Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Nicolas est arrivé dans la soirée, il a d’abord crû croiser Cécile et à bien failli l’embrasser, mais avant qu’il ne lui dise quoi que ce soit, elle l’a averti.

  • Bonjour cher futur beau-frère
  • Arrete Claire à quoi joue-tu ?
  • Nicolas je suis Marie Cécile
  • Mais que s’est-il passé ?
  • Rien, sauf
  • Nicolas
  • Claire !
  • Tu es étonné de voir la ressemblance frappante de Cécile
  • C’est incroyable , on dirait toi
  • C’est ma jumelle
  • Oui, c’est ce que tu disais
  • Je le disais car j’avais appris que nous avions le même père, mais en fait on a les mêmes parents.

Pour Nicolas c’était une histoire rocambolesque. Mais après explication, il a compris. Il est tout de même étonné que celui qui se considérait comme notre papa n’ait jamais dit à qui que ce soit que nous étions Charles et moi du même père. C’était impossible qu’il le dise à Charles, il était bien trop jeune.

Nicolas me posait trop de questions, j’étais dans l’impossibilité de lui répondre. Le connaissant il allait enquêter. Après tout c’était bien un peu son métier que de rechercher la vérité. Le week-end est passé bien trop vite. Avec ma complice Marie Cécile j’ai échangé ma chambre, dans la sienne, en réalité celle d’Annabelle le lit est double plus facile pour dormir. Quoique ce chenapan de Nicolas m’a avoué en pleine nuit qu’il préférait mon lit de jeune fille à celui trop grand de ma sœur ainée.

  • Ma douce on est plus serré dans le tien
  • Père dirait c’est bon pour les péripatéticiennes
  • Oh ton père exagère

Puis un fou rire nous avait secoué, nous avions même eu peur d’avoir réveillé Père. Mais s’il s’était bien relevé ni il avait ouvert la porte ni réclamer le silence. Ouf nous nous en étions bien sortis. Le lendemain père m’a attrapé et m’a dit gentiment mais fermement :

  • Claire je ne suis pas dupe, je préfère que tu le fasses chez moi, je n’ai pas beaucoup d’autorité sur toi, par contre ne nous déshonorez pas et prenez vos précautions.
  • Oui Père

Lorsque j’en ai fait part à mon fiancé il était aux anges. C’est ce dimanche que nous avons eu la visite de Monsieur son père. Il était en costume bleu marine et en gant blanc, sa femme qui n’est pas la mère de Nicolas mais la seconde femme de son père avait une magnifique robe verte avec de grandes fleurs blanches. Un chapeau assorti de la même couleur ainsi que ses talons aiguilles. Ils sont venus demander ma main pour Monsieur Nicolas comme disait Gérard dans la cuisine à sa femme Constance.

  • Bonjour Monsieur de la Roche Vineuse je viens vous demander la main de votre fille Claire pour mon fils Nicolas inspecteur à Mâcon.
  • Monsieur D’Archambeau je n’ai aucune autorité sur cette demoiselle mais en l’absence de son géniteur j’accorde à votre fils la main de Claire.

Une fois les formalités accomplies nous avons pris le repas de fiançailles. Au moment du dessert Nicolas m’a offert un beau diamant entouré de rubis. Cécile s’en est émerveillé. Elle m’a avoué m’envier d’avoir un amour sur qui je pouvais m’appuyer. Je l’ai consolé en lui disant que ce serait bientôt son tour.

Même la date du mariage a été fixé au 30 juin de l’an prochain une fois mes dix-huit ans accomplis. J’ai dit à Cécile tu te débrouilles comme tu veux mais nous allons nous marier le même jour. Elle en a ri mais j’ai bien vu qu’elle l’espérait.

Nicolas est reparti, je me sens comme abandonnée, nous avons fait l’amour toutes les nuits, enfin plusieurs fois par jour car mon amour n’est resté que deux nuits. Mais avec la bénédiction de mon père, Nicolas ne se gênait plus et moi j’étais comblée et complètement accroc à la douceur de ses caresses. Il m’initiait à des tas de jeux… Au point que je me demandais qui lui les avait enseigné. Annabelle avait jeté un doute dans mon esprit. J’étais toute songeuse voir même contrariée lorsque Nicolas fut partie.

Mais je n’ai pas du le temps de m’attarder sur cet énigme car le soir Père nous a annoncé qu’il accompagnait Charles dans le Nord, que nous ne restions pas seule à la maison car nous aussi nous étions du voyage. Il.nous a simplement prise au dépourvu :

  • Charles, Annabelle, Claire nous partons pour Béthune ça nous fera des vacances.
  • Maman vient – lui demande Annabelle –
  • Bien entendu, elle mérite autant que toi ces quelques jours de vacances.
  • Et Cécile – lui demandais-je –
  • Elle vient aussi ainsi que sa mère. Sa mère rentre dans son pays. Sans sa prétendue fille, je sais qu’elle a eu un choc mais elle aurait pu se douter que tôt ou tard Cécile aurait pu l’apprendre.
  • Sauf Père si le secret était bien gardé
  • Ton frère n’a qu’à demander à sa cousine Chantal si elle en avait eu des échos.
  • Nous y avons songé Annabelle et moi. Car figurez-vous qu’elle reste ma cousine, sa maman était la soeur de notre mère. Son papa était le frère de celui que j’appelais Papa.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Un silence de plomb a suivi le récit de Madame de Bougainvilliers, puis Claire et Cécile ensemble se sont mises à pleurer.

Vingt ans plus tard elles apprennent qu’un jour de juin 1940 sur une route où l’exode avait poussé leurs parents, leur destin avait basculé.

Puis les larmes ont succédé au rire et brusquement Claire a saisi les mains de Cécile en criant dans un même ensemble, « je suis ta jumelle » ou sur un autre registre  » nous sommes jumelles », père ne disait rien, il laissait les filles dansées autour de la table. Si elles deux s’étaient exclamées, nous par contre avions plus de mal à digérer pareille ignominie.

Puis, le téléphone a sonné mettant fin à la sarabande des jumelles. Le bruit de la sonnerie a raisonné comme un signe du destin.

  • Allo, oui je prend la communication. Bonjour Maître Leroy, que me vaut l’honneur de votre appel.
  • Oui, et bien aujourd’hui nous venons d’apprendre une nouvelle extraordinaire, venez ce soir vers 17 heures, vous me ferez part des nouvelles que vous venez d’apprendre et moi des miennes.

Père raccroche le téléphone et nous annonce cette nouvelle :

Monsieur de Bougainvilliers va être transférer sur Béthune compte tenu que les viols ont eu lieu dans le Nord. Par contre il y aura prescription sauf si des éléments nouveaux venaient se greffer dessus.

Ah ! Ce fut le cri de nous tous. Puis Père nous a demandé de sortir nous les jeunes et est resté en compagnie de Maman et de la « fausse mère de Cécile » . Nous ignorons ce qu’ils se sont dit, mais Madame de Bougainvilliers était fort pâle en sortant. Cécile a même refusé de lui parler, car, elle aurait pu lui expliquer lors de la mort de son père qu’elle n’était pas leur fille mais que son père qu’elle chérissait tant avait volé un bébé sur la route de l’exode dix ans plus tôt. Mais ce ne devait pas être facile pour elle de le dire à celle qu’elle croyait être son enfant. La pauvre femme avait dû être bouleversé. C’est ce que j’expliquais à Cécile, mais elle était tellement en colère, elle refusait de m’écouter. C’est Charles et Annabelle qui ont réussi à lui rendre son sourire.

  • Toi et ta maman d’adoption vous n’étiez pas si proches que ça
  • Effectivement, jamais elle me prenait dans ses bras, je ne comprenais pas pourquoi.
  • Et bien vingt ans plus tard tu le sais. Est-ce que tu vas repartir dans le Nord ?
  • Pour faire quoi ? Non je vais chercher un endroit pour vivre et …

Cecile se met à pleurer, elle m’avoue avoir peur de se retrouver seule. Je la plante seule au milieu du hall et je cours à la recherche de père. Il est dans son bureau et prépare avec Charles je ne sais quoi, le coffre-fort est ouvert et sur la table il y a une malette pleine de billets. Charles va sûrement porter des fonds à la banque. Mais rapidement Père m’explique que Charles, Annabelle et Madame De Bougainvilliers vont partir dès demain matin. Alors j’en profite pour lui demander où va aller Cécile ?

  • Mais il n’est pas question qu’elle se rende chez cette femme qui n’est pas sa mère. Elle peut rester là tant qu’elle n’est pas mariée comme toi ma princesse.
  • Oh papa cela fait bien longtemps que vous ne m’avez pas appelé ainsi.
  • Cela te manquait
  • Oui, mais l’essentiel c’est que vous m’aimiez.
  • Qu’importe le petit nom que je te donne, maintenant que tu me sembles rassuré pour Cécile, file. Va donc aider Annabelle à faire ses bagages.

Cecile ne se trouve plus dans le hall, mais où est-elle passée ? Je remonte et la trouve en compagnie d’Annabelle qui fait le tri de ses vêtements. Cécile va prendre sa chambre et elle choisit parmi le tas de robes que ma sœur n’emporte pas les tenues qui lui font envie.

Annabelle me jette un oeil , elle sait que la robe rouge de bal m’était destinée et Cécile la prise et mise dans son paquet. Je ne vais pas me disputer avec ma jumelle. Tant pis la couturière m’en fera une autre à moins que Nicolas m’en achète une. Je suis perdue dans mes pensées aussi je sursaute lorsque Cécile met sa main sur mon épaule.

  • Soeurette nous allons voir ensemble quelles robes nous allons pouvoir mettre. Il y en a en tout dix. Cinq chacune.
  • Attendez les filles j’ai cette robe que je n’ai jamais mise. Comme tu aimes le vert Claire elle va t’aller à ravir. C’est une robe de bal que j’ai fait faire en me temps que la rouge sur le même modèle.
  • Comme tu es gentille Annabelle, merci je t’aime trop.
  • Filez les filles, partez avec votre butin avant que je regrette ma générosité.

Elle nous regarde avec son air espiègle et éclate de rire. C’est tout-à-fait Annabelle, c’est la joie de vivre, elle fera une épouse parfaite pour Charles.

  • Bon vous partez ou je vous pousse dehors, les chaussures que je n’emporte pas je les laisse au bas de l’armoire. Je ne connais pas ta pointure. Si elles te vont tant mieux. Sinon tu les prends Claire vu que nous avons la même pointure.
  • Je fais du 37
  • Nous aussi
  • Et bien tout est à vous. Là haut je vais rarement porté des talons aiguilles mais plutôt des bottes.

Nous quittons Annabelle en riant et, elle en colère nous a lancé une de ses chaussures. Puis nous nous promenons dans la vigne et notre Majordome me prévient que Nicolas va venir ce weekend car il est de repos. Il va être étonné de rencontrer ma jumelle alors que pour lui c’était seulement ma demi-soeur après notre périple dans le nord.

A dix-sept heures tapantes Maître Leroy et Richard sont annoncé par Gérard notre Majordome. Monsieur De Bougainvilliers et son petit fils ont été transféré à la prison de la Santé.

ils nous font part de la rencontre qu’ils ont eu avec l’avocat de notre géniteur. Ce dernier est d’accord pour nous reconnaître Charles et moi. Mais en ce qui concerne Marie-Cecile elle restera sa petite fille et héritera comme ses deux enfants vu que son père est décédé.

Mais lorsque mon père lui explique les derniers événements, Maître Leroy pense qu’il.faut que Marie-Cécile soit couché sur le testament à la hauteur de son frère et sa jumelle. Il en reparlera à l’avocat d’ici deux semaines. Le procès du petit-fils aura lieu vers mars quand au grand-père il sera jugé la première quinzaine d’avril car il n’y a personne qui n’a porte plainte contre lui. Il risque de s’en sortir la tête haute. Charles se dit prêt à rencontrer celle qu’il considère comme sa cousine, la fille du frère de celui qui a été son père. Chantal j’en ai gardé un si beau souvenir qu’elle ne peut pas dire non nous dit-il…

A suivre….

Hum! Une famille tuyau de poêle !

Nous entrons dans la salle comme deux jeunes, insouciantes, nous papotons, c’est juste le cri de la mère de Cécile qui nous alertent. Elle est debout, pâle comme une morte, elle ne peut pas parler car après son cri elle n’a plus de voix. Mère s’est précipitée vers elle, la soutient, lui propose de s’asseoir, mais elle est dans un état d’agitation extrême et n’arrive même plus à marcher. C’est Cécile qui va vers elle et lui demande ce qui lui arrive .

Mais Père entre accompagné de Charles et dit d’un ton glacial :

  • Elle a compris
  • Compris quoi Papa demande Annabelle et Charles

Puis notre mère rajoute car elle entre derrière Père, mais enfin mon ami qu’avez-vous fait en autorisant ces demoiselles à porter ces robes ?

Papa s’asseoit et sonne la clochette ni il répond à notre mère ni il attend une réponse de la mère de Cécile. Il appelle pour que l’on passe à table et que le repas soit servi. Cécile a réussi à faire asseoir sa mère, mais elle semble perturbé. Nous mangeons dans un silence impressionnant. Qu’attends mon père pour demander ce qui a provoqué ce séisme dans notre salle à manger ? Pourquoi Madame de Bougainvilliers est d’une pâleur inquiétante ? Cécile ne comprend rien, elle attend et n’ose apostropher Monsieur de la Roche Vineuse. Mais au moment où nous terminons les aspies concoctées par notre cuisinière et comme à son habitude excellente, elle n’y tient plus et demande à notre père de prendre la parole. Elle connait déjà les règles bien établies par nos parents

  • Monsieur puis-je vous demander la raison pour laquelle vous vouliez que Claire et moi nous portions la même robe, car tout comme moi vous voyez que ma maman est fort perturbé.
  • Je ne pensais pas Mademoiselle Cécile que cela ferait un choc à votre maman. Je vais appeler Constance pour la féliciter sur son entrée et regardez bien sa réaction.

Père sonne à nouveau la clochette mais ce n’est pas Constance qui apparaît mais notre Majordome.

  • Monsieur désire
  • Appelez-moi Constance je veux la féliciter pour son entrée.
  • Monsieur je peux le lui dire
  • Gerard vous n’avez pas à contester mes ordres, allez chercher votre femme.
  • Mais… Monsieur j’ai peur qu’elle est un choc en voyant les deux demoiselles. Claire est restée son bébé vous le savez autant que moi. Elle l’a nourri au sein en même temps que notre fille.
  • C’est tout à fait pour cette raison que je veux voir sa réaction. Par contre vous apporterez vous-même le plat principal. Je ne veux pas qu’elle lâche le plat.

Pendant qu’il s’adresse au Majordome , Madame de Bougainvilliers est fort agité. Le mari de Constance va la chercher, ils reviennent tous les deux, Constance râle pour la forme mais soudain elle me fixe et bredouille :

  • C’est pas dieu possible ma petitoune vous avez une doublure. D’où sort cette demoiselle et surtout qui est-elle ? Charles dites-moi où vous aviez caché cette petite demoiselle ?
  • Mamoune, la soeur jumelle de Claire était morte c’est celui que j’appelais Papa qui me l’a dit. Je n’en n’ai.pas parlé à ma sœur d’abord bébé puis petite fille choyée par tout le monde ici ayant peur de lui faire encore plus de peine. Mais si comme le pense Père c’est sa jumelle, seule Madame de Bougainvilliers va pouvoir nous répondre.
  • Si Monsieur le permet je repars dans ma cuisine, Claire tu viendras me raconter la suite et vous Monsieur ne me refaites jamais un choc pareil. Heureusement que j’avais déjà vu Mademoiselle Cécile sinon j’aurai pu tomber dans les pommes.

Constance est fort en colère, elle a joué enfant avec mon père et habituellement elle le tutoie très familièrement. Mon père est son frère de lait comme moi je le suis avec la fille de Constance et Gérard. L’histoire c’est répétée car mon père d’adoption et moi avons perdu notre mère lors de notre naissance. Et non loin de là dans le Morvan beaucoup de femmes de la campagne nourrissait l’enfant des autres en même temps que le leur. Constance et son mari sont là depuis déjà longtemps, ils sont natifs du Morvan. Leur village s’appelle La Chapelle sous Uchon.

Mon père devait espérer que la mère de Cécile allait nous expliquer la raison pour laquelle nous étions jumelle car c’était un fait qui s’avérait être le bon. Personne n’en doutait autour de la table. Mais elle avait les yeux perdus, et ne disait mots. Car aucun son ne sortait de sa bouche. Elle entendait c’est certain mais pour nous adresser la parole c’était impossible.

A la fin du repas, Mère étant partie car elle avait un rendez-vous en ville. Sylvaine de Bougainvilliers s’est levée , mon père lui a dit :

  • Vous pensez partir sans une explication.
  • Non je voulais vous demander de prendre la parole.
  • Nous vous écoutons chère Sylvaine

Il mettait tout en oeuvre pour qu’elle se sente bien et non jugée. Papa a juste ajouté :

  • Claire et Cécile bien que mineures vont rester car c’est de leur histoire que vous allez nous entretenir.
  • En effet, même si je ne comprends pas pourquoi elles ont été séparé
  • Alors nous vous écoutons, nous sommes en juin 1940 aux alentours de Lyon. Vous y étiez ?
  • Oui, tout comme mon époux et mon fils âgé de dix ans, moi aussi j’étais enceinte. Nous étions dans la voiture de mon mari. J’étais sur la banquette arrière très fatiguée car mon terme était dépassé. Jules notre fils pleurait. A un moment donné dans la campagne nous nous sommes arrêté. Il y avait un attroupement et mon beau-père a dit tiens mais qui donc est là. Si mes mineurs s’enfuient qui va sortir le charbon pour nous chauffer cet hiver. Mon époux a reconnu votre papa Monsieur Charles.
  • Ensuite
  • J’ai accouché comme une mendiante à même le sol, ma fille est née n’a pas pleuré, elle était morte. A ce moment-là j’ai entendue un bébé qui vagissait faiblement. J’étais agitée, je ne comprenais pas. André mon époux s’est avancé vers l’attroupement et là il a vu allongé sur le sol une femme et au creux de son bras un bébé qui pleurait doucement. La mère était morte, le bébé était chétif, tout petit, enveloppé dans une écharpe. Personne ne le prenait , aussi mon mari m’a rapporté l’enfant. Moi dans ma tête au moment je n’ai pas réagis, il avait ramené à la vie ma fille.
  • Personne ne s’est opposé à votre mari, les gens de l’attroupement n’ont pas réagis.
  • Non car mon mari leur a dit, ma femme a du lait je veux lui emporter l’enfant et je la déposerais dans une église dès que nous le pourrons.
  • Et c’est tout
  • Non, mon mari m’a donné l’enfant que j’ai mis à mon sein et pendant ce temps il a emporté ma fille.
  • Et l’a mis dans les bras de ma mère s’est écrie Charles
  • Oui
  • Voila pourquoi papa a pensé que ta jumelle était morte.
  • Je ne peux pas te répondre Charles et notre papa n’est plus là pour nous le raconter.
  • Je me souviens aussi que sur son foulard qui l’enmaillottait il était écrit à la mine noire sur un papier je me nomme Cécile.
  • Pourquoi avoir ajouté Marie devant ? Parce que c’est mon beau-père qui l’a voulu.
  • Vous étiez corvéable à souhait, vous ne vous êtes jamais opposé à lui, demande Annabelle.
  • La seule fois que je l’ai fait il m’a battu
  • Oh !
  • Alors j’ai courbe la tête.
  • Ceci n’explique pas ce qu’il s’est réellement passé. Pourquoi un des bébés étaient seules avec sa mère et l’autre avec son père. Charles étais-tu vers ta mère où ton père t’a éloigné ?
  • Je ne me souviens de pas grand chose juste que maman était allongée dans l’herbe et que papa m’a mis Claire dans mes bras, puis a dit ça se complique pour le deuxième bébé et ta maman ne va pas y arriver toute seule. Ensuite rien, cela duré longtemps puis un bruit tout petit d’un autre bébé qui pleure. Et à ce moment un avion est passé, tout le monde s’est mis à courir. Je me suis trouvé tout seul avec ma petite soeur et j’ entendais les pleurs qui s’éloignaient, puis, plus rien. Maintenant je pense que c’était toi Cécile.
  • Et ton père tu te souviens qu’il a dit que l’autre bébé était mort.
  • Oui mais pas tout de suite
  • Comment ça , explique toi
  • Mais Papa, Charles n’avait que cinq ans, vingt ans se sont écoulé comment voulez-vous qu’il se souvienne de tous les détails ?
  • Puis vous Madame votre mari a-t-il parlé à notre père.
  • Je ne m’en souviens pas
  • Jamais au cours du reste de sa vie votre mari vous a dit quoi que ce soit.
  • Avant de mourir il m’a dit :  » Marie Cécile a une jumelle qui comme notre fille restera à tout jamais mes demi-soeur, j’ai fait une enquête, j’ai réussi à retrouver sa trace grâce à notre avocat. N’en parle jamais à notre père mais fait tout ton possible pour qu’elles se retrouvent un jour et demande à leur père de me pardonner de lui avoir laissé croire que Cécile était décédé, j’ai mis notre fille morte dans les bras de sa femme. Et il est mort.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque Monsieur de la Roche Vineuse fait part à sa femme d’aller voir à la prison Monsieur de Bougainvilliers pour en avoir le coeur net, elle pousse les hauts cris en lui disant :

  • Mon pauvre ami qu’allez-vous faire à la prison ? Cet homme ne vous dira pas ce qu’il sait où il va déformer la vérité. Demandez plutôt à la maman de Marie-Cécile. Elle est bien en capacité de vous dire si elle a mis un enfant au monde ou non. Enfin cela coule de sens mon ami.
  • Oui bien sûr mais
  • Mais quoi ?
  • Il faut que je pose la bonne question.

Marie-Cécile n’a pas vu que la porte s’ouvrait et elle se trouve propulsé dans le boudoir de Madame de La Roche Vineuse. Elle a beau s’excuser, oui c’est vrai elle les a entendu parler d’elle, cela l’a convaincu d’écouter, elle s’excuse mais aimerait bien savoir quels doutes ils ont.

Le père d’Annabelle la conduit à la porte en lui disant, occupez-vous de jouer avec mes filles. Cette nouvelle robe vous va à ravir. Par contre j’aimerais qu’au repas vous mettiez toutes les deux la robe rose.

  • Pourquoi ?
  • Vous le saurez bien assez vite
  • Bon d’accord, mais Claire m’a dit que c’était mieux de l’ôter.
  • Claire a eu tort je ne le lui ai pas interdit. Allez filer et ne vous faites pas de soucis. Ce n’est qu’un échange d’idées entre ma femme et moi.

Marie-Cecile remonte quatre à quatre l’étage, rejoint Annabelle et Claire pour leur redire mots pour mots les propos de leur père, elle s’aperçoit que les deux soeurs échangent un regard, mais aucune des deux lui donne une explication.

Elle, par contre dit à Claire que son père lui a demandé de remettre la robe rose. Elle préférait cette verte mais elle veut bien accéder à sa demande.

Les deux soeurs hochent la tête et lui passe la robe qui était à n boule sur le lit. Cette dernière est toute fripée. Cécile s’en étonne et Annabelle lui dit :

  • Heureusement que tu es arrivee car on allait la découper en morceau afin de la jeter pour en faire des chiffons pour Rose ma femme de chambre.
  • Oh non laissez-la moi, je vais la retoucher et l’agrémenter d’un tissus légèrement transparent au niveau de la poitrine.
  • Tu sais coudre

Cécile baisse la tête et se met à pleurer

  • Pardon Cécile si nous t’avons fait de la peine, mais ce n’est pas une tare de savoir coudre. Au contraire si cela te permet de transformer une robe qui ne te plaît pas en une autre plus moderne, alors je vais te donner pleins de robes que je déteste soit tu me les transforme pour moi soit tu en fais ce que tu veux.
  • C’est Grand-père qui a ordonné à maman de m’envoyer chez les religieuses pour que j’apprenne la couture…

Cécile pleure de plus en plus, son chagrin en fait pleurer Claire. Elle ressent pour Cécile une empathie énorme, bien plus qu’avec Annabelle. Et si son père avait raison

  • Arrête de pleurer, explique nous pourquoi cela te fais tant de peine – lui dit Annabelle-
  • Je voulais comme Claire faire les Beaux arts et mon géniteur n’a jamais voulu disant que c’était des lieux mal famés.
  • Et bien maintenant sœurette tu vas t’inscrire avec moi. Nous irons ensemble. As-tu des croquis que je puisse les regarder ?
  • J’ai tout laisse chez-moi, mais si tu as des crayons et un bloc je veux bien Claire te faire une esquisse de ce que je sais faire.

Ni une ni deux Claire se précipite vers son pupitre et en sors un bloc à dessin et lui tend un crayon mine afin qu’elle se mette au travail.

Annabelle et Claire s’assoient sur le lit et ne disent plus rien. On entend juste le crayon qui court sur le bloc à dessin.

  • Tenez, voila qu’en pensez-vous ?
  • Oh !

Annabelle est stupéfaite, en quelques coups de crayon, Cécile a fait leur portrait. Claire reste les yeux fixés, Cécile et Annabelle sont obligé de la secouer pour qu’elle revienne avec elle.

  • Qu’y a-t-il ? Pourquoi es-tu dans un état second ?
  • C’est juste qu’il y a quelques choses d’étrange. J’ai toujours su par Charles que notre mère de naissance était douée en dessin. Même lorsque nous étions dans le Nord ma grand-mère maternelle m’a montré des dessins de Maman. Qui dans ta famille est capable de dessiner aussi bien que toi. ? Ton demi frère ? Ton frère décédé, notre géniteur ?
  • Oh sûrement pas lui, surtout qu’il disait souvent c’est bon pour ses bons à rien d’enfants de mineurs de venir m’implorer pour payer les études de leurs enfants qui gribouillent.
  • Ah ! Je n’ose pas te dire ce que Père soupçonne..
  • Il faut tout me dire Claire
  • Mais je ne sais pas si c’est possible et pourquoi Charles a occulté de sa vie ce deuxième bébé.
  • On parle de moi
  • Charles mon amour, Claire parle bizarrement de toi.
  • Raconte Claire ce qui te trouble
  • Je ne sais pas comment te le dire, mais Cécile dessine aussi bien que moi et tout à l’heure on a essayé de berner Papa en prenant des robes semblables. Bon si Cécile a fait illusion moi il a deviné que j’étais sa fille adoptive. Par contre il nous a trouvé trop semblable et il pense que c’est ma véritable jumelle. Pourtant tu n’as jamais dit que nous étions deux.

Charles semble complètement perdu, puis finalement il bredouille :

  • Oui tu avais une jumelle née deux minutes après toi, mais papa m’a dit ton autre soeur est morte avec ta maman. Je ne t’en ai jamais parlé, c’était déjà assez triste d’avoir perdu notre maman.
  • Mais Marie-Cecile est bien vivante et si elle est adoptée, pourquoi sa maman ne le dit pas.
  • Je préfère être ta sœur jumelle. Mais pourtant maman a bien eu une fille puisque je figure sur leur livret de famille.
  • Tu sais avec notre géniteur tout est possible. A moins que…
  • Que quoi- dirent en chœur Annabelle, Cécile et Charles
  • Que ta maman ait bien eu un enfant et qu’elle soit morte.
  • Mais comment aurait-elle pu se trouver aux portes de Lyon alors qu’elle habitait Béthune
  • Qu’en sais-tu , tout le monde quittait le Nord, qui te dis qu’elle n’y était pas.
  • Mais enfin papa ne s’est pas trompé quand il a vu ta jumelle morte.
  • Allons voir la mère de Cécile, elle doit savoir ce qu’il s’est passé.
  • C’est trop tard il est l’heure de passer à table.

Au moment où nous arrivons dans la salle à manger Cécile et Claire nous laissent entrer les premiers pour faire plus d’effets. Si nous avions su ce que ça allait provoquer je ne sais si nous aurions agis de la même manière.

À suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Pendant que Marie-Cécile se rend vers Père, Annabelle m’apprend qu’au dîner hier soir, il a dit que Marie-Cécile et moi nous nous ressemblons pas. Et c’est pour lui prouver que l’une pourrait passer pour l’autre que nous lui jouons cette petite blague.

Dans l’escalier nous entendons craquer la planche de l’escalier que nous savons éviter, ce qui n’est pas le cas de Marie-Cécile, rien qu’avec ce détail elle se trahirait. La voilà, elle est tout sourire et bien entendu père est tombé directement dedans notre piège fort gentil.

A mon tour d’affronter père, je vais voir s’il va deviner que je suis sa fille adoptive. Je marche rapidement, j’ai pris les baskets de Cécile cela me donne un air gauche. Mais il faut bien se plier aux jeux de mes sœurs. Puis, après tout je vais voir si les liens du cœur sont forts et si Papa va me reconnaître, lui qui m’a porté enfant dans ses bras.

Charles me croise et me dit

  • Tu joues à quoi ?
  • Ah tu m’as reconnue, qui suis-je ?
  • Tu es Claire
  • A quoi me reconnais-tu ?
  • A ton petit grain de beauté vers la bouche, Cécile ne l’a pas.
  • Mais ce n’est pas grave je vais le masquer
  • Amuses toi, mais Annabelle a de drôles d’idées.

Je regarde à droite et à gauche, nulle trace de père je me fais un petit raccord avec un peu de fond de teint que m’a prêté Annabelle, elle aussi avait émis que mon petit grain de beauté pouvait me démasquer. Je regarde les belles grappes de raisins, ils seront bientôt à maturité. Je poursuis mon chemin et croise notre jardinier, et, lui va-t-il me reconnaître ?

  • Bonjour Mam’zelle Claire, il ne fait pas très chaud ce matin.

Puis bredouille et devient tout rouge et s’excuse.

  • Excusez-moi Mademoiselle de Bougainvilliers je vous ai prise pour notre demoiselle.

Je n’ose me trahir mais d’un autre côté je ne veux pas qu’il pense que je me suis jouée de lui.

  • C’est bien moi, Firmin, c’est moi Claire, mais je veux faire une farce à bon père.
  • Oh lui vous n’allez pas le berner il va vous reconnaître au premier coup d’œil.
  • Nous verrons Firmin, continuez bien votre travail.
  • Au revoir Mademoiselle

Il me nomme toujours Mam’zelle, papa doit être dans les parages. Je vais trainer un peu pour vérifier dans ma petite glace si mon grain de beauté est toujours à sa place. Bon tout est en place, allons se confronter avec le regard inquisiteur de père.

  • Alors Cécile vous êtes revenu pour me donner un coup de main
  • J’y suis obligée
  • Non, je vous taquine, votre mère va mieux ce matin?

Aïe me voilà prise au piège, je ne sais pas quelle est la teneur de la dispute entre Cécile et sa mère. Aussi je bredouille je ne sais quoi et tourne les talons. Je n’ai pas fait trois pas qu’une main s’abat sur mon épaule et j’entends la voix de mon père :

  • Claire tu pensais me mystifier pendant combien de temps ?
  • Je ne suis pas Claire
  • Ah la la ma fille vous me défiez, à quels jeux jouez-vous ? C’est sûrement Annabelle qui a eu cette idée.

Je ne sais quoi lui répondre, je fais celle qui joue un rôle, mais il me tend une petite serpette, me montre une grappe et me dit :

  • Le raisin de table est prêt à être cueilli, vous voulez Cécile que je vous montre comment couper délicatement une grappe.
  • Oui je veux bien
  • Attention je vous averti si vous en coupez une et que vous n’y arrivez pas vous me ferez toute la rangée, or je sais que ce matin Claire doit recevoir un appel téléphonique de son chéri.
  • J’ignorais Père
  • Moi aussi Claire, tu es l’enfant que j’ai bercé dans mes bras, tu étais terrifié par le tonnerre, une voiture qui faisait du bruit, tu avais des peurs terribles, ta mère n’arrivait pas à te calmer, alors je t’emmenais dans la vigne, te prenais la main, te faisais toucher les raisins et comme par enchantement tes larmes s’arrêtaient de couler.
  • Tu es fâché
  • Voyons, mais non, mais je reviens sur ce que j’ai dit hier soir, c’est vrai que votre ressemblance est troublante. Vraiment je me pose des questions.
  • Lesquelles ?
  • Tu vas mener l’enquête, ce que je vais te dire est impossible. Ton frère a toujours dit que ta maman avait accouché pendant la débâcle et était morte en te mettant au monde.
  • Oui et tu penses que nous étions deux, Claire et Cécile. Mais pourquoi au moment de l’adoption, personne ne vous aurait dit que nous étions deux.
  • Nous sommes allé à l’orphelinat le même jour que plusieurs familles. C’était en pleine guerre. Ta maman en voyant Madame de Bougainvilliers a eu l’impression de la reconnaître.
  • Charles n’a jamais dit que nous étions deux
  • Charles n’était pas avec toi à l’orphelinat, nous l’avons eu un an avant.
  • Vous ne me l’aviez jamais dit.

Je sens que Père est ennuyé je vais retourner voir si on a besoin de moi. Je l’embrasse et lui me rappelle en me disant :

  • Va chercher tes sœurs pour une cueillette de nos bons raisins. Attention pas un mot. Je vais aller à la prison ce soir rencontrer Monsieur de Bougainvilliers, je veux en être sûr.

A suivre…