Coupable

Quand l’amitié est salie
Par des suspicions d’un autre âge
Lorsque tu te sens trahi
Par ceux qui ont de la rage
A parler de ta vie


Quand tu es humiliée
Par des reproches sorties du néant
Lorsque tu te sens écrasée
Par tes amis d’avant
A en avoir la nausée

Mais quels crimes as tu commis
Pour être jugé comme un assassin
Qu’est ce qui les motive à te clouer au piloris
Vont ils te châtier pour un rien
Ou faire fuir tes amis

Leurs paroles t’ont flagellés
Acculés ils te poussaient à l’erreur
Alors que tu ne voulais que du bonheur
Tu as osé leur résisté
Mais tu étais en pleur

Tu es à leurs yeux la seule coupable
Puis ce que tes mots sont impardonnables
Tu leur avait tout donné
Même ouvert ta porte
Ils ont tout saccagés
En un soir tu es morte.

Pollution

De l’usine d’à côté
Je vois la fumée
Qui s’élève dans la nuit
Signe d’une pollution annoncée
Les habitants ont fuit
Les maisons sont désertées
Seules, les personnes agées
Décident de rester
Là ou elles ont passées leur vie.
Quelques chiens errent ici
Leurs maîtres les ont abandonné
Ici ou là des cris
Le malheur des uns a toujours profité
Aux autres qui viennent te voler
Tes pauvres biens exposés.

Demain vous reviendrez
Et vous trouverez
Vos maisons éventrées
Votre vie foulée aux pieds
Vos souvenirs amassés
Au fil des années
En une nuit ont été emportés.
Il reste là par terre, la poupée
De votre fille aînée
Petit lien de votre passé
Plus tard vous partirez
A cause de l’usine d’à côté
Qui aura été délocalisée
Pour aller polluer
D’autres ouvriers.

D'hier à Aujourd'hui…

On m’ a raconté
L’histoire de ce village
Englouti  par le barrage
Qui se trouve à mes pieds
Un jour du mois de mai
Les villageois ont appris
Que l’on allait les chasser
Et les reloger plus haut
Après avoir innondé les prairies
Il y aurai une étendue d’eau.

Ils ne voulaient pas abandonner leurs maisons
Ni le petit cimetière
Ou étaient leurs êtres chers
Il fallait se faire une raison
Ils le reconstruiraient pierre par pierre.
Finalement ils se sont résignés
Les jeunes sont parti les premiers
Les vieux les ont suivis
Ils n’avaient plus le choix
La vie continuait là haut
Ils voyaient l’eau
Envahir la moisson
Et lécher les escaliers de leurs maisons.
Un soir tout fut noyé
Même le haut du clocher.

Et puis la vie a continué
Aujourd’hui le barrage
Accueille les pêcheurs
Il y a même une plage
Ou vont les baigneurs
Et, certains étés
Quand les eaux se font rares
Nous apercevons la tête du clocher
Et nous restons très tard
Pour le contempler.

chemin de vie, chemin d'amour



L’ aube pointe à peine son nez
Au loin un coq a chanté
Il est temps de se lever
Et d’aller

Mais ou vont ils tous?
Quelle force les anime?
Qui les pousse?
Tous ont dans le regard
la joie partagée.
Ils allaient
Par monts et vallées
Dans les pentes escarpées
Au printemps ou en été
Sous l’orage ou le soleil
Les ampoules aux pieds
Ils marchent
A en perdre le sommeil
De jour, de nuit
Par toutes intempéries.
Ils allaient
Petits, grands,
Femmes, hommes, enfants

Ils allaient
Là ou leur pas les portaient
Mais avec un projet
Rejoindre ce petit point
Là bas.
Au fil des jours
Des rencontres se dessinaient
Des amitiés se créaient
D’autres resteraient
Des visages, des paroles, des sourires

Ils allaient
Cheminant avec d’ illustres inconnus
Aujourd’hui devenus
Des amis
Pour la vie

Aujourd’hui ils marchent
Demain ils le vivront
Ils en reviennent différents
Pas blessés
Mais ressourcer
Pas anéantis
Mais grandis.

MAJESTUEUX

Comme un voilier fendant les flots

Tu te dresses majestueux

Sous la voute des cieux

Oh pont de Millau !

Ta voilure claque au vent

Nous sommes si petit

Devant cet ouvrage

Fruit du labeur des hommes.

Debout sur ce promontoir

Nous t’admirons.

Te voilà si fier

En traversant la rivière.