Une rencontre inattendue (7)

  • Et qu’y a-t-il d’autres dans ce dossier ? Tu avais cinq ans, tu m’as toujours dit que nous avions une maison vers Lille. Notre papa n’a pas tout emporté sur sa carriole. Nous devons bien y avoir laissé des objets, des papiers. La famille de Maman , elle existait bien.
  • Claire je vais me renseigner
  • Pourquoi ne l’as-tu pas fait pendant que tu étais seul, alors que maintenant tu vas épouser Annabelle et tu vas avoir un enfant.

Au moment où je termine ma phrase je vois Charles serrer les poings et dans ses yeux un éclat d’une chose indéfinissable. Il ne veut pas de cet enfant je le ressens au plus profond de mon être. Mais je ne dis rien, ce n’est pas le moment. Nous verrons lorsque l’enfant sera né.

  • Je vais rentrer avant que Père parcourt ses vignes, fais-en autant.
  • Non je l’attend, il m’a donné rendez-vous
  • Pour ?

A ce moment j’entends la voix de notre père :

  • Deja lever Clairette

Je dissimule rapidement comme je le peux le dossier sur notre père légitime et répond.

  • J’ai voulu célébrer le mariage de Charles avant tout le monde, mais maintenant je file me coucher.
  • Tu veux dire te faire belle
  • Il est si tard, la noce n’est qu’à 10 h
  • Oui, mais la maison est déjà une ruche, les coiffeuses sont arrivés pour ta sœur, et bientôt pour toi. Allez file maintenant c’est une affaire d’homme.

Avant de les quitter je saute au cou de notre père mais hélas le dossier tombe, heureusement qu’il est attaché par un élastique car rien ne s’éparpille. Seulement cela met la puce à l’oreille de notre père.

  • Qu’est-ce donc ?
  • Quelques dessins que j’ai montré à Charles
  • Et moi ?
  • C’est une surprise !

Et je m’enfuis en courant ne lui laissant pas le temps de saisir le dossier. Je l’entend rire et ajouter cachottière

Ouf je m’en tire bien. Il faudra que je lui montre après la noce quelques dessins sinon il va revenir à la charge. Pour l’instant je cours rejoindre Annabelle, elle voulait que je vienne la voir dans les mains de la coiffeuse. Lorsque j’arrive tout est bourdonnement comme si un millier d’abeilles butinaient de ci de là.

Mère est sortie de son lit, elle a le teint cireux, je me demande ce qui la mine tant. Mais ici c’est tabou on ne peut pas savoir de quoi souffre notre Mère. Pour moi ce n’est jamais Mère mais Maman, la mienne m’a tant manquée que Ninon la mère d’Annabelle est tout naturellement devenue la mienne. Puis enfants nous lui disions Maman. C’est seulement depuis la mort de notre grand-mère que notre père nous a ordonné de lui dire Mère et de la vouvoyer.

Peu importe, je lui saute au cou notre père n’étant pas dans les parages. Maman m’embrasse et me dit :

  • Comment va mon bébé ce matin ?
  • Ton bébé va avoir 20 ans demain
  • On va te fêter, aujourd’hui le mariage de ta soeur et ton frère. Demain on refait la fête pour célébrer tes 20 ans. L’an prochain tu seras majeur. Alors j’ai encore un an à t’appeler mon bébé.
  • Oh oui je veux bien. Que dois-je faire ?
  • Annabelle t’attend avec la coiffeuse. File les rejoindre mais passe une robe je ne veux pas qu’elles te vois comme un garçon.
  • Comme un garçon ?
  • Ce pantalon tu l’as emprunté à ton frère
  • Oui il ne lui va plus , aussi je l’ai réajusté à ma taille et lorsque je vais vendanger je l’enfile.
  • Ton père le sait ?
  • Oui et il préfère m’a-t-il dit
  • Alors si ton père est d’accord tout est parfait.

Je monte quatre à quatre les marches, je m’engouffre dans ma chambre me déshabille entièrement et file sous la douche. Passe une robe en percale fleurie et me précipite dans la chambre de ma soeur ainée. Je suis attendue, pourtant je ne suis pas la mariée. Annabelle est debout vers la fenêtre et me dit lorsque j’entre :

  • Tu faisais quoi avec Charles si tôt
  • Des secrets je lui racontais

Et j’éclate de rire et ne laisse pas le temps à Annabelle de répliquer, elle rit avec moi et nous passons à autres choses. Elle ne veut plus avoir les cheveux défaits Elle veut un chignon. La coiffeuse lui explique que les cheveux défaits mettraient en valeur ses boucles.

Mais c’est bien de cela qu’il s’agit, elle déteste ses boucles que je lui envie. Elle aimerait échanger avec ma tignasse aux cheveux raides. Cela fait un an que je me laisse pousser mes cheveux pour me faire un chignon, je n’en ai parlé à personne il me faut convaincre ma sœur à ne pas avoir de chignon.

  • Tu ne peux pas avoir de chignon
  • Pourquoi ?
  • Car tes quatres demoiselles d’honneur en auront et toi on doit voir la beauté de tes cheveux.
  • J’ignorais, c’est la raison pour laquelle tu t’es laissée pousser les cheveux. Ainsi que ma collègue et nos cousines. Cachottiere.
  • Oui, mais tu devais en avoir la surprise
  • Et bien c’est raté. Décidément je suis nulle je fais tout raté.
  • Ce n’est pas grave Belle

Annabelle essuie une larme et me prends dans ses bras je viens de l’appeler comme lorsque j’étais très jeune par son diminutif.

  • Merci Clairette
  • Tu resteras toujours ma Belle
  • Meme quand je serais vieille comme une pomme ridée.
  • Oui

Et voilà ma soeur va se faire peigner comme Maman le désirait. Et nous les demoiselles d’honneur nous serons avec nos chignons et un ruban assorti à nos robes. Bleu pour moi, rose et verte pour mes cousines et jaune pour l’amie d’Annabelle. Nos garçons d’honneur auront leurs mouchoirs assortis à nos robes.

Je suis assise sur l’escalier qui sent l’encaustique. J’attends que la mariée sorte de sa chambre mais pour l’instant seul notre Père en colère crie. Que se passe-t-il ?

À suivre…

Une rencontre inattendue (6)

Décidément personne ne va me laisser dormir. Je regarde ma montre il est 5 h 30 du matin, quel est le bruit qui m’a réveillé ?

j’allume ma lampe de chevet et aperçois sur le sol une pierre enroulée dans un papier. Je suis certaine que c’est Charles qui vient de me l’envoyer. Que me veut-il ?

Je me lève, et défais l’élastique qui entoure ce message.

« Sœurette viens me rejoindre à la vigne de grand-père proche de sa cadole. »

C’est laconique mais je suis certaine que c’est Charles qui me l’a envoyé. En bas il a mis un cœur avec nos deux initiales de nos prénoms. Deux C entrelacés. C’est au cas où. Cela date de fort longtemps lorsque j’étais enfants. C’était me disait-il pour que je sois toujours sûr que c’était lui qui m’envoyait des messages. Mais nous ne l’avions plus utilisés depuis une décennie.

Je passe rapidement un tee-shirt et un pantalon, et pris d’un doute je n’emprunte pas l’escalier mais descend par la vigne vierge qui serpente sur le mur de notre maison. Je me réceptionne facilement et part d’un grand pas à la vigne de Grand-père. Les raisins sont déjà bien formés mais ils n’ont pas atteint leur maturité complète. Les vendanges commenceront d’ici deux mois. Mais il ne faut pas que je m’attarde notre père se lève tôt et je ne voudrais pas qu’il m’aperçois dans les vignes en train de comploter avec mon frère. Comploter est un bien grand mot, mais que va m’annoncer Charles au matin de son mariage.

Il est là habillé pour son mariage, beau comme un cœur. Il a la mine soucieuse. Que se passe-t-il ? Mais il ne me laisse pas le temps de le lui demander. Il s’approche de moi et m’enlacer en me disant :

  • Il faut que je t’avoue quelques choses, je ne sais pas si c’est le bon moment mais je me marie je me dois de t’en faire part.
  • Qu’as-tu à me dire de si important ?
  • Voila j’ai 25 ans et il y a quatre ans le jour de ma majorité j’ai reçu des mains de grand-père un gros dossier. Il m’a dit voici les recherches que j’ai faites pour retrouver ton père.
  • Ah Grand-père a cherché notre père, mais pourquoi ?
  • Tu sais Grand-père était de la vieille école, adoptés des enfants il ne fallait pas qu’il y est une mésalliance.
  • Ah et bien je ne le pensais pas comme ça, je suis déçue.
  • Ne soit pas déçue, il était ainsi mais il nous aimait tout autant qu’Annabelle.
  • J’espère,mais que contient son dossier.
  • Notre père ne pouvait pas revenir nous chercher car il était dans la Résistance et il a été exécuté le 15/06 1944
  • J’avais à peine quatre ans, tu penses que les femmes de la DDASS était au courant puisque c’est à cette date que nous avons été bons pour l’adoption.
  • Oui elles étaient au courant,il y a le nom de Madame Loiseau.
  • je m’en doutais. Mais pourquoi ne t’a-t-elle rien dit ?
  • Je ne sais pas, ce n’est pas grave car maintenant tu verras notre père avec d’autres yeux. Il ne nous a pas abandonné, il a juste servi notre Pays.

À suivre…

Une rencontre inattendue (5)

Haïr jamais ce mot a franchi les lèvres de notre famille. Pourquoi Annabelle tient pareils propos. Il faut qu’elle s’explique.

  • Annabelle pourquoi tu haïs Julien. Que t’a-t-il fait ? Ou dit ?. Explique-moi.
  • J’avais rendez-vous cette nuit avec Julien nous devions partir tous les deux en Espagne ou sa famille nous attendait. Mais…
  • Oui que s’est-il passé ?
  • Il n’y était pas, seule une vieille femme m’attendait, sans un mot elle m’a tendu une enveloppe à l’intérieur un mot laconique. Je ne t’aime pas, adieu sois heureuse.
  • Qu’as-tu fais ?
  • J’ai demandé à la femme qui elle était, elle m’a dit sa grand-mère, et elle m’a giflé en me disant « sois maudite et laisse nous tranquille ».
  • Ce n’était pas sa mère et elle t’a giflé. Dis-moi Julien sait-il que tu attends un enfant ?
  • Non je devais le lui annoncer ce soir.

A ce moment là, la porte de ma salle de bain s’est ouverte et mon frère Charles lui a dit :

  • Épouse-moi, tu seras libre, et j’attendrais que tu m’aimes d’amour. J’élèverais ton bébé, ce sera le nôtre. Nous ne dirons pas à Père que tu voulais fuir avec ce vaurien. Célébrons notre noce. Le veux-tu ma Douce ?
  • Tu ne m’en veux pas que je ne sois pas la première pour toi.
  • Non car moi aussi à la fac je suis tombé amoureux d’une fille, elle s’est donnée à moi, mais elle n’attend pas d’enfants, c’est une femme papillon, elle butine de ci de là. Toi tu es unique et tu seras à moi dès cette nuit.
  • Mais le bébé
  • Quoi le bébé ? Je ne lui ferais pas de mal, tu le sais bien toi qui a fait deux années de medecine.
  • Oui, puis je ne suis pas enceinte de beaucoup de mois, c’est juste que je m’en suis aperçue très rapidement.
  • D’ici là
  • Que veut-tu dire ?
  • On ne sait jamais, regarde Maman elle a fait combien de fausses couches
  • 5 avant que Papa et Maman vous adopte. Mais est-ce bien de se marier entre frères et sœurs.
  • Nous ne sommes pas du même sang. Et personne n’a l’air de s’y opposer que ce soit le maire ou le curé. Donc nous ferons la noce. Ce sera la plus belle de la Région. Et maintenant il est temps d’aller dormir.

Enfin me voici seule et je m’interroge , seront-ils heureux ou feront-ils semblant? Je ne sais quoi penser de cette situation étrange. La noce aura lieu mais j’aimerais savoir comment est Annabelle ? Ses états d’âmes, son ressenti. Pourra-t-elle tenir son rang ? Celui que son père lui a inculqué. Va-t-elle tendre heureux mon frère ? Et lorsque ce bébé va naître comment vont se comporter ceux qui ne verront pas les traits ou une quelconque ressemblance avec Julien.

Il est cinq heures du matin il serait grand temps que je dorme. Mais des pas sur les gravillons me font me relever. C’est notre père et Charles. Au début je n’entends rien de leurs échanges puis je les vois se congratuler et Père dit à mon frère.

  • Merci tu as sauvé l’honneur d’Annabelle

Si ma sœur n’avait rien dit, certes c’était malhonnête envers mon frère mais…Je ne sais quoi penser de tout cela. J’espère que ce Julien ne lui a pas conte fleurette car nous avons été élevée à L’ École des soeurs et on nous répétait à longueur de journées de ne pas s’offrir au premier venu. Annabelle la Sainte comme ses amies l’appelaient avait fauté, j’avais des doutes.

À suivre…

Une rencontre inattendue (4)

Qui était ce mystérieux inconnu dont se serait épris ma sœur Annabelle ? J’étais tout le temps avec elle mais seulement aux vacances car nous étions jusqu’en terminale en pension au « Clos fleurie ». Elle était allée à la fac de médecine puis avait abandonné, ensuite elle était entrée en deuxième année à L’ École d’infirmière. Depuis elle était chez une amie de notre mère en libérale. Elle ne sortait jamais, je ne vois pas qui serait cet amoureux.

L’homme qui l’avait bousculé ressemblait plus à un ouvrier agricole qu’à mon frère Charles. Est-ce qu’elle s’était éprise d’un saisonnier ? Au vu des paroles de Rose cela me semblait assez conforme. Mais pourquoi avoir dit oui à Charles. Je n’y comprenais rien.

J’ai dû m’endormir car ma lampe de chevet est allumé , mais ce n’est pas pour cette raison que je suis réveillée. On gratte à ma porte. C’est Charles je reconnais sa façon de faire, mais cela fait bien longtemps qu’il n’est plus venu dans ma chambre.

Rapidement je passe un déshabillé et entrouvre la porte, c’est lui, il s’engouffre dans ma chambre et s’affale sur mon lit en proie à une crise de nerf comme jamais j’en ai vu.

Puis il se met à sangloter et entre deux sanglots me dit, Annabelle est partie, tout-à-l’heure il n’y aura pas de mariage. Je suis juste son frère elle ne m’aime pas d’amour.

  • Comment le sais-tu ?
  • Dès que tu nous as dit qu’elle n’était pas dans sa chambre je suis montée à la Cadole et elle y était, elle m’attendais.
  • Qu’ a-t-elle dit ?
  • Elle aime Julien le joueur de guitare
  • Celui qui fait les vendanges
  • Oui, lui, elle s’est donnée à lui et elle attend un enfant.
  • Oh ! Père et Mère sont au courant
  • Oui, notre père tout du moins. Il a exigé qu’elle se marie avec moi, l’enfant sera le nôtre et Julien ne reviendra plus vendanger.
  • Mais il y a un mais
  • Oui, Annabelle a consenti au mariage, mais chez une patiente à Mâcon elle a croisé son amoureux. Et elle a… Enfin tu comprends ce que je veux dire. Elle m’aime comme un frère et c’est tout.

Bien entendu que je comprenais, mais pourquoi ne s’était-elle pas confiée à mon frère. Jamais il n’aurait pu l’épouser la sachant amoureuse d’un autre.

Je voyais mon frère debout devant la fenêtre. Il pleurait.

  • Est-ce que toi tu l’aimais ?
  • Oui et non. Elle était plus ma petite soeur que ma future femme. Mais Grand-père me léguait la grande maison que si j’épouse Annabelle.
  • Tu peux vivre n’importe où, tu n’as pas besoin de cette maison. Tu prendras la succession de notre père, les vignes continueront après sa mort. Et surtout tu rencontreras une autre femme que tu chériras.
  • Je ne sais pas, je ne sais plus. Je vais partir.
  • Non ! Ne me laisse pas. Tu as toujours été mon pilier, ma bouée, mon phare, si tu pars, papa maman diront qu’ils ont raté leur vie. Maman est malade tu le sais. Et ce mariage c’était l’apothéose de leur vie. Leurs enfants se mariant ensemble.
  • Et bien ce n’est plus possible .
  • Ne pars pas attends demain, discute avec Père

Au moment où je lui dis cela, à nouveau un léger bruit se fait entendre. Ce sont des graviers que l’on jette à ma fenêtre. Je regarde et je vois Annabelle. J’ouvre ma fenêtre et lui dis de monter par l’échelle. Charles se précipite hors de ma chambre, mais je lui fait signe de se cacher dans mon cabinet de toilette. Il s’enferme et attends.

Annabelle à son tour s’écroule sur mon lit, au même endroit où Charles était il n’y a pas si longtemps.

  • Je hais Julien

À suivre…

Une rencontre inattendue (3)

Tous les trois nous nous précipitons dehors, mais il fallait bien se rendre à l’évidence, Annabelle avait disparu.

Seule sur les escaliers restait une tâche de sang mais notre sœur n’était plus là. Mon père se faisait moins de soucis que Charles.

Voyons, Charles ne vous mettez pas dans cet état, Annabelle s’est relevée et est allée se coucher.

Mais Charles n’était nullement d’accord, aussi pour le calmer je partais en courant dans la chambre de ma grande soeur. Mais son lit n’était pas défaut. Annabelle avait disparu. Je ne pensais pas qu’elle avait quitté la demeure familiale de son plein gré. On venait de l’enlever mais pourquoi ?

Charles à mon retour de la chambre de son amour était abasourdi, où était son Annabelle ? Pourquoi l’avait-on enlevé, qui et pourquoi ?

Notre père a rapidement appelé la gendarmerie, le Comte de La Roche Vineuse était fort bien considéré dans la Région, aussi ses derniers firent diligences pour arriver rapidement sur les lieux…..

Il était plus de minuit quand les gendarmes repartent de notre demeure. Annabelle était introuvable. Seuls ses pas qui partaient en direction de la vigne nous prouvaient qu’elle était bien vivante.

Avec qui avait-elle rendez-vous ?

Père ne comprenait pas, quant à Charles j’avais comme l’impression qu’il nous cachait quelques choses. Mais à ce stade de l’enquête il n’était pas encore en capacité de nous l’expliquer.

Quant à moi qui pensait connaître tous les secrets de ma sœur je me posais un nombre impressionnant de questions.

Elle était tellement heureuse de se marier, elle m’avait offerte une merveilleuse robe de demoiselle d’honneur bleue pâle de la couleur de mes yeux, quand à ma cousine Élodie elle en avait une verte, elle aussi de la couleur de ses yeux. Nous aurions dû porter une capeline de la même couleur. Si ma cousine était avec son fiancé moi j’aurais dû être avec le fils de nos meilleurs amis, un jeune homme qui était aux beaux arts. Il avait 22 ans et Annabelle me disait :  » Vous feriez un beau couple », cela me faisait bien rire. Personne ne pouvait choisir pour moi.

Père m’a envoyé dormir car je l énerve à tourner en rond. Mais je m’arrête au niveau des cuisines où j’entends des chuchotements. Je n’ai pas pour habitude d’écouter aux portes mais ce que j’entends me laisse pétrifier.

  • La petite dame a disparu
  • Cela ne m’étonne pas
  • Elle la rejoint , j’en suis certaine, pas plus tard que cet après-midi je les ai vu cacher dans les vignes du haut. Je leur ai fait signe que je ne les trahirais pas.

Mais de qui Rose la cuisinière peut-elle parler ? Ma soeur n’aimerait donc pas Charles. Ce serait-elle enfuie avec cet amoureux ? Et surtout; est-ce l’homme qui est sorti en trombe de la maison de Grand-père ?

Mais je n’en saurais pas plus car j’entends mon Père qui arrive, vite je monte quatre à quatre les marches de l’escalier et m’enferme dans ma chambre.

À suivre…