Hum ! Une famille tuyau de poêle !

  • – Disparu ? Elle n’a pas dû aller bien loin. A moins que son cher fils l’ai kidnappé…
  • – C’est un peu la raison de notre venue
  • – En quoi Mademoiselle Cécile de Bougainvilliers peut vous être utile ?
  • – Mère et fille sont souvent complice
  • – Justement ce n’est pas sa fille c’est juste .- … Sa belle-sœur.
  • – Ah mais nous n’en savions rien.
  • – Éviter de l’ ébruiter ce serait très bien
  • – Ce ne sont nullement nos intentions, nous sommes soumis à un droit de réserve.
  • – Alors quittez cette maison et enquêtez ailleurs. Sur ce bonne nuit Messieurs.

Père a réussi à mettre dehors un jovial gendarme et un jeune qui rougissait en nous regardant. Quant au troisième il tournait son képi assez ennuyé de la tournure que prenait les évènements.

Dans la chambre nous discutons Cécile et moi de la fuite de notre frère, heu demi-frère, mais comment dire, il est le petit fils de notre père donc c’est notre neveu. Pfff demi-neveu comme se plaît à le répéter Cécile. Peu importe c’est un être vil, exécrable, méchant. Il a sous des manières doucereuse toujours de mauvaises intentions. Il y a déjà deux plaintes pour agression sexuelle, mais nous avons bien peur qu’elles soient passées sous silence vu l’impact qu’à sur la Région Monsieur Artémis de Bougainvilliers. Les femmes n’osaient pas aller porter plainte, il a fallu que Charles les accompagne pour qu’elles se sentent moins perdues. Si le fils du patron les soutenait alors elles avaient eu raison de se faire connaître. D’autres suivront nous en sommes sûr. Car dans les corons les bruits courent… Et lorsque cela court c’est difficile d’endiguer la marée humaine.

Nous nous endormons après avoir papoter plus d’une heure après l’autorisation de Père. Mais en chuchotant on ne gênait personne.

C’est une pluie fine puis de plus en plus forte qui va rythmer notre dernière journée dans ce coin de France triste. Même Cécile le reconnaît, depuis qu’elle a vu Mâcon , elle trouve la vie terne. Et encore dans le midi c’est encore plus lumineux ce sera les premiers mots qu’elle entendra de la bouche de Stéphane le meilleur ami de Nicolas lorsque nous serons de retour chez nous.

Le journal locale a lancé un avis de recherche pour toutes personnes susceptibles d’avoir vu l’homme figurant sur le portrait robot. On voit nettement le fils de Bougainvilliers mais leur honneur est sauf ils n’ont pas mis son nom.

En fin d’après-midi nous entendons la sonnerie du téléphone. Paul l’oncle de Chantal répond, nous l’entendons dire : Mais Madame que me dites-vous, je ne puis le faire, ce n’est pas possible je suis Paul le presque Majordome de Monsieur de Bougainvilliers. Je vous prie d’appeler Monsieur son frère, c’est lui qui désormais traite les affaires courantes.

Et il raccroche, il est rouge comme une tomate, il a l’air bien ennuyé, mais avec qui parlait-il ?

C’est Père qui lui donne la parole, mais Charles intervient et lui dit:

  • – Venez Paul, vous allez me raconter ce qu’il vient de se passer.
  • – Charles et nous ?
  • – Plus tard Mesdemoiselles

Charles joue à plein son rôle d’aîné des Bougainvilliers, il nous redira ce que Paul lui a dit.

Au bout de trente minutes il revient accompagné de Madame André de Bougainvilliers, la mère adoptive de Cécile. Elle est dans un piteux état. Sa robe est déchirée, elle n’a qu’une chaussure aux pieds, le visage tuméfié, elle pleure et on ne sait même pas de quelles manières faire tarir ses larmes. C’est Charles qui va nous raconter ce qu’il s’est passé car la pauvre femme est choquée.

Et il y a de quoi ? Notre demi-neveu, bien que ce nom me répugne et encore plus maintenant que nous connaissons le calvaire de la pauvre Madame de Bougainvilliers. Je disais donc notre moins que rien de demi neveu a poussé sa mère à commettre l’irréparable. Il lui avait demandé il y a deux jours de lui apporter une lime pour se limer les ongles. Monsieur est un dandy et même en prison sa mère pense qu’il ne veut pas se laisser aller. Elle lui apporte la lime qu’elle cache comme il lui a demandé dans une poche qu’elle s’est cousue sous sa jupe. Elle passe facilement et retrouve son fils dans une pièce assez grande. Le nom de Bougainvilliers est tellement célèbre et surtout il permet a des milliers de personnes de vivre que les geôliers ferment les yeux sur quelques petites entorses. Et ce jour-là, il a osé franchir la porte habillée avec la jupe de sa mère, un châle sur les épaules et un chemisier blanc. Auparavant il a contraint sa mère a se déshabiller, cette dernière avait suivi a la lettre les ordres de son fils chéri.

Lorsque Charles nous raconte son évasion à Jules, nous sommes abasourdies, il a osé faire ça. En fait je comprends très bien qu’à sa visite de la semaine passée il a demandé à sa mère de porter deux jupes deux chemisiers et une paire d’espadrilles qu’elle met lorsqu’elle va marcher. Elle les avait dans son sac et comme personne ne lui a rien demandé, les chaussures sont rentrés facilement en prison. Après pour Jules c’est un jeu d’enfants. Avec la lime il lui la met sur la veine jugulaire du cou et lui dit si :  » tu cries je te l’enfonce et tu vas mourir rapidement..Tu choisis cher Maman ou tu vis et on sort ensemble ou tu cries et tu meurs. La pauvre femme nous a dit Charles était toute tremblante et elle a fait ce que lui demandait son fils. Ils ont attendu le changement des matons et ils sont sortis tous les deux la tête haute par la grande porte.

  • – Mais aucun des gardiens de prison ne se sont aperçus que dans la salle , leur prisonnier n’y était plus ? Intervient Cécile.
  • – Les geôliers venaient d’abord chercher le prisonnier, puis les visiteurs sortaient Ensuite après quelques minutes ou secondes ils ouvraient la porte et les visiteurs se mêlaient aux autres et sortaient. Les fouilles étant aléatoires jamais votre mère adoptive Cécile n’a été fouillée.
  • Père a demandé à Charles d’achever son récit car on avait tous les bagages à mettre dans les voitures.
  • Et Charles de continuer son récit :  » – Ensuite ils sont partis en voiture c’est Jules qui conduisait. Toujours sous la contrainte elle a remis de l’argent à ce chenapan mais elle a essayé de lui résister.
  • – Et elle s’est ramassé des claques.
  • – Ça suffit Annabelle, continue Charles
  • – Oui, en effet et même pire
  • – Pire que voulez-vous dire Charles ?
  • – Son propre fils a essayé de violer sa mère, puis devant ses hurlements il l’a frappé et il a disparu. Elle est restée prostrée des heures, les gendarmes sont venu, elle n’a pas ouvert, et finalement elle a pensé à vous père d’où son appel.
  • – Et que suis-je censé faire ?
  • – La protéger des griffes de son fils
  • – Charles nous partons demain à l’aube.
  • – Alors emmenez-là, en plus elle a une voiture et ça vous arrangerait bien.
  • Bonne soirée, la nuit porte conseille nous verrons demain.

Et nous voici tous bien ennuyés de la tournure qu’ont pris les évènements.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

La mère adoptive de Cécile n’a pas desserré les dents lorsque nous avons sonné à la porte de sa demeure. Selon la femme de chambre de Cécile la visite au jeune Monsieur à la prison c’était fort mal.passé.

Pour Cécile cela ne l’étonnait pas outre mesure, son demi-frère était d’une arrogance du temps de sa superbe et si l’on peut dire de sa vie hors de prisons.

Sa mère avait été obligé de quitter la prison en catastrophe car il l’a maudissait. Décidément cette famille était hors norme. Pour Père lorsque nous lui avions raconté le soir venu, il était très ennuyé pour la mère adoptive de Cécile. Cette femme serait seule à présent. Un fils en prison, Cécile qui refusait de rester avec elle. Alors il fit une demande à Annabelle et cette dernière lui a promis qu’elle lui rendrait visite de temps en temps. Après tout les deux propriétés étaient mitoyennes et il n’y avait nul besoin de passer par la route. Si Madame de Bougainvilliers lui refusait sa porte elle respecterait sa volonté.

Mais Cécile avait une tout autre demande à demander à Père. Je lui marchais sur le pieds pour qu’elle le lui demande après-demain ce serait trop tard, en effet nous serions partie.

  • Monsieur de la Roche Vineuse j’aimerais bien que ma femme de chambre m’accompagne, ma mère lui a demandé de faire ses bagages, elle est seule et elle a toujours été à mon service. Les premiers sourires que j’ai vu ce sont les siens.
  • Comment pensez-vous la payer ?
  • Notre oncle nous a alloué à Claire et moi une petite somme afin que nous puissions nous inscrire dans une école privée sur Lyon pour pouvoir nous adonner à notre passion, le dessin.
  • Claire vous comptiez m’en parler à quels moments ?
  • Je viens juste de l’apprendre.
  • Finalement vous avez plaidé votre cause auprès de votre oncle et obtenu gain de cause.
  • Non ce n’est ni Claire ni moi…
  • C’est moi, Père
  • Vous Charles ?
  • Oui ! Mais au départ c’était uniquement pour moi, mes soeurs étant assez grandes pour s’adresser à mon père. Mais ce dernier a proposé non seulement d’allouer une somme à moi mais sur l’argent trouvé à la banque il l’a divisé en trois. Et à vrai dire je ne m’en étais pas rendu compte c’est énorme. Cécile aura largement de quoi payer sa femme de chambre pendant plus d’une année.
  • Et bien j’espère que ce n’est pas de l’argent sale
  • C’est difficile de le savoir, mais employons-le à une bonne cause.
  • Faites ce que vous voulez, Savez-vous Cécile à combien s’élèvent les gages de votre femme de chambre.
  • Depuis la mort de papa , Mère avait réduit de moitié son salaire, car le vieux grigou ne lui donnait de l’argent que par épisode. Mais ne vous inquiétez pas je pourrais aussi payer sa nourriture.
  • Ah oui et comment pensez-vous faire ?
  • Celui que j’appelais Grand-père me donnait chaque mois la bagatelle disait-il de 500 frs. Je n’y ait jamais touché, tout est à la banque. Seulement Maman refuse de m’accompagner pour en retirer l’argent.
  • Vous n’avez nullement besoin de retirer l’argent, je vais aller voir votre mère adoptive et changer la procuration par la mienne. Si elle s’y oppose et c’est encore son droit vous laisserez l’argent et je peux très bien nourrir cette personne gratuitement.
  • Merci Monsieur
  • Désormais appelez moi oncle et cela m’ira, ce Monsieur m’agace
  • Bien Oncle
  • C’est parfait.

Nous nous sommes retiré afin d’aller voir les robes que Cécile nous avait rapporté car ce que nous n’avons pas dit au père d’Annabelle, c’est que la seconde Madame de Bougainvilliers nous avait refusé sa porte.

Lorsque nous rentrons dans notre chambre, il y a de quoi en prendre le vertige, il y a un nombre impressionnant de robes, de jupes toutes plus belles les unes que les autres. Sur mon lit il y a les robes qu’elle propose à Annabelle. Cette dernière fait son choix. Elle en essaye une, hum cela va être dure d’y rentrer dedans. Son ventre s’est arrondi et la robe est un peu étroite. Elle en pleure et nous dit que jamais elle ne pourra s’habiller pour cette réception.

C’est à ce moment que sa mère frappe et entre , elle vient lui proposer de l’emmener sur Béthune dans une maison de prêt-à-porter où se sert la mère de Cécile. D’où du reste vienne la plupart des robes de Cécile.

A nouveau Annabelle quitte son air de chien battu et part avec mère. A nous les jolies toilettes. Mais Cécile va me dégoûter de les porter car elle se rapporte à des événements de la vie de Cécile. Sur les dix robes seules deux vont me plaire. Les autres, elle les donnent aux femmes de chambre qui les ajusterons pour elles ou pour leurs filles. Certaines sont très simples. Elle les portait pour se rendre au lycée. Les robes de soirée quant à elles vont rejoindre le placard d’Annabelle, elle pourra les porter après avoir mis au monde son bébé.

La soirée se passe à une vitesse vertigineuse. Nous montons nous coucher lorsque nous entendons la cloche sonnée. Père s’étonne :

  • Il est tout de même vingt-deux heures qui peut venir à pareille heure ?

Joseph le majordome fait signe à notre père qui le suit. Quand il réapparaît il est accompagné par deux gendarmes, ils viennent s’entretenir avec Cécile au sujet de sa mère.

  • Elle a fait quoi ?
  • Est-ce que vous pouvez nous emmener dans un endroit plus tranquille pour que nous puissions nous entretenir avec Mademoiselle de Bougainvilliers.
  • Allons dans le bureau de Grand-père .

Ma jumelle a raison il.n’est pas questions d’étaler notre vie privée ni devant qui que ce soit ni devant les pandores.

  • Vous pouvez rester Monsieur de la Roche Vineuse, de toutes façons c’est préférable cette jeune personne est mineure.
  • Alors si vous n’y voyez pas d’inconvénients expliquez nous la raison de votre visite, il est plus de vingt-deux heures et j’aimerais bien aller me coucher.
  • Oui Monsieur je comprends mais c’est délicat à dire.
  • Faites-le, vous êtes bien venu pour lui le dire
  • Effectivement
  • Mademoiselle avez-vous vu votre mère aujourd’hui ?
  • Oui j’y étais tantôt avec ma belle-sœur et Claire
  • La jeune femme qui vous ressemble
  • Oui
  • Et votre mère
  • Elle ne m’a pas adressé la parole et elle a empêché mes belles-sœurs d’entrer
  • Elle était comment votre mère ?
  • Je ne l’ai pas vu, juste entendu s’en prendre à ma femme de chambre qu’elle a jeté dehors.
  • C’est tout
  • Oui pourquoi ?
  • Tout simplement parce qu’elle a aidé votre frère à s’enfuir de la prison.
  • S’enfuir !
  • Oui
  • Comment ?
  • Si nous le savions nous ne serions pas là à vous le demander.
  • Je n’ai pas vu mon frère, et ma mère s’est justifiée de quelles manières.
  • Votre mère a disparu…

A suivre…

Hum! Une famille tuyau de poêle !

Cécile et moi sommes assises au bord de la piscine, nous discutons des derniers événements, nous comprenons mieux la situation. Même Chantal en est pas revenu que le vieux avait un frère jumeau personne ne l’a su sur Béthune. Il a été éloigné de sa famille assez jeune puisqu’il est bien plus jeune que notre père adoptif. Avoir un père aussi jeune va permettre à Charles de faire pleins de projets d’avenir. Pour Père c’est déjà plus facile de voir qu’il n’y a pas que le vieux pervers dans les parages. A table il a commencé à parler de rentrer au Domaine. Et par la même occasion sans vouloir vexer Charles j’ai qu’un désir c’est rentré moi aussi. Mon chéri a téléphoné il va avoir une permission de quatre jours et apparemment je lui manque terriblement. Et dès qu’il connaît notre retour il va dire à son ami de Marseille de le rejoindre avec l’accord de Beau-papa.

  • Claire !

Je sursaute, je suis perdue dans mes pensées assez coquines je me l’avoue.

  • Que me veux-tu Annabelle ? Tu viens de me crier dans les oreilles, mon tympan en a pris un coup.
  • Arrête tu as toujours tendance à éxagerer

Médusée je regarde Annabelle , c’est la première fois qu’elle me tient pareils propos.

  • Mais qu’as-tu Soeurette ?
  • J’ai peur de m’ennuyer ici, je ne connais personne, en plus il va falloir que je donne une réception dès dimanche prochain et Papa vient de me dire que dès samedi vous rentrez sur Mâcon. Je vais être seule et ma grossesse me fatigue et j’en suis qu’au troisième mois, qu’est-ce que ça va être dans les prochains mois.
  • Tu n’auras pas grands choses à faire , à part jouer à l’épouse parfaite du fils d’Étienne de Bougainvilliers, je ne vois pas ce qui va te fatiguer plus qu’en ce moment.
  • C’est à la fois l’entrée de Charles aux Houillères de Béthune mais en plus ce sera son baptême en tant que l’héritier de Monsieur Etienne de Bougainvilliers. Toutes les huiles vont être là. Mon beau-père m’a dit plus de cent personnes.
  • Oh ! Je te laisse bien volontiers cette besogne – intervient Cécile-, pour les maris ou amants tu n’auras pas trop de fil à retordre, mais pour les femmes, il faut que ta tenue soit irréprochable. Du reste je te conseille de prendre deux robes. Il y a toujours des jalouses qui peuvent te renverser un verre de vin rouge. Et sois certaine qu’il y en aura. De plus notre grand-frère a un charme fou.
  • Ah nous voilà mal si les jalouses arrivent, elles seront bien reçu. Mais je ne pensais pas être obligé de recevoir tout le gratin de Béthune, tout au moins pas dès son entrée dans la haute sphère du Nord. Je ne peux pas trouver une couturière aux pieds levés.
  • Ne t’inquiètes pas, cet après-midi je devais retourner chercher des vêtements, je ne pense pas que chez tes parents Annabelle il y a mainte et mainte réception.
  • Non ce n’est pas l’habitude de la maison.
  • Et bien tu choisiras dans ma garde-robe les toilettes qui te font défaut. S’il faut te les retoucher je demanderais à ma couturière, elle ne refusera pas de t’aider.
  • Oh merci Cécile tu ne sais pas le poids que tu m’as ôté.

Et bien Cécile est d’une générosité immense cela me fait plaisir de le découvrir, ce n’est pas ma jumelle pour rien. Nous sommes vraiment identiques en tout point ce qui a fait dire à Charles l’autre jour :  » attention soeurette qu’elle ne joue pas les troubles-fêtes en te piquant ton chéri d’amour. »

J’ai failli lui envoyer à la tête une porcelaine de Chine que notre géniteur a dû rapporter d’un de ses voyages autour du Monde. Il paraît même selon Chantal que c’est un « Ming » et qu’il vaut une petite fortune. Je n’aime pas le bleu alors Ming ou Mangue je m’en contrefiche.

Plus que deux jours avant que nous repartions mais il y a un problème de taille. Il n’y a que Père qui conduit, ce dernier voulait descendre les deux voitures. Après longs palabres, Etienne le précieux papa de Charles a promis que dès que son cher fils aurait trouver ses marques il viendrait nous rendre visite. Il n’avait jamais vu des vendanges et cette année elles débuteraient entre fin août et début septembre. Il ramènerait la voiture et prendrait un taxi pour rentrer.

Charles n’en crû pas ses oreilles à l’annonce de son retour en taxi. Et bien il y en avait de l’argent chez les Bougainvilliers. A ce point c’était du délire. Plus de huit cent kilomètres en taxi il allait sentir passer la note. Même Pete s’en est mêlé en lui disant que les premières classes du « Corail  » étaient à la hauteur de sa particule. D’un revers de manche il a balaye la proposition, en ajoutant :

  • Je suis parti précipitamment de chez moi lorsque mon notaire m’a annoncé les évènements heureux. Je vais passer quelques jours dans ma villa une fois que je serais reparti de chez vous. J’en profiterais pour mettre de l’ordre dans mes affaires, en particulier mon travail et je rentrerais seconder mon fils. Vingt-cinq ans que j’attendais cette rencontre. Depuis que Jean m’avait annoncé la naissance de mon fils je ne rêvait que d’une chose c’était de pouvoir le serrer dans mes bras et surtout de le connaître. Enfin ce jour merveilleux est arrivé.
  • Je vous remercie Étienne et je comprend votre émotion. Charles a été un petit garçon très calme, travailleur et sérieux. La seule chose que je n’ai pas compris c’est qu’il est poursuivi des études d’ingénieur des Mines. Désormais je comprend il avait ça dans le sang.
  • Pourtant Charles m’a dit que les vignes allaient lui manquer, que ces dernières années il avait travaillé avec vous.
  • En effet car il n’avait pas réussi à intégrer un travail à la tête des Houillères de Montceau-les-Mines.
  • J’en connais la raison. C’est mon jumeau qui a dû lui mettre des bâtons dans les roues.
  • Êtes-vous certain qu’il connaissait son existence ?
  • Il suffit de lire ses notes pour en être convaincu. Sauf qu’il s’était attribué cette paternité. Pour les jeunes filles violées et les femmes , elles peuvent être certaines que je n’y suis pour rien. Dès mes treize ans je ne rêvais qu’à la mère de Charles. Et quitter cette maison était la seule issue. Hélas si je l’ai quitté c’est contre mon gré. Attacher dans une carriole, pieds et poings liés et jetés en pâture à une mégère qui pensait qu’à une chose que je devienne proxénète dans les bas fonds de Paris.
  • Oh !

C’est sur un cri d’horreur que c’est terminé la longue tirade d’Étienne le jumeau d’Artémis.

A suivre …

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque notre oncle a vu le petit carnet rouge, que Charles avait remis dans le coffre, il est devenu blème comme si c’était lui qui était le coupable. Charles lui a dit qu’il était juste un témoin dans l’affaire qui le confronte à son frère mais en aucun cas il lui en tenait rigueur.

Ce pauvre oncle lui a dit avec du recul craint que ce coffre ne dévoile ce que lui avait fait au cours de la dernière décennie. Mais il ne s’était pas étendu sur le sujet. Il a seulement affirmé à notre frère qu’il n’avait pas d’enfants nés hors mariage. Il ne s’était jamais marié.

  • Qu’as-dis notre oncle ?
  • Cette branche allait s’éteindre sauf…
  • Acheve ta pensée Soeurette m’a crié Annabelle
  • Qui peut me dire s’il voit une différence entre le vieux ou notre oncle.
  • Oh mon Dieu ! Mais tu es folle Claire
  • Mais quoi Père vous n’y avez pas songé.

Il fallut se rendre à l’évidence. Qui pouvait prétendre que les jumeaux ne se ressemblaient pas. ? Qui pouvait affirmer que Chantal ou notre mère avait eu pour violeur les deux frères ou l’un ou l’autre. Et même pire les deux sur une même journée. Personne ! Sauf bien entendu les deux intéressés. Des jumeaux avaient eu des jumelles. Pourtant Annabelle nous disait que c’était rare la gémellité entre un père et sa fille. Souvent cela sautait une génération. Eh les humains ne sont pas des chattes qui peuvent mettre bât les bébés de plusieurs pères. Donc…

Charles a décidé de passer à l’acte après avoir consulté le carnet rouge qui faisait tant peur à l’oncle. Et pour cause, tour à tour vers leurs quinze ans les jumeaux, père et oncle s’amusaient à se piquer leur conquête jusqu’au jour où l’une d’elle accompagné de son père était venu affronter le père des jumeaux. Il demandait réparation pour sa fille âgée d’à peine quatorze ans. Les deux jeunes Monsieur l’avaient tour à tour violenté et la petite attendait un enfant. Mais le Grand-père ne s’était pas laissé conté fleurette il avait demandé à la jeune fille si elle n’avait pas remarqué une différence entre ses deux amoureux. Car oh surprise un des jumeaux avait sur la verge un grain de beauté. Si les deux s’étaient occupés d’elle, elle aurait pu déterminer lequel l’avait déshonoré. Elle se souvenait qu’il n’avait rien , bien que la première fois elle n’avait pas vu grand chose, mais elle a toujours reconnu Artémis à l’odeur de ses cheveux. Arthur portait les cheveux très courts, alors que son jumeau se les gominait avec du pétrolhane car il a une mèche rebelle sur le front.

Alors que Charles nous racontait cette découverte dans le carnet rouge, notre oncle s’était dissimulé dans l’ anfractuosité de la bibliothèque en noyer massif. Et Chantal qui passait par là, l’avait houspillé. Tout honteux il était sorti de sa cachette. Chantal avait elle aussi entendu et elle nous affirma qu’elle connaissait ce détail et pour ce qui l’a concernait c’était bien Artémis qui l’avait violé. Lui n’avait pas de grain de beauté mal placé ou bien placé selon la suite des évènements. Et cette odeur caractéristique qui émanait de lui, elle s’en souvenait tout le temps. Jamais son mari, aujourd’hui décédé avait pu en mettre car cela lui donnait la nausée.

L’oncle était cramoisi, voilà qu’il risquait lui aussi l’emprisonnement surtout si ses neveux et nièces communiquaient au juge ou à leur avocat ce détail bien compromettant.

Annabelle qui était bien silencieuse dit d’une petite voix :

  • Toi aussi mon amour tu l’as le grain de beauté.
  • Tu ne vas tout de même pas exposer mon anatomie devant mes sœurs.

Et soudain, il regarde l’oncle et lui dit :

  • C’est vous que ma mère aimait.
  • Oui, c’était la femme de ma vie, mais mon père l’a banni hors de notre maison car son grand-père avait affronté notre grand-père lors des grèves. Et pour lui c’était contre nature qu’un  » De Bougainvilliers  » puisse s’abaisser à épouser une fille du peuple. Nous avions toutefois Artémis et moi joués avec votre mère et ses frères car votre Grand-mère était à notre service depuis des générations et mon grand-père aimait bien pour Noël donné quelques pièces à votre mère et vos oncles. J’ai rencontré votre père spirituel Jean lors d’un bal ou votre mère m’avait demandé de l’accompagner, elle savait qu’elle attendait un enfant de moi. C’est votre père qui avait trouvé une cabane pour que nous puissions nous cacher en attendant que les battues s’arrêtent car j’avais décidé de fuir cette famille qui m’empêchait d’aimer la femme avec qui je voulais vivre. Et il fallait que je rencontre Jean. J’ai du reste bien fait.
  • Qu’est-il arrivé ? Avez-vous réussi dans un premier temps à vivre avec notre mère et moi.
  • Helas non, Artémis avait surpris notre conversation et avait été le redire à notre père.
  • Et ?
  • Lorsque je suis arrivé à la cabane il y avait sur les lieux que votre père Jean, ma promise avait été emmené en pension jusqu’à la fin de sa grossesse. Mon père avait passé un contrat avec votre père, il épouserait votre mère et élèverait l’enfant comme si c’était le sien. Ce qui l’avait promis, sinon l’enfant serait déposé à la porte de l’église et recueilli par les religieuses.
  • Je comprend beaucoup de choses. Et mes sœurs
  • Les jumelles !
  • Oui de qui d’autres voulez-vous parler ?
  • Pardon Charles, vous comprenez maintenant pourquoi je suis là. Vous êtes mon unique enfant, c’est la seule raison qui m’a fait revenir sur la terre de mes ancêtres. Mon père m’a empêché de voir ma mère lorsqu’elle est morte de chagrin. Tant qu’Artemis était le maître le plus puissant et que mon père était encore de ce monde je n’avais pas le droit de revenir à Béthune. Aujourd’hui mon jumeau est en prison. Et je veux vous aider Charles
  • Vous pensiez m’en informer quand donc que j’étais votre fils.
  • J’attendais le bon moment mais je savais que cela n’allait pas tarder.
  • Notre père spirituel comme vous dîtes n’a jamais eu d’enfants avec notre mère
  • Votre Maman avant la naissance de vos soeurs a fait trois fausses couches. Avec votre père j’avais espéré qu’elle serait protégé des griffes de mon frère, hélas les jumelles sont là et je sais qu’il a prise votre mère de force il me l’avait écrit.
  • Avez-vous gardé ce courrier ?
  • Oui je l’ai, mais c’est à vos demi-soeurs de déposer plainte. Et je donnerais à votre avocat la lettre d’Artémis.

A suivre…

Hum! Une famille tuyau de poêle !

Enfin nous voici à la banque, Monsieur le Directeur en personne est venu à notre rencontre. A croire que je sens « les Bougainvilliers » car cet homme s’est incliné devant moi , obséquieux et m’a dit

  • Je vois que le jeune Monsieur est le digne fils de Monsieur votre frère, il ressemble comme deux gouttes d’eau à feu Monsieur André de Bougainvilliers si tôt disparu. C’est vraiment son portrait craché. A croire qu’il est le fils d’André et non de votre jumeau. Mais il n’est plus là pour nous le dire.
  • Comment ? Que dites-vous , je serais le fils de Monsieur André, c’est normal que je lui ressemble puisqu’il est mon frère. Mais de là à penser que je sois son fils c’est faire injure à mon père qui va me reconnaître.
  • Je vous prie de m’excuser, j’ignorais que Monsieur De Bougainvilliers vous avait reconnu.

J’esquive ma réponse car je n’en sais rien, je l’espère car j’aimerais empocher son argent, surtout que j’ai d’immenses projets pour le faire fructifier.

Nous voici dans la salle des coffres, il y a des tonnes de coffres, j’en ai jamais vu autant, quoique je devrais dire je n’en n’ai jamais vu la couleur d’un seul. Le banquier ouvre une porte blindée précise-t-il, il sort un tiroir fermé avec nos deux clefs. Ensemble nous introduisons la clef jaune dans la serrure A et ma clef blanche dans la serrure B. Maintenant tout va se compliquer je dois tourner la clef dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Et mon oncle dans le même sens. Lorsque le déclic se fera entendre nous devons retirer nos clefs assez rapidement pour éviter qu’une reste coincée.

Tout s’est déroulé à la perfection. Nous avons découvert la clef du coffre du bureau de notre géniteur ainsi que le code pour ouvrir ce même coffre. Il y a des reconnaissances de dettes, plus de deux cent. Des extraits de naissances et tant d’autres papiers. Je prends la malette qu’Oncle m’a fait emporter et je prends le maximum de documents.

Le coffre désormais est vide, j’ai pris tout l’argent qui s’y trouvait sous l’oeil réprobateur de l’Oncle. Mais j’en ai besoin. Il me faut une voiture car je laisse la mienne à Annabelle. Ce soir je regarderais tous ses papiers et j’espère trouver le livret de famille de Maman. Il me faut des papiers officiels, surtout que je suis dans l’obligation de le faire fabriquer une carte d’identité à mon nouveau nom.

De retour dans la demeure des De Bougainvilliers je raconte ce que j’ai découvert ainsi que la réflexion du banquier. Père dit :

  • j’irai dès demain interroger votre mère adoptive Cécile, car je trouve que l’on nage en plein mélodrame. Elle sera bien au courant des faits et gestes de son cher mari.
  • Mais Papa est mort cela fait à peine cinq ans. J’avais quinze ans je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui. Laissez cette pauvre femme à son chagrin sans en rajouter une couche.
  • Mais Mademoiselle, Charles a besoin de le savoir.
  • Oui je comprends et bien faites comme bon vous semble.

Nous terminons la soirée et Annabelle et moi montons nous coucher assez tôt. Je sens ma petite femme toute émoustillée. Je n’ai vraiment pas envie ce soir de lui donner ce qu’elle veut. D’habitude ne dit-on pas que ce sont les femmes qui parlent d’une migraine, ce soir je jouerais au malade.

Je n’ai ni eu besoin de jouer au malade , ni de faire mon devoir conjugal. Nous attendons un bébé. Ma douce et tendre Annabelle est enceinte. Nous avons discuté toute la soirée de ce bébé qui arrivait comme une promesse d’avenir. Nous avons même fait des pronostics, nous espérons que ce sera une fille car si le nom que dorénavant je porterais à l’avenir lui pesait. En se mariant elle le perdrait. Ce que m’a fait remarquer fort judicieusement ma précieuse femme, ai-je vraiment envie de m’appeler de Bougainvilliers. Vu sous cet angle et compte tenu de ce que j’apprenais me fait monter aux lèvres un dégoût qui, au petit matin était encore là.

L’oncle est revenu à la charge ce matin’pour me pousser à mettre l’argent dans le coffre et pour ouvrir le coffre fort du bureau du vieux. Ce que je ne lui ai pas dit c’est qu’hier au soir j’avais déjà mis la main sur un testament, testament était un bien grand mot, c’était certes ce qui pouvait s’y apparenter. En fait c’était des mots jetés à la hâte sur un carnet pour était il noté dans la marge le refaire en bonne et dû forme.

Surprise, le vieux était un véritable « sal… » Car il connaissait notre existence depuis notre naissance. Il y avait un petit carnet où était noté le nom des mères et leurs enfants. Il y avait pas moins de cinq femmes dont ma cousine Chantal et bien entendu notre mère figurait en tête . Chantal hier lorsque j’avais lu son nom, je lui avait fait discrètement signe. Les bras lui en étaient tombés, elle qui se croyait à l’abri du vieux grigou, elle apprenait que son accouchement clandestin était connu du vieux. Heureusement qu’il est en tôle en avait-elle conclu. Comme je la comprenais. La seule chose qui l’ignorait c’était la naissance des jumelles. Quant à moi j’étais le second de ses enfants après André le soi-disant père de Cécile. En fait je m’étais aperçu que sur ce carnet ne figurait que les garçons…

A suivre…