
Solène était prisonnière d’un monde qui l’ignorait. Les murs, qui l’entouraient, étaient usées par le temps. Depuis quelques temps, elle essayait d’atteindre la fenêtre dont elle voyait parfois le ciel bleu s’y refléter.
Le courage ne lui manquait pas, mais elle s’apercevait au fil des jours que c’était sans espoir, personne n’allait lui venir en aide. Pourtant, elle en avait da la volonté à grignoter chaque jour, centimètres par centimètres, l’espace qu’elle convoitait.
Elle se doutait bien qu’au-delà du mur il y avait d’autres fleurs, mais ce qu’elle ignorait c’est qu’elles étaient de toutes les couleurs comme une palette de peinture.
La lumière du jour se reflétait dans la vitre, créant des nuances de bleu qui l’attiraient inexorablement. Chaque matin, elle tendait ses longues tiges vertes vers le haut, espérant atteindre cette fenêtre, symbole de libertés et de possibilités.Pourtant la vie n’était pas facile pour Solène avec sa robe jaune lumineuse. Le mur était rugueux et silencieux, et le vent violent menaçait chaque jour de lui arracher ses beaux atours. Elle puisait dans ses réserves la force et l’espoir.
Dans les fissures du mur, elle s’accrochait avec la folie du désespoir. Sa volonté de vivre brillait plus que le soleil qui réchauffait ses pétales.Solène en était certaine, au-delà de cette fenêtre, un jardin l’attendait. Le vent lui l’avait murmurée.
Elle se racontait des histoires de jardins en fleurs, de champs ou les herbes folâtraient et de ciel vaste où elle pourrait danser au gré du vent. Son corps battait fort en un rythme infernal. C’était une nouvelle vie chargée de promesse.
Un matin, alors que le soleil caressait ses pétales, un petit oiseau vint se poser près de son cœur. Le piaf se confondait avec les murs. Solène brillait comme le soleil au firmament. Ils se regardèrent et le roitelet commença à siffler une mélodie douce qui parlait de plaines, de monts, de forêts, tout un monde que Solène n’avait jamais vu. La fleur touchée par ce vibrant chant d’amour se mit à danser au rythme de la mélodie. Elle oscillait de gauche à droite ou d’avant en arrière. Elle valsait.
La mésange était aux anges et elle s’émerveillait de chacun de ses pas de danses. C’était magique, voire même féerique.Solène encouragée par les amies du piaf se sentait pousser des ailes. Elle se haussait, se courbait et dans un élan plein de détermination, elle se propulsait au niveau de la fenêtre. En un battement d’ailes, la belle sittelle poussa la fenêtre et celle-ci s’ouvrit en un grincement qui fut pour Solène la promesse d’une vie nouvelle.
Un souffle d’air frais vient lui chatouiller le visage, elle frissonne … Et devant la fenêtre, elle découvre un immense jardin où tous les petits soleils brillent de mille feux. C’est ta grande famille lui dit Madame Mésange. Ce sont les tiens. Écoute, ils t’acclament. Tu es leur reine. Celle qu’ils attendaient.
La lumière inonde le jardin et Solène enfin libre s’épanouit dans toute sa splendeur. Elle a réussi à franchir la barrière qui la retenait à ce monde où elle vivotait. Elle puisait sa force dans cette pierre qui la soutenait, la portait. Elle voulait embrasser le monde. Cependant après l’euphorie du moment, elle vit que le jardin se reflétait dans les vitres de la fenêtre. Elle n’était pas parvenue à quitter la pierre. Mésange ! oh ma mésange ! peux-tu m’aider ? Solène il faut que tu en aies le courage. Mais seule, je n’y arriverais pas. C’est à ce moment qu’une abeille nommée Bizz fit son apparition dans leur champs de vision. Tout en bourdonnant, elle s’approcha de la fleur et, commença à la butiner. Mais aucun bruit alentours, elle regarda à gauche et vit une mésange.
Qu’est-ce qui vous préoccupe ? Demanda-t-elle tout en secouant ses ailes.
Aidée par mon amie la mésange, j’ai vu un magnifique jardin ou pousse des milliers de fleurs. J’aimerais tant être avec elles. Ici je suis seule et m’accroche désespérément au mur.
Je peux t’ aider à trouver une solution. Ensemble, nous pourrions créer une chaîne d’amitié. Mais j’ai besoin de l’aide de ton amie mésange.
Celle-ci flattée d’être sollicitée et de se rendre utile pour sa nouvelle amie s’approcha de l’abeille et fut à l’écoute de tous ses conseils.Les deux nouvelles amies se mirent au travail, Bizz butinait les fleurs du jardin voisin et revint, tout en offrant à la fleur des pétales de couleur éclatante et des graines de plantes grimpantes et Solène les plantait autour d’elle et elle montait haut très haut. Petit à petit elle pris la forme d’un beau soleil tout en écoutant ce que lui racontait son amie la mésange.Laisse tomber les pétales qui ne te servent pas, tu auras le plus beau des tapis. Mes amies les mésanges ont ouvert la voie. Dès que tu es prêtes nous allons te porter dans ce jardin merveilleux.
Au fil des jours, les racines étaient devenues une belle liane qui courait sur le sol. La mésange se posa à ses côtés et avec d’infimes précaution elle l’a souleva doucement. Le cœur de la fleur battait la chamade, elle se sentait chavirer mais Bizz et ses sœurs veillaient. Elle volait au-dessus du mur qui l’avait abrité au fil du temps, mais qui bientôt serait voué à la démolition. Il était grand temps de partir.
Lorsqu’elle fut enfin déposée sur le sol, elle réalisa que son rêve était devenu réalité. Entourée de fleurs amicales et baignée par le soleil, elle se mit à sourire. Elle avait trouvé sa place grâce à l’amitié et la solidarité de ses nouvelles amies. Dans ce jardin elle n’était plus seule. Elle était enfin chez elle. Ce jardin portait le même nom que la maison : Ma Liberté.
copyright EvaJoe le 26/11/2024
Cette nouvelle je l’ai écrite une fois que mon livre était à la correction.
J’ai repris chacune de mes photos de mes livres et j’en ai fait un texte. Même des romans que vous ne connaissez pas et qui ne sont pas publié…
A bientôt








