Une rencontre inattendue (22)

Pendant ce temps Charles et Stan étaient arrivés dans le Nord. Rapidement ils avaient trouvé l’exploitation minière. De toutes façons les mines ce n’est pas ce qu’il manque ici. De terrils en puits de mine, de mineurs hommes femmes ou de maisons toutes alignées semblables les unes aux autres, le paysage en devenait monotone et Charles avait ses yeux embués de larmes.

Il se revoyait enfant, assis dans une cour semblable jouant avec des morceaux de charbons, qu’il pleuve ou non il avait l’impression de revivre un cauchemar. Son père était donc un mineur. Et sa mère pourquoi avait-elle eu sa soeur avec le patron des mines…

Il avait bien une petite idée mais elle était tellement sordide qu’il voulait à tout pris l’éloigner de son cerveau qui bouillonnait.

Stan depuis que l’on avait atteint les faubourgs de Béthune voyait que Charles avait des souvenirs qui lui revenaient. Au départ il l’avait laissé dans ses tourments mais maintenant il fallait voir comment procéder. Stan ne voulait pas se mettre dans l’illégalité, sa future carrière de policier était en jeu.

Charles quant à lui n’avait rien à perdre, il voulait savoir et comprendre ce qu’il était arrivé à sa femme et maintenant à sa sœur. Et si tout partait de là de ce bout de terre minier il le découvrirait. Il ne pouvait pas rentrer bredouille au Domaine de la Roche Vineuse.

  • Charles !

J’entends une voix au loin qui me parle. Je sors de ma léthargie, c’est Stan. J’ai dû m’endormir.

  • Oui que me veux-tu
  • Nous sommes devant les portes du Puits principal, je me suis renseigné pendant que tu dormais les Mines appartiennent toujours à la même famille depuis 200 ans et même plus.
  • Leur nom dis-moi leur nom
  • La famille de Bougainvilliers
  • Le père de Claire vit ici
  • Ici, non c’est la mine, mais on interrogera ceux qui sortiront, si je suis là à la tombée de la nuit c’est que j’ai appris qu’ils avaient terminés leur labeur. On trouvera bien une ou deux personnes sympathiques qui pourront nous parler.
  • Si tu le dis, je dois m’accrocher à n’importe quoi afin de pouvoir tenir debout. De savoir que Claire n’est ma sœur que par ma mère me consterne.
  • Mais vous êtes tous les deux les enfants de vos parents adoptifs. Je ne te demande pas d’oublier tes parents biologiques mais raccroche-toi à cette idée. Et tu sortiras la tête haute.
  • Oui tu as raison, Claire est et restera à jamais ma petite soeur et je pense que ceux qui ont tirés sur Annabelle les ont confondus.
  • Bon on en reparle plus tard, voilà les premiers qui sortent.
  • Tu as vu leurs têtes, limite ils me feraient peur
  • Ils n’ont sûrement pas de douches ou je pense que le charbon tient sur leurs corps, allez avance.
  • Bonjour
  • Oui, que me voulez-vous
  • Juste un renseignement
  • Sur
  • Le patron des Houillères
  • Ah lui, vous n’avez qu’à aller à Béthune vous le trouverez, buvant et baisant dans sa maison.
  • Vous n’avez pas une haute opinion de votre patron Mademoiselle
  • Madame si cela ne vous dérange pas. Vous voulez savoir si dans mes compagnes d’infortune une l’aime.
  • Non ce n’est pas la peine, je ne cherche pas à vous faire du mal ou de la peine. Mais qui parmi vos compagnes en sauraient un peu plus sur lui.
  • Je veux bien vous répondre mais pas ici, déjà on me regarde, venez me rejoindre dans les corons d’Anin. C’est tout près de Béthune.
  • Mais je ne connais pas votre nom
  • Demandez la Veuve Baptiste dans la rue de la Sentinelle. N’ayez crainte vous me trouverez.
  • Nous venons à quelle heure ?
  • Peu importe
  • Alors à tout-à-l’heure Madame Baptiste
  • Monsieur ?
  • Oui
  • C’est quoi votre nom
  • Stan
  • C’est tout
  • Oui
  • Alors venez Mr Stan
  • Je serais avec un ami, il est resté là -bas ne vous inquiétez pas, ce n’est pas vous qui nous intéresser mais votre Patron.

Mais elle a déjà tourné les talons et rejoint ces compagnes.

Je rejoins rapidement la voiture ou Charles m’attends. Nous trouvons un hôtel hélas il n’y a qu’une chambre de libre mais elle a deux lits. Après tout ce sera mieux pour recouper ce que nous aurons appris. Déjà quand j’informe Charles de ce que Madame Baptiste m’a dit je le sens fébrile. Il devrait me confier son souci. Possible que je puisse l’aider.

  • Charles dis-moi ce qui te tient en soucis
  • Ce type il devait se jeter sur tout ce qui avait un jupon. Aujourd’hui et hier. Ma mère a dû…

Charles se met à pleurer, il est arrivé à la même conclusion que moi.

  • Tant que nous n’avons pas rencontré Madame Baptiste ne tirons pas des conclusions hâtives.

En mon for intérieur je pense comme lui, mais nous devons en apprendre davantage. Nous quittons nos costumes voulant passer inaperçu dans les Corons. J’ai acheté en revenant deux pantalons, un bleu et l autre gris, deux polos, deux casquettes et de simples chaussures. C’est l’été nous n’avons nullement besoin de vestes.

Il est à peu près 20 h 30 lorsque nous arrivons vers les Corons, c’est immense, nous demandons notre chemin à deux gamins de 8 ou 9 ans. Ils nous proposent de nous accompagner rue de la Sentinelle. Arrivé dans la rue je leur demande s’ils connaissent Madame Baptiste. Le plus jeune ouvre des yeux comme des soucoupes, ces deux inconnus cherchent sa mère, car un des gamins est le fils de Chantal Baptiste.

  • Serais-tu d’accord pour nous emmener vers ta maman
  • Elle vous connaît
  • Oui un peu mais je veux lui présenter mon copain
  • Alors suivez-moi

Nous déambulons par une rue puis deux, je me demande si le gamin ne nous roule pas dans la farine, pourtant nous sommes toujours à la Sentinelle c’est noté sur une porte.

  • C’est là Monsieur

Il entre en criant :

  • Maman Monsieur Stan est arrivé avec son copain

Sacré gamin il savait qui nous étions. Nous entrons, le sol n’est pas en terre battue comme nous le redoutions mais carrelée de tomettes rouges. Autour d’une table il y a quatre femmes. Et près de l’âtre éteint il y a une vieille femme. Sûrement la mère. Chantal nous dit d’aller saluer Madame Baptiste la mère de son époux décédé dans un coup de grisou il y aura bientôt 7 ans. Elle voit que nous regardons vers son fils et nous dit :

  • Dans la nuit qui a suivi j’ai accouché de mon petit Paul. Il n’a jamais connu son père.
  • Je suis désolé et je ne voulais pas ressasser des mauvais souvenirs.
  • De toutes façons un drame serait arrivé tôt ou tard lorsque mon époux aurait vu le petit.

Je n’en demande pas mieux mais j’ai très bien compris l’allusion. Ce sale type doit avoir des bâtards dans tous les Corons. Comme nous l’a demandé notre hôtesse nous saluons sa mère. Elle ne peut pas avoir plus de 50 ans. Pourtant elle fait très vieille. La perte de son fils y est sûrement pour quelque chose. Je laisse Charles et donne à notre hôtesse divers cadeaux que nous avons eu l’idée de lui apporter. De la bière très prisée, du café sûrement trop cher pour cette femme, quelques gaufres achetées dans une échoppe sur Béthune. Elle me remercie. Lorsque Charles revient de vers Madame Baptiste mère il me semble encore plus perturbé. Je les ai vu échanger. Je suis perplexe, la femme avait l’air de le connaître.

À suivre…

Une rencontre inattendue (21)

  • Mais Claire que racontes-tu ? Les chevaux de Grand-père t’ont emmenés au mariage, en aucun cas ils ne t’ont donné un coup de pieds. Que faisais-tu en robe de mariée dans notre vignoble ?
  • Mais vous aussi , vous ne me croyez pas
  • Mais nous, nous t’avons vu couverte de sang, tu as reçu une balle.
  • Une balle…
  • Tu ne t’en souviens pas, et surtout que faisais-tu alors que c’était ta nuit de noce.
  • Ma nuit de noce…

Avec Nicolas, nous nous demandons si elle ne nous jouerait pas la comédie. Elle répète nos phrases, nous regarde d’un air étrange. Elle doit le faire exprès. Ne nous a-t-elle pas dit avoir mystifié le médecin car elle trouvait qu’il la prenait pour une arriérée. Nous l’ avertissons que la police va enquêter et lui poser des questions. Je vois dans son oeil un éclair de lucidité, je pense qu’elle connaît la raison de sa présence à l’hôpital. Mais elle va jouer sur sa supposée amnésie.

Maman est revenue et prends sa place auprès d’Annabelle, comme il ne faut pas être trop nombreux dans la chambre on nous invite à sortir. Maman ne dit rien aussi je sors avec Nicolas. Je fais un pas deux pas dans le couloir, rien ne se passe. Maman me laisse avec Nicolas. Nous prenons le large escalier qui descends à la porte principale. Il y a un ascenseur mais on préfère prendre notre temps. Nicolas sort de sa poche un paquet de cigarettes suisses, il fume, me demande si je veux essayer. Mais rien que l’odeur cela me donne des hauts le cœur. Il écrase sa cigarette et cherche un lieu pour boire un peu d’eau. Hélas il n’y a rien. Je ne comprends pas pourquoi il veut boire de l’eau. Aussi je le lui demande.

  • Vu ton haut le cœur en sentant la fumée j’ai peur que si je t’embrasse tu sois malade.
  • Parce que tu veux m’embrasser
  • J’en meurs d’envie et toi, tu ne veux pas
  • Bien sur que si, mais allons dans le jardin car si Maman se met à la fenêtre j’aurais peur qu’elle fasse une syncope.
  • Tu es venue souvent dans cet hôpital
  • Oui lorsque je venais avec Charles et Annabelle veiller sur Grand-père. Nous restions trois heures, une heure chacun et nous allions dans le jardin en attendant notre tour.
  • Alors emmène-moi , j’ai hâte de te reprendre dans mes bras.

Comme des jeunes insouciants nous courons vers le beau jardin de l’hôpital de Mâcon et nous trouvons un banc qui nous accueille. Nicolas m’invite sur ses genoux. Je ne me fais pas prier. De suite il glisse ses mains sous mon chemisier, mais je ne veux pas qu’il aille plus loin surtout pas en public. Ce jardin il y a tant de gens qui s’y promènent.

  • Mon amour aurais-tu peur ?

Que dois-je lui répondre, je n’ai pas proprement peur, j’ai juste pas envie d’être surprise par une connaissance de mes parents. Lui est fou, je ressens son excitation, moi je ne suis pas prête. Ou tout au moins pas maintenant. Je veux bien qu’il m’embrasse, mais ses caresses sont tellement agréables que si nous n’étions pas là je lui céderait. Et c’est à ce moment que je songe à Annabelle. Ma soeur ainée a elle cédé à un homme autre que Charles.

Aussi je me dégage de l’étreinte de Nicolas, me lève et m’éloigne. Je m’arrête et je le vois complètement abasourdi. Il me rattrape et me dit :

  • A quoi joues-tu Claire ? Tu m’excites et tu te dérobes.
  • Je t’excite, mais comment ?
  • Tu es si naïve ma chérie que tu ne te rends même pas compte que tu affoles tous mes sens.
  • Si je suis naïve, alors je te laisse.

Je tourne les talons et m’enfuis, rejoins la porte d’entrée,prends l’ascenseur et rejoint la chambre d’Annabelle. Maman me dit :

  • Nicolas n’est pas là
  • Non, il doit se promener
  • Et moi qui vous avait laissé un peu de liberté, tu en as pas profité ma chérie.
  • En profiter comment ? Je ne sais même pas ce que je dois faire et ce dont je dois me méfier. Annabelle attendait un bébé.
  • Ne t’inquiètes pas je te dirais, va rejoindre Nicolas, je le vois il fume cigarettes sur cigarettes.
  • C’est étonnant il sait que je déteste cette odeur.
  • Tu es comme ton père
  • Pourtant je ne suis pas sa véritable fille.
  • Est-ce grave ? Vous avez au moins ça en commun même si vous n’êtes pas du même sang.
  • C’est amusant
  • Allez file

Je rejoins Nicolas, il se jette à mes pieds et me demande pardon et qu’il ne se conduira plus comme un goujat.

Il se penche sur moi et m’embrasse, mais dès que sa langue s’introduit dans ma bouche j’ai un haut le cœur, ce goût de tabac ne me va pas. Je le repousse en lui disant :

  • C’est moi ou la cigarette…

À suivre…

Une rencontre inattendue (20)

A peine arrivé, mon père se précipitait sur moi pour me mettre une gifle, Nicolas s’en offusque immédiatement , mon père n’a pas osé en rajouter, il a juste dit :

  • Monsieur suivez-moi dans mon bureau et vous ma fille montez dans votre chambre, j’aviserais après avoir parlé à Monsieur.
  • Je n’ai rien fait de mal, juste accompagné mon frère.
  • Vous ne m’avez pas entendu vous appeler
  • Non car on chahutait

Il a toujours ses yeux qui lancent des éclairs mais il est plus calme. Il demande à Nicolas de le suivre d’une manière plus douce. Ouf !

Lorsque Nicolas revient il a un grand sourire, il s’approche de moi et me dit :

  • C’est bon ton père accepte ma demande en mariage. Il va appeler mon père pour fixer les fiançailles. A partir des fiançailles nous devrons attendre pour nous marier que tu aies eu tes 21 ans. J’espère que mon père n’attendra pas l’an prochain pour fixer notre promesse de mariage. Car en attendant on aura un chaperon
  • Qui sera notre chaperon ?
  • Il ne l’a pas nommé, il doit en parler avec ta mère.
  • Je ne suis pas leur fille, à la limite je suis libre de t’épouser aujourd’hui.
  • Ne fais pas l’enfant Claire.

Je ne veux pas fâcher mon futur fiancé,aussi je ne dis rien mais échafaude toutes sortes de plans. Nous verrons qui va nous suivre. Je lui demande si mon père lui a demandé des explications sur notre fugue.

  • En effet il m’a demandé l’heure à laquelle nous sommes arrivés, si nous avions attendus le départ du train et l’heure à laquelle nous étions repartis. Il a été satisfait de mes réponses.

Il faut dire qu’avec Charles nous avions bien rodé nos réponses. L’essentiel étant de ne pas faire de vagues, ce n’est ni le lieu, ni le moment. J’ai toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Maintenant sous les yeux de mon père nous commençons Nicolas et moi à reprendre tous les éléments que nous avons en notre possession. J’espère que ce ne sera pas toujours mon père qui va nous surveiller, cela va être lourd.

C’est à ce moment que notre téléphone sonne, notre Majordome prend la communication et tend l’appareil à mon père en lui disant :

  • C’est l’hôpital, Monsieur.

Nous attendons d’en savoir davantage avant de continuer nos investigations. Mon père remercie, ne nous dit rien et sort de son bureau à grandes enjambées.

Nicolas et moi sommes inquiets, que lui a-t-on dit qu’il ne nous dise rien ?

Puis mon père revient et d’un ton morne nous dit :

  • Annabelle a repris connaissance mais hélas elle ne peut pas parler. Elle est agitée et demande que Charles vienne. J’aurais dû vous envoyer Nicolas dans le Nord.
  • Mais Père elle communique comment ?
  • Les religieuses lui ont remis une ardoise et une craie, et, elle fait que demander Charles.
  • C’est normal c’est son mari.
  • Possible mais que faisait-elle dans notre vigne à 5 heures du matin avec sa robe de mariée ?
  • Les policiers de Lyon vont l’interroger, Père laissez-moi y aller avec Nicolas avant qu’ils arrivent.
  • Votre mère vous accompagne.
  • Merci Papa, vous ne venez pas
  • Non j’ai du travail dans les vignes et je n’ai que trop tardé.

Nous voici partis Maman ne conduit pas et elle n’aime pas être devant, aussi Nicolas est à l’avant et moi à côté. Nos mains se frôlent souvent, dans un premier temps, ma mère ne dit rien. Puis soudain elle dit à Nicolas en riant :

  • Êtes-vous certains que la main de ma fille vous aide pour la conduite

Et mon Nicolas de lui répondre très gentiment :

  • Madame j’ai demandé à votre époux la main de votre fille, il faut bien que je la prenne.
  • Vous êtes espiègle Cher Nicolas

Nous arrivons vers les faubourgs de Lyon, nous nous garons facilement et filons rapidement vers la chambre d’Annabelle.

Maman est interceptée immédiatement par le chirurgien et nous pouvons entrer dans la chambre d’Annabelle. Mais ce n’est pas ma grande sœur, elle est d’une pâleur à faire peur. L’infirmière nous dit :

  • Pas plus de cinq minutes.
  • Nicolas lui repond je suis de la police et je dois l’interroger. Sa sœur m’accompagne pour qu’elle se sente en confiance.

L’infirmière sort et nous demande de ne pas la perturber .

  • Annabelle

Et là stupéfaction , elle nous répond

  • Qui êtes-vous ?
  • C’est moi Claire, ta petite sœur
  • Vous n’êtes pas Claire et de toutes façons je suis fille unique.
  • Tu connais Charles ?
  • C’est mon mari
  • Et bien c’est mon frère aîné
  • Non ce n’est pas vrai, ce n’est pas possible.
  • Qu’est-ce qui n’est pas possible ?
  • Tu m’avais juré que tu partais pour toujours pourquoi es-tu revenue ?
  • Mais de quoi parles-tu ?
  • Tu vas me voler mon mari

Je n’ose pas lui répéter que je suis sa soeur car son cerveau me semble bien embrouillé. C’est Nicolas qui lui demande si elle veut ecrire.

  • Non je suis capable de parler j’ai juste mystifier le médecin. Il me prenait pour une arriérée. Je sais bien ce qu’il m’est arrivé. Je partais pour mon mariage quand les chevaux de grand-père m’ont renversés.

À suivre…

Une rencontre inattendue (19)

Nous voici en gare de Mâcon, des trains pour Lille il n’y en a pas tant que ça. Ils vont partir pour Lyon et prendront la direction de Roubaix d’ici deux heures et changerons en chemin. Ils vont aller se renseigner pour ne pas passer la journée et la nuit dans les trains. Charles me dit d’y aller et de prendre notre temps pour rentrer.

  • Vous avez plus d’une heure pour rentrer. Nicolas vous direz à notre père que vous avez attendu le train pour repartir. Attention soyez sages.
  • Merci Grand-frère, tu es un ange.
  • Salut Charles à charge de revanche. Et rapportez nous de bonnes nouvelles.

Mon frère ferme les yeux sur mon idylle avec Nicolas. Je suis mineure et Nicolas n’osera pas me demander d’aller dans un hôtel. Jusqu’à présent nous nous sommes limités à des baisers et quelques caresses. Mais je sais que Nicolas veut aller plus loin. Il me faudra me montrer persuasive, cela peut rapidement aller trop loin. Je ne sais même pas si je suis prête à être complètement aimé par Nicolas.

Annabelle m’avait décrit son histoire d’amour avec Julien, ses mains qui couraient sur sa peau, elle frémissait, avait toujours envie d’aller plus loin. Il ne lui avait pas fait l’amour mais voulait essayer de la pénétrer. Elle voulait être vierge pour Charles, avec du recul je vois qu’elle s’est donnée à un autre homme.

Tant qu’elle n’a pas repris connaissance je ne sais pas ce qui a bien pu se passer ? Était-elle consentante ou l ‘ a-t-on forcé ? Le voulait-elle vraiment ?

  • Mon cœur à quoi pensez-vous ? As-tu peur de moi ?
  • Non, j’ai juste peur de ne pas savoir me contrôler. Promets-moi de ne pas dépasser les limites que nous nous sommes donnés
  • Je ne ferais que ce que tu voudras, mais dis-moi non si tu ne veux pas aller plus loin.
  • Oui

En mon for intérieur je me demande si je ne vais pas accepter et qu’une fois le temps de l’euphorie passé je vais regretter. Se contrôler tout le temps c’est agaçant. J’ai juste envie de me laisser aller.

Nous repartons en direction de notre village, cela fait bien trente minutes que nous roulons, nous discutons et Nicolas ne m’a pas proposé de s’arrêter. On va rapidement arrivé et on aura pas profité de ce temps pris au temps pour se découvrir un peu plus qu’à la sauvette comme à l’école de police. Puis sur la route , Nicolas me dit :

  • C’est là -haut que nous allons aller, en bas il y a le château de Chasselas, j’y suis allé il y a fort longtemps avec un de mes oncles et le propriétaire nous avait montré sa cadole très isolée, qui ne servait plus car aux alentours il ne faisait plus pousser de vignes.
  • Es-tu sur que c’est toujours le cas ?
  • Oui car j’y suis retourné il y a quatre jours avec ton père, il est venu saluer le châtelain.
  • Et, on ne risque pas de le trouver ?
  • Non, car il prépare la foire au vin sur Mâcon
  • Et bien allons-y , est-ce loin ?
  • Non

Nicolas ouvre le coffre et prend un plaid, on dirait qu’il avait tout prévu. Il faut que je lui le demande. Nous montons d’un bon pas, habitués tous les deux à faire du sport. Au début nous traversons des vignes, puis elles se raréfient pour complètement disparaître. Et j’aperçois au détour du chemin une jolie cadole.

  • Tu viens ma douce Claire, nous avons dix minutes de route et un peu plus d’une heure à passer ensemble. Même plus si Charles ne dit rien sur l’horaire de son train.
  • Comment le sauras-tu ?
  • Demain j’irai aux PTT lui téléphoner et seulement après il téléphonera à ton père.
  • C’est toi qui lui dira nous sommes restés trente minutes ou une heure. Mais son train était à quelle heure ?
  • Il ne partira que cet après-midi , on a raté celui du matin.
  • Ah !
  • Allez viens, n’ai pas peur je ne vais pas te prendre de force, je veux juste t’aimer, le veux-tu ?
  • Oui

Mais la suite ne s’entends pas, il a mis ses mains sous mes cuisses et m’entraîne dans la Cadole. Au début c’est doux, il prend mes lèvres et m’embrasse doucement puis il me force à ouvrir la bouche et me caresse avec sa langue. Je me sens merveilleusement bien. Je laisse ses mains passées sous mon chemisier, il me regarde, je sais que j’en ai autant envie que lui. Alors il s’enhardit, me dégrafe mon soutien-gorge et me caresse. Il murmure tu as des seins à me faire damner. Je gémis, je ne peux pas me contrôler. J’en veux plus. Il me soulève ma jupe, me fait entrouvrir les jambes, puis les cuisses, guette mon consentement et me descend ma petite culotte. Je tremble, j’ai peur je devrais lui dire non et pourtant j’aimerais sentir ses mains sur moi, en moi. Je ne sais même pas comment tout cela aurait pu se terminer car nous avons entendu siffler.

Des gamins se chamaillent au retour de l’école. Nicolas a rabattu ma robe , a mis un doigt sur ses lèvres. Et il s’est levé. Son pantalon était baissé, il l’a remonté. Nous avons attendu que les pas des gamins s’éloignent mais l’euphorie était passée. Il s’est approché de moi m’a serré dans ses bras, et m’a dit :

  • Ce n’était pas le lieu rêvé pour que tu deviennes ma femme. Mais j’ai vu dans ton regard que tu voulais et ton corps était prêt à me recevoir. Je t’aime ma Claire adorée.
  • Moi aussi Nicolas j’ai vu que tu me désirais et je t’aime aussi.

Nous avons repris la route et moins de dix minutes plus tard nous arrivions au Domaine. Avant nous nous étions arrêtés près d’une fontaine pour me baigner le visage. La moustache de Nicolas avait laissé quelques traces autour de ma bouche. Mais à l’arrivée je m’étais regardé dans la glace et mon visage avait repris ses couleurs normales. Le soir même Nicolas se coupait sa moustache.

À suivre…

Une rencontre inattendue (18)

  • Tu te moques de moi Charles, c’est bien ta maman qui m’a mise au monde.
  • Oui il n’y a aucun doute, mais je me suis toujours appelé Charles Meignière. Je me souviens de mon grand-père maternel il me disait toujours, toi tu es bien un petit Meignière, j’ignorais notre nom de famille, seul celui-ci m’est resté.
  • Pourquoi je ne suis pas adoptée ? Pourquoi m’avoir considéré comme votre fille si je ne le suis pas.
  • Claire, ton père avant de vous déposez à la porte d’une église avait noté qu’il ferait parvenir aux religieuses ton acte de naissance. Celui-là nous l’avons eu trois mois après l’adoption de Charles, comme c’était la guerre nous avons classé le papier et oublié . Pour nous tu es notre fille.
  • Qui est mon père ?
  • C’est noté de père inconnu, mais le père de Charles a ajouté un papier écrit de sa main. La soeur de Charles est du patron des houillères. Monsieur de Bougainvilliers.
  • C’est tout
  • Oui

Mais je vois bien à la mine de Charles que mon père adoptif et lui-même me cachent un secret. Je le découvrirais, en attendant il va falloir aller dans le Nord pour en savoir davantage.

Je m’en moque du papier d’adoptio, papa et maman m’aiment comme leur fille. Ce n’est qu’un papier. Mais il faut que je comprenne qui a eu vent que je n’étais pas adopté, car tout vient de là. Voudrait-on se débarrasser de moi ? Est-ce que je gênerait des frères et soeurs dans un partage d’héritage. Et maman était-elle marié au père de Charles ? Qui était ma mère biologique, une maitresse pour le père de Charles ou sa femme.

Nicolas me dit que Charles va partir avec Stan pour se rendre dans la petite commune d’où mon père est parti au moment de l’exode. Ils iront en train. Sur place ils essayeront d’en savoir le plus possible, car si Charles a accepté d’y aller, il ne veut pas rester trop longtemps éloigné de sa femme. Et Nicolas d’ajouter, tu aurais pu y aller mais ton père et ton parrain s’y sont opposé.

  • Ils craignent pour ma vie
  • Oui et là tu vas être sous ma surveillance
  • Cela ne le dérange pas
  • Je m’en doute ma douce
  • Chut, personne ne doit savoir
  • Charles a compris. Il me dit de ne pas te regarder avec des yeux d’amour.
  • Je n’avais pas remarqué

Nicolas éclate de rire et je vois mon père apparaître et lever ses sourcils comme il fait quand il est interloqué.

  • Que se passe-t-il pour que vous riez alors que nous sommes dans une situation qui ne le mérite pas ?
  • Père nous n’allons pas pleurer, Nicolas et moi nous évoquions nos premières enquêtes, ce serait trop long à t’expliquer.
  • Et en quoi elles ont le don d’amuser Mr Nicolas
  • Nous n’avions pas trouvé le coupable, c’était juste simulé, et le coupable était notre capitaine.
  • En effet, mais bon qu’y trouvez-vous de risible ?
  • Tu aurais vu ma tête au moment tu pourrais encore en rire.
  • Je vous laisse mes enfants je dois aller voir mes vignes. Charles m’a dit qu’il partait avec votre collègue.
  • Qui va l’emmener à la gare de Mâcon ?
  • Ils partent quand ?
  • Le plus tôt possible, donc aujourd’hui
  • Debrouillez-vous pour l’emmener, j’ai appelé mon assureur j’ai autres choses à faire.
  • Nous y allons père
  • Oui

Bizarre mon père me laisse y aller avec Nicolas, à moins que j’ai un chaperon ou alors il n’a pas réfléchi. J’opte pour le fait qu’il est trop absorbé par tous les évènements qui se succèdent depuis le mariage d’Annabelle.

  • Nicolas saisissons cette opportunité et filons pendant qu’il en est encore tant. Dans le garage il y a la traction de grand-père elle a les vitres blindées. Prenons-là, nous serons à l’abri.
  • Les vitres blindées, elle appartenait à qui ?
  • C’est celles des FFI de la section de Cluny, grand-père était un Résistant.
  • Elle est en état de rouler
  • Oui, notre Majordome la fait briller tous les jours.
  • Allons-y

Nous n’avons pas fait 100 mètres que j’entends mon père crier, je sais très bien ce qu’il dit, je l’entend clairement.

 » Claire reviens, tu n’as pas à te trouver avec un garçon seule… »

  • Que crie ton père Charles ?
  • Demande à Claire, elle le sait très bien
  • Ce n’est pas grave, Nicolas je l’aime
  • Je m’en suis douté petite soeur chérie
  • Ca se voit
  • Oui
  • Crois-tu que Papa va me punir ?
  • Je ne pense pas, mais il sera en colère

A nouveau Nicolas rit et ajoute :

  • Je demanderais la main de votre soeur Charles, nous attendrons pour nous marier.
  • De longues fiançailles , c’est ce que nous avons vécu avec Annabelle. Ça a beaucoup de charme. Mais connaissez-vous votre affectation ?
  • J’ai demandé Lyon ou Mâcon. Et comme je suis premier de ma Promo j’ai toutes les chances d’y aller.
  • Macon ce serait bien, nous en sommes si proche.
  • Esperons ma douce Claire.

Comme nous avons laissé Charles conduire, il en profite pour me prendre dans ses bras et poser sur ma bouche le plus délicieux des baisers.

À suivre…