Une voyelle, la besace pleine
part à son rendez-vous
lorsqu’ au détour d’un mot
elle voit s’éloigner son destin
dans le fond d’un tiroir
elle surprend un crayon
qui n’était point là hier,
c’est un cynique voyou
marchant à pas de sioux
Dans une gracieuse posture
dansant sur une page jaunie
les consonnes tressautent
et se gaussent en une sarabande
elles perpétuent de petits meurtres
en souillant les pages d’encre de contrebande
piétinant les chiffres
qui n’ont pas leur place dans cette cacophonie.
La voyelle se laisse surprendre
par ce drôle de personnage
la voici embarquée dans les méandres
de son cerveau hors du commun
en compagnie d’un encrier
au talent d’orateur laissant échapper un parfum
d’autrefois d’où jaillis dans un ultime panache
notre belle en plein effeuillage.
Je vous pardonne vos écarts de langage
à vous seul vous écrivez l’amour
ne raturez plus vos émois
ensemble griffonnons nos chagrins
laissez moi vous surprendre
pour qu’entre ces nouvelles pages
nous soyons enfin réunis.