Irma (3ème partie)

 

 

 Quelques heures plus tard le carillon de la porte d’entrée sonne et personne bien entendu vient
ouvrir, Emma dort à poings fermés, c’est le facteur, il laisse un avis de passage et s’en va plus loin. Emma ne va émerger que vers dix heures. Le soleil est déjà bien haut et elle jure qu’elle
ne mettra plus ses boules sinon elle va jamais entende de réveil. Et prise d’un doute elle se rend dans le couloir pour voir cette fameuse porte, elle la pousse, elle résiste, la tire à
elle  et  il y a bien un placard. Oh là là cette nuit j’ai rêvé ou non. Mais comme elle adore les énigmes et les mystères la voici servis.

 Elle avale rapidement un bon café et sort par la porte fenêtre de son séjour, la voici dans le
jardin, elle s’y balade doucement, et voit un homme dans le jardin aux volets roses, tiens le vieil ours serait donc chez lui je vais en profiter pour lui rendre visite, si il me jette je verrais
bien, personne ne me résiste avec mon charmant sourire. Dans un premier temps elle s’approche de la haie et lui fait signe, si il regarde dans sa direction et bien il doit être aveuglé car il ne
lui répond pas, elle a beau insister et vraiment rien ne se passe aussi en est-elle quitte pour se rendre à son domicile. Mais elle a beau sonné, personne ne lui répond, aussi la voici entrant
comme une voleuse dans une propriété privée et elle s’approche à pas de loup quand brutalement on lui dit n’avancez plus sinon et elle de répondre vous n’allez pas me tirer dessus comme un
vulgaire lapin.

Je ne suis pas un rustre, Madame mais avouez que vous êtes en tort, on entre pas à l’improviste chez les gens
et on ne marche pas à pas de sioux.

 Son rire frais fait sourire son interlocuteur, elle doit avoir un peu plus
de la trentaine pense-t-il.

Qui êtes-vous ?

Je suis votre nouvelle voisine

J’en suis fort étonné

Et pourquoi ?

Madame Irma voulait voir en personne ceux qui allaient habiter sa maison pour donner son agrément or depuis son
accident elle est dans une résidence sur Saint-Etienne et je ne pense pas qu’un de ses enfants aient eu l’idée de l’amener chez elle pour vous inspectez.

Emma à nouveau éclate de rire, mais elle lui demande si elle peut baisser les
bras et c’est lui qui a son tour éclate de rire.

Bien sûr

Au même moment ils se retournent tous les deux, elle voit un jeune homme d’une
beauté à couper le souffle mais il cache sûrement ses beaux yeux derrière une paire de lunettes aux verres de couleurs sombres,  il s’approche d’Emma et lui dit je me prénomme Mathias et
vous Madame ou Mademoiselle…

Emma et oublions les civilités si je ne vous indispose.

Nullement et je préfère cela.

Ils devisent depuis plus de cinq minutes sur cette fausse Irma, Mathias ne voit
vraiment pas qui elle peut être sauf dit-il et il laisse planer comme une incertitude et n’en dit pas plus. Il y a là un mystère pense immédiatement la jeune femme et ce n’est pas pour lui
déplaire.

Allons à qui pensez-vous ?

Qu’importe puisque vous ne connaissez personne et vu que cette jeune dame avait bien le trousseau de clefs je
pense que c’était une des femmes des plus jeunes fils, je ne connais pas tout le monde Irma a 5 fils.

Mais lorsqu’elle parle de ce qu’elle a entendu cette nuit, il a à nouveau ses
sens en alerte et Emma policière dans l’âme le ressent à nouveau. Il faut qu’elle en discute avec Colin, lui aussi ressent beaucoup de choses. Ils se quittent comme de vieux amis, ils ignorent
tout l’un de l’autre mais le courant est passé. Et lorsqu’Emma monte les marches de son perron elle se demande une nouvelle fois si elle n’a pas rêvé, car on lui a présenté le voisin plutôt comme
un loup solitaire et non comme ce charmant jeune homme.

Sur son paillasson elle découvre l’avis de passage du facteur, tiens déjà une
lettre, pourtant je ne suis pas allée faire mon changement d’adresse, mais sur l’enveloppe il est écrit Madame Irma Ferrière. Voilà autres choses ce facteur aurait dû sonner, je n’étais pas si
loin, mais quand elle regarde l’avis de passage elle s’aperçoit qu’elle dormait et qu’elle n’entendait rien. Elle va aller se renseigner auprès du couple ses autres voisins pour savoir où se
trouve Madame Irma et elle lui rendra une petite visite et elle signalera à la poste son nom à elle pour éviter d’autres malentendus. Les voisins n’étant pas là elle remet à plus tard les
questions qu’elle a et se rend à Saint-Etienne pour flâner un peu dans la ville et essayer de trouver cette résidence cossue comme lui la dit Mathias, ces explications étaient assez embrouillées
mais comme elle connaît bien la ville elle pense avoir trouvé. Mais va-t-on lui permettre de la rencontrer, puis après tout si elle a autant d’enfants elle doit avoir une ribambelle de petits
enfants et elle peut toujours essayé de se faire passer pour l’un d’eux.. Et aussitôt dit aussitôt fait, elle se gare et entre. C’est fleurie, ça ne sent pas l’antiseptique, il y a une musique
douce, et bien voilà une belle résidence. A l’accueil, une hôtesse s’enquière de sa recherche.

Je voudrais voir ma grand-mère

Elle est entrée récemment

Non, mais je n’étais pas en France s’entend elle lui répondre.

Elle est complètement folle, elle va s’attirer des
ennuis.

Elle s’appelle Irma Ferrière, une chance qu’elle est lue son nom sur l’enveloppe tout à
l’heure.

Ah Madame Ferrière, Mamie Irma, comme elle va être heureuse, tous les autres membres de votre famille sont en
vacance et je la trouvais bien seule.

C’est l’appartement Myosotis au premier étage.

Merci, bon après-midi Madame.

Profitez bien de votre grand-mère Mademoiselle lui répondit elle.

En montant quatre à quatre les escaliers, Emma trouvait que cela avait été
facile, non pas de berner cette gentille dame mais de se laisser passer pour ce qu’elle n’était pas. Mais après tout elle avait toujours son accent et elle habitait sa maison et surtout comme le
voisin l’avait dit il fallait l’agrément de la vieille dame. Ce soir se serait choses faîtes.

Emma en arrivant devant la porte se demande si il faut frapper ou entrer,
finalement elle opte pour la première solution et frappe. Une voix jeune aux intonations assez méditerranéennes l’invite à entrer. Emma pousse la porte et elle voit face à elle une femme toute
menue et encore belle qui lui sourit.

Que me vaut une si belle visite lui demande la vieille dame.

Emma est un peu déconcertée, elle ne sait pas comment elle va lui expliquer tous
ces évènements mais elle la trouve si gentille avec son charmant sourire et sa phrase charmante lui va droit au cœur aussi  elle se jette à l’eau.

Vous avez devant vous la locataire de votre maison et comme Mathias m’a dit qu’il fallait que j’ai votre
agrément, me voici.

Elle a débité toute la phrase sans la regarder et quand elle ouvre enfin les
yeux elle a une femme qui éclate de rire. Ah ce Mathias il exagère. Mais je pensais que mon fils avait abandonné ses recherches, car nous n’arrivions jamais à être d’accord tous les deux. Aussi
j’avais confié à mes voisins le soin de chercher. C’est Mélanie qui vous a fait visiter, vous avez bien tout vu, de la cave au grenier.

Parce qu’il y a un grenier

Au moment où Irma va répondre, la porte s’entrouvre et une fillette d’environ
4ans entre suivit d’une jeune femme qui n’est que la fausse Irma. De suite la plus âgée met un doigt sur sa bouche et Emma ne dit rien, mais elle essayera d’avoir une conversation et si personne
ne l’invite à s’en aller elle va essayer d’en apprendre un peu plus.

Irma, lui fait rapidement comprendre qu’elle lui a accordé suffisamment de son
temps et elle doit s’en aller sans en savoir davantage. Si elle osait elle resterait derrière la porte, mais ce n’est pas dans ses habitudes. Ou se renseigner, mais elle entend derrière elle un
bruit de voix et un « sois sage je vais faire une course et je reviens te chercher ». La fausse Irma sort et se trouve face à Emma qui l’empoigne par le bras et lui
dit :

Vous me devez une explication

Oui, c’est la raison pour laquelle je suis sortie, mais pardonnez mon subterfuge, je ne voulais pas que l’on
sache qui je suis.

Mais qui êtes-vous ?

Je suis Irma, la petite fille de Madame Irma, mais

Vous êtes une menteuse, personne ne porte son prénom, que me chantez-vous là ?

C’est un secret et je ne pensais pas en vous voyant que vous étiez une aussi grande fouineuse, si je l’avais su
jamais je ne vous aurai laissé les clefs de la maison.

Bon, je vous prie de m’excuser, mais avouez que cela fait un choc quand vous apprenez que la vraie Irma a
90ans. Et à brûle pourpoint elle lui lance, connaissez-vous Mathias ?

La jeune fille semble de glace et n’arrive pas à lui dire un seul
mot.

Oui le vieil ours solitaire, vous voyez bien de qui je parle.

Oui, je le connais c’est mon frère.

Et sur ces mots elle s’effondre en sanglot.

 

 

A Suivre

Irma ( 2ième partie)

 

Colin se demandait comment leur dire ce qu’il venait d’apprendre. Mais il le fallait,
et puis Emma, et elle seule prendrait la décision de rester ou de s’en aller. Lui, la connaissant aventureuse savait pertinemment qu’elle resterait. Mais surtout pourvu qu’elle ne cherche pas à
en savoir davantage.

Colin tu rêves

No          Non,
mais je ne sais ce que tu vas penser de ce que je viens d’apprendre.


Jette toi à l’eau

 

Ap      Après leur avoir dit la raison de ma
présence et que nous cherchions Irma, ils m’ont ouvert des yeux comme des soucoupes en me disant : « comment Madame Irma est venue, mais c’est impossible, puis, comme il ne me disait
plus rien mais attendait de comprendre, j’ai expliqué comment tu avais découvert cette maison. Ils ne disaient plus rien, enfin pour faire bref, Madame Irma a 90 ans et elle est dans une
résidence pour personnes âgées sur Saint-Etienne.

 

Le silence est si lourd à ce moment que tous se demandèrent par la suite si les
oiseaux ne s’étaient pas arrêtés de chanter. Emma n’en revenait pas, puis les questions fusèrent :

MsMais alors qui était notre
« Irma » ?

Colin ne le sait pas, quant aux voisins, ceux de la maison aux volets bleus, il lui
semble qu’ils ne lui ont pas tout dit. De toute façon ils ignorent l’identité de cette femme et surtout ils ne comprennent rien. Gérard, un des fils d’Irma leur avait même demandé de s’occuper de
la location. Mais si c’est fait et par quelqu’un d’autre et bien ça leur apprendra à vouloir rendre service et sur ces bonnes paroles ils ont claqué leur porte.

Donc, pense Emma nous voici revenu au point de départ. Enfin tout ceci n’est pas bien
grave, qu’importe le nom de cette femme. Mais elle ira voir le voisin l’ours mal léché, vu que Colin ne l’a pas trouvé, lui en saura peut-être plus. Selon les autres voisins il serait allé
« au bois » donc d’ici la nuit il sera rentré.

Un peu plus tard, sa mère la serrant dans ses bras lui faisait de nombreuses
recommandations, mais Emma était pressée de prendre possession de la maison et dit oui à tout ce qu’elle lui disait. Son beau-père lui ayant assuré que l’eau, le gaz et l’électricité
fonctionnaient bien, tout était à jour, et les provisions remplissaient les placards. Il repasserait dans la semaine pour voir ce qu’il allait pouvoir faire dans le jardin, mais pour cette année
il était bien trop tard pour planter beaucoup de choses, mais déjà le remettre en état allait lui prendre pas mal de temps.

Colin, lui s’attarde un peu il ne veut pas le laisser voir mas il est tout de même
inquiet mais ne laisse rien paraître à sa sœur qui le devine aisément. Les jumeaux ont ce don que d’autres frères et sœurs ont moins. Mais elle aussi ne laisse rien percer. Il lui promet de
revenir d’ici deux jours avec les jumeaux et s’il fait beau ils iront se balader dans les petits chemins. En fait ce que Colin ne dit pas c’est qu’il attend le fameux voisin, mais comme Emma
semble presser qu’il s’en aille, il ira l’attendre devant sa maison et comme la haie est haute elle n’en saura rien.

 Al           Allez
sœurette j’y vais, je ne suis pas loin mais tu as encore pas mal de choses à faire et puis les émotions ça creusent et j’ai une faim de loup, à dimanche et sur cette dernière phrase il
l’embrasse.

Enfin se dit elle je suis seule, ouf. Un petit café et après je m’accorderais quelques
instants de réflexions, ces derniers jours je n’ai pas eu un moment à moi et je n’aime pas tout ce bazar.

Quand elle relève les yeux elle s’aperçoit que la nuit est tombée, elle n’est pas allé
voir le voisin, tant pis elle le fera vendredi soir ou samedi matin. Elle se prépare un petit repas succinct et cherche dans sa malle son dernier
ouvrage 
: Le Palanquin des larmes de Chow Chie Ling. Il y a déjà
deux bonnes heures qu’elle lit quand elle entend comme un léger grattement à la porte, la première fois elle hausse un sourcil et n’entendant rien elle se replonge au cœur du récit, il s’écoule
quelques minutes et à nouveau ce frottement, comme un battement d’ailes ou un mouchoir qui tombe. Elle rit en se disant cela, quel esprit romanesque tu fais ma pauvre Emma, car elle pensait à un
mouchoir en soie comme l’histoire qu’elle racontait à ses neveux quand c’était le moment de les endormir. Du reste se dit-elle j’ai sommeil il serait temps que je m’allonge.

La maison et son occupante s’endorment, elle a vérifié les volets, pas qu’elle est peur mais
plus parce qu’elle n’aime pas être réveillée par le soleil et en cette période estivale il se lève bien plus tôt qu’elle. Soudain un bruit se fait entendre comme une bille qui roule sur le
plancher et qui rebondit poc… poc… pocccccccccccccc. Emma allume sa lampe de chevet, regarde au sol et ne voit rien, ma pauvre fille se dit elle tu as du rêvé, cette pièce est vide, à part ton
foulard vert et ta mallette il n’y a rien, endors toi vite. Mais tout de même ce bruit était bien réelle, aussi elle préfère en avoir le cœur net et elle fait le tour de la maison, elle ne trouve
rien jusqu’au moment où elle avise une porte qu’elle n’avait pas vu, la fausse Irma et Emma rit leur a dit que derrière cette porte il y avait un placard et n’en n’ayant pas l’utilité, Emma ne
l’a pas ouvert. Mais dans la nuit elle essaye de l’ouvrir mais c’est impossible, aussi la pousse t elle et. Elle s’ouvre, ah non pas sur un placard mais sur une montée d’escaliers. Voilà qui est
bien étrange songe la jeune femme, mais je n’ai pas le temps de monter voir le grenier je le ferai demain, au moment où elle va pour refermer la porte elle voit une bille qui est sur l’avant
dernière marche, étrange, qu’est ce qui a fait qu’elle soit tombé comme ça sans que l’on l’ai soit jeté d’en haut soit…Elle ne sait pas quoi penser de tout cela mais ce qu’elle sait c’est qu’elle
a sommeille. Aussi elle referme soigneusement la porte et va se coucher,
elle écoute
attentive les bruits de la maison et entends comme une respiration, c’est étrange, qu’est ce que cela veut dire…Enfin peu importe, elle n’a pas peur, il doit y avoir une
explication
 et pour éviter d’entendre d’autres bruits elle se met des boules
quiès, de cette manière le fantôme peut lui lancer toutes les billes de la terre entière elle au moins dormira.

 

A Suivre

 

 

 

 

 

Ecrit en avril au bord de mon canal

 

EvaJoe

Emma (1ère partie)

PREAMBULE

 

Emma est une jeune femme, professeur dans un grand lycée parisien bien dans sa peau mais n’aimant plus la vie
trépidante de la capitale. Elle décide de demander sa mutation en province. Peu lui importe la ville, elle sera à dimension humaine. Elle vient de recevoir sa lettre de mutation pour
Saint-Etienne dans la Loire. 
 

 

1ère Partie

 

En ouvrant sa boite à lettres ce matin, Emma réalise que son rêve va se réaliser, allez vivre ailleurs que dans la
capitale, sa lettre de mutation, elle la tient dans sa main. Quelle chance, elle va à Saint-Etienne, sa ville de naissance, si elle l’avait demandé elle ne l’aurait pas eu, mais là c’est
inespéré. Comme sa maman et son beau-père vont être heureux.

Là-bas, elle connaît bien les environs et sait que  la campagne n’est pas loin et qu’elle trouvera facilement une
maison. Elle se souvient de la manufacture d’armes ou son père a travaillé, que de souvenirs lui viennent à l’esprit. En lisant son courrier elle s’aperçoit qu’elle sera professeur dans son
lycée, un des meilleurs à l’époque, elle a un sourire, cela va la changer de celui où elle se trouvait en ce moment. Vite il n’y a plus de temps à perdre, rendre ses clefs, chercher un
déménageur, appeler maman, trouver un garde-meuble, et en attendant de trouver sa perle rare, elle ira chez son frère, il se fait une joie de l’accueillir. Elle s’occupera des jumeaux.
Vite….

 

La voici arrivé, elle est passé devant son lycée, a rencontré l’économe qui lui a dit vivre dans un petit village et
que là-bas il y avait des maisons à louer. Munis de ce précieux sésame, elle s’y rendra dans la semaine, mais aujourd’hui elle va aller voir cette maison qu’elle a trouvée dans la revue qu’elle a
feuilletée chez le médecin avant son départ. Une jeune femme la propose à la location, elle quitte la France, et si Emma est conquise, elle ira jusqu’à lui la  vendre. Aussi, il ne faut pas
tarder, elle va chez sa mère mangée et cet après-midi accompagné de son frère elle ira voir cette perle.

Les voici sur les lieux, c’est une petite propriété au fond d’un jardin coquet, il est
très fleuri. Il y a une maison au volet vert à 500 mètres sur la droite et une autre qui semble plus ou moins abandonnée  à gauche, celle-là a des volets roses. Colin et Emma éclatent de
rire en la voyant et son jumeau lui dit:

–     Heureusement que ce n’est pas celle-ci qui te
plaisait.

Mais, voici que la porte s’ouvre avant qu’ils n’aient eu le temps de secouer la
cloche. Une jeune femme aux traits tirés leur ouvre la porte.

 –    Entrez je vous prie

Elle s’efface pour les laisser passer, un joli hall ouvrant sur plusieurs pièces, d’un
coup d’œil Emma voit que la tapisserie est récente et assez claire. Elle ne va pas faire la difficile si la maison est aussi propre et fraîche que ce hall et vu que l’extérieur lui plait, elle
pense qu’elle dira oui. Mais elle n’en n’est pas encore là, il lui faut faire le tour. Au cours de la visite elle apprend que leur hôtesse part pour l’Afrique pour une mission humanitaire mais
qu’elle doit se reposer ces deux mois avant de s’engager dans cette aventure. Emma n’ose pas lui demander pourquoi elle a les traits aussi tirés, son frère lui confiera plus tard mais bien plus
tard que cela aurai du les alerter. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Une fois la visite terminée, il faut passer aux modalités du coût du loyer, Irma lui
propose trois mois gratuit et si après elle est toujours intéressée, elle lui la vendra. Emma est stupéfaite, elle trouve sa proposition fort généreuse, elle insiste pour lui laisser quelques
€uros, mais elle décline leur offre, ou alors si elle les accepte ce sera pour son Association. La chose étant entendue, ils vont voir la cave, le grenier et les dépendances qui pour l’instant
n’intéresse nullement Emma, mais Colin lui dit qu’il y mettra sa collection de voitures miniatures en attendant qu’il est sa propre maison, sa femme sera ravie car les jumeaux grandissent et
cette collection prend de la place. Irma a un léger sourire, mais reprend vite son masque lugubre et elle leur fait visiter un jardin ou il y a beaucoup de fleurs, Colin voit pour leur beau-père
la possibilité de faire un jardin potager si bien sur sa sœur n’y voit pas d’inconvénient. Emma est tellement heureuse d’avoir trouvé aussi vite cette petite maison qu’elle signerait des deux
mains n’importe quel papier.

Dans la jolie cuisine ancienne au bois brun et avec toutes les commodités, four,
lave-vaisselle et pleins d’autres choses, Irma leur offre un café et les deux femmes s’échangent leur numéro de téléphone pour pouvoir communiquer en cas de besoin. Mais, Irma à ce moment-là se
met à pleurer, elle essuie rapidement ses larmes et reste assez évasive sur ce moment émouvant. Elle bredouille une fatigue extrême et laisse Emma et Colin avec des questions sans
réponse.

Voilà, Irma leur laisse tout, les meubles d’Emma vont rester chez sa mère, elle peut
emménager de suite mais elle va prendre du temps pour revenir avec son beau-père voir si tout est bien conforme, si il n’y a pas besoin de choses et d’autres, lampes, fusibles ou autres à avoir
sous la main en cas de panne.

Au moment où ils vont s’en aller, ils entendent la voix
d’Irma :

Non, laissez-moi, je vous prie, arrêtez, je pars, je n’en peux
plus.

Ils se regardent tous les deux et ne savent pas si elle parle avec un des voisins ou
si elle est au téléphone. Colin pense que c’est le voisin de la maison aux volets roses qui doit lui parler, Irma a dit que c’était un vieux ours solitaire mais qui sait, elle a peut-être eu une
aventure avec lui, car tout à l’heure quand elle en a parlé elle a eu le plus beau des sourires au milieu de son visage chiffonné et Colin assez romanesque y voit une histoire d’amour qui vient
de se terminer. Lorsqu’ils arrivent à la porte il voit Irma s’engouffrer dans un taxi et elle disparaît à leurs yeux, elle n’a pas de bagages, tous deux s’en étonnent, ils remontent dans la
maison et ouvrent les armoires, tout est vide, il n’y a aucun vêtement d’accroché. Il trouve ça étrange mais pense qu’elle n’habitait pas ici et qu’elle était revenue que pour faire visiter sa
maison.

Un peu perplexe ils quittent la villa et repartent sur Saint-Etienne, en chemin ils
bavardent, ils ont tant de choses à se raconter. Quand, tout à coup, Emma se souvient ne pas avoir demandé à Irma ou se trouvait le compteur d’eau et si elle avait donné son désistement pour
l’ensemble des services : (eau électricité et téléphone).

Elle fouille son sac pour prendre son téléphone et appelle le numéro qu’Irma vient de
lui donner, mais elle entend une voix lui dire que le numéro n’est pas attribué, elle est étonnée car elle revoit Irma téléphoné devant elle pour demander au jardinier de ne plus venir, son tél
marchait. Son frère pense qu’elle s’est trompée avec les chiffres et il lui répète le numéro mais c’est bien le même. Irma se serait-elle trompée ? Comment faire pour la joindre maintenant.
Elle se renseignera plus tard quand elle reviendra. Le vieux loup solitaire aura sûrement  son numéro.

Quelques jours plus tard, ils sont de retour dans la maison accompagnés par sa mère et
son beau-père, Colin, quant à lui est allé voir les voisins pour en savoir un peu plus sur cette jeune femme.

Quand il revient il a un visage comme un jour sans fin et ce qu’il va leur apprendre
va les laisser sans voix.

 

A Suivre…

 

 

Tout passe

 

Effacé tes traces

tout passe

de l’eau a coulé sous les ponts

le temps s’est figé

les saisons sont passées

et revenues

sans un bruit

le temps est immuable

tu t’es enfuie

en allée

en un tourbillon

c’était hier

ils sont fini les temps heureux

A l’été a succédé le déluge

les pluies d’automne remplacé

par les bourrasques de l’hiver.

 

Effacé tes traces

Tout passe.

Tu as toujours tes yeux de feu

tes boucles en cascade

ton sourire espiègle

ta bouche vermillon

me parlant de fraises

me donnant de l’ivresse

tu es partie 

sans espoir de retour

ta prison s’est ouverte

partir pour un ailleurs

ni mieux, ni pire

mais partir

assoiffée de vie

j’ai mal je crie.

 

Effacé tes traces

Tout passe

la nuit est là

impénétrable

je respire, enfin!

encore perdu

dans ce passé

qui s’effiloche

mon corps enchaîné

a cassé ses liens

Libre je suis

mais l’absence est cruelle

Il est fini le film

je lis le générique

c’est le mot fin

qui vient de s’inscrire.

 

Ce texte est purement imaginaire, 

 

Fait au bord de mon canal en ce matin du 11/04/2012 à 11h36

 

EvaJoe

 

 

La haute cour (fin)

 

 

 

Aujourd’hui dans la campagne il y a une cacophonie c’était inévitable car pas un de ces volatiles
n’est capable d’écouter l’autre. Chacun tire à soi la paille du voisin sans se préoccuper si l’autre en a. A force de se la piquer ils vont se retrouver sur la paille  et ils verseront une
larme de crocodile au bord de l’étang voisin. Le lendemain de cette nuit historique voir hystérique chacun vaquait à ses occupations, le vieux coq debout dans la charrette surveillait d’un air
nostalgique la ribambelle de poulettes. Il était si vieux qu’il ne se déplaçait pas énormément et ce char lui allait bien.

Mais que ce passe-t-il là-bas chez la famille cane and Co il y a des coins coins qui ne trompent
personne. Un défilé hétéroclite avance dans sa direction, ou va toute cette population ? Que viennent-ils faire à part manger notre ration, quand je serai élu j’y mettrais bon ordre. De
toutes façons se dit-il dans son for intérieur je saurai retirer les marrons du feu.

Le lièvre dans son terrier sait bien ce que fait le vieux coq, il attend que les alouettes lui
tombent dessus toute rôtie. Il a l’art et la manière, mais il sait qu’au petit matin il sera le maître parmi toutes les caquetantes, il fera le beau même bien décrépis  il y a encore des
naïfs qui se feront avoir. Mais pendant ce temps le vieux coq sur le retour et la cane s’épient et chacun lance à l’autre un trait piquant et une phrase de ci de là et le ton monte et à y
regarder de plus près cette cane jouant la pudique n’est qu’une véritable canaille. Elle a des yeux à percer un mur blindé. Cela fait bien longtemps qu’elle n’est plu une oie blanche. La famille
grand ’oreille n’en croit pas ses yeux. Quel est ce langage de charretier se dit le patriarche en mangeant une feuille de salade ? Il va falloir veiller au grain sinon c’est la déroute
assurée. Quelle idée a eu le petit coq à vouloir ses élections ? Il parait lui a expliqué la chouette que c’est ce que l’on appelle la démocratie, c’est mieux que l’anarchie lui a-t-elle
dit. Le géant des Flandres arrivé depuis peu lui a dit que dans sa demeure il y avait un roi, pas un qui se donne l’air d’en être un mais un vrai avec une couronne, pas comme ton pédant de coq
sortant.

Dans la nuit auréolée de la lune un bruit court et s’amplifie la rougeaude a jeté l’épi, elle ne se
présente pas, elle a subi des pressions, allons-nous coucher pense le vieux lapin, il sera temps demain d’en savoir davantage.


La nuit est froide et glacée, plus un bruit, un grand silence est tombée sur la campagne, les
discussions chez les canards se sont éteintes comme par magie. Toute la basse-cour dort en rêvant de cette haute cour qui verra bientôt le jour. Demain les estocades recommenceront de plus
belles, ce sera à celui ou celle qui aura le verbe le plus haut.


Mais le lendemain surprise et la surprise est de taille, un drôle de coq a fait son apparition, il
est là et discute avec les uns et les autres sans se soucier de la couleur des ailes ou de l’origine de tous les volatiles présent dans la basse-cour. De mémoire de vieux coq cela ne s’est jamais
vu. Qui est cet olibrius se demandent les coquelets et que vient-il faire chez nous ? Il passe de groupe en groupe tout ce qui compte de volatiles va se trouver face à cet oiseau de couleur
sombre.


 

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Au fil de la journée tout le monde est au courant de son histoire, il vit en liberté dans les
montagnes mais il est à la recherche de sa compagne et comme il a entendu du bruit et des vociférations il a pensé s’arrêter avant de reprendre sa route. Le vieux coq se sent fébrile face au
coq de bruyère, il lui dit ce qui agite sa cour et lui demande de se présenter à l’élection.


–  Je ne suis pas de chez vous, je ne vous connais pas, voyons que deviendrais- je
enfermé ?

–  Je suis épris de liberté et je suis très secret. Mais la liberté n’a pas de prix et je pense
que vous devriez revoir votre manière de vivre tous ensemble. Le coq de la basse-cour ne peut se comporter en despote il doit pouvoir veiller sur chacun d’entre vous que vous soyez de sa famille
ou non. Vous en êtes capable, aujourd’hui lorsque je suis arrivée chez vous, vous ne m’avez  pas chassé alors réfléchissez à qui servira au mieux vos intérêts et faites le bon choix. Je vais
repartir dans mes montagnes c’est mon milieu naturel, je sais que là-bas malgré les dangers qu’il y a je serai heureux mais je le saurai davantage si vous me promettez de vivre tous ensemble dans
la paix.


Et, c’est depuis ce jour que les coqs sont à tout jamais les rois des basse cours mais dans
celle-ci, depuis la venue de ce coq de bruyère et en souvenir de ce dernier et de ses hautes montagnes  ils l’ont appelés la « haute cour ». 


link < pour écouter le chant du
coq de bruyère ou grand tétras, ceux des Pyrenées doivent connaître  c’est ici

Les photos précédentes étaient de moi

la photo du coq de bruyère source wikipedia link