Une rencontre inattendue (17)

Voilà mes amis sont arrivé, ils sont installé dans leurs chambres et en ce moment ils sont sur la cour et Nicolas fume des cigarettes anglaises mentholées. C’est sa nouvelle passion. Faire sortir de la fumée par le nez ce doit être fort désagréable.

Charles nous a donné des nouvelles d’Annabelle, hélas il n’y a rien de changé, elle dort paisiblement mais n’a pas repris connaissance. Elle n’a plus de tuyaux pour respirer, elle le fait elle-même. Le chirurgien lui a seulement dit d’être patient. Mais Charles n’a jamais su l’être.

Le repas s’est déroulé très cordialement, papa a posé des questions aux garçons. Nous avons parlé du voyage en Angleterre de Nicolas, il est allé à Scotland Yard où son père a un ami. Il est enchanté de ce qu’il a découvert. Stan quant à lui est resté à se morfondre à Marseille, ce qui a bien fait rire Tristan.

Mon père a refusé que je me rende dans la chambre de Nicolas, il doit craindre pour ma vertue. Nous aviserons demain. Pour ce soir je suis fatiguée par ces journées chargées en émotion. Aussi je me retire assez rapidement pour pouvoir dormir et être d’attaque pour notre enquête qui commencera demain.

Aucun bruit si ce n’est le chat-huant qui, toutes les nuits me réveille à 3 h du matin. Si je m’étais levée à cet instant, j’aurai pu voir deux ombres qui se faufilaient dans les vignes. Mais ce n’est que vers huit heures que je vais l’apprendre.

Il est à peine 7 h et déjà la maison s’active, j’entends un bruit, suivi de cris, et finalement mon père tambourine à ma porte et me dit :

  • Claire descends le plus rapidement possible il y a du nouveau
  • Du nouveau à propos de quoi ?
  • Descends je ne veux pas te parler au travers de la porte.

Ni une ni deux je me dépêche, qu’est-il arrivé pour que mon père me demande de descendre si tôt ?

Mon père me traine vers les vignes et me dit :

  • Regarde et dis-moi si quelques choses te choque

A première vue je ne vois rien mais petit à petit je m’aperçois que l’on est venu arracher une rangée de plants de vignes.

  • Notre récolte est fichu si je tenais ceux qui nous ont massacré notre meilleur vin je les pendrais haut et court.
  • Papa calmez-vous , ce n’est qu’une rangée.
  • Oui une rangée d’une cuvée spéciale et que nous montons en puissance chaque année, mon Viré Clissé va être amputé de ces meilleurs raisins. Et surtout viens avec moi, tu verras que les dégâts sont plus importants que l’absence d’une rangée.
  • Attendez Papa, je vais aller voir s’il n’y a pas des traces de pas. La rosée est abondante ce matin , ceux qui ont fait ça n’ont pas marché sur les mains.
  • C’est une très bonne idée, tu veux que tes amis te rejoignent ils prennent leur petit déjeuner en ce moment.
  • Non j’y vais seule, après on avisera.
  • Veux-tu que je t’accompagne ?
  • Oui mais marchez loin de la rangée absente.

Nous voici courant plus que marchant à la recherche du moindre élément pouvant nous mettre sur une piste. Ce n’est ni un objet, ni une trace que nous découvrons en arrivant sur notre parcelle, c’est un homme étendu avec une vilaine plaie à la tête. Un inconnu pour mon père

  • Il a l’air groggy
  • Assommé, tu m’étonnes qu’il est groggy
  • La plaie ne semble pas importante. Va appeler notre médecin ou envoie un des garçons le chercher.
  • Papa ne le secoue pas, tu pourrais aggraver son état.
  • Cela se voit que tu écoutes ta soeur.
  • Elle a travaillé avec notre médecin il lui a inculqué tout ce qu’elle doit savoir.
  • Ce n’est pas faux. Dépêche-toi !

Lorsque j’arrive dans notre salle à manger, les garçons ne sont plus là, seul notre Majordome met de l’ordre. Aussi ni une ni deux je lui demande de téléphoner à notre médecin. Puis il me le passe et je lui expose les faits. La découverte ce matin d’un homme blessé à la tempe, inerte mais qui respire encore.

  • Si vous faites une collection de blessés il va falloir vous arrêter. J’appelle la maréchaussée.
  • Oui, je n’y avais pas pensé
  • Tu voulais enquêter toi-même
  • En quelques sortes, mais bon ce n’est pas ça le plus important.
  • Qu’y-a-t-il de plus important ?
  • Annabelle
  • Oui je comprends

Ouf je m’en suis bien tirée, notre docteur n’est pas allé plus loin dans ses questions. Il faut que je déjeune, ensuite j’exposerai ma théorie à mes camarades. J’espère que Charles ne s’y opposera pas. En fait je ne vois pas la raison pour laquelle il ne le voudrait pas.

Le blessé est aux dires de Charles un saisonnier que l’on avait renvoyé l’an passé pour avoir pris de l’argent et des bijoux. Il est venu se venger mais de qui et surtout pourquoi. Père lui avait payé ses quinze jours de travail, il ne l’avait pas signalé aux gendarmes mais il ne pouvait plus d’embaucher chez nos amis et concurrents. Était-ce cette raison qui l’avait poussé à mettre nos vignes à terre. Les gendarmes patientaient pour l’interroger car il avait repris connaissance.

Notre médecin nous disait qu’il jouait la comédie, qu’il avait repris ses esprits sûrement quelques minutes avant notre arrivée. Il ne tenait surement pas à ce que Mr le Vicomte de La Roche Vineuse l’interroge.

Plutot que de l’emmener dans leurs locaux le Capitaine Laroche l’a interrogé sur place. Et nous apprenons alors qu’ils s’en vont que lui n’a rien fait il.s’est juste opposé à deux hommes qui arrachaient nos plants. Et un des types l’a frappé avec sa pioche. Après c’est un grand blanc. Il a juste entendu mon père me parler et à penser qu’il allait être désigné comme le coupable.

Les gendarmes le laisse en liberté car ils ont les noms des deux types qui ont saccagé nos plans de vigne. Un dénommé Laroze et l’autre Durant, un nom pour le second assez banal mais avec la description qui l’en a faites il y a de grandes chances qu’ils pourront mettre la main dessus.

Lorsque Charles entend leurs noms, il bondit et dit :

  • Messieurs, je vais vous mâcher le travail, nous avons pris en photo tous nos saisonniers pour éviter qu’une année sur l’autre il y est des changements de personnes sous des noms déjà connus. Avec une photo c’est déjà plus difficile.

Charles a sorti le gros cahier noir et nous le compulsons, rapidement nous trouvons le dénommé Laroze, avec sa photo mais il n’y a pas de Durant ni avec un t ni avec un d. Les gendarmes redemandent à l’individu s’il n’a pas fait une erreur dans le nom. Il reconnaît qu’il ne le connait pas, mais Laroze l’a appelé Durant.

Les gendarmes repartent et nous passons aux choses sérieuses pendant que mon père emmène le jeune à la gendarmerie car sa présence sur les lieux nous paraît fort étranges.

J’expose à mes amis ma réflexion de la veille concernant nos origines à Charles et moi. Charles est bouleversé, il fait un effort de mémoire afin de recoller les morceaux sur son existence car la mienne il y a 20 ans n’est pas possible à reconstituer.

Mais Nicolas prend les choses en main, il a toujours été doué pour le commandement. Il a de qui tenir.

  • A cinq ans et vu la période que tu as vécu il est bien possible que tu es occulté une partie de ta vie. Tu es certainement dans le déni. Pire ta femme est inconsciente à l’hôpital ça n’arrange rien. Donc dans un premier temps sans avoir de pression de l’un d’entre nous tu vas chercher tout ce dont tu te rappelles et si possible avant l’exode. Pour ne rien oublier tu les notes. Dans un premier temps je vais te faire une liste, après tu te débrouilles pour ajouter ce qui manque.
  • Oui par quoi dois-je commencer ?
  • Noms prénoms père mère grands-parents
  • lieux où tu habitais, voisins dont tu te souviens. Si tu vivais dans une maison.
  • Nous, nous allons téléphoner dans ta ville d’où vous êtes parti. L’opératrice pourra sûrement nous aider. Tu es certain de ton nom de famille.

C’est là que j’interviens en leur disant il.nous faut les papiers de l’adoption et dessus ils ont dû mentionner notre nom d’avant.

Excellente idée, mais votre père va-t-il vouloir les vous remettre intervient Stan.

Je vais lui les demander, si comme nous il veut savoir il ne devrait pas s’y opposer mais avec notre Père on peut s’attendre à tout.

Charles nous quitte, les minutes s’égrènent puis une heure passe et il n’est toujours pas revenu.

  • C’est bien long Claire, veux-tu aller voir ce qu’il se passe mais un conseil reviens vite.
  • Je reviens aussi vite que je peux, mais laissez-moi avoir gain de cause, si mon père s’est bloqué il va falloir que j’argumente.

Je file rapidement vers le bureau de mon père, il n’y a personne. Les tiroirs sont tous ouverts, même le coffre-fort est grand ouvert. Je m’approche, personne n’a essayé de voler quoi que ce soit il y a de nombreuses liasses de billets ainsi que les bijoux de ma grand-mère paternelle.

Je pars à la recherche de mon frère lorsque j’entends des éclats de voix, c’est une altercation entre mon frère et notre père. Mon frère semble en colère.

  • Que se passe-t-il ?
  • Ça ne va pas te plaire Claire ce que je viens de lire.
  • Explique-moi
  • Tu n’es pas adopté, tu es juste placé et tiens toi bien tu t’appelles Claire De Bougainvilliers.

À suivre…

Unec rencontre inattendue (16)

Dès que je suis dans la traction noire de notre médecin je ne puis m’empêcher de demander à mon parrain d’où viennent les armes . Il me répond qu’elles appartiennent à la gestapo et ajoute.

  • La gestapo a été contrainte de tout abandonner au moment du débarquement
  • À quel moment ?
  • Lorsque les Maquisards de Cluny sont venu une nuit sans lune attaqué le Domaine.
  • Vous étiez où ?
  • Ici aux Domaines, mais la gestapo avait la grande maison et nous, nous vivions dans les annexes. Mais ils ne sont arrivé qu’en 1942 au moment où la ligne de démarcation a disparue. Deux ans sous la botte nazie a été suffisant.
  • Vous avez combattu
  • Oui et notre prise de guerre était ses fusils, ton grand-père les avait entreposé dans les cadolles. Et nous les avions complètement oubliés.
  • Celui qui les a retrouvé soit il connaissait leur cachette soit il les a trouvé.
  • Bonne déduction Mademoiselle l’enquêtrice

Tristan se mis à rire ce qui a détendu l’atmosphère. Je voyais les yeux de mon oncle lancés des éclairs lors du récit du médecin. Il n’avait pas l’air d’apprécier qu’il nous raconte la « bataille de Cluny ». Pourtant c’était une page de notre histoire qu’y avait-il de mal à l’entendre.

Mais tout cela ne me disait pas la raison pour laquelle j’étais devenue une cible. Adopter à l’âge de 18 mois par Paul et Claudette De La Roche Vineuse, je ne faisais de l’ombre à personne.

Mon père était selon les dires de mon frère un homme bon, mais ses souvenirs n’étaient pas fiables il n’avait que cinq ans en 1940. Et seulement un an de plus lors de notre placement plutôt qu’adoption en mai 1941. Ce n’est qu’en décembre que le père de Paul et Jean faisait accélérer les démarches afin que nous portions leur nom.

Quel danger je pouvais être pour que l’on en vienne à me tirer dessus. Est-ce que tout cela avait du sens? Charles devait l’être tout autant que moi. Pensez un homme, cela transmet un nom. Pourtant notre nom de famille était effacé à tout jamais. Jusqu’à la maison du médecin je me faisais des noeuds au cerveau pour comprendre la raison pour laquelle on avait essayé de me tuer.

Mais personne ne comprenait. Je ne représentais rien qui puisse mettre en danger la notoriété des vins. Je n’étais pas la fille d’un prince. Il fallait que je découvre qui était nos parents. C’était là l’énigme et le nœud du problème.

Cela n’avait aucun rapport avec la guerre c’était plus mon appartenance à une famille qui faisait de Charles et moi les boucs émissaires d’une vengeance. Notre nom de famille était des plus banales.  » Meignière » . Avait-on une particule, en ce cas tout changerait. Demain avec mes collègues de l’école de police nous nous pencherons sur notre histoire.

À suivre…

Une rencontre inattendue (15-1)

  • Non je ne m’étonne pas, vous avez dit à table que le fils de « votre Général » allait venir. Que vous étiez dans son État Major. Or c’était pendant la drôle de guerre. Ensuite je pense que comme beaucoup vous êtes retourné travailler à votre vigne. Mais je sais aussi par Grand-père que la gestapo avait réquisitionné le domaine. Serait-ce une prise de guerre ?
  • Et bien ma filleule vous avez déduits pas mal de choses. Votre enquête commence bien.

Au moment où je vais répondre à mon parrain, ce dernier se jette sur moi et me plaque au sol. Et il crie :

  • Paul couche-toi le fou va nous tirer dessus.

J’entends une rafale de balles qui nous passe largement au-dessus. Puis plus rien, un grand silence comme celui de la mort. Au sol je vois couler du sang, je réprime le cri qui me vient. Me touche le front, j’ai du sang mais je ne suis pas blessée. Donc c’est celui de mon parrain.

  • Papa papa réponds-moi
  • Oui, ne t’inquiètes pas
  • Mais Papa il y a du sang
  • J’arrive, ne bouge surtout pas

Je ne sais combien de temps s’écoule mais mon parrain ne m’a pas adressé la parole, il est lourd sur moi. Et mon père qui n’arrive toujours pas. Je ne sais ce que je dois faire.

Enfin j’entends la jeep qui revient, Charles se précipite vers moi. Il soulève délicatement mon Parrain, je l’entend dire à mon cousin. Va chercher le médecin, demande au Majordome de l’appeler.

Claire ouvre les yeux, tu n’es pas blessée. Ne t’inquiètes pas, Parrain est dans la force de l’âge. La tête saigne beaucoup mais je ne pense pas que ce soit très grave. C’est peut-être juste un cailloux qui a ricoché sur sa tête.

  • Et Papa ?
  • Papa n’est pas là
  • Mais il était avec nous, Parrain lui a dit de se coucher car le fou allait nous tirer dessus. Je ne sais même pas comment il s’en est aperçu
  • Nous aussi nous l’avons vu, le soleil a envoyé un éclat. L’autre ne s’en est pas rendu compte.
  • Il visait qui donc ?
  • Malheureusement je pense que c’était toi
  • Mais pourquoi ?
  • Ca je me le demande
  • Hier matin il se serait trompé de cibles
  • Oui je le pense, mais c’est à la police criminelle de nous l’expliquer.
  • Papa m’a permis d’enquêter
  • Tu es à la fois victime et enquêtrice ? Est-ce compatible ?
  • Je vais l’inventer pour moi. Mais Papa serait dedans la cadolle.

À ce moment Julien apparaît avec mon père ils arrivent par le chemin du bas.

  • Par où êtes-vous passé Père
  • Lorsque mon frère a crié j’étais juste vers les éboulis aussi je me suis jeté à l’intérieur de la cadolle et petit à petit j’ai rampé, le mur en s’affaissant a dégagé l’entrée du tunnel qui relie les deux cadolles entre elles. Et doucement je suis descendue en prenant garde de ne pas me taper la tête car tout s’est affaissé à certains endroits. De plus la pente est raide.
  • Pourtant je vous ai parlé
  • Oui et je t’ai répondu, il y a un conduit qui les relie, enfants avec mon frère on s’amusait à se parler de cette manière.
  • C’est intéressant

Sur ces entrefaites notre bon médecin est arrivé dans la jeep menée à tombeau ouvert par mon cousin.

  • Après la nièce c’est l’oncle vous avez installés un stand de tir dans vos vignes.
  • Arrête tes conneries toubeeb
  • Je vois que le mort va mieux
  • C’est une égratignure
  • Qui nécessite de te recoudre, passe à la maison je te ferais ça
  • Je pensais que tu avais apporté ta panoplie
  • Je n’ai rien apporté, je suis juste venu constater ton décès
  • Mon fils a dû se montrer alarmant
  • Bon j’ai appelé la gendarmerie il devait demander à je ne sais qui de venir rapidement.
  • Les Lyonnais de la criminelle
  • Ah et bien ils vont arriver dans huit jours
  • Toujours le mot pour rire Paul
  • Tu crois que ça m’amuse qu’un dingue tire sur mes filles
  • S’était Claire qui était visée
  • Il semblerait vu que je l’ai poussé à terre et que c’est moi qui ai pris la balle.
  • Effectivement tout correspond, vous ne l’avez pas pris en chasse.
  • Si tu penses que l’on a que ça à faire.

C’est à ce moment que Maman est arrivée, ses Messieurs se sont tourné vers elle. Elle avait effectué une course rapide qu’il a fallu que notre bon médecin l’examine avant qu’elle puisse nous dire que Monsieur d’Archambault Nicolas et Mr Ménière Stéphane étaient à la gare de Mâcon.

  • Vous leur avez dit Ma mie que nous étions en plein drame.
  • Bien entendu Charles je ne suis pas une oie blanche

Papa s’est approché de Maman et l’a pris dans ses bras. C’était rare que devant les autres, Il la prenne dans ses bras, alors lui donner un baiser était improbable. Pourtant c’est ce qu’il a fait en cette soirée de juin 1960.

  • Charles va avec ta soeur cherchez ses Messieurs, allez tous les deux dans la gare, veille sur elle et commencez à discuter tous ensemble des derniers événements. Et dépêchez-vous de revenir. Mais faites bien attention, ce type est peut-être caché et va vous suivre.
  • Pourquoi l’envoie tu avec Charles Paul ? Va avec ton fils.
  • Mais nous ne connaissons pas ses Messieurs
  • Il n’y en aura pas cinquante
  • Après tout tu as raison, Claire va avec ta mère chez ton Parrain.
  • Venez plutôt chez moi, il faut que je recouse le front de Jean. Allez embarquez dans ma traction.

Julien que mon cousin était allé chercher patientait en tournant sa casquette dans tous les sens, il semblait fort ennuyé. Tristan riait de sa déconvenue.

Au moment de partir mon père se rappela qu’il avait fait venir Julien pour qu’il lui en apprenne plus sur le saisonnier. Aussi qu’elle ne fut pas notre stupeur de l’entendre lui dire :

  • Quant à toi je te dépose chez les gendarmes, tu auras la langue déliée. Car de près ou de loin tu es mêlé à ses événements.
  • Monsieur s’il vous plaît je veux bien répondre à toutes vos questions mais ne m’amener pas chez les pandores.

À suivre…

Une rencontre inattendue (15)

La journée chez mon parrain s’est super bien passée, malgré qu’Annabelle n’ait toujours pas repris connaissance. L’enquête avait été diligenté sur Lyon car la nièce et la fille du Vicomte de La Roche Vineuse méritait tout ce qu’il y avait de meilleurs pour retrouver celui qui avait voulu la faire disparaitre.

Nicolas avait réussi à joindre Stan qui faisait du bateau selon son père. En vérité il godillait de ci de là selon sa soeur et rentrait chaque soir au port. Aussi en rentrant notre Majordome nous informait que le père de Monsieur Nicolas d’Archambault voulait parler à mon père et qu’il rappellerait vers 18 h si cette heure convenait.

  • Ah je vois que le Général d’Archambault se souvient de moi.
  • Ah vous le connaissez Père
  • Oui, pendant la drôle de guerre je faisais parti de son État Major.
  • D’accord, donc vous avez d’autant plus confiance en son fils.
  • Rien ne peut m’assurer que son fils est aussi droit dans ses bottes que son père. Il suffit de voir Annabelle pour commencer à douter.

Avec des propos pareils je ne me sentais pas en capacité de l’affronter. Il ne me restait plus qu’à attendre l’entrevue entre « copains de régiment ».

À 17 h 30 j’étais non loin de l’Office lorsque mon père a eu son copain de régiment. Il a fait fermer la porte au bon vieux Nestor, surement voir que je n’entende pas ce qu’il disait. Je rageais intérieurement, mais la chance m’a souri lorsque notre cuisinière est arrivée du jardin avec un gros sac. Je me suis précipitée pour l’aider et j’ai laissé négligemment la porte entrebâillée.

Hélas mon père venait de raccrocher, aussi me suis-je sauver dans le jardin ne voulant pas être prise à l’écouter.

  • Ah je te cherchais Clairette, c’est donc là ton refuge
  • En quelques sortes Père
  • J’ai eu le Général c’est bon il.consent à ce que vous vous amusiez à découvrir qui est le coupable. Par contre il vous est interdit de faire valoir vos découvertes contre les instances de Lyon. Si vous découvrez avant eux un fait majeur tout le mérite en reviendra aux policiers de Lyon.
  • Mais Père
  • Il n’y a pas de « mais », Claire c’est ainsi et tu n’as pas a discuter mes ordres. Maintenant file te changer nous allons faire un tour dans les vignes.
  • Oui Père

Je me demandais bien ce que nous allions y faire, surtout qu’il était déjà tard, les ombres avaient envahis une partie du vignoble où s’était déroulé la fusillade. En redescendant de ma chambre je trouvais Charles en grande discussion avec notre Père. Il y avait aussi mon parrain et son plus jeune fils. Ils étaient en jeep, vingt ans d’âge mais qui nous servait pour nous déplacer dans les chemins de terre.

  • Claire mets-toi à côté de ton parrain, Charles Tristan et moi nous nous entasserons à l’arrière. Jean nous allons à la cadolle.

Cahin-caha nous filons au travers des chemins qui parcourent nos vignes. Une demi-heure plus tard nous arrivons à la cadolle de Grand-père. Elle s’est effondrée sur un côté mais la porte est toujours accessible. Seuls mon parrain et mon père entrent. Charles a une paire de jumelles, je me demande ce qu’il scrute au loin. Tristan âgé de 15 ans tire une tête d’adolescent qui s’ennuie. Mais lorsque son père sort avec un fusil en bandoulière ses yeux s’illuminent.

Mon père est en colère et il apostrophe Tristan en lui disant :

  • Qui était avec toi ?
  • Mais personne, j’ai expliqué à Papa que j’avais vu Julien et un saisonnier avec une petite barbe sortir de la Cadole avec Annabelle.Julien a mis son poing dans la tête du saisonnier, et l’autre lui a dit le jour où je te braquerais tu seras mort car les Mausers je les connais ils tirent 12 à 18 coups en rafale.
  • Charles va chercher Julien
  • Je prends la jeep j’irais plus vite
  • Attends je t’accompagne

Claire tu restes, ton enquête vient de commencer. Tu ne t’étonnes pas que je savais que des armes allemandes étaient cachées là.

À suivre…

Une rencontre inattendue (13)

– Votre frère qui a fait les vendanges l’an passé, est allé en prison. Qu’a-t-il fait ? Père disait que c’était un bosseur.

– Cela n’a rien à voir avec le travail, c’est au bal

– Il a participé à une bagarre ?

– Oui

– Vous ne me dites pas tout Hilda, en quoi une bagarre a des conséquences sur votre place ? Mon père ne songe pas tout de même que votre frère aurait pu tirer sur ma sœur.

– Je ne peux pas vous dire quoi que ce soit à ce sujet Mademoiselle, mon frère n’est même pas venu me rendre visite. C’est Monsieur qui vient de m’apprendre qu’il est sorti de prison.

– Ne vous inquiétez pas Hilda, je vais de ce pas me rendre chez mon père et l’implorer pour que je vous garde à mon service.

– Je vous remercie Mademoiselle mais ne vous faites pas gronder à cause de moi.

– N’ayez crainte, tout va bien se passer.

J’ai à peine descendu trois marches que je me heurte à ma Mère, elle pleure, mais discrètement je détourne la tête, ne voulant pas la blesser dans son amour propre.

– Où vas-tu Claire de ce pas si pressé

– Je ne veux pas qu’Hilda soit renvoyé, son frère n’est pas un mauvais garçon, il aime se battre mais papa a toujours vanté son travail. Pourquoi aurait-il tiré sur Annabelle ?

– Ton père fait esclandre sur esclandre. Il tourne en rond dans la bibliothèque comme un ours en cage. Je vais dire à Hilda de ne pas partir.

– Oh merci Maman, elle était désespérée. Son frère se nomme comment ?

– John

– Cela fait plutôt anglais.

– Oui tu as raison, mais je pense que la fille est née d’un soldat allemand et le garçon d’un anglais.

– Ils sont compliqués dans leur famille. Où est sa mère ?

– Elle travaille chez ton parrain, enfin elle travaille est un bien grand mot, elle aide car à 50 ans c’est déjà une vieille femme.

Maman que penses-tu du coup de feu qui a blessé Annabelle ? Pourquoi cela a un rapport avec Hilda ? Où est son père ?

Je n’en sais rien et si j’ai un conseil ne va pas enquêter et ne t’en mêle pas. Mais je te connais tu vas passer outre.

– Écoutez ma petite maman chérie laissez-moi téléphoner à deux amis de bonne famille. L’un est le fils d’un général des armées, l’autre son père est chirurgien à Marseille. Ils viendront me donner un coup de main. A nous trois nous trouverons sûrement des indices. Mais il faut que Papa me dise tout . Surtout ses doutes et suspicions.

– Tu rêves ma Clairette, jamais ton père ne va se confier à toi. Je pense que ses secrets il va les emporter dans sa tombe.

– S’il ne me les dit pas à moi, il les dira ou à Charles ou à mes collègues. Alors je peux téléphoner.

– Oui mais fais attention à ton père

– Merci ma petite Maman

Je me jette dans ses bras, la fait virevolter et l’embrasse fougueusement sous l’oeil goguenard de mon père. Je suis certaine qu’il a tout entendu. Je verrais bien s’il me suit à l’Office où se trouve notre téléphone.

Père me talonne et me suis, il me laisse décrocher le téléphone.

Bonjour je voudrais le 20 à Orléans, oui merci j’attends. Oui Famille Fourchambault. Merci, bonne journée.

Bonjour Madame, je voudrais parler à Nicolas Fourchambault. Oui de la part de Claire De La Roche Vineuse. Merci j’attends.

Nicolas

Oui c’est toi Claire. Bon anniversaire

Tu t’en es souvenu

Oui, je t’ai envoyé un petit colis, tu ne l’as pas reçu.

Non hier je ne sais pas si nous avons pensé à regarder le courrier, je vérifierai. Mais je voulais te demander, es-tu disponible ces jours-ci ?

C’est à ce moment que mon père m’arrache le téléphone et demande à Nicolas tout son pedigree

Vous êtes le fils d’Archambault , le Général

Oui Monsieur, donc ma fille va vous propose d’enquêter sur la tentative de meurtre sur sa sœur aînée.

Elle est dans le coma

Vous venez avec un ami car vous êtes tous les trois indissociables. Nous sommes pressés vous êtes les bienvenus chez nous je vous fais préparer des chambres. Au revoir Monsieur d’Archambault.

Et bien Clairette vous ne m’aviez pas dit que ce Nicolas vous plaisait

Ce n’est pas mon amoureux Père

Hum, allez nous partons chez votre parrain.

À suivre…