Une famille tuyau de poêle ! Hum hum ça sent la fin…

Lorsque j’appréhende la jeune Margot cachée dans le potager, elle est tétanisée par la peur. Elle roule les yeux, est hagarde. Claude et moi y allons avec douceur. Cette toute jeune fille a dû avoir la peur de sa vie pour être dans un état pareil. Elle tremble de la tête aux pieds. Et même sans l’interroger, simplement en lui demandant ses noms et prénoms, elle panique totalement.

Avec l’accord de Monsieur de la Roche Vineuse nous nous installons dans son bureau. Margot tremble de la tête aux pieds. Nous appelons Cécile afin qu’elle ne s’effondre pas, nous garderons cela pour nous devant nos supérieurs car nous n’avons pas la possibilité d’appeler un avocat. De plus nous sommes dans la demeure du Comté et non au commissariat. Ce n’est pas très raisonnable mais c’est plus rassurant pour cette toute jeune fille.

Lorsque Cécile arrive, la jeune fille se jette dans ses bras en disant :

  • Maîtresse je n’ai rien fait, c’est lui qui qui…
  • Calme-toi Margot, personne ne te veux de mal, raconte-nous ce que tu as fait depuis ce matin où tu t’es levé ?
  • Maitresse je me suis pas levée j’étais prisonnière
  • Quoi ? Comment ça réagis Claude, plus prompte que moi.
  • Prisonnière mais où donc ?
  • J’étais enfermée dans la serre, j’ai même bu l’eau des plantes tant il faisait chaud.
  • Qui vous avait enfermé ?
  • Je ne sais pas, il faisait sombre je n’ai rien vu, mais la nuit on m’a m’a…

Et la petite éclate en sanglots, que lui a-t-on fait ? De suite je pense au jeune Monsieur de Bougainvilliers. Mais je veux que ce soit la petite demoiselle qui achève son récit. Aussi je lui repose la question.

  • Que vous a-t-il fait, parlez sans crainte. Cécile demande le lui
  • Margot tu m’as toujours confié tes peurs, tes chagrins, alors dis-moi ce qu’il s’est passé dans la serre ?
  • Un homme m’a dit que j’étais une véritable ouïe blanche, il n’a pas eu à m’ôter ma robe je l’avais fait, lui m’a dit j’aime bien les petites boniches nues. C’est celle-ci que je préfère. Mets ton tablier mais ôte ta culotte. Je ne voulais pas, alors il a pris un sécateur et a coupé ma culotte et mon haut. Il a noue le tablier et m’a fait très mal, j’ai hurlé. Il a mis sa main sur ma bouche, ça m’ étouffait. Il m’a dit ce n’est pas grave si tu meurs.
  • Et ensuite
  • Il m’a fait sortir de la serre et m’a dit regarde comme il est beau mon pistolet
  • Son pistolet ? Comment etait-il ?
  • Jaune qui brillait et en haut noir. Il.me l’a mis sur la tempe et m’a dit on va recommencer.
  • Et il t’a violé une seconde fois
  • Oui une deuxième fois puis je ne sais pas combien de fois. Il a fait tomber son arme. Il m’a dit dort, on verra demain.
  • Et qu’as tu fais ?
  • J’ai ramassé l’arme et je lui l’ai mis sur la tempe, il m’a regardé puos s’est débattu et le coup est parti tout seul.

Apres ce récit glaçant Claude et moi nous étions plus que mal en point. Cette enfant avait été violé par cet individu maintes et maintes fois. Mais elle ne l’avait pas tué délibérément bien qu’elle en avait sûrement eu l’intention. Mais dans quel état etait-elle après cette nuit épouvantable. Je pense qu’elle ne serait pas condamnée comme criminelle. Ce n’était pas possible.

Toutefois une chose me tracassait, qui avait remporté l’arme ? Margot n’en faisait pas cas. Il fallait que j’en ai.le coeur net.

  • Dis-moi Margot, c’est toi qui a remis l’arme dans la vitrine
  • Non je suis restée à côté de Monsieur Jules sans bougé. Puis j’ai entendu du bruit et je me suis cachée.
  • As-tu regardé qui arrivait ?
  • Oii
  • Qui est-ce ?
  • Ma Maîtresse

Cecile se lève et lui file une gifle magistrale en lui disant

  • Sale menteuse, j’étais prête à comprendre ton geste mais là dépasses les bornes.
  • Mais si je suis sûre de ce que j’ai vu. Vous avez même mis votre main dans le cou de Jules et vous avez dit tu as eu ce que tu mérites. Je ne te regrette pas. Et vous êtes partie en cachant le pistolet sous votre robe. Je sais même de quelle couleur est votre jupon.
  • Vous savez Nicolas, c’est Margot qui repasse min linge et tous mes jupons sont blancs ce n’est pas difficile de trouver sa couleur.

Et Cécile sans aucune gêne soulève sa robe et nous montre son jupon.

Nous emmenons la jeune Margot au poste de police de Mâcon afin qu’elle signe ses aveux. Et c’est à ce moment-là que je reçois un appel téléphonique du Pete de Claire Charles qui m’apprend que l’opération s’est très bien déroulée. Charles et Claire se sont réveillés. Ils vont très bien. Entre temps il a appris les derniers événements et promet que son avocat va s’occuper de défendre cette petite orpheline. Et il ajoute, par contre il faut que le procès ai lieu à Béthune car le procès du Père Bougainvilliers commence lundi en huit. Et Claire, Charles et Cécile doivent être présents.

Bien Monsieur, j’en prends bonne note et j’avise mon Chef. La petite a été examiné par un médecin et… Ce fou furieux lui a

Mais je n’ai pas pu continuer mon récit , j’ai vomi mon petit déjeuner tant le souvenir de cette enfant m’a rendu malade car voir les dégâts occasionnés sur cet enfant si cette fillette ne l’avait pas tué je pense que si Claire ou ses sœurs n’avaient plus pu avoir d’enfants je l’aurais démoli moi-même. Mais de cela j’en ai parlé qu’à Jules et Claire en remontant sur Béthune par le train.

Dans la Région le procès du Patron des Houillères a eu du retentissement. Un Monsieur digne selon le gratin de la ville, une pourriture selon ses employés, un vicelard selon certaines filles, femmes voir fillettes coincées dans les toilettes, un violeur selon une dizaine de femmes qui ont osé porter plainte. Et pour son jumeau un assassin. Toutes ses accusations ont porté le procès en haut du journal du Nord pendant quatorze jours. Quatorze jours de récits insoutenables. Claire rentrait à l’hôtel avec moi, ayant refusé de dormir dans la maison de l’ogre comme il avait été dit dans les toutes premières minutes du procès.

Un ogre c’était même gentil en égard aux atrocités reprochés. La liste est interminable des chefs d’accusation. Un assassin, il a fait assassiner don fils André, sa femme quelques années plus tard. Tentative d’assassinat veut son frère, sur Chantal qui n’a du la vie sauve qu’à ses collègues de travail, ce jour-là il a eu la vie sauve grâce au maire de la ville qui passait par là. Sinon la foule des mineurs commençait à lui lancer des pierres.

Puis les dix femmes ont racontes leur viol qui ressemblaient en tout point au récit de Margot. Ensuite est venue l’inceste de Cécile et de la soeur de Margot qui furent violés par leur propre père. Certaine femme ont même témoigné à la barre en faisant nous avons préférés nous laisser faire pour éviter les dégâts que beaucoup avaient subi. Par contre elles reconnaissent toutes qu’elles avaient mis le doigt dans un engrenage d’où elle n’arrivait plus à sortir. Il venait à tout moment les chercher pour les prendre de force quand elles disaient non ou gentiment a-t-il dit. Quel goujat en a conclu mon beau-père quinze jours plus tard.

Apres la charge des avocats des femmes et de l’avocat de Monsieur de la Roche Vineuse, j’ai trouvé que l’avocat du citoyen Bougainvilliers était plat.

Juste un résumé de sa plaidoirie mais un tout petit. Ce n’était pas sa faute à Amaury oh non c’est ce que son père avait fait et il avait été initié lui comme son frère. Alors pourquoi l’un et pas l’autre.

En ce qui concernait son fils , les femmes violées étaient au nombre de trente, déçues certes mais soutenant pleinement la petite Margot pour la mort de leur tortionnaire.

Quant au verdict…. Et bien vous le saurez demain… Prochainement… Promis …. Et me direz-vous et la fortune du vieux. Oui promis vous le saurez aussi..

Mais n’allez pas croire que je vous dirais autres choses… A moins que ..

A suivre…

Hum! Une famille tuyau de poêle !

Élémentaire mon cher Watson , non je ne me prenait pas pour Sherlock Holmes, mais mon père m’avait conseillé de ne pas me lancer sur une piste qui me conduirait dans une impasse.

Il me fallait réexaminer chacune des pistes que nous avions élaboré Claude et moi. La première excluait Monsieur mon beau-père, la seconde Annabelle et Claire de cela j’en étais certain. Il ne me restait que Cécile et Madame De la Roche Vineuse. Mais mon père m’avait mis un doute dans mon cerveau en ébullition. Il fallait que je compulse mes dossiers, j’avais griffonné sur mon calepin toutes les personnes qui ce matin se trouvaient à dix heures dix à proximité du jardin. Monsieur Vineuse parlait à son jardinier, de cela il en était sûr puisque le jardinier, son beau-père et la cuisinière avaient tenu le même discours avec des mots différents mais ils étaient ensemble.

En fait tout ce beau monde parlait de la même chose. Ils élaboraient le repas de midi comme tous les matins. J’ai le dialogue tel que ces trois-là m’en ont fait le récit.

La cuisinière

Rose pouvez-vous me dire où vous étiez aux alentours de dix heures

  • C’est très facile Monsieur l’inspecteur j’étais comme tous les matins dans la cuisine à récurer les casseroles.
  • Seule ?
  • Non, j’étais avec Monsieur mon Patron et la petite de Béthune était sous la tonnelle.
  • Vous faisiez quoi ?
  • Rien on parlait du menu, je voulais des tomates, des carottes…

Je l’avais interrompu nullement intéressé par le menu de midi. J’aimais bien le découvrir dans mon assiette. Ensuite j’avais interrogé les femmes de chambre mais je n’avais pas vu la petite jeune au service de Cécile, c’était son jour de congé m’avait dit Madame ma future belle-mère. Ensuite ce fut au tour du jardinier qui me confirma le menu , tomates carottes, le reste ne m’intéressant pas, lui aussi je l’avais arrêté dans son élan. Monsieur de la Roche avait confirmé tout ceci. Sa femme papotait avec Cécile dans le boudoir attenant au bureau de Monsieur. Elle parlait layette ce qui m’avait interloqué. Puis Cécile m’avait dit je vais apprendre à tricoter pour faire des vêtements au bébé d’Annabelle. Au début rien ne m’avait effleurer l’esprit mais en racontant tout cela à mon père, celui-ci m’avait appris une chose incroyable. Cécile était enceinte, le père de Jules l’en avait informé ce matin avant de se rendre à Édouard Herriot. Mais avait-il ajouté, sa grossesse ne date pas d’hier. Et ce n’est pas des bêtises de Jules que cette jeune fille attend un enfant.

A cet instant tout s’éclaircit, à part Jules qui avait pu la mettre dans cet état ? L’autre Jules son frère, et oui Jules de Bougainvilliers devait être le père. Qu’avais dit Cécile à Claire que c’était l’enfant de Jules, mais c’était impossible que ce soit de mon ami. Il venait juste de faire connaissance. Il est vrai que la ressemblance avec Claire avait attiré Jules, car je savais que dès que nous étions arrives avant de rejoindre nos casernes respectives, tous les deux nous étions amoureux de Claire. Alors savoir que sa jumelle lui ressemblait en tout point ne pouvait que faire craquer mon ami. Mais en deux jours on ne peut pas être enceinte de plus de quatre mois.

Mais où elle cachait son bébé ? Elle était plate comme sa soeur. Comment allais-je m’y prendre pour lui faire avouer son crime. Et me dirait-elle la vérité ?

Claude a réussi à trouver Cécile ils sont tous les deux installé dans le jardin sous la tonnelle. J’arrive, l’embrasse car lui dis-je

  • Tout-à-l’heure je n’ai pas voulu t’embrasser devant Madame la maman d’Annabelle, je ne sais pas ce qu’elle en aurait pensé.
  • Que veux-tu qu’elle en pense
  • A toi de me le dire
  • Ne tourne pas autour du pot, j’ai eu Jules il m’a dit que tu me soupçonnais. Alors fais ton travail.

Je n’ose dire la garce mais à ce moment c’est exactement ce que je pense. J’en veux d’une part à Jules de l’avoir mis au parfum, de l’autre part à Cécile de me mettre au pied du mur.

  • Ah c’est ce que t’as dit Jules, et bien il en sait plus que moi. Donc tu es la meurtrière de ton propre frère.
  • Lui mon frère mais tu rêves mon pauvre Nicolas, il m’a violé à maintes reprises, il y a que toi et la famille de Claire à n’avoir rien vu. J’ai même peur qu’il est violé Claire.
  • Elle me l’aurait dit

Je sais que je n’aurai jamais dû l’interrompre mais ces sous entendus étaient malsain.

  • Bon continue mais ne mêle pas mon amour à tes sordides pensées.
  • Que veux-tu que je te dise ? Oui j’étais dans le jardin mais ce n’est pas moi qui l’est tué et pourtant j’aurais bien aimé être le bras qui le tuait.
  • As-tu vu la femme qui l’a tué
  • Oui j’ai vu une femme qui est arrivée dans une camionnette de la Coop. Elle avait une cape noire. Je me suis même fait la réflexion mais elle est folle celle-ci. Avec cette chaleur.
  • Oui je me fiche de tes réflexions, la connais-tu ?
  • Peut-être…
  • C’est oui ou c’est non
  • Et bien je n’en suis pas sûre car celle à qui je pense ne sait pas conduire.
  • Dites-moi Mademoiselle Claire à qui vous pensez, nous irons l’interroger.
  • Je crois que c’est Marieck ma femme de chambre, mais elle a juste quinze ans.

L’orage se serait abattu sur nous avec le tonnerre cela aurait été moins violent que les mots de Cécile. Comment cette petite avait pu récupérer l’arme et la remettre et qu’elle était la raison de son geste bien qu’en y réfléchissant je pensais que la petite avait dû y passer comme sa maîtresse.

C’est Madame de la Roche Vineuse qui m’a donné l’explication pour le pistolet du père de Monsieur. La veille la petite s’ennuyait elle lui avait dit de faire la poussière dans le bureau de son mari. Au bout d’une heure, Marieck avait fait remarquer à Madame que les objets dans la vitrine était tous plein de poussière. Elle lui avait donné la clef et montré ou la remettre. Et le lendemain la gamine était là car selon la cuisinière, la petite voulait vendanger. Mais comme elle connaissait pas son nom elle avait juste dit la petite de Béthune, et moi j’avais pensé à Cécile.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Annabelle et Cécile descendent de l’estafette et c’est à ce moment que je choisis pour reprendre l’avantage sur l’inspecteur Bargeot. Un vrai dingue ce type, il doit vouloir monter en grade, pour lui tout est bon. Écraser les autres doit faire partie de sa stratégie. Je ne vais pas le laisser s’en prendre à ma future famille bien que j’ai de plus en plus de soupçons.

Comment faire pour concilier min métier dans lequel je dois rester intègre et ma famille à venir que j’apprécie ? Jamais je n’aurais dû m’occuper de cette enquête. Je vais faire mal aux uns et aux autres. Mais vu l’être méprisant qu’était Jules de Bougainvilliers je pense qu’elle aura des circonstances atténuantes, avec un bon avocat elle devrait s’en sortir. Mais je devais être certain que je ne faisais pas erreur. La raison je la connaissais mais comment s’y était elle prise ? Car il fallait rentrer dans le bureau de Monsieur de la Roche Vineuse connaître le code du coffre fort, récupérer les balles et la clef de la vitrine. Ouvrir celle-ci, attendre le bon moment pour tuer ce sale criminel et refaire le chemin inverse pour tout remettre en place, au risque de se faire découvrir par Monsieur de la Roche Vineuse. Oui comment avait-elle pu faire ? Pour Claude et lui c’était une énigme il leur fallait des preuves car sans rien, aucune arrestation pouvait être possible.

A moins de la faire parler, mais jusqu’où etait-elle capable d’aller ou de nier ses accusations. C’était sa première enquête, il ne voulait pas la foirer et être certain pour lui passer les menottes qu’il ne se trompait pas.

En plus on ne lui faciliterait pas la tâche , Madame de la Roche s’était dénoncée, pour Nicolas c’était impossible que ce fut-elle. Son mari lui aussi s’était mis sur le devant de la scène il devait penser que c’était Annabelle, cette dernière autrefois avait gagné des concours de tirs. Elle maniait les armes aussi bien qu’un inspecteur chevronné. Ses parents pensaient que c’était leur fille. Nicolas s’était posé la même question au fur et à mesure où il déplaçait ses coupables. La question ne s’était pas posé pour Claire c’est elle qui avait reçu les balle destinée à sa jumelle, de cela il en était certain, pour la suite c’était fort nébulleux. Cécile quant à elle détestait son frère, car au vu des lettres lues dans les courriers qu’avaient échangé Cécile et Jules , ils en étaient tous les deux convaincus son homonyme était bien le fils cadet du vieux. Et non comme le prétendait quand elle était vivante sa mère que cet enfant était le fils de l’homme qu’elle avait aimé l’aîné des de Bougainvilliers, André. Le père supposé de Marie Cécile.

Car, hélas il fallait s’en convaincre Cécile était la meutriere de son propre frère, mais irait-elle jusqu’à s’expliquer ou partirait-elle pieds et poings liés sans explication. Et qu’adviendrait-il de son mariage avec Claire ? Resisterait-il à l’arrestation de sa future belle-sœur. Il était dans un trou noir, comment allait-il pouvoir s’en sortir ? Tellement il se sentait mal qu’au lieu d’aller interroger toutes ces dames, il confia le premier interrogatoire à son collègue et ami Claude. Quant à lui il pris l’estafette et s’enfonça dans les vignes. Il se mit à chialer comme un pauvre type. Il lui fallait se rendre au village et appeler son père, certes il ne ferait pas le travail à sa place mais il le conseillerait.

Voila c’était la meilleure des solutions. Aussitôt dit aussitôt fait. Le voici à Belleville sur Saône. Il appelle chez lui, c’est son père qui lui répond. De suite à la voix de son fils il sent que la situation est grave. Après avoir été rassuré sur l’était de santé de sa future bru, il demande à Nicolas pour quelles raisons il le dérangeait en pleine journée. La préposée au PTT a eu beau tendre l’oreille elle n’a pas su ce que le père et le fils s’étaient dit. Mais Nicolas était moins angoissé en repartant au Domaine de la Roche Vineuse.

A suivre…

PS : je vous fait languir mais c’est exprès…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

A peine suis-je arrivé au Commissariat que mon binôme me dit que le Commissaire est déjà arrivé et que nous sommes convoqués tous les deux dans son bureau. Je le regarde et tous les deux nous savons qu’il va falloir la jouer serrer. Nous n’avons pas tous les éléments mais une trame se dessine. Vais-je pouvoir garder l’enquête ? Là c’est moins sûr. Suis-je capable de faire la part des choses ? Il va bien le falloir sinon je suis bon pour faire la circulation.

Claude qui travaille avec moi est originaire de Charolles en Saône et Loire. Ses parents sont des agriculteurs, ils ont cinquante charolaises. L’autre jour il a apporté à la cantine deux côtes de boeuf. Quel régal ! Bon nous ne sommes pas là pour se lécher les doigts nous devons affronter le boss.

Nous voici dans l’antre du Big boss, il s’appelle Commissaire Théodule Soufflet. Et pour être un soufflet il l’est. Ce matin il.nous attend avec cafés et croissants. Est-ce que cela est de bonne augure, Claude fronce les sourcils, il semble sceptique. Moi je suis déjà désabusé. Il va nous la jouer bon prince et si nous n’allons pas dans son sens, il nous achèvera comme les vaches à l’abattoir c’est ce que me dit en rentrant Claude avec un sourire goguenard.

Je saisis son rire mais j’espère qu’il.n’ira pas tout dire à Théo le Soufflet. Autant faire durer l’enquête tant que l’on ne connait pas les motivations de l’agresseur. Car hélas, mais je ne puis formuler dans ma tête la manière dont je vais aborder ma vision de cet assassinat que le Commissaire m’agresse dans un langage pas piqué des hannetons. Dommage que je lui doive le respect sinon je lui aurais bien mis mon poing dans la gueule.

  • Alors le bleu vous avez trouvé qui sont les commanditaires à défaut de m’apporter sur un plateau l’assassin.

Comme je ne lui réponds pas assez vite voici ce que j’entends et qui me fait bouillir intérieurement.

  • Qu’as-tu à me dire trou du Q ?

J’entends Claude dire un Oh stupéfait ce qui a le mérite d’exciter le Commissaire.

Trou du Q n’est peut-être pas assez fort pour ce jeune blanc bec tout juste sorti de l’école d’inspecteur, alors toi le cul terreux que penses-tu de notre affaire ?

Claude est blanc comme un linge je le sens désarçonné par les propos agressifs de notre boss. Il répond vraiment aux surnoms que lui ont donnés ses hommes. C’est bien parce que je suis près de mon amour que je n’ai pas demandé ma mutation dès le premier jour. Parfois je me demande si le jeu en vaut la chandelle. Lyon ce n’est pas si loin. Les autres qui sont sortis comme moi parmi les cinq premiers sont dans des commissariats autrement plus en adéquation avec notre formation. Mais ici à Mâcon j’ai affaire au pire des chefs. Il était au 36 et à la suite d’une bavure il a été rétrogradé. Et bien il nous le fait payer.

  • Monsieur le Commissaire je tiens une piste, sur les six heures du matin, le jardinier Monsieur Maillard a entraperçu une femme qui se sauvait. Il a trouvé bizarre que vu l’heure elle soit déjà sur la propriété, aussi il l’a suivi et il l’a vu s’engouffrer dans une estafette blanche ou sur le côté il était écrit Coop en lettre orange. Renseignements pris il y a bien une coop au village de la Roche Vineuse.
  • Arretez Monsieur le trou du Q, n’allez pas m’embrouiller l’esprit le type chez qui il y a eu cet assassinat il s’appelle bien de la Roche Vineuse. Que me racontez-vous ? Il y a aussi un village qui porte son nom.
  • Oui Monsieur
  • Cintinuez
  • Donc avec Claude nous nous y sommes rendu pas plus tard qu’hier au soir
  • Et qu’avez-vous trouvé
  • Une femme répondant au nom de Françoise Dubon qui nous a dit qu’elle était allée déposer plainte des hier au soir à la gendarmerie. Ce qui nous a été confirmé par le Capitaine de la Gendarmerie de Belleville sur Saône.
  • Donc vous êtes bredouille
  • Pas tout-à-fait 
  • Ah qu’avez-vous ?
  • La femme !
  • Ah car les propos du jardinier sont toujours conformes, il a bien vu une femme
  • Oui mon Commandant
  • Donc vous avez enquêté
  • Oui mon Commandant, mais..
  • Quoi.il y a un mais
  • Oui car sans voiture personne n’a pu se rendre au village de la Roche
  • Donc ce qui veut dire que vous n’avez pas la moindre miette à vous mettre sous la dent.
  • Barjot venez par ici, voilà ces deux blancs becs sont sous vos ordres, vous repartez au domaine et vous me ramenez tout ce qui porte un jupon. Nous allons interroger ces femmes et je vais superviser ce beau monde.

En l’espace de cinq minutes nous voici revenus stagiaire du Commissaire. Il nous prend vraiment pour des nuls. Mais nous ne lèverons pas le petit doigt. Il se débrouillera tout seul et nous le laisserons reprendre tout à zéro sans lui donner nos indices. Quant à nos indics ils ne partageront rien avec le toutou du Commissaire.

Car c’est un secret pour personne l’inspecteur Barjot a des méthodes de rustres et malgré plusieurs bavures le Commissaire a toujours fermé les yeux. D’où le toutou Barjot…

Bon les gars on prend l’estafette et toi le gamin tu m’indiques la route la plus courte pour se rendre aux Domaines des buveurs de vin.

Je ne réponds pas car je ne veux pas aller à l’affrontement. Il l’a fait exprès pour voir ma réaction. Même Claude a compris, je me suis ramassé dans le tibia un bon coup de pieds. M’intimant l’ordre de la fermer.

A peine arrivé Barjot sort comme un ressort de la voiture et se précipite vers la première femme, ce n’est que Mademoiselle Cécile de Bougainvilliers,mais que fait-elle ici, ne devrait-elle pas être à Lyon auprès de sa jumelle. Je lui fais signe de ne pas me reconnaître et tout se passe bien. Ce grand con de Bzrjot veut lui mettre les menottes mais Claude et moi nous l’en dissuadons. Elle n’est pas coupable nous ne voulons que les interroger.

Ensuite tour a tour nous embarquons la mère d’Annabelle, Annabelle elle-même, les lingères et femmes de chambre. Mais Claude doit se rendre à l’évidence le « panier à salade est pas adapté à ce nombre impressionnant de femmes. Il va falloir que l’un d’entre nous attende qu’un autre véhicule vienne nous libérer. Finalement c’est l’inspecteur Barjot qui décide de rester sur le Domaine, mais je sens qu’il va passer un sale quart d’heure lorsque je vois débouler Monsieur de la Roche Vineuse.

Ce dernier se jette sur lui et lui assène ces quelques mots.

  • Qui êtes-vous et pourquoi emmenez-vous ma fille enceinte de six mois et la jumelle de mon autre fille, elle aussi enceinte. Vous allez les interroger toutes les deux sur la propriété, elles ne peuvent faire ni l’une ni l’autre de la voiture et surtout pas de votre carriole pourrie.

Claude et moi.nous rions sous cape. Barjot se confond en excuse et demande que les deux jeunes dames descendent de l’estafette. Et je pense que lorsque j’interviens en disant à mon futur beau-père que l’inspecteur voulait passer les menottes à Cécile. Ce dernier perd son sang-froid et se jette sur l’inspecteur en lui disant je vais appeler le préfet, vous serez révoqué dans la journée.

Mais Barjot se défend en lui disant :

  • C’était les ordres du Commissaire, et se tournant vers nous ajoute :
  • – hein les gars vous l’avez bien entendu.
  • – Non pas du tout il a dit ramenez-les moi mais jamais il a dit attachez-les comme des vulgaires criminelles.

Étre gentil avec les ordres du Commissaire me faisait passer pour un sale type mais il nous fallait se débarrasser de Barjot avant qu’il ne commette une bavure. Cela faisait plusieurs fois qu’il frisait la correctionnelle.

A suivre..

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Depuis dix jours Cécile reçoit une lettre par jour, mais elle ne daigne même pas ouvrir son courrier. Ce matin Papa est venu me voir à la clinique et il m’a raconté que Jules écrivait tous les jours à ma jumelle et elle ne lui répondait pas mais pire encore elle n’ouvrait pas les lettres.

A entendre papa je devrais la faire changer d’avis. Il fallait que je profite de notre intervention pour lui en toucher deux mots. Demain je devais partir en ambulance et dans la soirée Cécile me rejoignait à L’hôpital Edouard Herriot à Lyon. Nous serions dans une chambre et non dans une grande salle. C’était seulement la seconde fois que le père de Jules allait pratiquer cette intervention. Mais il serait assisté d’un de ses anciens internes excellent dans ce domaine. Un éminent chirurgien. C’est le frère de Jules , car ce jeune homme était souvent venu à mon chevet au cours de ces dix derniers jours. Il me faisait la cour, mais rapidement je lui avais laissé entendre que j’étais fiancée. Puis un jour il avait croisé Nicolas et compris à qui j’étais promise. Depuis il avait regagné son hôpital sur Lyon. Papa était au courant car je lui en avais parlé. Ce beau jeune homme me troublait et ça coïncidait avec l’absence de Nicolas. Comme Cécile me ressemble comme deux gouttes d’eau Maman ne veut pas vivre un drame. Ou une bagarre de jeunes coqs entre les deux frères. Cécile serait bien capable de sortir avec l’un pour agacer l’autre.

Papa a dit , vous vous ressemblez physiquement mais cela s’arrête là. Cécile est ton.opposé dans bien des domaines. Nous l’avions aussi remarqué avec Charles. Elle n’avait pas beaucoup de compassion ni d’empathie. Elle était futile, certe j’aurais tant aime que nous soyons semblable à cent pour cent. Elle était plus comme les Bougainvilliers et moi comme Maman. Charles était un cocktail entre Maman et Papa, bien que je n’ai point connu Maman mais au vu de ses parents c’était des gens gentils doux qui jamais aurait pu faire du mal à qui que ce soit.

Charles était intransigeant dans le travail, il.ne cédait jamais par contre si c’était lui qui en avait l’initiative il.pouvait apporter aux mineurs de meilleures conditions de travail. Ce qui faisait dire au mari de sa cousine on dirait le vieux avec un soupçon de douceur. Mais jamais il ne montrait ce côté. Son oncle enfin le nôtre disait tu es un mélange d’Artémis et de moi. Gentils sous une carapace de méchanceté. Heureusement que ton côté gentil ressort bien vite. Les Vineuse t’ont bien élevé je leur en suis reconnaissant.

Me voilà chargé d’une délicate mission. Pourvu que Cécile m’écoute. Avant de partir Maman a vu que ma jumelle avait mis le courrier de Jules dans sa valise. Etait-ce pour les jeter une fois arrivée à l’hôpital ou avait-elle peur que Papa les ouvre. C’était comique jamais Papa n’aurait pu faire ça.

Lorsque Cécile arrive elle est accompagnée de Papa et de Nicolas, elle vient vers moi, se penche au-dessus de mon lit et me dit :

  • J’ai peur et toi
  • Non c’est le père de Jules et son frère qui vont s’occuper de nous.
  • Son frère le bel interne.
  • Oui mais il est chirurgien il a réussi sa thèse.

Je vois un sourire narquois se dessiner sur la jolie bouche rouge de ma Cécile, qu’est-ce qu’elle peut bien mijoter ?

  • Pourquoi fais-tu cette tête on dirait que tu as une idée .
  • Non soeurette je pensais à…

Je vois ma jumelle piquée un fard magnifique, c’est ce soir ou jamais que je dois l’attaquer. Je n’ai pas le droit de me lever. Il faut que je sois en forme. Ce soir nous mangeons notre dernier repas avant l’opération le surlendemain. Au menu un potage une tranche de beefsteak et de la purée, une crème de gruyère et des raisins. Nicolas m’aide à manger, moi qui suis gauchère je n’arrive pas à manger de la main droite. Et c’est ce soir que Nicolas de ouvre que Cécile, elle, est droitière. Comme je le connais il va s’en souvenir et ne tombera plus dans un de ces pièges. Car de ce côté elle est machiavélique.

Tous les trois rions, je suppose qu’elle n’en veut plus à Nicolas, c’est déjà ça et c’est lui qui va orienter la discussion vers son meilleur ami.

Alors Cécile as-tu des nouvelles de Jules ?

Je la sens un peu déstabilisé puis sans la moindre gêne lui répond :

  • Oui il m’a écrit mais je n’ai pas eu le temps de lui répondre.
  • Ah tu fais la femme de chambre chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse.
  • Oh mais tu es bête, je viens voir Claire maintenant que tu la boudes
  • Je ne l’a boude pas, je mène une enquête
  • Alors tu as trouvé l’assassin ?
  • Oui je suis sur une piste
  • Ah ! Tu ne peux pas me le dire
  • Non, mais revenons-en à Jules, quand penses-tu lui répondre. Il aimerait bien savoir.

Je fais la naïve et demande :

  • Savoir quoi ?
  • Ce n’est pas à moi de te le dire mais ta soeur di elle veut te faire des confidences le fera. J’ai lu que les jumelles se disaient tout. Mais pour l’instant je dois rentrer sur Mâcon. Je suis de service cette nuit.

Nicolas se penche sur moi et me fais le plus doux des baisers, puis il prend dans ses bras Cécile et lui fait deux grosses bises sur les joues. Puis il part. Nous voilà seules, c’est le moment de lui parler de ses lettres.

Cecile dis-moi tout ce que te dis Jules vous n’êtes pas encore intime je peux bien savoir ce qu’il te raconte.

Cécile se met à sangloter , je n’arrive pas à la calmer, je suis même bien ennuyée lorsque je vois le frère de Jules surgir dans la chambre.

  • Voyons, Mademoiselle c’est l’opération qui vous fait peur ?

Que va répondre ma soeurette ? Elle lève les yeux, je sens qu’il est troublé en découvrant ma copie.

  • Vous êtes des cachottiers dans votre famille, personne ne m’a avertis que vous étiez à ce point ressemblante, ni Jules, ni Nicolas me l’ont dit.
  • C’était pour voir votre réaction Docteur. Claire est ma jumelle, mais qu’a-t-il entendu car au même moment je disais Cécile est ma jumelle.
  • Ah vous êtes issue du même oeuf, à ce point c’est incroyable. Avez-vous une différence pour que je n’enlève pas votre rein Claire et le greffe à Cécile.

Nous éclatons de rire et ajoutons mais là où c’est placé nous ne pouvons vous le montrer. 

Il.part en riant. Et j’attends que ses pas s’éloignent pour parler des lettres avec Cécile. Après bien une demi-heure où elle me raconte n’importe quoi, elle m’avoue ne pas avoir ouvert une seule lettre et surtout ne lui avoir jamais répondu. Je lui demande la raison. Elle n’ose pas lire qu’il la méprise. Je la regarde stupéfaite et lui en demande la raison.

Je me suis donnée à lui, il ne s’est pas retiré et maintenant je pense être enceinte et si je lui le dis que va-t-il penser de moi ?

Cela fait un mois et, déjà elle pense être enceinte, comment peut-elle déjà le savoir. Enfin je ne connais pas ces choses-là. Mais Annabelle peut peut-être l’aider dans ce domaine.

  • Justement lis ses lettres, il s’excuse peut-être
  • Ah je n’y avais pas pensé
  • Les as-tu emporté ?
  • Oui
  • Et bien qu’attends-tu ?

C’est juste à ce moment qu’arrive le professeur et il demande à Cécile de venir avec lui car il veut l’entretenir d’une chose. Mais Cécile refuse de le suivre et lui dit qu’il peut tout dire devant moi. Je vois le professeur hésiter puis finalement il se lance :

Mademoiselle Cécile vous ne pouvez pas donner votre poumon à votre soeur car vous attendez un enfant. Comme Charles est aussi compatible c’est lui qui sera le donneur.

Cécile éclate en sanglots, le chirurgien s’en va la laissant en plein désarroi.

A suivre…