Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Dans un bar de la rue de Mâcon discutent deux hommes, l’un est petit portant une belle moustache qu’il doit friser tous les jours, l’autre est grand mince imberbe et n’a pas un cheveu sur le crâne. Ils sont policiers de leur état et discutent de la Une du journal.

  • Et Paul tu as vu le mort de la vigne fait les gros titres.
  • Le jeune inspecteur y était
  • Lequel ?
  • Le Parisien qui parle pointu, lui, ne roule pas les R comme la plupart d’entre-nous .
  • Parle pour toi Pierrot moi je ne viens pas de la cambrousse. Certes je ne suis pas Parigot mais à la ville on ne parle pas comme vous les campagnards Morvandiaux.
  • Bon tu m’égares, tu en penses quoi de ce Monsieur à particule, assassiné chez un gros viticulteur de chez nous.
  • Tu vas vite en besogne, personne ne comprends, il tire sur la jeune fille avec un fusil et se tue avec une vieille pétoire qui ne se retrouve pas à côté de lui et qui a été volé dans la vitrine de Monsieur de la Roche Vineuse qui jure ses grands dieux ne pas avoir quitté sa femme.
  • Oui je sais tout ça, et le pire dans cette affaire c’est que tout le personnel dit exactement la même chose. Monsieur a été vu à huit heure du matin dans les communs donnant des ordres au jardinier, ensuite à la cuisinière, puis à son secrétaire. Tous sont unanimes Monsieur ne pouvait pas se trouver dans le potager.

La serveuse leur sert un verre de vin blanc et se mêle à la conversation

  • Voyons Messieurs et si c’était une femme
  • Une femme qu’allez-vous chercher là ?
  • Pas plus tard qu’hier j’ai entendu à la boulangerie une conversation entre deux femmes.
  • Mais que connaissent les femmes dans les armes , vous rêvez, ma petite dame.
  • Laissez-moi terminé je vous prie Messieurs les policiers.
  • On vous écoute Madame
  • Comme je vous disais ces deux femmes connaissent la femme du viticulteur
  • Ah vous nous intéressez, si on pouvait damner le pion à l’inspecteur, continuez ma brave dame et servez nous en un deuxième, nous avons terminé notre service.

La brave dame est toute émoustillée , tout le café est suspendu à ses lèvres, c’est son jour de gloire. Elle leur raconte ceci. La femme De La Roche Vineuse est née Gauthier, elle jouait avec ses frères qui magnaient facilement la gâchette. Le vieux le père du propriétaire actuel du Domaine est venu chercher à l’école ménagère une demoiselle pour être au service de son fils aîné. Il a fait en sorte que la jolie demoiselle devienne la chambrière de son fils et le jeune Monsieur est devenu fou amoureux de la petite Amélie Gauthier. La belle s’est retrouvée enceinte, le mariage a été célébré rapidement et comble de l’ironie trois jours après son mariage elle a perdu l’enfant . Mais la même année elle a accueilli chez elle un garçon de cinq ans et un bébé d’à peine un mois ou deux elle n’en savait rien.

  • Cela ne nous dit pas que c’est elle, c’est une brave femme si après la guerre elle a recueilli des enfants. Qu’allez-vous chercher là ? Oubliez tout cela. Au revoir Madame.
  • A demain Messieurs

Une fois les pandores parti le petit café résonnait d’un brouhaha un peu plus animé que les autres matins. A Mâcon les Gauthier étaient bien connu. La dame du Domaine s’était éloignée des siens mais pour sauver sa fille adoptive elle avait dû retrouver ses gestes d’autrefois. Affaires à suivre en conclu le détective qui planchais sur cette énigme à la demande d’un certain Monsieur de Bougainvilliers de Béthune. Ce dernier il.ne l’avait pas vu mais il y avait reçu une longue missive pas plus tard qu’hier lui demandant de faire la vérité sur la mort de son fils.

Du reste il avait relu deux fois ce passage, si le journal stipulait qu’il était le petit fils du non moins célèbre Monsieur de Bougainvilliers, ou le vieux déraillait ou l’affaire était énorme. Lui parlait bien de son second fils qui avait quelques années de moins que Charles. Dans quel imbroglio s’était-il fourré ?

Non loin de là au Commissariat, Nicolas racontait à ses collègues que sa futur femme s’était enfin réveillé. Sa brigade était fort contente pour lui. Il aurait moins ce pli triste à la bouche. Car Nicolas depuis dix sept jours avaient perdu son sourire. Il était taciturne et jurait de faire toute la lumière sur ce vaurien de Jules de Bougainvilliers. Prénom qu’excecrait désormais Cécile. Mais de cela il s’était bien gardé d’en parler autour de lui. De là à porter les soupçons vers sa future belle-sœur il n’y avait qu’un pas.

Au Domaine c’est l’euphorie , Monsieur de la Roche Vineuse est tranquillisé sur l’état de santé de son rayon de soleil. Pour l’instant elle doit se remettre afin que soit programmé la greffe du poumon de sa jumelle compatible à cent pour cent, si certains doutaient de leurs origines là ils ne pouvaient que s’incliner et en le disant Monsieur de la Roche Vineuse pense à leur géniteur qui a nié qu’elle soit née de la même mère prouvant avec un tas de papier tous plus faux les uns que les autres la naissance chez lui de l’enfant Marie Cécile. Or des faux papiers pendant la guerre il y en avait beaucoup qui circulaient. De plus à l’écouter elle serait née deux ans avant sa sœur. Mais Monsieur ignorait que sa mère adoptive avait fait une fausse couche. Et la pauvre femme n’était plus là pour en parler. Assassiné par son fils. Il irait rejoindre sa mère et son père dans le caveau des De Bougainvilliers.

Les nouvelles de Claire étaient fort bonnes. Chaque jour elle avait la visite de Nicolas, puis il estompait ses visites car il était sur une affaire de la plus haute importance. C’était sur lui qu’était tombé l’affaire Vineuse comme l’appelait son chef. Mais il ne fallait rien laisser paraître à sa fiancée. Son commissaire était persuadé que le jeune ne s’était pas suicidé, on n’avait dû le contraindre. De plus où était passé ce pistolet qui tirait de drôles de balles. Une enquête qui s’avérait des plus complexes. Et il avait fallu que ce soit lui tout jeune inspecteur de s’y coller.

quelle malchance ! Nicolas avait peur que ce soit le père d’Annabelle qui en soit le commanditaire à défaut d’en être l’instigateur. Mais s’il avait su il ne se serait pas jeté sur cette affaire. Il l’aurait refusé compte tenu de sa proximité avec sa future famille.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque Claire a ouvert les yeux c’est le moment où je devais regagner mon poste au Commissariat de Mâcon. J’ai attendu le dernier moment. Ce week-end que nous espérions tous les deux ne s’est pas passé comme nous l’avions prévu. Claire dans un état critique. Charles et Annabelle de retour chez eux, la mine laissée sans surveillance. Il a bien fallu appeler le jumeau de leur père biologique pour que rien ne s’arrête. Charles ne voulant pas trop vite retourner dans le Nord. Annabelle pas très chaude pour regagner les brumes Nordiques. De plus après septembre ce serait la pluie et les jours plus courts. Ici ce serait les vendanges, les chants et la fête pratiquement tous les soirs. Alors je comprends qu’elle puisse hésiter. Mais Charles fou amoureux de sa femme était prêt à tout laisser, la maison son nom, la mine. Une discussion était imminente entre Monsieur de la Roche Vineuse et son beau-fils quand il était en colère.

J’allais mettre mon sac sur le dos lorsque j’ai senti comme un regard qui me fixait. J’étais seul dans la chambre. Que se passait -il ? J’allais franchir le seuil de la porte et je me retournais pour envoyer un baiser à mon doux amour lorsque j’ai vu son regard et ses beaux yeux m’implorer. Claire venait d’ouvrir les yeux et semblait assez paniqué.

  • Mon cœur, enfin te voilà éveillé
  • Où suis-je ?
  • Tu es à la clinique du Val de Saône car tu as été opéré, ne t’en souviens-tu pas ?

Claire me regarde interloquée , je lui parlerais en Chinois cela ferait le même effet. Comment lui dire sans trop lui faire peur qu’elle a reçu une balle samedi en quinze. Seize jours dans le coma, car le chirurgien de la clinique n’avait pas réussi à la sortir du coma artificiel où l’éminent professeur l’avait plongé. Lui ne s’était pas affolé. Ou il s’était abstenu de nous en faire part. Il faut que j’explique à Claire que je dois aller travailler mais dès ce soir je serais de retour. Il est six heures dans trente minutes je dois y être. Et à 15 h je sors. Mais je ne viens qu’à 20 h. Entre les deux il me faut dormir.

  • Nico
  • Oui petit cœur, je suis là. Veux-tu que je te donne à boire ou que j’appelle une infirmière.
  • Non
  • Que veux-tu ?
  • Pourquoi me demandais-tu de te pardonner ?

Claire ne se souvenait que de mes excuses. En effet au moment des tirs je me trouvais minable de l’avoir laissé dans la chambre. C’était à cause de moi si elle était sortie si vite de la maison, sans se soucier des tirs. Comment lui expliquer, seize jours après ? J’avais déjà reçu les remontrances de son père adoptif, de Charles et le pire de Cécile, elle ne m’adressais plus la parole. Jules n’était pas arrivé à la faire changer d’avis. Il était reparti sur Marseille sans lui adresser la parole alors que sans cette tentative d’assassinat il filerait le parfait amour avec la jumelle de Claire. Mais tout cela n’était qu’enfantillage, qu’avait-elle besoin de s’en prendre à mon meilleur ami. ? Il n’y était pour rien. Maintenant que Claire a repris conscience j’espère qu’elle pourra gronder sa soeur.

  • Pourquoi as-tu ton front barré d’une ride. Dis-moi la vérité. Pourquoi ai-je mal dans le dos ? Et suis-je tombée pour avoir ce drôle de truc au bras ?
  • Tu ne te souviens que de mes mots, lorsque je t’ai demandé de me pardonner
  • Oui pourquoi je dois te pardonner
  • Je me suis un tantinet disputé avec toi et je t’ai quitté sans te donner un baiser. Tu l’as mal pris et je peux le comprendre vu les circonstances. Tu t’es rapidement habillée et descendue sur le perron pour me rattraper. A ce moment-là tu as reçu une balle.
  • Une baballe de tennis
  • Non d’une arme à feu
  • On m’a tiré dessus ! Mais qui et pourquoi ?
  • C’est ton neveu enfin le fils de ta belle sœur, je ne sais pas vraiment comment le nommer.
  • Jules de Bougainvilliers
  • Oui lui-même
  • Il est fou, je ne lui ai rien fait
  • Si tu lui prenais une partie de son héritage vu que le vieux t’as reconnu.
  • Oh si c’est ça je lui le donne son héritage, mais qu’il arrête de nous tirer dessus.
  • Il est mort
  • Mort tu lui as tiré dessus, il.ne fallait pas te venger.
  • Non il s’est suicidé
  • Il devait bien être malheureux pour en arriver là.
  • c’est plus compliqué ma chérie, mais je dois te laisser je vais travailler.
  • Tu étais venu me voir tu es fâché.
  • Mais non que vas tu imaginer. ? On est en semaine et je suis venu depuis la tentative d’assassinat toutes les nuits. J’étais à ton chevet et j’ai demandé de travailler du matin afin qu’à quinze heures je sois libre.
  • Merci mon amour, mais je ne m’en suis même pas rendue compte, comme ce doit être triste pour ceux qui attendaient mon réveil. Et mon géniteur vous l’avez mis au courant.
  • Oui son frère jumeau lui l’a dit
  • Qu’en a-t-il dit !
  • Je ne sais pas, il faudra le demander à ton oncle. Allez je te quitte ma princesse, repose-toi.
  • Oh oui j’ai sommeil.

Je quitte Claire, heureux de la tournure des évènements. Je signale à l’infirmière de nuit que ma fiancée est sortie du coma. Elle me remercie et pars rapidement auprès de mon amour. Dès que j’arriverais au Commissariat j’appellerais au Domaine de la Roche Vineuse afin de tous les tranquilliser.

La journée s’est rapidement passée. Hormis deux verbalisations, une pour tapage nocturne, le gars était en cellule de dégrisement car il a levé la main sur un des brigadiers, l’a injurié et finalement lui a tapé dessus. Bref du menu fretin. L’autre une plainte d’une femme contre son mari. Là c’est différent je dois lui donner du réconfort et lui dire d’accepter de porter plainte contre lui. Le reste du temps je m’occupe de la paperasse qui s’empile tous les jours un peu plus.

Lorsque Monsieur et Madame de La Roche Vineuse sont arrivé, Claire essayait de manger tant bien que mal de sa main droite, mais c’était peine perdue. Aussi sa maman adoptive a commencé à lui donner à manger en lui disant tendrement, te voilà retourner en enfance. Elle a été réconfortée par le beau sourire de son bébé. Claire ne se souvient pas de ses premiers jours de vie. Née au mois de juin, abandonnée cinq jours après. Un mois plus tard elle était placée chez eux. Elle devenait leur fille bien qu’aucun papier n’ait été fait officiellement. Mais pour eux rien ne changeait. Sauf que ce fou de Bougainvilliers avait cherché à leur nuire.

  • Alors princesse comment te sens-tu ?
  • J’ai mal
  • Je vais appeler l’infirmière, elle te donnera ce qu’il faut
  • Merci Père

Claire tout en lui disant Père pensait vu comme ils sont affecté je pourrais bien les appeler Papa et Maman même si mes papiers ne sont pas officialisés ils m’aiment autant qu’Annabelle, même plus .

  • Papa
  • Oui mon bébé
  • Je t’aime

Claire n’a pas vu Monsieur de Bougainvilliers pleuré , car après ce papa plein d’amour elle s’est endormie, les médicaments commençaient à faire effet. Elle en avait besoin. Plus tard c’est au tour de Cécile et de Charles de veiller sur leur soeur. Les parents sont repartis et Charles va attendre le retour de Nicolas pour à son tour rentrer au Domaine. Il espère que Cécile sera capable de pardonner à Nicolas en voyant que Claire va mieux.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Je retrouve Monsieur de la Roche Vineuse au second étage de la clinique. Claire ne peut pas être transportée sur Lyon. Le père de Jules va arriver. Son hélicoptère va se poser non loin de la clinique. La salle d’opération est prête. Cécile est là amené par Jules car sa jumelle a perdu beaucoup de sang. Elles sont toutes les deux du même groupe sanguin A négatif. Des poches de sang sont arrivé de Lyon. Mais en quantité négligeable d’où l’idée de faire venir Cécile.

Le père de Jules vient d’arriver, c’est un bel homme, de stature immense enfin c’est tout ce que je me souviendrais bien plus tard. Les cheveux courts. On dirait Jules en plus vieux. Il ne dit pas un mot, il est au chevet de Claire. Quand il sort il fait signe à Monsieur de la Roche Vineuse. Ils s’entretiennent un instant qui me semble une éternité, pourtant Jules m’affirme qu’ils ne sont pas restés longtemps.

Cela fait quatre heures que Claire est en salle d’opération. Puis six heures. Enfin les portes s’ouvrent c’est l’honorable chirurgien comme nous dit Jules, cherche-t-il à détendre l’atmosphère, je ne sais pas, mais sa phrase reste sans écho. Nous voulons savoir. Il dit Monsieur de la Roche Vineuse je peux vous parler en privé. Je n’ose demander d’entendre, de savoir. Mais …

Mon beau-fils va m’accompagner, venez Nicolas, Jules avez-vous joint Charles ?

  • Oui, Monsieur j’irai le chercher vers minuit en gare de Mâcon, il vient avec Annabelle.
  • C’est parfait, allons vous écouter Professeur.

Nous voici dans le bureau du chirurgien l’ami de mon futur beau-père, il y a un interne de La Timone là où est chirurgien le père de mon ami, le chirurgien prend la parole.

  • Mademoiselle votre fille est plongée dans un coma artificiel afin qu’elle puisse récupérer plus facilement. Elle a eu le poumon gauche de perforé la balle était logé dans l’épaule mais elle n’est pas ressorti. Nous lui l’avons ôté.
  • Est-ce qu’elle va s’en sortir ?
  • Bien entendu Nicolas, il n’y a aucune raison, mais bien sûr qu’il faut être patient.
  • Et c’est tout, vous pouvez faire quoi au niveau des poumons.
  • Nous verrons, laissons là se remettre. Mais une intervention sur les poumons c’est uniquement à Lyon. Elle a aussi une quantité de petits os de brisés. La balle a fait d’énormes dégâts dans la clavicule. Mais les os se consolideront avec le temps. Lorsque vous irez à son chevet ne vous affolez pas. Je lui ai immobilisé le bras sur une plaque en fer. C’est une nouvelle méthode pour les fractures multiples de la clavicule.

C’est son père adoptif qui va à son chevet accompagné par l’éminent professeur, je reste avec son interne et j’apprends par la même occasion que c’est le frère ainé de Jules. Il me dit :

  • Votre fiancée est entre de bonnes mains, ce n’est pas parce que c’est mon père, mais parce qu’à Marseille c’est le meilleur.
  • Merci

Les heures s’égrènent à une vitesse d’escargots, Monsieur de la Roche est rentré, je suis resté toute la nuit à son chevet en compagnie de Charles. Annabelle somnole sur le fauteuil. Puis une infirmière lui a apporté un lit pliant en égard pour sa grossesse et sur ordre de Monsieur son parrain. C’est vrai que nous sommes dans la Clinique du Val de Saône. Auparavant c’était des religieuses qui en étaient les infirmières. Il semblerait qu’il en reste encore quelques unes selon Charles qui s’est fait opérer de l’appendicite le jour de ses douze ans. Il a même réussis à nous faire rire en nous racontant son réveil. Il y avait une bonne soeur penchée au-dessus de lui. Il lui a dit je dois être au Paradis car vous êtes sûrement la vierge Marie. Un fou rire m’a secoué, ce doit être nerveux mais Charles nous l’a raconté d’une manière tellement drôle. On a même eu droit aux remontrances d’une des religieuses. Puis nous sommes revenus sur terre car Claire a commencé à gémir.

Nous avons rappelé en chuchotant l’infirmière qui venait à peine de nous quitter. Elle a vérifié l’écran de contrôle et nous a dit :

  • Elle va sûrement se réveiller, Monsieur pensait que cela n’interviendrai.que demain dans l’après-midi, alors êtes-vous en capacité de la gérer ? A la
  • moindre agitation appelez-nous.
  • Bien entendu ma sœur

Et elle a tourné les talons, sans un mot dans un frou frou de sa longue robe grise. Claire semble plus calme il est quatre heures du matin, elle dort paisiblement. Dans la nuit je suis sorti fumer une cigarette, comme Annabelle était réveillée, Charles m’a accompagné, nous avons discuté des derniers événements. La moitié de neveu comme il l’a appelé aurait-il eu des remords ? Je n’en savais rien, mais toutefois je m’étonnais qu’il ait pu retourner l’arme contre lui. L’enquête nous en dirait mieux. Charles a émis l’hypothèse que son père l’ai tué, je lui ai demandé ce qui lui permettait de dire ceci. Puis j’ai ajouté le père d’ Annabelle ?

  • Effectivement l’autre vieux fourbe tout grand magnat qu’il est n’a pas le bras assez long pour envoyer des tueurs à ses trousses. Mais notre père adoptif m’a paru bizarre et Jules pense comme moi.
  • Alors je ne veux rien savoir, laissez les gendarmes enquêtés, si ton père adoptif l’a fait c’est sûrement par un concours de circonstances ou pour éviter un massacre. Il n’y avait qu’une seule balle dans le corps de Claire mais autour d’elle sur le sol il y en avait cinq autres selon les gendarmes. Comme Claire courait il a dû rater sa cible. Où son arme a été dévié. Mais par qui ?

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

J’ai mal, je m’entend parler voir même hurler et pourtant je vois comme dans un brouillard la tête de Nicolas, il pleure, lui l’homme, mon policier pleure. Mais pourquoi ?

  • J’ai mal
  • Chut tais-toi , ne dus rien mon amour
  • Pourquoi ? Papa, pourquoi ?
  • Chut ne parle pas Claire

Puis un cri, un hurlement, j’entends un cri, c’est moi qui l’est poussé ce cri ?

  • Cécile non Cécile pousse toi laisse ta soeur respirée
  • Cécile qui est Cécile ? Où est -t-elle ? Pourquoi tout le monde pleure autour de moi.
  • Chut mon amour chut ne t’épuises pas, ne parle pas.

Parlez comment pourrais-je parler alors que je n’entends même pas le son de ma voix ? On me soulève de terre. J’ai dû recevoir la pluie, mais elle est chaude cette eau. Mais où suis-je ? J’ai froid. On roule.

Pendant ce temps chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse c’est la consternation. Claire a reçu en plein coeur a fait le médecin des pompiers une rafale de mitraillettes. Elle est partie inconsciente mais les yeux grand ouverts, remplis d’effroi. Sa mère sanglote, son père se dispute avec les gendarmes. Il.leur dit :

  •  » bande d’ incapable, vous êtes des incapables, pourquoi avoir renvoyé deux policiers chevronnés se reposer alors que vos hommes l’ étaient tout autant. Ma petite Claire ne serait pas entre la vie et la mort. C’est votre incompétence qui l’a amené sur ce lit de souffrance. Dégagé de ma propriété je vais m’occuper de ce minable, je vais lui régler son compte. Ce sera de la légitime défense. Disparaissez hors de ma vue dégagez.
  • Monsieur je comprends votre désarroi, mais vous ne pouvez pas faire justice vous-même.
  • Je le sais très bien mon Capitaine , mais vu votre intervention catastrophique je le vois dans l’obligation de faire la chasse moi-même sur ma propriété.
  • Taisez-vous, je comprends votre égarement mais je ne puis vous laissez seul.

C’est à ce moment que notre jardinier nous fait signe, et Cécile entend ces mots qui la font pleurer.

  • – Monsieur, le frère de la petite demoiselle est mort.
  • Mort ? Comment ça
  • Il a dû retourner l’arme contre lui, ce n’est pas beau à voir. Il a la tête d’arracher, la cervelle est dispersée sur mes salades.

Plus tard Jules s’était dit que dans d’autres circonstances il aurait pu en rire, mais sur le coup , la belle Cécile n’arrêtait pas de pleurer. Pour qui pleurait -elle ? Sa jumelle ou celui qu’elle considérait comme son frère. Plus tard ils n’auraient jamais d’explications. En etait-elle incapable ou n’avait-elle pas voulu blesser la famille de Claire. Si quelqu’un le sait c’est …

Nicolas et Monsieur de la Roche Vineuse sont partis à toute vitesse, direction Mâcon et la clinique privée où ils ont fait transporter Claire. Tout le long du trajet ni l’un ni l’autre ne se sont adressé la parole. Chacun est dans ses pensées. Nicolas revoit sa fiancée avec sur sa robe verte cette auréole de sang qui s’agrandissait à vue d’oeil. C’était horrible. Et ce gargouillement où son amour essayait de lui parler. Puis son regard vitreux ou l’étincelle de vie s’en allait irrémédiablement. Il l’espérait vivante mais si son père adoptif savait quelque chose il n’avait pas daigné l’informer.

Quant à Monsieur de la Roche Vineuse, il conduisait, et s’efforçait de retenir ses larmes, Claire le rayon de soleil de la maison était gravement blessé, le chirurgien en ce moment était soit en train de l’opérer soit il extrait la balle ou les balles, il ne savait rien. Jules dès qu’il avait vu les dégâts sur le corps de Claire il avait appelé son père. C’était comme il lui avait dit un éminent chirurgien de guerre, il venait immédiatement. Un hélicoptère avait décollé d’un terrain de l’armée et il serait là juste à temps pour l’opérer. Mais il voulait qu’elle soit transporté au CHU de Lyon ou des soins appropriés lui seraient plus facilement donnés. Pour l’instant Claire était à la Clinique du Val de Saône. Là -bas c’était la clinique où son petit frère était le chirurgien orthopédique. Mais un de la Roche Vineuse pouvait bien opérer sa nièce. De toutes façons il se fierait à son diagnostic, mais etait-elle transportable il l’ignorait.

  • Monsieur, Monsieur
  • Oui
  • Nous sommes arrivés, vous venez de dépasser le portail d’entrée
  • Où avais-je la tête, Merci Nicolas
  • Ce n’est rien Monsieur, je comprends. Si vous voulez y aller, donnez-moi les clefs, je vais garer la voiture et je vous rejoint.
  • Je veux bien Nicolas, Merci. Je vais laisser des instructions pour que tu me retrouves.
  • Merci Monsieur

J’ai trouvé une place, maintenant je me calme en fumant une cigarette et me dirige vers l’entrée de la clinique. Une jeune femme est à l’accueil, elle me sourit et me dit que les visites ce n’est que l’après -midi, oui je sais lui dis-je, mais je viens voir ma fiancée, une ambulance l’a amené il ne doit pas y avoir longtemps.

Je monte quatre à quatre les marches, j’ai dédaigné l’ascenseur, je me remémore les mots de l’hôtesse, mais je ne veux pas qu’elle m’ai dit la vérité. Ce n’est pas possible, Claire ne peut pas être morte. Non…

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

L’ambulance est là avec un médecin, le gendarme est emmené à l’hôpital, ces jours ne sont pas en danger mais il doit se faire opérer pour enlever la balle car elle s’est fichée juste en-dessous de l’artère fémorale. Il a eu de la chance. Il aura une belle cicatrice et des jours pour se remettre.

A la demande du capitaine de gendarmerie on a fait appel au collègue de Nicolas, la police est attendue. Ils seront une petite dizaine et le Commissaire a décrété que Nicolas et Jules étaient de service cette nuit pour donner un coup de mains pour l’un à ses collègues, pour l’autre à qui il voulait mais compte tenu de son grade il pouvait aussi se mettre à leur service.

Cecile a pensé qu’il avait un grade au-dessus de Nicolas, j’ai ri en lui disant non. Plutôt en-dessous. Mais qu’importe ils sont tous deux policiers et ils servent leur Pays.

Jules et Nicolas étant en vacances, ils n’ont pas obligation à se mettre en tenue mais par contre ils peuvent se munir d’armes que leur confie le Capitaine de gendarmerie. Ils ont reçu des renforts de petites antennes de gendarmerie, c’est un dispositif important que nous découvrirons à l’aube.

Pour l’instant il est à peine minuit, Père nous a renvoyé dans notre chambre telles des petites filles, je rage intérieurement, j’aurais préféré être auprès des domestiques ou de Mère, mais lorsque Monsieur de La Roche Vineuse a causé tout le monde se tait. C’est ainsi que Cécile l’a compris, et, en y réfléchissant bien c’est bien comme ça que je vois mon Père adoptif.

Maintenant un silence plane sur le Domaine, aucun bruit ni à l’extérieur ni même dans l’intérieur de notre demeure. Que font police et gendarmerie associées pour la circonstance. Comme j’aimerais traquer ce dingue qui porte le même nom que nous. Où peut-il être planqué, il.nous faut rester sur nos gardes, de plus une phrase a échappé au Capitaine de gendarmerie, et depuis Cécile n’est pas tranquille. Par instant elle tourne en rond comme un lion dans sa cage. A d’autres elle s’asseoit et sanglote. Puis par moments elle gémit par petits cris, renifle et se lève, va vers la porte l’ouvre et revient en me disant :

  • Claire aide-moi, je crains pour ma vie, ce fou est revenu pour se débarrasser de moi.
  • – Ou de moi, car comment nous reconnaître.
  • – Ah je n’y avais pas songé
  • – Pour lui il a peut-être découvert une différence et me tuera moi sans toucher à un de tes cheveux. Mais pourquoi penses-tu qu’il veut te tuer. Il est venu là pour
  • Ah oui pourquoi est-il descendu du Nord chez toi ?
  • Peut-être pensait-il que Charles était là .
  • Ah
  • Mais en y songeant il veut tous nous éliminer, maintenant que les bâtards ont surgis dans sa vie, sa fortune va être divisé par un plus grand nombre.
  • Je vois ses grands yeux qui ressemblent étrangement aux miens se remplirent de larmes, à ce moment je suis forte pour deux, bien que je n’en mène pas large. Ce type est bien capable de nous abattre toutes les deux. Je la prends dans mes bras, et je la console du mieux que je peux. Puis nous nous allongeons l’une à côté de l’autre sans mettre un drap. Et c’est sur un bruit de mitraillettes que nous sombrons dans le sommeil. Morphée nous prend dans ses bras.

Au petit matin je suis dans les bras de Nicolas, pourtant je ne me souviens pas être allé dans mon lit. Mon jupon que j’ai gardé hier au soir est soulevé, j’espère que Nicolas ne m’a pas … Oh non il aurait pas fait ça, puis je me serais réveillée. C’est juste que j’ai dû avoir un sommeil agité et tout a dû remonter. A force de bouger je réveille Nicolas. Il a un sourire et l’oeil amusé. Comment lui le dire sans le froisser, car s’il s’imagine que j’ai peur de lui et aucune confiance nous ne pourrons pas continuer notre liaison.

  • – Dis-moi ce qui trotte dans ta petite tête ?
  • – Rien, tu te méprends
  • - Allez lance toi ?
  • – A qu’elle heure es-tu venu ?
  • – Il y a deux heures, Jules m’a demandé de te mettre dans ton lit et de me coucher avec toi. Quant à lui il s’est allongé auprès de Cécile et s’est endormi comme une masse.
  • -Et toi ? Qu’as-tu fait ?
  • Ah je vois où tu veux en venir mais pourquoi oses-tu pas me dire que tu me prends pour un dégénéré à la hauteur du fugitif que nous traquons.
  • – Pourquoi dis-tu cela Nicolas ?
  • – Ce n’est pas à ce que tu penses en ce moment.
  • Non pas tout à fait.
  • Je ne m’appelle pas de Bougainvilliers , je ne t’ai pas violé ou tout au moins pas forcé contre ton consentement. J’avoue avoir osé te regarder en culotte et soutien gorge. Oui pour cela j’ai soulevé ton jupon mais je ne t’ai même pas touché juste admirer ta beauté. Sur ce je vais prendre une douche et repartir à la chasse à l’homme. Continue ta nuit.

Et, il se lève sans me faire un bisou, il sort, raide et ne se retourne pas. J’en ai mal au ventre et je me met à pleurer. Jamais je n’aurais dû faire peser sur lui mon regard plein de reproche. J’aurais dû l’aborder d’une autre manière. Je peux encore le rattraper. Vite j’enfile une robe , je reviendrais prendre un bain plus tard. Je sors tête nue je dévale les escaliers , l’appelle. Il ne se retourne pas, il sort par la grande porte et rejoint ses collègues. Me voici sur le perron, je le vois se diriger vers la maison de Grand-père, je cours, crie son prénom, je n’entends rien, je suis échevelée, je pleure. Et… Soudain une douleur fulgurante me traverse la poitrine. Je ne comprend pas pourquoi j’ai tant mal. Je m’effondre au sol, j’entends des cris, puis je vois Nicolas pâle qui me demande pardon.

Pardon ? Pourquoi ?

A suivre…