Une rencontre inattendue (Fin)

Un silence de plomb s’est installé, chacun se tait. Les mots de Marie Cécile résonnent encore mais on pourrait entendre voler une mouche. Enfin père se ressaisi et se lève, il marche de long en large et assène une gifle magistrale à mon géniteur. J’entends rire mon neveu, la tension est palpable, son rire est juste le mépris qu’il affiche pour mon père ou son grand-père. Au moment nous n’en comprenons pas le sens.

Mon père s’approche du fauteuil où il est affalé plutôt que correctement assis et lui demande :

  • Qu’est-ce qui vous fait rire jeune homme ?
  • Mon grand-père a plus souvent frappé les autres, lui n’a jamais subi un affront pareil.
  • Et cela vous fait rire ?
  • Avouez Monsieur que c’est comique
  • Au vu de ce que votre soeur
  • Demi, ce n’est pas vraiment ma sœur
  • Je ne sais vraiment pas que vous dire effectivement elle est à la fois votre soeur par votre mère, mais aussi elle était la soeur de votre père. Vous avez une famille qui aime compliquer les choses. Je comprend que pour votre héritage ce doit être complexe. Mais de là à vouloir tuer Claire, Marie-Cécile je suppose qu’elle aussi vous l’auriez éliminé. C’est le moment de me répondre Monsieur pourquoi avoir dirigé votre arme sur ma fille Annabelle ? Et mes plants de vigne est-ce dû à votre tentative avortée ? Parlez avant que je vous fasse emmener par la brigade criminelle de Mâcon. Et si vous ne me croyez pas, je vous permet de vous pencher à la fenêtre.
  • Ce n’est pas la peine, je sais que j’ai commis des choses répréhensibles. Mais c’est sa faute à lui ce vieux sénile. Il ne voulait pas que sa fortune soit dilapidé avec tous ses enfants non reconnus.
  • Il en a tant que ça ?
  • A part Claire, Marie-Cecile et cet homme dont elles refusent de donner le nom, je n’en sais rien. Mais au vu du nombre de personnels qu’il a eu. Il doit bien y en avoir d’autres.
  • Et pour ma fille, c’était une erreur. Vous l’avez confondu avec Claire, sa soeur?
  • Non…

Au moment où il va pour répondre, Annabelle nous dit :

  • Ce que Monsieur ne vous dira pas, c’est qu’il m’a conté fleurette, m’a fait miroité pleins de choses et moi qui me gardait pour mon fiancé j’ai succombé à son regard de velours, ainsi qu’à ses belles paroles. Un soir ou nous étions sorti sur Mâcon j’ai bu un peu trop et il en a profité pour abuser de moi.

Je me doutais bien que c’était cela hurle mon frère.

  • Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?
  • J’avais honte
  • Mais comment aurais -tu fais lorsque ton ventre ce serait arrondi ?
  • Comme toutes les autres cher Monsieur, intervient notre géniteur, ce serait vous qui auriez porté le chapeau.

Charles serre les poings, il se retient pourvu qu’il ne fasse pas un esclandre. Ce n’est pas le moment.

Annabelle pleure en silence. Charles va à ses côtés et lui dit :

  • Je t’ai pardonné tu le sais et l’amour est plus fort que la haine. Ce n’est pas dans nos gènes, ne t’inquiètes pas.

Monsieur De Bougainvilliers sur ses propos se lèvent et nous lancent :

  • Les explications sont terminées, mes filles
  • Nous ne sommes pas vos filles, par le sang oui mais pas par la manière de penser de vivre nous sommes à des milliers de kilomètres de vous. Mon père c’est Monsieur de la Roche Vineuse qui m’a recueilli étant enfant et qui va me donner son nom.
  • Jamais vous ne porterez le nom de ce ce…Mécréant, jamais vous m’entendez.
  • Ce n’est pas grave Monsieur, Claire va m’épouser elle portera le mien, elle n’a nullement besoin du vôtre. Pour les papiers elle se nomme Meignière. Elle le gardera pour l’État civil. Sur ce je me retire nous avons une mission. Tu viens Stéphane.

Et sur ses mots, Nicolas et Stéphane sortent. Et c’est à ce moment que la brigade de Mâcon rentre en scène, à croire que la sortie de Nicolas était le sésame pour que les autres interviennent.

Le Capitaine qui était venu interroger Annabelle ainsi que toute la famille se dirige vers Monsieur de Bougainvilliers qui refuse de porter les menottes, le menaçant de représailles et lui disant que si son petit fils va en prison plus personne ne fera tourner sa mine et que ses avocats la fermeront.

  • Vous semblez croire que sans vous rien ne va plus, vous devez bien avoir des subalternes.
  • Oh non mon grand-père est le maître tout puissant après Dieu et encore parfois il se prenait pour lui.
  • Ce n’est pas grave pour une fois nous aurons un Monsieur à particule dans nos geôles.

Et s’adressant au vieux il lui dit:

  • Si Monsieur daigne mettre ses mains dans le dos nous allons procéder, cher Maître suprême à votre arrestation.

Et ne tenant plus son sérieux il se met à rire, ce qui a au moins le mérite de détendre l’atmosphère. Puis reprenant son sérieux il donne l’ordre de passer les menottes au frère de Marie-Cécile en lui disant les chefs d’accusation qui lui sont reprochés.

  • Monsieur je vous arrête pour les motifs suivants : tentative d’assassinats sur Mademoiselle Claire Meignière de la Roche Vineuse, sur Madame Annabelle Meignière, tentative d’assassinat sur Monsieur de la Roche Vineuse, sur rapport non consenti avec Madame Meignière et sur dégradation du domaine viticole de Monsieur de la Roche Vineuse. Vous êtes poursuivis pour tout cela. Les juges apprécieront.
  • Et moi pourquoi m’arrêter vous, vocifère le Maître des charbonnages du Nord, à part engrosser deux ou trois femmes je n’ai rien fait de mal. Certaines s’en portent très bien puisqu’elles vivent à mes crochets, comme votre mère Marie-Cécile, elle profite de mes largesses.
  • Taisez-vous ignoble personnage lui dit Marie-Cecile puis elle ajoute emmenez-les ils me donne la nausée.
  • Attendez s’écrie le vieux je veux connaître le nom de mon fils.

Un grand silence puis on entend une voix celle de Charles mon frère qui lui dit :

C’est moi votre fils et en tant qu’unique héritier mâle, c’est moi qui hérite de tous vos biens.

Le vieux quitte notre maison dans un silence impressionnant, quant à son petit-fils il ajoute:

  • Il y en a sûrement d’autres votre fortune sera divisé.
  • Qu’importe vous ne ferez plus de mal

Les policiers sont partis, Marie Cécile a trouvé une grande famille, un frère et une sœur et même une belle-sœur.

Mon père adoptif nous demande comment nous avons su que Charles était lui aussi le fils du Patron des Houillères.

Charles s’est absenté et a récupéré tout un dossier, dont notre père prendra connaissance mais pour le moment il a raconté à ceux qui n’étaient pas au courant comment il l’avait appris.

Fin

EvaJoe copyright 2023

Oh me direz-vous et nous ? Nous aussi nous voulons savoir. Et bien je mettrais un épilogue… Rire !!!

Mais mon récit s’arrêtait ainsi…

Je ménage le suspense, cela donnera du temps à ceux qui sont en retard dans leur lecture de me lire.

Une rencontre inattendue (33)

Nous prenons tout notre temps pour redescendre. Il faut bien les faire attendre. Quel est donc cet ultimatum qui ferait que nous devions les rejoindre tout affaire cessante. Car en descendant nous apprenons de la bouche de Nicolas que c’est le vieux pervers qui a demandé que nous soyons tous là.

Nous prendrait-il pour des demeurés? De quelles annonces pourraient-ils bien être le détenteur. Qu’il a perdu ses filles alors que jusqu’à ce jour il voulait s’en débarrasser.

Nicolas est formel il va se comporter en Seigneur sans être consterné pour nous jouer la comédie d’un père affligé sous prétexte que sa fille s’est évaporée dans la nature.

Mais lorsque nous arrivons dans la bibliothèque, le Majordome empêche Nicolas d’entrer. Il véhémente mais rien n’y fait il n’a pas demandé ma main officiellement et tant que la cérémonie n’a pas eu lieu il n’a pas besoin d’être présent.

Il ne veut pas que je me jette dans la gueule du loup. Je lui dit que mes parents adoptifs me protégeaient de la vindicte de Monsieur mon géniteur. Par contre ce que je ne dis pas à Nicolas c’est que j’ai peur de l’affronter. Je dois me ressaisir et ne rien laisser paraître.

Lorsque nous entrons dans la bibliothèque il y a mon frère, mes parents, Monsieur de Bougainvilliers nous tourne le dos il regarde par la fenêtre . Dans un fauteuil je vois enfin de très près celui qui est mon neveu. Enfin pour moi il n’est rien. Il arbore un sourire ironique, il doit ruminer un sale tour.

  • Bon nous voici au grand complet, Nicolas le fiancé de ma fille a accompagné son ami et collègue Stéphane à Macon afin qu’il puisse prendre son train pour se présenter sur Marseille à son poste d’officier dès demain. Quant à notre futur gendre il ne rejoindra le commissariat que demain.

Je suis étonné que mon père raconte ça à deux étrangers qui se sont comporté à la fois comme des goujats et des assassins. Où alors c’est pour les informer qu’ils sont en lien étroit avec la police.

Mais je n’ai pas le temps pour la réflexion car à peine mon père a-t-il terminé que mon géniteur se précipite à nouveau vers moi et me secoue en me disant:

 » Osez répéter devant tout le monde que vous n’êtes pas Marie-Cécile « 

  • Je m’appelais il y a 20 ans Claire Meignière, j’ai été pratiquement adoptée par Monsieur et Madame De La Roche Vineuse, et je viens d’apprendre que j’étais en réalité votre fille par les liens du sang et que vous aviez décidés que je devais disparaître afin de donner toute votre fortune à mon neveu seul descendant à vos yeux du seul fils qu’il vous reste. Or vous ignorez que vous aviez un autre fils, et, non vous n’étiez pas au courant. Ce fils de votre vivant vous ne saurez jamais qui il est.

Le vieux vacille et se retient in-extremis au bureau de mon père adoptif. Il se tient le coeur, il faudra qu’ Annabelle et moi-même lui donnions les premiers soins. Il n’ a qu’à mourir, nous en serons débarrassé. Titouan son héritier se lève et lui dit :

  • Grand-père si vous m’aviez laissé vous parler vous ne seriez pas exsangue et complètement fou, oui vous devez bouillir intérieurement à l’idée de partager votre fortune. Je savais que j’avais un autre frère, après Claire il y avait.
  • Taisez-vous, n’en dites pas plus. Vous pouvez en faire ce que vous voulez de l’argent sale que vous avez en votre possession. Je préfère être fille de mineur que celle d’un salaud.

Moi, Claire j’ai réussi à lui parler et à lui dire ce qu’il méritait d’entendre. Mais je n’avais pas fini il fallait que tout le monde sache de quoi il était capable jusqu’où il avait osé aller. Mais auparavant j’allais à la porte et laissait entrer Marie -Cécile.

En descendant de nos chambres j’avais été convaincu par Nicolas qu’il était préférable que Marie-Cécile assiste à ce grand déballage. Elle serait protégé par mon père adoptif. Je voyais bien qu’elle n’en menait pas large mais je lui serrais la main en lui disant :

  • Je suis là n’ai pas peur
  • Ton fiancé m’a dit que je n’avais rien à craindre.

Le vieux est pétrifié en nous voyant entré toutes les deux. Je pense que mes parents n’en sont pas moins surpris . Nous sommes deux gouttes d’eau et notre géniteur en écume de rage. Marie-Cecile me regarde et s’avance vers le vieux en gardant une distance respectable. Et lorsqu’elle va pour parler il lui coupe la parole en lui disant:

  • Hors de ma vue mauvaise fille
  • Oh ! Un cri, un seul s’échappe de la bouche de père et de mère.

Charles le Majordome qui apporte une collation en laisse tomber le service à thé de Maman. Tout s’éparpille sur le sol et mon neveu en est même éclaboussé. Le thé ne lui a pas occasionné une brûlure énorme et pourtant il geint en se tenant le bras. Il ferait diversion qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

C’est Papa qui intervient et n disant :

  • Cette mascarade a assez duré, nous vous écoutons Marie-Cécile, quant à vous Monsieur, sortez avec Annabelle la fille elle va vous soignez, vous semblez un tantinet moins en capacité de faire le petit caïd comme vous m’êtes apparu il y a deux jours planqué dans la cadole qui est au coeur de ma vigne. Ne vous inquiétez pas elle ne va pas vous tuer comme vous l’avez fait il y aura bientôt trois semaines.

Titouan ne demande pas son reste, il sort groggy par les mots de mon père. Il ignore que de l’autre côté de la porte se trouve Nicolas et Stéphane qui vont veiller sur Annabelle. Ce vaurien malgré sa particule est prêt à tout.

Nous vous écoutons Marie-Cecile, par contre si vous voulez que ma femme et moi nous partions. Mais Annabelle bien que courageuse préfère que les parents restent. Elle le leur dit.

  • Vous pouvez rester ce que je vais dire vous concerne aussi.
  • Alors nous vous écoutons
  • Non, cela ne m’intéresse pas moi.
  • Monsieur vous n’êtes pas en état de discuter, je suis chez moi et j’accueille cette jeune fille car je pense que les révélations qu’elle va nous faire ne vont pas vous être favorable vu les échos que je viens d’avoir de sa mère.

Le vieux devient pâle, il s’assoit et se tait

  • Je suis née le même jour que Claire, dans une maison bourgeoise de Bethune. Ma mère était la fille d’un riche industriel qui travaillait en étroite collaboration avec ce Monsieur. Mon père était le fils aîné de celui que j’appelais grand-père. Ses deux autres frères étaient encore vivant au moment de ma naissance. J’avais un frère de 7 ans mon aîné. Un jour alors que j’allais avoir douze ans et lui dix neuf, j’étais dans le jardin, il ne m’avait pas vu, il disait à un de ses amis celle que je considérais être ma sœur en réalité ma mère a fauté avec un vieux. Quand elle sera pubère tu pourras te la faire. Ce jour-là je n’ai pas vraiment compris ce qu’il disait. Quelques temps après j’ai entendu mon père se disputer avec ma mère vêt il lui disait  » ce n’est pas ta faute, ce vieux pervers ne compte plus ses conquêtes, et à ce moment ma mère s’est mise à hurler , je crois que son cri et ce qu’il s’est passé ensuite resonneront dans ma tête toute ma vie.

A ce moment de son récit Marie-Cécile s’est arrêtée, terrassée par les sanglots. Elle revoyait la scène et vu qu’elle me l’avait raconté j’en comprenais d’autant mieux la difficulté qu’elle avait à nous en faire part. Aussi j’intervenais.

  • Veux-tu que je continue
  • Non je m’excuse auprès de tes parents mais c’est comme si c’était hier et les conséquences de l’aveu de maman ont été horribles.
  • Prenez un peu de thé, certaines tasses n’ont pas subi de dégâts.

Maman a le don d’intervenir comme un papillon et de ramener tout le monde au calme.

  • Merci
  • Ne vous inquiétez pas, continuez nous sommes avec vous de tout cœur.
  • Je continue, ma mère était en colère et rapidement j’en ai compris la raison, je venais juste d’avoir quinze ans, elle s’est agrippé à mon père en lui disant  » comment osez-vous mon Amour de dire que j’étais une conquête de votre père. Je vous avait pourtant dit que votre père était le pire des salauds. Il m’a violé vous entendez violé. Je ne suis pas une de ses conquêtes. Il m’a rejoint lorsque je sortais de chez votre sœur que vous n’avez point défendu vu qu’il fallait tous que nous soyons corvéable à souhait pour le Maître des charbonnages. Le soir lorsque vous êtes revenu de votre bureau votre père vous a annoncé que Cécile était parti pour s’engager. Alors que quelques heures plus tard il l’a fait enfermé dans un hôpital psychiatrique. C’est à ce moment que mon père s’est effondré victime d’une crise cardiaque. Une fois mon père enterré je n’ai rien dit à ma mère par contre je me suis rendue chez lui. Et je lui ai dit qu’il était mon père. Il m’a ri au nez en me disant si c’est ta mère qui t’ a raconté ça et bien c’est faux. Je lui ai dit non c’est moi qui l’ai entendu avant que Papa ai sa crise cardiaque. La seule réponse qu’il’a eu ce fut  » quel imbécile mourir alors que j’avais sauté sa femme ».

À suivre ( oui je sais je devais terminer mais je ne m’étais pas aperçu que c’était fort long)

Une rencontre inattendue (31)

Marie-Cecile entendant le juron de Stéphane fut saisi d’une panique incontrôlable en découvrant la voiture de son géniteur. Il était forcément là pour la ramener. Aussi Stéphane pris la décision de l’emmener hors du Domaine pour qu’elle se calme.

Nicolas et Claire était trop près pour faire demi-tour, puis il pouvait ignorer que le  » vieux » recherchait Marie-Cécile, sinon quelle serait la raison de sa venue. Et surtout comment pouvait-il savoir qu’ils avaient rencontrer sa fille. Aussi c’est bras dessus bras dessous qu’ils montent les escaliers. Et, c’est à ce moment que la porte s’ouvre à la volée et que Monsieur De Bougainvilliers se jette comme un malade sur Claire. Il l’a secoue et lui hurle aux oreilles :

  • Comment avez-vous osé laisser votre mère dans l’angoisse et partir avec un inconnu. Fille de mauvaise vie, ingrate, je me retiens de vous flanquer une fessée magistrale. Suivez-moi…

C’est à ce moment que Nicolas intervient en lui disant :

  • Claire est ma fiancée ôtez vos sales pattes de son bras et qui que vous soyez pour mon futur beau-père taisez-vous et je suis poli.
  • Mais mais…
  • Mais quoi ? Il n’y a rien à redire disparaissez avant que je vous provoque en duel.
  • Mais vous n’êtes pas Marie-Cécile
  • Je ne connais pas de Marie-Cécile, et puis je vais me plaindre à mon père. Vos ongles m’ont blessé.

Le vieux semblait abasourdis, elle ressemblait à sa fille et pourtant ce n’était pas elle, c’était plus le même regard qu’elles avaient toutes les deux . Le regard du vieux, des yeux de la même couleur d’un bleu vert assez particulier. C’est ce que pensait Stéphane. Puis c’était flagrant.

C’est à ce moment que Monsieur De La Roche Vineuse arrive en voiture et découvre une scène hors du temps. Il a son costume de ville et par la fenêtre de sa traction j’entrevois un jeune homme qui a des allures de Marie-Cécile. Serait-ce son frère ? Il a des cheveux blonds coupés très court, il descend de la voiture et se précipite vers son grand-père.

  • Pépé pourquoi êtes-vous là ?
  • Il paraît que vous vous êtes comportés comme ces voyous de mineurs. Je vous ai jamais dit de détruire le travail de Monsieur. Juste de le rencontrer et d’expliquer votre recherche. Montez dans ma voiture et j’aviserais pour votre punition.
  • Grand-père j’ai …
  • Taisez-vous je ne veux rien entendre de plus.

Le frère de Marie-Cécile va pour monter dans la traction de son aïeul lorsqu’il entend le père de Claire lui intimer l’ordre de rester sur place car il n’est pas question qu’il reparte sans s’acquitter du manque à gagner qu’il vient de subir.

Claire une fois remise de ses émotions se demandent comment tout cela va se terminer lorsqu’elle voit arriver Marc et Stéphane sans Marie-Cécile. Ouf elle a dû rester dans la voiture à moins que Marc l’est emmené dans la cadole où elle aura pu s’allonger. En attendant elle préfère s’éloigner et rejoindre sa mère qu’elle retrouve en pleur.

  • Petite Mère pourquoi pleurez-vous ? Qui vous a blessé. Et où est Annabelle ?
  • Annabelle est dans sa chambre quand ce fou furieux s’est jeté sur elle je me suis interposée mais il a une force incroyable pour son âge il m’a repoussé et je me suis tapée la tête à l’angle de la commode. J’ai dû m’évanouir car ce sont les hurlements terrifiés de ma fille qui m’ont remis l’esprit en forme.
  • Pourquoi ma sœur hurlait
  • Ce fou la tapait avec le pommeau de sa canne sur le corps, et il l’aurait tué si notre Majordome attiré par les cris de ta sœur n’était pas intervenu.
  • C’est la raison pour laquelle il s’en allait.
  • Oui, mais les gendarmes ne devraient pas tarder Charles vient de les appeler.
  • Papa est aussi de retour
  • Et l’autre ? Est-il parti ?
  • Non, il s’en est pris à moi.
  • Pourquoi
  • Je t’expliquerais mais c’est une longue histoire. Pour l’instant je vais voir Annabelle et lui annoncer que son chéri est de retour.

Pendant que Claire monte quatre à quatre les marches qui mènent aux chambres elle entend les cris du vieux et ceux de son père adoptif.

Dehors il se passe une scène qui aurait fait pâlir le plus aguerris des gendarmes de notre Pays. Une course poursuite avait lieu dans les parcelles de vignes. Devant il y avait le fils Bougainvilliers, le seul fils de la mère de Marie-Cécile, il était poursuivi par Nicolas et Stéphane, pendant que Marc mon frère et notre père adoptif le prenait à contresens. Pendant ce temps Monsieur notre géniteur était assis au côté de son chauffeur et fumait des cigarettes.

C’est le cri d’Annabelle qui a stoppé l’ensemble des protagonistes et a mis fin à cette fuite en avant. Elle était au balcon de sa chambre pâle comme une morte. Claire la retenait par le bras tant elle avait peur qu’elle se jette en bas.

  • Qu’as-tu Annabelle ? Pourquoi es-tu dans cet état ? Tremblante, hagarde ayant vu comme le diable.
  • C’est lui ?
  • Qui ton amour ?
  • Non lui qui m’a…
  • Réponds-moi je t’en supplie
  • Je ne peux pas te le dire soeurette

Je la regarde et de suite je comprends, il est comme son grand-père un être vil, il a dû violer Annabelle. Sinon pourquoi tremble-t-elle ainsi ? Heureusement qu’elle a perdu le bébé. Mais pourquoi vouloir le garder. J’hésite à lui dire que j’ai compris. Puis finalement je prend le parti de me taire. Tant pis si elle me prend pour une oie blanche.

Elle me regarde et devient rouge comme un coquelicot. Aurais-je mal compris ? Elle a succombé à son air de jeune premier du cinéma. Et c’est délibérément qu’elle s’est trouvé enceinte. Alors pourquoi se mettre dans un état pareil. A moins que le vieux l’est humilié. Du reste pourquoi est-il vraiment ici. Pour les méchancetés de son petit-fils ou pour s’assurer que ma sœur est perdu son enfant. Ou alors il est venu récupérer sa fille et je me sens en danger car il va faire le rapprochement.

Il doit déjà savoir que je suis une de ses bâtardes comme il se plaît à le dire. Mais fera-t-il le rapprochement entre mon frère qui tient à la fois de mon père et a les yeux de Maman. Ils sont gris piquetés de vert, et Marie-Cécile et moi avons hérité de sed yeux pers. Ni vert, ni bleu, parfois les deux. Changeant au fil du temps, ou selon mon frère lorsque je suis en colère cela me donne des yeux de vipère.

Mais j’entends que l’on monte et j’aperçois mon fiancé accompagné de mon frère. Nous nous jetons dans un ensemble parfait dans les bras de nos amoureux. Mais rapidement Marc se ressaisi et nous dit que nous sommes attendus en bas. Ils sont venus nous chercher.

Annabelle demande la raison, Marc a le regard fuyant il ne répond pas. Mais que se passe-t-il encore ? J’insiste auprès de Nicolas et lui n’ayant aucune contrainte ou pression me répond :

  • Ton père adoptif et le vieux veut des explications.
  • Lesquelles ?
  • Pour Annabelle je ne sais pas mais pour toi il veut savoir qui tu es.
  • Mon père n’a qu’à lui dire que je suis orpheline et qu’il nous a adopté tous les deux. Je ne veux pas le retrouver en face de ce type. Regarde ce qu’il m’a fait.

Je relevé la manche de mon gilet pour leur montrer l’hématome que j’ai ainsi qu’une petite plaie sanguinolente là où ce vieux pervers m’a enfoncé ses ongles dans ma chair.

Annabelle montre à mon frère les zébrures qu’elle a sur les bras, les jambes sans parler de son ventre qui est dans un état lamentable. Ici des marbrures, là des griffures. On distingue même la semelle d’une chaussure. Marc n’en revient pas, c’est Nicolas qui lui dit. Viens tu vas pouvoir porter plainte, enfin Marc le fera pour atteinte à l’intégrité de sa femme. A ta place je ne dirais pas que tu as perdu ton bébé. Au contraire tu lui feras porter le chapeau une fois qu’il aura regagner sa demeure.

Soudain je comprend ce déferlement de violence sur mon aînée. Il savait qu’elle attendait un enfant de son petit-fils et ses coups ont été porté dans un but bien précis qu’elle perde l’enfant.

La fin au prochain épisode….

Une rencontre inattendue (30)

Stephane et moi nous laissons Marc gérer la situation. Ils sont à la merci de l’escouade de policiers qui les cherchent.

C’est étrange cet acharnement du vieux patron des charbonnages de s’escrimer sur Claire. Possible qu’il pense ce vieux bonhomme antipathique que nous avons enlevé sa fille, alors qu’il n’a jamais assumé son rôle de Père.

  • De qui parles-tu ?
  • De Marie Cécile
  • D’accord, mais pour moi sa fille à qui il veut du mal c’est Claire, sinon pourquoi lui tirer dessus ?
  • Oui, en effet tu as raison.

Toit en devisant à voix basse nous voyons la voiture du père de Marc. Mais hélas nous sommes mal, en effet il y a deux policiers qui à l’aide d’une lampe électrique sonde l’habitacle de notre voiture. Il.nous faut nous avancer et jouer le tout pour le tout.

  • Bonjour Messieurs, notre voiture vous interesse.

Le plus petit sursaute et se sent un tantinet gêné, j’en profite pour lui demander quelle infraction j’ai pu commettre.

Le plus grand triture sa moustache et nous demande à brule pourpoint :

  • Vous êtes de la maison
  • Comment le savez-vous ?
  • Votre vide-poches est entrebaillé et à l’aide de la lampe nous avons vu que c’était une carte de police.
  • Oui, nous sommes de la maison, vos noms Messieurs.
  • C’est plutôt à nous de vous demander ce que vous faites ici et quant à vos noms vous allez nous présenter vos cartes et nous le saurons rapidement.
  • Non
  • Vous voulez que je vous emmène au poste. Après tout vous n’êtes peut-être pas ce que vous prétendez être, et tant que nous n’avons pas vos cartes nous pouvons appeler à la rescousse nos collègues et vous mettre en cellule.
  • Vous n’en ferez rien Messieurs car notre grade est plus élevé que ceux de deux planctons envoyés sur ordre de leur chef à patrouiller dans un Coron où la majorité des gens doivent trembler devant les soudards que vous êtes.
  • Vous m’insultez Monsieur
  • Vous allez me demander en duel

On entend un rire tonitruant et surgit devant nous un troisième policier qui nous dit :

  • Vous avez dû disparaître rapidement lorsque vous êtes venu voir vos promises car votre voiture avait la portière avant droite ouverte et des gamins à mon arrivée allait tout simplement embarquer vos cartes. Je sais qui vous êtes et effectivement mes collègues vous doivent le respect. Alain et Pierre je vous présente les inspecteurs de police de Versailles, l’un se nomme Nicolas Martin et l’autre Stéphane Dupont.
  • Bonsoir Inspecteurs
  • Des noms fort commun mais un grade fort élevé pour votre âge.

Au moment où j’entends la voix je commence à paniquer car je connais ce gars, Stéphane doit déjà l’avoir reconnu. C’était le boute-en-train de notre chambre. Il ne manquait pas une fête ce qui lui avait valu d’aller en cellule de dégrisement. Il l’avait payé cher car au moment de choisir son affectation puisqu’il était sorti tout comme nous dans les tout premiers le Colonel lui avait dit :

  • Mon cher Montalivet vous n’irez pas vous dorer la pilule au bord de la mer je vous envoie dans un pays minier à Béthune plus exactement. Là -bas vous exercerez votre talent de comique lorsque les mineurs vous chargeront à coup de pelles ou de manche de pioches. Ça vous forgera le caractère.

S’il avait eu nos cartes entre les mains comme je le pressentais il savait qui nous étions. J’avais mis nos photos. J’etais à mille lieux de penser que nous allions tomber sur lui. Mais Titouan ne me laisse pas le temps de me ressaisir, il nous tape sur l’épaule en nous disant.

  • Alors mes amis c’est vous les comiques désormais, vous ne seriez pas venu à un bal costumé.
  • Je lui réponds du tac au tac car je n’ai pas envie de m’éterniser ici.
  • Nous sommes venu compter fleurette à une amie de la soeur de Stéphane et par la même occasion j’ai trouvé sa jumelle.

Titouan s’esclaffe, il est hilare, sent-il que nous lui jouons la comédie en tous les cas il n’en laisse rien paraître. Au contraire il emmène ses collègues et nous avons même un laisser-passer en bonne et dû forme pour éviter de se faire arrêter. Nous ne lui demandons pas ce qu’il se passe nous le savons déjà, et je ne pense pas que devant ses collègues il aurait juger bon de nous informer. Muni de ce sésame si précieux nous parcourons en sens inverse les 200 mètres qui nous séparent de Marc et des jeunes filles. Marie Cécile a la cheville qui a doublé de volume, elle est dans l’impossibilité de poser le pieds par terre.

Claire me chuchote  » je pense que c’est une entorse » il faudra s’arrêter en route mais loin d’ici pour voir un médecin ou éventuellement aller à l’hôpital ». Je lui serre la main et hoche la tête. Il.nous faut parer au plus pressé. Quitter les lieux le plus rapidement possible. Marc et moi porterons Marie-Cecile à tour de rôle en espérant qu’elle ne soit pas découverte avant d’atteindre la voiture.

Enfin nous voici à la voiture. Marc monte à mes côtés alors que les deux soeurs se mettent de par et d’autres de Stéphane. Nous partons en roue libre au départ puis je met en route la voiture jusqu’au premier barrage. Claire et Marie Cécile rabattent leur capuche sur la tête et font celles qui se sont assoupis sur l’épaule de Stéphane.

  • Sous aucun prétexte vous vous réveillez, vous dormez profondément. Vous m’avez bien comprise.
  • Oui
  • Bien allons voir si tes talents de dessinateurs vont nous laisser la voie libre me dit mi-figue mi-raisin mon ami Stéph.
  • Si je ne suis pas obligée je ne vais pas les montrer j’utiliserais seulement le laisser passer.
  • Alors affrontons l’ennemi s’esclaffe Steph.

Je suis à hauteur de la patrouille qui a mis en travers de la route une herse munie de crochets.

  • Vos papiers
  • Bonjour mon Commandant, voici notre laisser-passer.

Je sens le gradé légèrement déstabilisé je connais son grade et il ne l’a nullement mentionné.

  • Comment savez-vous que je suis Commandant ?
  • Ce sont vos insignes qui me l’ont dit
  • Ah et bien passez si vous êtes de la maison.
  • Peut-être que vous voulez voir ma carte
  • Je ne vous ferai pas cet affront .
  • Au revoir !

J’embraye et disparaît rapidement.

  • C’est bon réveillez-vous, nous approchons de la place ou Stéphane a garé sa voiture. Marc et Marie-Cécile vous allez avec Stéphane. Toi ma petite princesse tu restes avec moi.

Nous repartons il n’est pas loin de quatre heures du matin. La nuit va être longue il nous faut arriver le plus rapidement possible. Surtout Stéphane car tout comme moi il doit se présenter au Commandant du Commissariat où nous sommes affectés dès 9 heure lundi matin pour notre première journée en tant qu’inspecteur. Les premiers jours on ne va pas nous filer des enquêtes je pense que nous serons même affectés à la circulation. Surtout moi à Macon.

  • A quelle heure est le train de Stéphane me demande Claire.
  • Pourquoi veux-tu le savoir ?
  • C’est à cause de Marie-Cécile, si elle peut supporter la douleur on ne s’arrêtera pas. Sinon nous allons perdre du temps.
  • Tu n’as pas des médicaments contre la douleur.
  • Si bien sûr mais ce serait bien si elle était bandé et surtout j’espère qu’elle n’a pas une fracture.
  • Nous allons roulé pendant quatre heures et nous nous arrêterons pour prendre un petit déjeuner. Nous aviserons à ce moment-là. Si elle a supporté la route nous continuerons.
  • Et pour Stéphane ?
  • Le mieux c’est de le déposer à Paris, Marc conduira la voiture pour le reste du chemin. Il trouvera toujours un Corail pour descendre sur Marseille. Je vais mettre mon clignotant et m’arrêter. Je lui dirais ce que nous avons convenu.

Mais Stéphane ne veut pas être seul jusqu’à Lyon. Puis nous explique-t-il que lui n’a pas rendez-vous à 9 h mais à 14 h il avait prévu de prendre le Corail de nuit. Il fallait que nous soyons à Mâcon suffisamment tôt pour qu’il puisse prendre un train pour Lyon Perrache. Tout s’arrange, Marc ne fera pas le retour en compagnie de Marie-Cecile, cela ne serait pas convenable pour un jeune marié.

Claire a profité de notre arrêt dejeuné pour bander la cheville de sa demi-soeur. Elle a commis à mes yeux un sacrilège. Elle a déchiré son beau jupon pour en faire des bandelettes. Depuis Marie-Cecile a retrouvé son sourire. Mais Nicolas ne décolère pas. Le beau jupon qu’il venait tout juste de lui offrir, massacré pour faire un pansement.

C’est Marc qui lui a dit goguenard la prochaine fois acheté lui en un en soie c’est mille fois plus doux à ôter.

Les yeux de Nicolas ont lancé des éclairs à son futur beau-frère et bien fait rire les deux jolies soeurs.

Il est plus de seize heures lorsque nous franchissons la grille du Domaine nous pensons tous nous plonger dans un bain et dormir jusqu’au petit matin. Mais en arrivant vers le perron nous découvrons stupéfait une traction noire avec à son bord le chauffeur de Monsieur de Bougainvilliers.

À suivre…

Une rencontre inattendue (29)

Deuxième partie

Nicolas et Stéphane avec les oncles de Charles et Claire sont penché sur un plan des corons. Paul l’aîné des oncles indique un chemin qui serpente par les jardins et va nous permettre de nous évader.

Evader est sûrement un bien grand mot, mais les deux plus vieux mineurs nous apprennent que ce chemin a déjà servi au cours des grèves passées.

Vous voyez ici il y a une porte dans notre jardin, elle communique avec le jardin de notre voisin mais sa porte à lui est située bien plus bas que la nôtre. Je vais vous donner le code pour les franchir tour à tour nous dit le Père de Chantal.

Devant nous s’étale un dessin d’enfants où il a été dessiné des personnages, chaque porte a une couleur différente de l’ensemble de la barrière. Elles sont représentés ici par des jouets colorés.

Charles avait remarqué la première fois qu’il était venu que dans le jardin de Chantal où les barrières étaient marron foncé, un morceau de barrière était hachuré en noir, cela lui avait paru bizarre, maintenant il le dit à Claire qui me le glisse à l’oreille. Et c’est à ce moment-là que leur Grand-père paternel nous explique la petite astuce.

  • L’ensemble des clôtures ont été refaites récemment car cela s’use au fil du temps. Attention à un oeil non observateur et sans ce papier vous allez tâtonner longtemps et surtout vous allez attirer les gendarmes. Certaines comme vous pouvez le voir sur le dessin sont hachuré en blanc, d’autres en noire. Pensez-vous y arriver ?

Charles se tourne vers son grand-père en lui disant :

  • Avec deux fins limiers nous passerons hors du filet.

Les fins limiers que nous sommes n’en mènent pas large, si on se fait prendre que vont devenir Marie-Cecile sans parler de Claire. Le vieux semble ne pas avoir beaucoup de scrupules. C’est à ce moment que l’on entend à la porte de grands coups. On est fait comme des rats. La fuite se termine dans la maison des Meignière. Quelle malchance ! Et dire que nos cartes de police sont dans la voiture.

Chantal ouvre la porte, ouf c’est leur voisin. Il comprend de suite ce qu’il se passe. C’est lui qui propose de nous accompagner. Les deux Grands-pères le remercient et nous voilà parti sans le plan sous la houlette de Monsieur Lebeau.

Claire donne le bras à Marie-Cécile, plusieurs fois elle manque de tomber, elle a aux pieds des talons hauts. Tous nos bagages sont dans les voitures, Claire aurait pu lui prêter une paire de ballerines. Finalement après avoir heurté une pierre, Marie-Cecile chute lourdement, elle pleure doucement, elle s’est fait mal. Avec la lampe à pile de Monsieur Lebeau nous eclairons le genou de Marie-Cécile, elle s’est ouvert la rotule, certes c’est superficielle mais Claire va devoir la soigner. Ma future femme est fort prévoyante, elle a sa malette d’infirmière. Elle nous demande de faire un rempart afin que la lampe ne soit pas vu au loin. Mais nous sommes dans le jardin d’un petit cousin des Meignière et lui a vu la lumière bougée, il comprend rapidement ce qu’il se passe et nous fait entrer dans sa maison.

Après m’être concerté avec Stéphane , nous décidons de passer à l’action afin de rejoindre nos voitures et de récupérer nos cartes de police. Enfin devrais-je dire celles que j’ai fabriqué avant de quitter le Domaine des parents adoptifs de ma bien-aimée. Nous ne pensions pas nous en servir mais là c’est une excellente raison pour voir si mes talents de dessinateur en herbe vont payer.

Nous avons laisser nos voitures à deux endroits différents, l’une est dans une rue proche du Coron, l’autre se trouve devant l’hôtel de ville. Bien nous en a pris, par contre il n’est pas certain que nous allons réussir à passer. Nous ignorons où se trouve les sentinelles. Le fils de Chantal qui nous accompagnait va nous servir de guide pour la dernière partie de notre fuite. Stéphane a mémorisé les couleurs et connait désormais le système ingénieux qui nous a permis de franchir les sept premiers jardins. Il nous en reste trois mais là ce sera difficile car nous aurons à ramper afin d’éviter la première patrouille qui bloque une des entrées du coron. Au bout de la ligne droite on aperçoit les grilles par lesquelles les mineurs accèdent. Mais auparavant nous avons deux cent mètres à découvert. Jules à mots couverts nous expliquent sa stratégie, nous l’approuvons et nous voilà embarqués pour jouer comme les gamins des corons au chat et à la souris.

Aores avoir rampé sur une bonne centaine de mètres, nous nous redressons, c’est là où nous quittons Jules. Je lui ai donné les clefs de la voiture et indiqué où se trouve nos cartes de police. Nous nous asseyons dos à un talus de charbon non prévu mais cela nous arrange bien. Nous sommes dans le noir complet. Mais nous voyons brillés une lumière. Nous nous concertons avec Steph et décidons d’attendre. Si c’est Charles et les filles accompagné de Monsieur Lebeau cela ne sert à rien de se planquer dans le tas de charbon. Dans le cas contraire nous rebrousserons chemin où nous nous jetterons dans la gueule du loup. Jules ne devrait guère tarder.

Un bruit de bottes se fait entendre, les gendarmes font évacuer les maisons et ensuite ils entrent et vérifient si les fugitifs que nous sommes ne sont pas planqué à l’intérieur , ce que nous apprendrons plus tard c’est que Paul qui avait été résistant avait fait honte aux policiers en leur demandant où était leur chef « le Commandant Himler » de son vrai nom Aymar. L’histoire avait dû faire le tour des corons n’en doutons pas.

Mais au moment des faits, nous n’en menons pas large, nous ne connaissons pas la solidarité entre mineurs. Personne nous a denoncé, les premières maisons ont été mises à sac par des policiers trop zélés à la botte de Monsieur de Bougainvilliers comme nous l’a dit sa fille.

En mon for intérieur je pense que l’image de marque de la police va s’en trouvé terni à cause d’un ou deux policiers véreux. Et je me jure d’être intègre jusqu’ à la fin de ma carrière. Et mon ami Steph me dira bien plus tard s’être fait la même réflexion.

Monsieur Lebeau éteint sa lampe et nous annonce qu’il va s’en aller chez lui pour éviter a sa femme et ses fils d’être ennuyé. Je lui dit qu’il n’a pas à subir ce genre de désagrément et que ça me dépasse de voir ce comportement.

  • ils ont des ordres ils les exécutent
  • Un jour on leur dira de descendre dans la mine et de tout faire sauter, le feront-ils ?

À suivre…