Allégorie

Je crie dans la montagne ton nom

l’écho me renvoie un son

seul le bruissement des arbres me répond

et je sens un silence de plomb.

 

Hagarde je flotte tel la dame blanche

m’égare dans cet amas de branches

j’entends tes cris en avalanche

tes reproches datant de ce dimanche.

 

Tout était si beau entre nous

j’aimais ton souffle sur mes genoux

tu me faisais des câlinous

nous n’avions aucun tabou.

 

Ou est passé mon bel amant

que j’aimais passionnément

j’étais reine et couvertes de diamants.

 

cherches tu ta belle maîtresse

avec qui tu avais de la tendresse

pourtant tu as commis des maladresses.

 

J’ai brisé mes chaînes et m’enfuis

je suis redevenue papillon de nuit

vois à quoi tu es réduis

désormais avec toi je m’ennuie.

 

 

 

 

 

 

Les démons de la nuit

L’ange de la nuit comble leurs peurs ancestrales

lorsque la douce main se pose sur leurs fronts

enfants égarés dans les ténèbres des démons

surgissant du néant sans imposer’ leur gloire royale.

 

Autrefois une bougie vacille en une lueur blafarde

imposant aux murs  des hommes surgit de nulle part

sortis tout droit  d’un conte enfantin apparaît ce guépard

glissant sans un bruit, il laisse  la fillette hagarde.

 

Spectres assaillissent  leurs nuits cauchemardesques

brisant leur sommeil  et martyrisant leur songe de sanglots

 s’accrochant à la crinière du cheval fuyant la lune et son halo

ils préfèrent s’en aller dans des péripéties rocambolesques.

 

Accrochée au cou de la mère, il flotte une odeur de jasmin

les pleurs sont en suspends sur le velouté de la joue.

Doucement berce l’enfant et l’  étreint comme un bijoux

lui murmurant une chanson douce oubliée le lendemain.

 

Sous le rayon lumineux d’une chevelure de lune

l’enfant  oubliant cauchemar, s’en va au pays de Morphée

ou paradent ses amies de toujours, de tres belles fée

soufflant sur les bougies pour les éteindre une à une.

 

 

 

 

 

 

chimère

Dans la nuit ténébreuse apparaît un songe

une courbe gracieuse aux contours d’ange

illumine la place aux secrets mensonges

en transperçant le ciel de couleurs orange.

 

A l’ombre de l’église bruit la fontaine

ou son doux clapotis apporte fraîcheur

oubliant manteaux et mitaines

la nymphe s’allonge et s’endort.

 

L’eau se froisse aux frissons de la belle

et s’enorgueillit de voiles de perles

pour parer cette jeune vie rebelle

sous le regard moqueur des vieux merles.

 

Un rire flamboyant chasse les rides

Le peintre s’éveille à l’aube naissante

émergeant d’un rêve torride

étonné de voir son oeuvre vivante.

 

Mais le songe divin  reste éphémère

sur sa joue se dessine un beau croquis

ou son corps gracile était  que chimère

celle  qui dans la nuit l’a conquis.

 

 

 

Même

Même si je ne fais pas partie de ta vie

à tout jamais tu seras dans ma mémoire

nos désirs seront à jamais inassouvis

sans toi j’ai basculé dans un trou noir.

 

Nous nous sommes  croisés sur ce chemin

ou jamais mes pas devaient me conduire

ou ces mots écrits sur des vieux  parchemins

ont permis à notre regard de s’évanouir

 

Dans les lambeaux d’une nuit déchiquetée

insufflant nos coeurs de piques douloureux

tes mots à peine murmurés m’ont tant affectée

mais je savais que je te rendais malheureux.

 

Des images surgissent dans ce ciel d’émeraudes

profondément ancré dans la chair de  mon coeur

traversant mes songes tu pars en maraude

en imaginant ton baiser et ton  air moqueur.

 

La raison l’a emportée sur l’amour flamboyant

car dans le coeur des poètes il y a toujours

la folie des sens que j’ai perdue en m’enfuyant.

 

Je n’ai jamais revue ce bel homme éperdu

perfide est la vie quand le coeur épris

vogue dans la tourmente des fruits défendus.

 

 

 

 

 

Voiliers

Deux voiliers à l’envergure surprenante

fendent les flots à l’écume blanche

gonflant leurs poitrines  impressionnantes

sont ils vikings ou bateaux du dimanche?

 

Sortis tout droit d’un roman d’autrefois

ces flibustiers, pirates d’un autre temps

paradent sur le pont en combattant

des imaginaires ennemis aux abois.

 

Sous le ciel limpide d’un jour qui n’en finit plus

vogue le « Temps » et son précieux chargement

qui sera déposé dans un port  au nom inconnu

ou les alizés souffleront abondamment.

 

Semées d’embûches les récifs les repoussent

sous des baisers volages, ils fuient au large

privés de  pouvoir les voici marins d’eau douce

sans voiles ils leur reste une pauvre barge.

 

Les voici victimes d’une étrange tristesse

d’un rire caverneux à un sanglot de velours

ils virent au large et reviennent en vitesse

pour que sur la vague ils ne soient pas lourds.

 

Sont ils sortis tout droit d’une belle  fable

ou sous les feux du couchant nous éblouissent

nous laissant penser qu’ils  sont adorables

en versant sur la mer un beau feu d’artifice.