Une rencontre inattendue (13)

– Votre frère qui a fait les vendanges l’an passé, est allé en prison. Qu’a-t-il fait ? Père disait que c’était un bosseur.

– Cela n’a rien à voir avec le travail, c’est au bal

– Il a participé à une bagarre ?

– Oui

– Vous ne me dites pas tout Hilda, en quoi une bagarre a des conséquences sur votre place ? Mon père ne songe pas tout de même que votre frère aurait pu tirer sur ma sœur.

– Je ne peux pas vous dire quoi que ce soit à ce sujet Mademoiselle, mon frère n’est même pas venu me rendre visite. C’est Monsieur qui vient de m’apprendre qu’il est sorti de prison.

– Ne vous inquiétez pas Hilda, je vais de ce pas me rendre chez mon père et l’implorer pour que je vous garde à mon service.

– Je vous remercie Mademoiselle mais ne vous faites pas gronder à cause de moi.

– N’ayez crainte, tout va bien se passer.

J’ai à peine descendu trois marches que je me heurte à ma Mère, elle pleure, mais discrètement je détourne la tête, ne voulant pas la blesser dans son amour propre.

– Où vas-tu Claire de ce pas si pressé

– Je ne veux pas qu’Hilda soit renvoyé, son frère n’est pas un mauvais garçon, il aime se battre mais papa a toujours vanté son travail. Pourquoi aurait-il tiré sur Annabelle ?

– Ton père fait esclandre sur esclandre. Il tourne en rond dans la bibliothèque comme un ours en cage. Je vais dire à Hilda de ne pas partir.

– Oh merci Maman, elle était désespérée. Son frère se nomme comment ?

– John

– Cela fait plutôt anglais.

– Oui tu as raison, mais je pense que la fille est née d’un soldat allemand et le garçon d’un anglais.

– Ils sont compliqués dans leur famille. Où est sa mère ?

– Elle travaille chez ton parrain, enfin elle travaille est un bien grand mot, elle aide car à 50 ans c’est déjà une vieille femme.

Maman que penses-tu du coup de feu qui a blessé Annabelle ? Pourquoi cela a un rapport avec Hilda ? Où est son père ?

Je n’en sais rien et si j’ai un conseil ne va pas enquêter et ne t’en mêle pas. Mais je te connais tu vas passer outre.

– Écoutez ma petite maman chérie laissez-moi téléphoner à deux amis de bonne famille. L’un est le fils d’un général des armées, l’autre son père est chirurgien à Marseille. Ils viendront me donner un coup de main. A nous trois nous trouverons sûrement des indices. Mais il faut que Papa me dise tout . Surtout ses doutes et suspicions.

– Tu rêves ma Clairette, jamais ton père ne va se confier à toi. Je pense que ses secrets il va les emporter dans sa tombe.

– S’il ne me les dit pas à moi, il les dira ou à Charles ou à mes collègues. Alors je peux téléphoner.

– Oui mais fais attention à ton père

– Merci ma petite Maman

Je me jette dans ses bras, la fait virevolter et l’embrasse fougueusement sous l’oeil goguenard de mon père. Je suis certaine qu’il a tout entendu. Je verrais bien s’il me suit à l’Office où se trouve notre téléphone.

Père me talonne et me suis, il me laisse décrocher le téléphone.

Bonjour je voudrais le 20 à Orléans, oui merci j’attends. Oui Famille Fourchambault. Merci, bonne journée.

Bonjour Madame, je voudrais parler à Nicolas Fourchambault. Oui de la part de Claire De La Roche Vineuse. Merci j’attends.

Nicolas

Oui c’est toi Claire. Bon anniversaire

Tu t’en es souvenu

Oui, je t’ai envoyé un petit colis, tu ne l’as pas reçu.

Non hier je ne sais pas si nous avons pensé à regarder le courrier, je vérifierai. Mais je voulais te demander, es-tu disponible ces jours-ci ?

C’est à ce moment que mon père m’arrache le téléphone et demande à Nicolas tout son pedigree

Vous êtes le fils d’Archambault , le Général

Oui Monsieur, donc ma fille va vous propose d’enquêter sur la tentative de meurtre sur sa sœur aînée.

Elle est dans le coma

Vous venez avec un ami car vous êtes tous les trois indissociables. Nous sommes pressés vous êtes les bienvenus chez nous je vous fais préparer des chambres. Au revoir Monsieur d’Archambault.

Et bien Clairette vous ne m’aviez pas dit que ce Nicolas vous plaisait

Ce n’est pas mon amoureux Père

Hum, allez nous partons chez votre parrain.

À suivre…

Une rencontre inattendue (12)

Mon père est furieux, le chirurgien lui a interdit de revenir et choses troublantes il y a deux pandores devant la porte où l’on a transporté ma sœur. Pourquoi sont-ils là ? Craignent-ils pour sa vie ? Ou alors ils ont peur qu’elle s’enfuie ou que mon frère vienne la chercher. Ce qui est carrément impossible à réaliser, il n’est pas loin de midi et elle n’a pas ouvert les yeux. Elle ne risque rien sauf que l’assassin vienne s’assurer de sa mort et la voyant vivante mais dans le coma l’achève.

J’ai envie de demander à papa ce qu’il en pense puis je me ravise et ne lui demande pas. Il est tellement en colère contre Annabelle que je risque d’en faire les frais. Depuis toujours je partageais tous mes secrets avec Annabelle et réciproquement elle me disait tout. Jusqu’à ce matin où j’ai appris qu’elle nous a trompé sur sa grossesse. Trois mois d’écart, certes cela ne se voyait pas. Le chirurgien a dit qu’elle se comprimait le ventre avec une bande. Bizarre que mon frère n’ait rien vu.

  • Claire je te parle
  • Ah pardon, je…
  • Tu te poses des questions sur ta sœur, je te comprends, ta mère ne va pas apprécier que sa fille u… Aînée ne lui ait pas confié ses secrets. Une mère et sa fille ça se dit tout. Vraiment je ne comprends ni sa grossesse ni ce qu’elle faisait si tôt dehors et je me demande qui elle allait rejoindre en robe de mariée. Vraiment Claire tu n’as pas une petite idée. Depuis ton retour de l’école de police tu as passé de longues heures avec ta soeur, elle ne t’a jamais confié quoi que ce soit.
  • Non
  • Tu n’as jamais vu un homme lui tourné autour
  • Non
  • Tu ne l’as jamais laissé seule
  • Non
  • Et bien elle mériterait de retourner au pensionnat des bonnes soeurs de la Charité pour apprendre à tenir son rang.
  • Elles nous apprenaient à tenir une maison avec de nombreux domestiques, elles ne nous ont jamais dit quoi que ce soit par rapport aux relations hommes et femmes.
  • Elles auraient dû
  • Est-ce qu’elles les connaissent ?
  • Ce ne sont pas des oies blanches
  • En tous les cas Mère Marie Cécile est entrée au couvent à 15 ans
  • Comment le sais-tu ?
  • L’année avant de partir au lycée elle m’a demandé si je voulais rentrer dans les ordres, lorsque je lui ai dit que je voulais entrer dans l’armée elle a été horrifié.

Père s’est mis à rire lorsque je lui ai raconté cet anecdote. Je me souviens de son courroux lorsqu’à 17 ans je lui ai dit que je voulais m’engager. Il était dans une colère épouvantable. C’est ainsi que mon parrain m’a donné des leçons de pilotage pour me changer les idées et surtout parce que je voulais être pilote d’hélicoptère.

Maintenant je ne conduis pas d’hélicoptère et je tape des rapports ou des procès verbaux de meurtres ou de vol à l’arrachée et de cambriolage au Commissariat de Mâcon. Et parfois j’accompagne un de mes collègues si on nous fait un signalement pour enfants en danger.

  • Tu descends Clairette, que fais-tu perdue dans tes pensées. Tu ne veux plus aller chez ton parrain pour ton anniversaire.
  • Ah nous y allons quand-même
  • Bien entendu mon frère n’est pas au courant pour ta sœur à moins que Charles ou ta mère l’ait averti. Mais cela m’étonnerait, je leur ai dit en partant de ne rien dire.
  • Pourtant mon parrain a dû être averti par les gendarmes
  • Effectivement, allez rentrons et va te faire belle.
  • Est-ce que je peux aller à travers les vignes chez
  • Non, il n’en est pas question avec ce fou qui tire sur tout ce qui bouge, je n’ai pas envie de te voir gisant dans une mare de sang.

Mon père n’a pas terminé sa phrase que je revois Annabelle et je ne puis empêcher de laisser couler mes larmes.

Mon père me prends dans ses bras et me console puis me cajole. Il essuie mes larmes et m’entraîne dans son bureau. Et me dit :

  • Je sens qu’il y a quelques choses qui ne va pas, tu veux m’en faire part ou préfères-tu en parler à ton frère.
  • Oui je vais d’abord voir avec Charles, mais je vous promets Père que je ne ferais rien qui mérite votre courroux.
  • Va ma fille adorée.

Je monte quatre à quatre dans ma chambre, Hilda est en train de terminer de ranger ma chambre. Tiens c’est bizarre Hilda c’est allemand comme prénom. J’associe la tentative de meurtre à cette brave fille mais un enquêteur ne doit rien laisser au hasard. Pour l’instant je ne lui demande rien mais je verrais avec les collègues.

Lorsque je rejoins Charles il parle avec Julien, je suis étonnée qu’il soit entré dans notre demeure. Mais Charles m’explique qu’il la fait monter par la glycine et que du reste il repartira de la même manière.

  • Pourquoi êtes-vous là
  • J’ai appris par un des saisonniers invité à la noce qu’il y avait eu un drame ce matin. J’ai intercepté Charles qui errait hagard dans les vignes pour savoir ce qu’il s’était passé.
  • Et ? C’est vous le père de l’enfant
  • Mais pas du tout j’aime bien votre soeur mais jamais je ne me serais permis de la
  • Violer
  • Vous êtes pire que votre frère Mademoiselle, ni violer ni soumettre à mon bon gré. Je ne suis pas de la haute mais je suis un homme d’honneur.

Je ne dis plus rien, je vois que j’ai offensé le beau brun comme l’appelait Annabelle. C’était donc pas lui son amoureux, mais alors qui était-il ?

Je quitte Charles sans lui avoir demandé de m’accompagner chez mon parrain et vais m’habiller. Hilda est dans ma chambre les yeux rouges, elle pleure.

  • Qu’avez-vous Hilda ?
  • Mademoiselle je suis venue vous dire adieu, votre père m’a renvoyé
  • Renvoyé mais pour quelles raisons ? Qu’avez-vous fait ?
  • Je ne sais pas, mais ce serait à cause de mon frère.
  • Votre frère, il ne travaille pas chez nous.
  • Non mais il vient de sortir de prison

À suivre…