment-là. Si elle a supporté la route nous continuerons.
  • Et pour Stéphane ?
  • Le mieux c’est de le déposer à Paris, Marc conduira la voiture pour le reste du chemin. Il trouvera toujours un Corail pour descendre sur Marseille. Je vais mettre mon clignotant et m’arrêter. Je lui dirais ce que nous avons convenu.

Mais Stéphane ne veut pas être seul jusqu’à Lyon. Puis nous explique-t-il que lui n’a pas rendez-vous à 9 h mais à 14 h il avait prévu de prendre le Corail de nuit. Il fallait que nous soyons à Mâcon suffisamment tôt pour qu’il puisse prendre un train pour Lyon Perrache. Tout s’arrange, Marc ne fera pas le retour en compagnie de Marie-Cecile, cela ne serait pas convenable pour un jeune marié.

Claire a profité de notre arrêt dejeuné pour bander la cheville de sa demi-soeur. Elle a commis à mes yeux un sacrilège. Elle a déchiré son beau jupon pour en faire des bandelettes. Depuis Marie-Cecile a retrouvé son sourire. Mais Nicolas ne décolère pas. Le beau jupon qu’il venait tout juste de lui offrir, massacré pour faire un pansement.

C’est Marc qui lui a dit goguenard la prochaine fois acheté lui en un en soie c’est mille fois plus doux à ôter.

Les yeux de Nicolas ont lancé des éclairs à son futur beau-frère et bien fait rire les deux jolies soeurs.

Il est plus de seize heures lorsque nous franchissons la grille du Domaine nous pensons tous nous plonger dans un bain et dormir jusqu’au petit matin. Mais en arrivant vers le perron nous découvrons stupéfait une traction noire avec à son bord le chauffeur de Monsieur de Bougainvilliers.

À suivre…

Une rencontre inattendue (29)

Deuxième partie

Nicolas et Stéphane avec les oncles de Charles et Claire sont penché sur un plan des corons. Paul l’aîné des oncles indique un chemin qui serpente par les jardins et va nous permettre de nous évader.

Evader est sûrement un bien grand mot, mais les deux plus vieux mineurs nous apprennent que ce chemin a déjà servi au cours des grèves passées.

Vous voyez ici il y a une porte dans notre jardin, elle communique avec le jardin de notre voisin mais sa porte à lui est située bien plus bas que la nôtre. Je vais vous donner le code pour les franchir tour à tour nous dit le Père de Chantal.

Devant nous s’étale un dessin d’enfants où il a été dessiné des personnages, chaque porte a une couleur différente de l’ensemble de la barrière. Elles sont représentés ici par des jouets colorés.

Charles avait remarqué la première fois qu’il était venu que dans le jardin de Chantal où les barrières étaient marron foncé, un morceau de barrière était hachuré en noir, cela lui avait paru bizarre, maintenant il le dit à Claire qui me le glisse à l’oreille. Et c’est à ce moment-là que leur Grand-père paternel nous explique la petite astuce.

  • L’ensemble des clôtures ont été refaites récemment car cela s’use au fil du temps. Attention à un oeil non observateur et sans ce papier vous allez tâtonner longtemps et surtout vous allez attirer les gendarmes. Certaines comme vous pouvez le voir sur le dessin sont hachuré en blanc, d’autres en noire. Pensez-vous y arriver ?

Charles se tourne vers son grand-père en lui disant :

  • Avec deux fins limiers nous passerons hors du filet.

Les fins limiers que nous sommes n’en mènent pas large, si on se fait prendre que vont devenir Marie-Cecile sans parler de Claire. Le vieux semble ne pas avoir beaucoup de scrupules. C’est à ce moment que l’on entend à la porte de grands coups. On est fait comme des rats. La fuite se termine dans la maison des Meignière. Quelle malchance ! Et dire que nos cartes de police sont dans la voiture.

Chantal ouvre la porte, ouf c’est leur voisin. Il comprend de suite ce qu’il se passe. C’est lui qui propose de nous accompagner. Les deux Grands-pères le remercient et nous voilà parti sans le plan sous la houlette de Monsieur Lebeau.

Claire donne le bras à Marie-Cécile, plusieurs fois elle manque de tomber, elle a aux pieds des talons hauts. Tous nos bagages sont dans les voitures, Claire aurait pu lui prêter une paire de ballerines. Finalement après avoir heurté une pierre, Marie-Cecile chute lourdement, elle pleure doucement, elle s’est fait mal. Avec la lampe à pile de Monsieur Lebeau nous eclairons le genou de Marie-Cécile, elle s’est ouvert la rotule, certes c’est superficielle mais Claire va devoir la soigner. Ma future femme est fort prévoyante, elle a sa malette d’infirmière. Elle nous demande de faire un rempart afin que la lampe ne soit pas vu au loin. Mais nous sommes dans le jardin d’un petit cousin des Meignière et lui a vu la lumière bougée, il comprend rapidement ce qu’il se passe et nous fait entrer dans sa maison.

Après m’être concerté avec Stéphane , nous décidons de passer à l’action afin de rejoindre nos voitures et de récupérer nos cartes de police. Enfin devrais-je dire celles que j’ai fabriqué avant de quitter le Domaine des parents adoptifs de ma bien-aimée. Nous ne pensions pas nous en servir mais là c’est une excellente raison pour voir si mes talents de dessinateur en herbe vont payer.

Nous avons laisser nos voitures à deux endroits différents, l’une est dans une rue proche du Coron, l’autre se trouve devant l’hôtel de ville. Bien nous en a pris, par contre il n’est pas certain que nous allons réussir à passer. Nous ignorons où se trouve les sentinelles. Le fils de Chantal qui nous accompagnait va nous servir de guide pour la dernière partie de notre fuite. Stéphane a mémorisé les couleurs et connait désormais le système ingénieux qui nous a permis de franchir les sept premiers jardins. Il nous en reste trois mais là ce sera difficile car nous aurons à ramper afin d’éviter la première patrouille qui bloque une des entrées du coron. Au bout de la ligne droite on aperçoit les grilles par lesquelles les mineurs accèdent. Mais auparavant nous avons deux cent mètres à découvert. Jules à mots couverts nous expliquent sa stratégie, nous l’approuvons et nous voilà embarqués pour jouer comme les gamins des corons au chat et à la souris.

Aores avoir rampé sur une bonne centaine de mètres, nous nous redressons, c’est là où nous quittons Jules. Je lui ai donné les clefs de la voiture et indiqué où se trouve nos cartes de police. Nous nous asseyons dos à un talus de charbon non prévu mais cela nous arrange bien. Nous sommes dans le noir complet. Mais nous voyons brillés une lumière. Nous nous concertons avec Steph et décidons d’attendre. Si c’est Charles et les filles accompagné de Monsieur Lebeau cela ne sert à rien de se planquer dans le tas de charbon. Dans le cas contraire nous rebrousserons chemin où nous nous jetterons dans la gueule du loup. Jules ne devrait guère tarder.

Un bruit de bottes se fait entendre, les gendarmes font évacuer les maisons et ensuite ils entrent et vérifient si les fugitifs que nous sommes ne sont pas planqué à l’intérieur , ce que nous apprendrons plus tard c’est que Paul qui avait été résistant avait fait honte aux policiers en leur demandant où était leur chef « le Commandant Himler » de son vrai nom Aymar. L’histoire avait dû faire le tour des corons n’en doutons pas.

Mais au moment des faits, nous n’en menons pas large, nous ne connaissons pas la solidarité entre mineurs. Personne nous a denoncé, les premières maisons ont été mises à sac par des policiers trop zélés à la botte de Monsieur de Bougainvilliers comme nous l’a dit sa fille.

En mon for intérieur je pense que l’image de marque de la police va s’en trouvé terni à cause d’un ou deux policiers véreux. Et je me jure d’être intègre jusqu’ à la fin de ma carrière. Et mon ami Steph me dira bien plus tard s’être fait la même réflexion.

Monsieur Lebeau éteint sa lampe et nous annonce qu’il va s’en aller chez lui pour éviter a sa femme et ses fils d’être ennuyé. Je lui dit qu’il n’a pas à subir ce genre de désagrément et que ça me dépasse de voir ce comportement.

  • ils ont des ordres ils les exécutent
  • Un jour on leur dira de descendre dans la mine et de tout faire sauter, le feront-ils ?

À suivre…

Une rencontre inattendue (28)

Nicolas et Claire repartent ensemble et moi je vais récupérer Charles chez sa cousine. Nous devons nous retrouver chez elle, afin que Claire puisse rencontrer sa famille. Il n’est pas très tard, mais nous ne nous attarderons pas, nous avons reçu un avertissement de Madame de Bougainvilliers, bien que nous ne sachions pas de quels côtés le coup pouvait venir et qui Claire gênait.

Il est 20 h et nous allons pour prendre congé, alors que ni Claire ni Nicolas nous ont rejoint lorsque nous entendons des éclats de voix.

  • Nicolas nous ne pouvons pas la laisser au milieu des corons, imagine ce qu’il peut lui arriver.
  • Claire, c’est impossible cette femme ne va que nous attirer des ennuis.

Chantal et sa famille sont interloqué par les propos que tiennent derrière leur porte Claire et Nicolas. Aussi son voisin et ami de son père ouvre la porte et leur demande d’entrer tout en leur disant :

  • De qui parlez-vous ?
  • D’une femme qui vous demande l’hospitalité
  • Elle la demande à qui …Personne n’a rien demandé à ma voisine et je ne connais pas cette personne. Rentrez et expliquez-vous.

C’est Claire qui intervient :

  • Je suppose que vous êtes mon oncle le frère de ma mère
  • Oui et vous Claire, que ce passe-t-il ?
  • Attendez-moi un instant je reviens.

Claire tourne les talons et disparaît, elle revient accompagnée d’une femme qui cache son visage sous une capuche alors que nous sommes en plein été. Tout le monde s’engouffre, y compris Nicolas qui semble fort en colère.

Bonjour à tous, je m’excuse de venir vous importuner mais cette jeune fille m’a lancé un vibrant appel au secours. Bien que nous devons repartir en Bourgogne je lui laisse le soin de vous rapporter ses propos. Et vous me direz ce que je dois faire. Je ne sais qu’une chose c’est qu’elle s’appelle Marie Cécile De Bougainvilliers.

La foudre serait tombé à nos pieds nous n’aurions pas plus réagis qu’aux propos tenus par Claire. Nous étions abasourdis, la demoiselle des houillères comme elle était surnommée dans les corons étaient là devant nous comme une mendiante. Le premier moment de stupeur passé, Chantal nous a tous invités à s’asseoir et elle a demandé à Marie Cécile et à Claire de s’asseoir côte à côte.

Marie Cécile a ôté sa capuche et devant nos regards incrédules nous avions la copie conforme de Claire. A ce moment Charles s’est levé et a dit :

Maus qui êtes-vous ?

  • Je m’appelle Marie Cécile de Bougainvilliers, j’étais jusqu’à l’ouverture du testament de celui que j’appelais Papa une jeune fille sans aucun souci. Je sais qu’ici dans les corons on m’appelait la demoiselle des houillères. Ce matin du mois dernier, le 9 mai plus exactement chez notre notaire j’ai appris que je n’étais pas la fille de Louis de Bougainvilliers mais la propre fille de mon grand-père, je suis désolée Claire, je vais vous faire du mal car je pense que vous ignorez votre propre histoire.
  • Ne vous inquiétez pas, je me doute qu’il y a autour de ma naissance un mystère et maintenant que je vous vois, même si je ne sais pas tout les aboutissants je sais que vous êtes ma demi-soeur et que votre mère avait raison en me disant qu’elle était ma belle-soeur. Mais cette affaire est fort compliqué. Votre mère et ma mère sont-elles allé de leur plein gré dans le lit de celui que vous considériez comme votre grand-père il n’y a pas si longtemps.
  • C’est là que l’affaire comme vous dîtes prends un côté sordide. Bien sûr que non que ma mère et la vôtre et sûrement beaucoup d’autres ne sont pas allés s’offrir en pâture au vieux. Le maître des houillères les a violé le même jour.

Claire reçoit la nouvelle brutalement, elle s’effondre. Nicolas ne sait même pas quoi faire. Il reste les bras ballants n’osant même pas prendre sa fiancée dans ses bras . Il faut que son grand-père maternel et son oncle la prenne dans leur bras pour qu’elle arrête de pleurer et entende la fin de l’histoire sordide de Marie Cécile.

  • Je vous demande pardon Claire, je pensais qu’au moins cela vous le saviez, votre mère ne vous a donc jamais rien dit.
  • Je n’ai pas connu ma mère elle est morte il y a 20 ans sur les routes de l’exode en me mettant au monde.
  • Ah en effet, votre mère était la femme de chambre de ma mère, mais c’était plutôt deux amies, elles s’étaient connus à l’école et avaient sympathisé Votre maman avait épousé Jean Meignière une semaine avant que ma mère épouse le fils des houillères, et c’est tout naturellement que ma propre mère avait demandé à mon père qu’elle puisse avoir une femme de chambre, mais elle n’avait pas osé dire à mon père qu’elle la connaissait depuis l’école. Maman me parlait souvent de votre mère, me disant qu’elle regrettait de ne plus avoir de ses nouvelles mais elle n’a jamais osé venir dans les corons demandés à vos grands- parents des nouvelles de leur fille.
  • Qu’avez-vous appris lors de l’ouverture du testament.
  • Des horreurs, mon père ne laissait rien à mon frère ainé.
  • Pourtant lui c’était son fils légitime
  • Oui mais il se comportait aux dires de mon père comme un soudard et il ne voulait pas que sa fortune soit dilapidé entre toutes ses maîtresses. Mon frère Jean-Marc est comme le vieux. C’est son portrait craché, mon père ressemblait à ma grand-mère.

Continuez Marie Cécile nous avons de la route à faire lui demande gentiment Charles.

  • Mon frère s’est levé et m’a jeté à la figure c’est donc la bâtarde qui va hériter de tout. Moi vivant tu n’auras rien du tout. Même si je dois te tuer pour hériter de la fortune de grand-père, car le vieux ne te reconnaîtra jamais et t’empêchera d’avoir des enfants. Tu vas croupir dans un couvent si tu acceptes un centime de l’héritage de mon père.
  • Quelle horreur ! Qu’avez-vous fait ?
  • Je suis partie en courant, au départ je pensais que ma chambre serait un excellent refuge mais mon frère m’a traqué des jours et des jours jusqu’à la semaine dernière où il a disparu pour tuer toutes les héritières. Je n’avais pas compris mais c’est maman qui m’a tout expliqué.

Claire et Charles se regardent serait-ce lui qui a tenté de tuer Annabelle et la tentative d’assassinat sur Claire. Détruit une parcelle de vignes. Cela coïnciderait tout à fait. Mais comment a-t-il appris que nous avions été adopté par Monsieur et Madame de la Roche Vineuse. Pour nous c’était une énigme. Aussi il nous fallait en avoir le coeur net.

  • Où se trouve votre frère en ce moment ?
  • Le vieux l’a envoyé chez vous
  • Comment savait-il ce que nous étions devenus ?
  • C’est il y a plus de dix ans que le patron des houillères a appris votre existence.
  • De quelles manières ?
  • A cause de la DDASS il faisait une enquête sur votre famille, dans les papiers qu’ils avaient en leurs possessions il était noté :  » s’il m’arrivait un malheur adressez-vous à Josianne de Bougainvilliers,( c’est le prénom de ma mère), elle aidera ma fille en souvenirs de nos années de jeunesse ».

Tout s’expliquait, les services sociaux avaient du communiquer au grand-père d’Annabelle l’existence d’un grand-père qui avait dû donner son consentement à son adoption, se débarrasser par la même occasion d’un cadeau empoisonné. Et maintenant il se servait de ce qu’il connaissait pour ordonner à son petit fils de se débarrasser une fois pour toute d’un objet encombrant qui pourrait venir réclamer une part d’héritage.

En effet le père de Marie Cécile léguait une somme coquette à la demi-soeur de sa fille qu’il avait chéri en tant que sa propre fille alors qu’il n’ignorait pas ce que son propre père avait fait. Claire et Marie Cécile étaient ses deux soeurs et la seule famille qu’il avait sur terre. C’était normal à ses yeux qu’elles aient une part de son héritage.

Lorsque Marie Cécile eu finit son récit il n’était pas loin de dix heures. Chantal nous avait servis un repas tout en écoutant. Au moment de partir Marie-Cécile nous avait montré un papier écrit de la main de sa mère qui demandait à Charles de venir en aide à sa fille. Nicolas s’était incliné, Marie-Cécile était comme la jumelle de sa fiancée, elle était du même jour et née avec peu de minutes d’écart. C’était rocambolesque mais tellement sordide cette histoire. Ce vieil.homme méritait d’être traduit devant la justice. Combien de filles, de femmes d’enfants avait-il violé. Mais il fallait avertir les parents adoptifs de Charles et Claire mais sa fiancée voulait les mettre devant le fait accompli.

Est-ce que cette rencontre inattendue allait mettre à feu et à sang la vie tranquille de la famille De La Roche Vineuse.

C’est au moment de notre départ que nous apprenons du fils aîné de Chantal qu’il y a à chaque sortie des corons un peloton de crs.

Le vieux a mis sa menace à exécution. La famille de Charles et Claire sont des hors la loi. Il va falloir compter sur la solidarité des mineurs pour sortir de ce piège.

Fin de la première partie.

À suivre…