Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Depuis dix jours Cécile reçoit une lettre par jour, mais elle ne daigne même pas ouvrir son courrier. Ce matin Papa est venu me voir à la clinique et il m’a raconté que Jules écrivait tous les jours à ma jumelle et elle ne lui répondait pas mais pire encore elle n’ouvrait pas les lettres.

A entendre papa je devrais la faire changer d’avis. Il fallait que je profite de notre intervention pour lui en toucher deux mots. Demain je devais partir en ambulance et dans la soirée Cécile me rejoignait à L’hôpital Edouard Herriot à Lyon. Nous serions dans une chambre et non dans une grande salle. C’était seulement la seconde fois que le père de Jules allait pratiquer cette intervention. Mais il serait assisté d’un de ses anciens internes excellent dans ce domaine. Un éminent chirurgien. C’est le frère de Jules , car ce jeune homme était souvent venu à mon chevet au cours de ces dix derniers jours. Il me faisait la cour, mais rapidement je lui avais laissé entendre que j’étais fiancée. Puis un jour il avait croisé Nicolas et compris à qui j’étais promise. Depuis il avait regagné son hôpital sur Lyon. Papa était au courant car je lui en avais parlé. Ce beau jeune homme me troublait et ça coïncidait avec l’absence de Nicolas. Comme Cécile me ressemble comme deux gouttes d’eau Maman ne veut pas vivre un drame. Ou une bagarre de jeunes coqs entre les deux frères. Cécile serait bien capable de sortir avec l’un pour agacer l’autre.

Papa a dit , vous vous ressemblez physiquement mais cela s’arrête là. Cécile est ton.opposé dans bien des domaines. Nous l’avions aussi remarqué avec Charles. Elle n’avait pas beaucoup de compassion ni d’empathie. Elle était futile, certe j’aurais tant aime que nous soyons semblable à cent pour cent. Elle était plus comme les Bougainvilliers et moi comme Maman. Charles était un cocktail entre Maman et Papa, bien que je n’ai point connu Maman mais au vu de ses parents c’était des gens gentils doux qui jamais aurait pu faire du mal à qui que ce soit.

Charles était intransigeant dans le travail, il.ne cédait jamais par contre si c’était lui qui en avait l’initiative il.pouvait apporter aux mineurs de meilleures conditions de travail. Ce qui faisait dire au mari de sa cousine on dirait le vieux avec un soupçon de douceur. Mais jamais il ne montrait ce côté. Son oncle enfin le nôtre disait tu es un mélange d’Artémis et de moi. Gentils sous une carapace de méchanceté. Heureusement que ton côté gentil ressort bien vite. Les Vineuse t’ont bien élevé je leur en suis reconnaissant.

Me voilà chargé d’une délicate mission. Pourvu que Cécile m’écoute. Avant de partir Maman a vu que ma jumelle avait mis le courrier de Jules dans sa valise. Etait-ce pour les jeter une fois arrivée à l’hôpital ou avait-elle peur que Papa les ouvre. C’était comique jamais Papa n’aurait pu faire ça.

Lorsque Cécile arrive elle est accompagnée de Papa et de Nicolas, elle vient vers moi, se penche au-dessus de mon lit et me dit :

  • J’ai peur et toi
  • Non c’est le père de Jules et son frère qui vont s’occuper de nous.
  • Son frère le bel interne.
  • Oui mais il est chirurgien il a réussi sa thèse.

Je vois un sourire narquois se dessiner sur la jolie bouche rouge de ma Cécile, qu’est-ce qu’elle peut bien mijoter ?

  • Pourquoi fais-tu cette tête on dirait que tu as une idée .
  • Non soeurette je pensais à…

Je vois ma jumelle piquée un fard magnifique, c’est ce soir ou jamais que je dois l’attaquer. Je n’ai pas le droit de me lever. Il faut que je sois en forme. Ce soir nous mangeons notre dernier repas avant l’opération le surlendemain. Au menu un potage une tranche de beefsteak et de la purée, une crème de gruyère et des raisins. Nicolas m’aide à manger, moi qui suis gauchère je n’arrive pas à manger de la main droite. Et c’est ce soir que Nicolas de ouvre que Cécile, elle, est droitière. Comme je le connais il va s’en souvenir et ne tombera plus dans un de ces pièges. Car de ce côté elle est machiavélique.

Tous les trois rions, je suppose qu’elle n’en veut plus à Nicolas, c’est déjà ça et c’est lui qui va orienter la discussion vers son meilleur ami.

Alors Cécile as-tu des nouvelles de Jules ?

Je la sens un peu déstabilisé puis sans la moindre gêne lui répond :

  • Oui il m’a écrit mais je n’ai pas eu le temps de lui répondre.
  • Ah tu fais la femme de chambre chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse.
  • Oh mais tu es bête, je viens voir Claire maintenant que tu la boudes
  • Je ne l’a boude pas, je mène une enquête
  • Alors tu as trouvé l’assassin ?
  • Oui je suis sur une piste
  • Ah ! Tu ne peux pas me le dire
  • Non, mais revenons-en à Jules, quand penses-tu lui répondre. Il aimerait bien savoir.

Je fais la naïve et demande :

  • Savoir quoi ?
  • Ce n’est pas à moi de te le dire mais ta soeur di elle veut te faire des confidences le fera. J’ai lu que les jumelles se disaient tout. Mais pour l’instant je dois rentrer sur Mâcon. Je suis de service cette nuit.

Nicolas se penche sur moi et me fais le plus doux des baisers, puis il prend dans ses bras Cécile et lui fait deux grosses bises sur les joues. Puis il part. Nous voilà seules, c’est le moment de lui parler de ses lettres.

Cecile dis-moi tout ce que te dis Jules vous n’êtes pas encore intime je peux bien savoir ce qu’il te raconte.

Cécile se met à sangloter , je n’arrive pas à la calmer, je suis même bien ennuyée lorsque je vois le frère de Jules surgir dans la chambre.

  • Voyons, Mademoiselle c’est l’opération qui vous fait peur ?

Que va répondre ma soeurette ? Elle lève les yeux, je sens qu’il est troublé en découvrant ma copie.

  • Vous êtes des cachottiers dans votre famille, personne ne m’a avertis que vous étiez à ce point ressemblante, ni Jules, ni Nicolas me l’ont dit.
  • C’était pour voir votre réaction Docteur. Claire est ma jumelle, mais qu’a-t-il entendu car au même moment je disais Cécile est ma jumelle.
  • Ah vous êtes issue du même oeuf, à ce point c’est incroyable. Avez-vous une différence pour que je n’enlève pas votre rein Claire et le greffe à Cécile.

Nous éclatons de rire et ajoutons mais là où c’est placé nous ne pouvons vous le montrer. 

Il.part en riant. Et j’attends que ses pas s’éloignent pour parler des lettres avec Cécile. Après bien une demi-heure où elle me raconte n’importe quoi, elle m’avoue ne pas avoir ouvert une seule lettre et surtout ne lui avoir jamais répondu. Je lui demande la raison. Elle n’ose pas lire qu’il la méprise. Je la regarde stupéfaite et lui en demande la raison.

Je me suis donnée à lui, il ne s’est pas retiré et maintenant je pense être enceinte et si je lui le dis que va-t-il penser de moi ?

Cela fait un mois et, déjà elle pense être enceinte, comment peut-elle déjà le savoir. Enfin je ne connais pas ces choses-là. Mais Annabelle peut peut-être l’aider dans ce domaine.

  • Justement lis ses lettres, il s’excuse peut-être
  • Ah je n’y avais pas pensé
  • Les as-tu emporté ?
  • Oui
  • Et bien qu’attends-tu ?

C’est juste à ce moment qu’arrive le professeur et il demande à Cécile de venir avec lui car il veut l’entretenir d’une chose. Mais Cécile refuse de le suivre et lui dit qu’il peut tout dire devant moi. Je vois le professeur hésiter puis finalement il se lance :

Mademoiselle Cécile vous ne pouvez pas donner votre poumon à votre soeur car vous attendez un enfant. Comme Charles est aussi compatible c’est lui qui sera le donneur.

Cécile éclate en sanglots, le chirurgien s’en va la laissant en plein désarroi.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Dans un bar de la rue de Mâcon discutent deux hommes, l’un est petit portant une belle moustache qu’il doit friser tous les jours, l’autre est grand mince imberbe et n’a pas un cheveu sur le crâne. Ils sont policiers de leur état et discutent de la Une du journal.

  • Et Paul tu as vu le mort de la vigne fait les gros titres.
  • Le jeune inspecteur y était
  • Lequel ?
  • Le Parisien qui parle pointu, lui, ne roule pas les R comme la plupart d’entre-nous .
  • Parle pour toi Pierrot moi je ne viens pas de la cambrousse. Certes je ne suis pas Parigot mais à la ville on ne parle pas comme vous les campagnards Morvandiaux.
  • Bon tu m’égares, tu en penses quoi de ce Monsieur à particule, assassiné chez un gros viticulteur de chez nous.
  • Tu vas vite en besogne, personne ne comprends, il tire sur la jeune fille avec un fusil et se tue avec une vieille pétoire qui ne se retrouve pas à côté de lui et qui a été volé dans la vitrine de Monsieur de la Roche Vineuse qui jure ses grands dieux ne pas avoir quitté sa femme.
  • Oui je sais tout ça, et le pire dans cette affaire c’est que tout le personnel dit exactement la même chose. Monsieur a été vu à huit heure du matin dans les communs donnant des ordres au jardinier, ensuite à la cuisinière, puis à son secrétaire. Tous sont unanimes Monsieur ne pouvait pas se trouver dans le potager.

La serveuse leur sert un verre de vin blanc et se mêle à la conversation

  • Voyons Messieurs et si c’était une femme
  • Une femme qu’allez-vous chercher là ?
  • Pas plus tard qu’hier j’ai entendu à la boulangerie une conversation entre deux femmes.
  • Mais que connaissent les femmes dans les armes , vous rêvez, ma petite dame.
  • Laissez-moi terminé je vous prie Messieurs les policiers.
  • On vous écoute Madame
  • Comme je vous disais ces deux femmes connaissent la femme du viticulteur
  • Ah vous nous intéressez, si on pouvait damner le pion à l’inspecteur, continuez ma brave dame et servez nous en un deuxième, nous avons terminé notre service.

La brave dame est toute émoustillée , tout le café est suspendu à ses lèvres, c’est son jour de gloire. Elle leur raconte ceci. La femme De La Roche Vineuse est née Gauthier, elle jouait avec ses frères qui magnaient facilement la gâchette. Le vieux le père du propriétaire actuel du Domaine est venu chercher à l’école ménagère une demoiselle pour être au service de son fils aîné. Il a fait en sorte que la jolie demoiselle devienne la chambrière de son fils et le jeune Monsieur est devenu fou amoureux de la petite Amélie Gauthier. La belle s’est retrouvée enceinte, le mariage a été célébré rapidement et comble de l’ironie trois jours après son mariage elle a perdu l’enfant . Mais la même année elle a accueilli chez elle un garçon de cinq ans et un bébé d’à peine un mois ou deux elle n’en savait rien.

  • Cela ne nous dit pas que c’est elle, c’est une brave femme si après la guerre elle a recueilli des enfants. Qu’allez-vous chercher là ? Oubliez tout cela. Au revoir Madame.
  • A demain Messieurs

Une fois les pandores parti le petit café résonnait d’un brouhaha un peu plus animé que les autres matins. A Mâcon les Gauthier étaient bien connu. La dame du Domaine s’était éloignée des siens mais pour sauver sa fille adoptive elle avait dû retrouver ses gestes d’autrefois. Affaires à suivre en conclu le détective qui planchais sur cette énigme à la demande d’un certain Monsieur de Bougainvilliers de Béthune. Ce dernier il.ne l’avait pas vu mais il y avait reçu une longue missive pas plus tard qu’hier lui demandant de faire la vérité sur la mort de son fils.

Du reste il avait relu deux fois ce passage, si le journal stipulait qu’il était le petit fils du non moins célèbre Monsieur de Bougainvilliers, ou le vieux déraillait ou l’affaire était énorme. Lui parlait bien de son second fils qui avait quelques années de moins que Charles. Dans quel imbroglio s’était-il fourré ?

Non loin de là au Commissariat, Nicolas racontait à ses collègues que sa futur femme s’était enfin réveillé. Sa brigade était fort contente pour lui. Il aurait moins ce pli triste à la bouche. Car Nicolas depuis dix sept jours avaient perdu son sourire. Il était taciturne et jurait de faire toute la lumière sur ce vaurien de Jules de Bougainvilliers. Prénom qu’excecrait désormais Cécile. Mais de cela il s’était bien gardé d’en parler autour de lui. De là à porter les soupçons vers sa future belle-sœur il n’y avait qu’un pas.

Au Domaine c’est l’euphorie , Monsieur de la Roche Vineuse est tranquillisé sur l’état de santé de son rayon de soleil. Pour l’instant elle doit se remettre afin que soit programmé la greffe du poumon de sa jumelle compatible à cent pour cent, si certains doutaient de leurs origines là ils ne pouvaient que s’incliner et en le disant Monsieur de la Roche Vineuse pense à leur géniteur qui a nié qu’elle soit née de la même mère prouvant avec un tas de papier tous plus faux les uns que les autres la naissance chez lui de l’enfant Marie Cécile. Or des faux papiers pendant la guerre il y en avait beaucoup qui circulaient. De plus à l’écouter elle serait née deux ans avant sa sœur. Mais Monsieur ignorait que sa mère adoptive avait fait une fausse couche. Et la pauvre femme n’était plus là pour en parler. Assassiné par son fils. Il irait rejoindre sa mère et son père dans le caveau des De Bougainvilliers.

Les nouvelles de Claire étaient fort bonnes. Chaque jour elle avait la visite de Nicolas, puis il estompait ses visites car il était sur une affaire de la plus haute importance. C’était sur lui qu’était tombé l’affaire Vineuse comme l’appelait son chef. Mais il ne fallait rien laisser paraître à sa fiancée. Son commissaire était persuadé que le jeune ne s’était pas suicidé, on n’avait dû le contraindre. De plus où était passé ce pistolet qui tirait de drôles de balles. Une enquête qui s’avérait des plus complexes. Et il avait fallu que ce soit lui tout jeune inspecteur de s’y coller.

quelle malchance ! Nicolas avait peur que ce soit le père d’Annabelle qui en soit le commanditaire à défaut d’en être l’instigateur. Mais s’il avait su il ne se serait pas jeté sur cette affaire. Il l’aurait refusé compte tenu de sa proximité avec sa future famille.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque Claire a ouvert les yeux c’est le moment où je devais regagner mon poste au Commissariat de Mâcon. J’ai attendu le dernier moment. Ce week-end que nous espérions tous les deux ne s’est pas passé comme nous l’avions prévu. Claire dans un état critique. Charles et Annabelle de retour chez eux, la mine laissée sans surveillance. Il a bien fallu appeler le jumeau de leur père biologique pour que rien ne s’arrête. Charles ne voulant pas trop vite retourner dans le Nord. Annabelle pas très chaude pour regagner les brumes Nordiques. De plus après septembre ce serait la pluie et les jours plus courts. Ici ce serait les vendanges, les chants et la fête pratiquement tous les soirs. Alors je comprends qu’elle puisse hésiter. Mais Charles fou amoureux de sa femme était prêt à tout laisser, la maison son nom, la mine. Une discussion était imminente entre Monsieur de la Roche Vineuse et son beau-fils quand il était en colère.

J’allais mettre mon sac sur le dos lorsque j’ai senti comme un regard qui me fixait. J’étais seul dans la chambre. Que se passait -il ? J’allais franchir le seuil de la porte et je me retournais pour envoyer un baiser à mon doux amour lorsque j’ai vu son regard et ses beaux yeux m’implorer. Claire venait d’ouvrir les yeux et semblait assez paniqué.

  • Mon cœur, enfin te voilà éveillé
  • Où suis-je ?
  • Tu es à la clinique du Val de Saône car tu as été opéré, ne t’en souviens-tu pas ?

Claire me regarde interloquée , je lui parlerais en Chinois cela ferait le même effet. Comment lui dire sans trop lui faire peur qu’elle a reçu une balle samedi en quinze. Seize jours dans le coma, car le chirurgien de la clinique n’avait pas réussi à la sortir du coma artificiel où l’éminent professeur l’avait plongé. Lui ne s’était pas affolé. Ou il s’était abstenu de nous en faire part. Il faut que j’explique à Claire que je dois aller travailler mais dès ce soir je serais de retour. Il est six heures dans trente minutes je dois y être. Et à 15 h je sors. Mais je ne viens qu’à 20 h. Entre les deux il me faut dormir.

  • Nico
  • Oui petit cœur, je suis là. Veux-tu que je te donne à boire ou que j’appelle une infirmière.
  • Non
  • Que veux-tu ?
  • Pourquoi me demandais-tu de te pardonner ?

Claire ne se souvenait que de mes excuses. En effet au moment des tirs je me trouvais minable de l’avoir laissé dans la chambre. C’était à cause de moi si elle était sortie si vite de la maison, sans se soucier des tirs. Comment lui expliquer, seize jours après ? J’avais déjà reçu les remontrances de son père adoptif, de Charles et le pire de Cécile, elle ne m’adressais plus la parole. Jules n’était pas arrivé à la faire changer d’avis. Il était reparti sur Marseille sans lui adresser la parole alors que sans cette tentative d’assassinat il filerait le parfait amour avec la jumelle de Claire. Mais tout cela n’était qu’enfantillage, qu’avait-elle besoin de s’en prendre à mon meilleur ami. ? Il n’y était pour rien. Maintenant que Claire a repris conscience j’espère qu’elle pourra gronder sa soeur.

  • Pourquoi as-tu ton front barré d’une ride. Dis-moi la vérité. Pourquoi ai-je mal dans le dos ? Et suis-je tombée pour avoir ce drôle de truc au bras ?
  • Tu ne te souviens que de mes mots, lorsque je t’ai demandé de me pardonner
  • Oui pourquoi je dois te pardonner
  • Je me suis un tantinet disputé avec toi et je t’ai quitté sans te donner un baiser. Tu l’as mal pris et je peux le comprendre vu les circonstances. Tu t’es rapidement habillée et descendue sur le perron pour me rattraper. A ce moment-là tu as reçu une balle.
  • Une baballe de tennis
  • Non d’une arme à feu
  • On m’a tiré dessus ! Mais qui et pourquoi ?
  • C’est ton neveu enfin le fils de ta belle sœur, je ne sais pas vraiment comment le nommer.
  • Jules de Bougainvilliers
  • Oui lui-même
  • Il est fou, je ne lui ai rien fait
  • Si tu lui prenais une partie de son héritage vu que le vieux t’as reconnu.
  • Oh si c’est ça je lui le donne son héritage, mais qu’il arrête de nous tirer dessus.
  • Il est mort
  • Mort tu lui as tiré dessus, il.ne fallait pas te venger.
  • Non il s’est suicidé
  • Il devait bien être malheureux pour en arriver là.
  • c’est plus compliqué ma chérie, mais je dois te laisser je vais travailler.
  • Tu étais venu me voir tu es fâché.
  • Mais non que vas tu imaginer. ? On est en semaine et je suis venu depuis la tentative d’assassinat toutes les nuits. J’étais à ton chevet et j’ai demandé de travailler du matin afin qu’à quinze heures je sois libre.
  • Merci mon amour, mais je ne m’en suis même pas rendue compte, comme ce doit être triste pour ceux qui attendaient mon réveil. Et mon géniteur vous l’avez mis au courant.
  • Oui son frère jumeau lui l’a dit
  • Qu’en a-t-il dit !
  • Je ne sais pas, il faudra le demander à ton oncle. Allez je te quitte ma princesse, repose-toi.
  • Oh oui j’ai sommeil.

Je quitte Claire, heureux de la tournure des évènements. Je signale à l’infirmière de nuit que ma fiancée est sortie du coma. Elle me remercie et pars rapidement auprès de mon amour. Dès que j’arriverais au Commissariat j’appellerais au Domaine de la Roche Vineuse afin de tous les tranquilliser.

La journée s’est rapidement passée. Hormis deux verbalisations, une pour tapage nocturne, le gars était en cellule de dégrisement car il a levé la main sur un des brigadiers, l’a injurié et finalement lui a tapé dessus. Bref du menu fretin. L’autre une plainte d’une femme contre son mari. Là c’est différent je dois lui donner du réconfort et lui dire d’accepter de porter plainte contre lui. Le reste du temps je m’occupe de la paperasse qui s’empile tous les jours un peu plus.

Lorsque Monsieur et Madame de La Roche Vineuse sont arrivé, Claire essayait de manger tant bien que mal de sa main droite, mais c’était peine perdue. Aussi sa maman adoptive a commencé à lui donner à manger en lui disant tendrement, te voilà retourner en enfance. Elle a été réconfortée par le beau sourire de son bébé. Claire ne se souvient pas de ses premiers jours de vie. Née au mois de juin, abandonnée cinq jours après. Un mois plus tard elle était placée chez eux. Elle devenait leur fille bien qu’aucun papier n’ait été fait officiellement. Mais pour eux rien ne changeait. Sauf que ce fou de Bougainvilliers avait cherché à leur nuire.

  • Alors princesse comment te sens-tu ?
  • J’ai mal
  • Je vais appeler l’infirmière, elle te donnera ce qu’il faut
  • Merci Père

Claire tout en lui disant Père pensait vu comme ils sont affecté je pourrais bien les appeler Papa et Maman même si mes papiers ne sont pas officialisés ils m’aiment autant qu’Annabelle, même plus .

  • Papa
  • Oui mon bébé
  • Je t’aime

Claire n’a pas vu Monsieur de Bougainvilliers pleuré , car après ce papa plein d’amour elle s’est endormie, les médicaments commençaient à faire effet. Elle en avait besoin. Plus tard c’est au tour de Cécile et de Charles de veiller sur leur soeur. Les parents sont repartis et Charles va attendre le retour de Nicolas pour à son tour rentrer au Domaine. Il espère que Cécile sera capable de pardonner à Nicolas en voyant que Claire va mieux.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Je retrouve Monsieur de la Roche Vineuse au second étage de la clinique. Claire ne peut pas être transportée sur Lyon. Le père de Jules va arriver. Son hélicoptère va se poser non loin de la clinique. La salle d’opération est prête. Cécile est là amené par Jules car sa jumelle a perdu beaucoup de sang. Elles sont toutes les deux du même groupe sanguin A négatif. Des poches de sang sont arrivé de Lyon. Mais en quantité négligeable d’où l’idée de faire venir Cécile.

Le père de Jules vient d’arriver, c’est un bel homme, de stature immense enfin c’est tout ce que je me souviendrais bien plus tard. Les cheveux courts. On dirait Jules en plus vieux. Il ne dit pas un mot, il est au chevet de Claire. Quand il sort il fait signe à Monsieur de la Roche Vineuse. Ils s’entretiennent un instant qui me semble une éternité, pourtant Jules m’affirme qu’ils ne sont pas restés longtemps.

Cela fait quatre heures que Claire est en salle d’opération. Puis six heures. Enfin les portes s’ouvrent c’est l’honorable chirurgien comme nous dit Jules, cherche-t-il à détendre l’atmosphère, je ne sais pas, mais sa phrase reste sans écho. Nous voulons savoir. Il dit Monsieur de la Roche Vineuse je peux vous parler en privé. Je n’ose demander d’entendre, de savoir. Mais …

Mon beau-fils va m’accompagner, venez Nicolas, Jules avez-vous joint Charles ?

  • Oui, Monsieur j’irai le chercher vers minuit en gare de Mâcon, il vient avec Annabelle.
  • C’est parfait, allons vous écouter Professeur.

Nous voici dans le bureau du chirurgien l’ami de mon futur beau-père, il y a un interne de La Timone là où est chirurgien le père de mon ami, le chirurgien prend la parole.

  • Mademoiselle votre fille est plongée dans un coma artificiel afin qu’elle puisse récupérer plus facilement. Elle a eu le poumon gauche de perforé la balle était logé dans l’épaule mais elle n’est pas ressorti. Nous lui l’avons ôté.
  • Est-ce qu’elle va s’en sortir ?
  • Bien entendu Nicolas, il n’y a aucune raison, mais bien sûr qu’il faut être patient.
  • Et c’est tout, vous pouvez faire quoi au niveau des poumons.
  • Nous verrons, laissons là se remettre. Mais une intervention sur les poumons c’est uniquement à Lyon. Elle a aussi une quantité de petits os de brisés. La balle a fait d’énormes dégâts dans la clavicule. Mais les os se consolideront avec le temps. Lorsque vous irez à son chevet ne vous affolez pas. Je lui ai immobilisé le bras sur une plaque en fer. C’est une nouvelle méthode pour les fractures multiples de la clavicule.

C’est son père adoptif qui va à son chevet accompagné par l’éminent professeur, je reste avec son interne et j’apprends par la même occasion que c’est le frère ainé de Jules. Il me dit :

  • Votre fiancée est entre de bonnes mains, ce n’est pas parce que c’est mon père, mais parce qu’à Marseille c’est le meilleur.
  • Merci

Les heures s’égrènent à une vitesse d’escargots, Monsieur de la Roche est rentré, je suis resté toute la nuit à son chevet en compagnie de Charles. Annabelle somnole sur le fauteuil. Puis une infirmière lui a apporté un lit pliant en égard pour sa grossesse et sur ordre de Monsieur son parrain. C’est vrai que nous sommes dans la Clinique du Val de Saône. Auparavant c’était des religieuses qui en étaient les infirmières. Il semblerait qu’il en reste encore quelques unes selon Charles qui s’est fait opérer de l’appendicite le jour de ses douze ans. Il a même réussis à nous faire rire en nous racontant son réveil. Il y avait une bonne soeur penchée au-dessus de lui. Il lui a dit je dois être au Paradis car vous êtes sûrement la vierge Marie. Un fou rire m’a secoué, ce doit être nerveux mais Charles nous l’a raconté d’une manière tellement drôle. On a même eu droit aux remontrances d’une des religieuses. Puis nous sommes revenus sur terre car Claire a commencé à gémir.

Nous avons rappelé en chuchotant l’infirmière qui venait à peine de nous quitter. Elle a vérifié l’écran de contrôle et nous a dit :

  • Elle va sûrement se réveiller, Monsieur pensait que cela n’interviendrai.que demain dans l’après-midi, alors êtes-vous en capacité de la gérer ? A la
  • moindre agitation appelez-nous.
  • Bien entendu ma sœur

Et elle a tourné les talons, sans un mot dans un frou frou de sa longue robe grise. Claire semble plus calme il est quatre heures du matin, elle dort paisiblement. Dans la nuit je suis sorti fumer une cigarette, comme Annabelle était réveillée, Charles m’a accompagné, nous avons discuté des derniers événements. La moitié de neveu comme il l’a appelé aurait-il eu des remords ? Je n’en savais rien, mais toutefois je m’étonnais qu’il ait pu retourner l’arme contre lui. L’enquête nous en dirait mieux. Charles a émis l’hypothèse que son père l’ai tué, je lui ai demandé ce qui lui permettait de dire ceci. Puis j’ai ajouté le père d’ Annabelle ?

  • Effectivement l’autre vieux fourbe tout grand magnat qu’il est n’a pas le bras assez long pour envoyer des tueurs à ses trousses. Mais notre père adoptif m’a paru bizarre et Jules pense comme moi.
  • Alors je ne veux rien savoir, laissez les gendarmes enquêtés, si ton père adoptif l’a fait c’est sûrement par un concours de circonstances ou pour éviter un massacre. Il n’y avait qu’une seule balle dans le corps de Claire mais autour d’elle sur le sol il y en avait cinq autres selon les gendarmes. Comme Claire courait il a dû rater sa cible. Où son arme a été dévié. Mais par qui ?

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

J’ai mal, je m’entend parler voir même hurler et pourtant je vois comme dans un brouillard la tête de Nicolas, il pleure, lui l’homme, mon policier pleure. Mais pourquoi ?

  • J’ai mal
  • Chut tais-toi , ne dus rien mon amour
  • Pourquoi ? Papa, pourquoi ?
  • Chut ne parle pas Claire

Puis un cri, un hurlement, j’entends un cri, c’est moi qui l’est poussé ce cri ?

  • Cécile non Cécile pousse toi laisse ta soeur respirée
  • Cécile qui est Cécile ? Où est -t-elle ? Pourquoi tout le monde pleure autour de moi.
  • Chut mon amour chut ne t’épuises pas, ne parle pas.

Parlez comment pourrais-je parler alors que je n’entends même pas le son de ma voix ? On me soulève de terre. J’ai dû recevoir la pluie, mais elle est chaude cette eau. Mais où suis-je ? J’ai froid. On roule.

Pendant ce temps chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse c’est la consternation. Claire a reçu en plein coeur a fait le médecin des pompiers une rafale de mitraillettes. Elle est partie inconsciente mais les yeux grand ouverts, remplis d’effroi. Sa mère sanglote, son père se dispute avec les gendarmes. Il.leur dit :

  •  » bande d’ incapable, vous êtes des incapables, pourquoi avoir renvoyé deux policiers chevronnés se reposer alors que vos hommes l’ étaient tout autant. Ma petite Claire ne serait pas entre la vie et la mort. C’est votre incompétence qui l’a amené sur ce lit de souffrance. Dégagé de ma propriété je vais m’occuper de ce minable, je vais lui régler son compte. Ce sera de la légitime défense. Disparaissez hors de ma vue dégagez.
  • Monsieur je comprends votre désarroi, mais vous ne pouvez pas faire justice vous-même.
  • Je le sais très bien mon Capitaine , mais vu votre intervention catastrophique je le vois dans l’obligation de faire la chasse moi-même sur ma propriété.
  • Taisez-vous, je comprends votre égarement mais je ne puis vous laissez seul.

C’est à ce moment que notre jardinier nous fait signe, et Cécile entend ces mots qui la font pleurer.

  • – Monsieur, le frère de la petite demoiselle est mort.
  • Mort ? Comment ça
  • Il a dû retourner l’arme contre lui, ce n’est pas beau à voir. Il a la tête d’arracher, la cervelle est dispersée sur mes salades.

Plus tard Jules s’était dit que dans d’autres circonstances il aurait pu en rire, mais sur le coup , la belle Cécile n’arrêtait pas de pleurer. Pour qui pleurait -elle ? Sa jumelle ou celui qu’elle considérait comme son frère. Plus tard ils n’auraient jamais d’explications. En etait-elle incapable ou n’avait-elle pas voulu blesser la famille de Claire. Si quelqu’un le sait c’est …

Nicolas et Monsieur de la Roche Vineuse sont partis à toute vitesse, direction Mâcon et la clinique privée où ils ont fait transporter Claire. Tout le long du trajet ni l’un ni l’autre ne se sont adressé la parole. Chacun est dans ses pensées. Nicolas revoit sa fiancée avec sur sa robe verte cette auréole de sang qui s’agrandissait à vue d’oeil. C’était horrible. Et ce gargouillement où son amour essayait de lui parler. Puis son regard vitreux ou l’étincelle de vie s’en allait irrémédiablement. Il l’espérait vivante mais si son père adoptif savait quelque chose il n’avait pas daigné l’informer.

Quant à Monsieur de la Roche Vineuse, il conduisait, et s’efforçait de retenir ses larmes, Claire le rayon de soleil de la maison était gravement blessé, le chirurgien en ce moment était soit en train de l’opérer soit il extrait la balle ou les balles, il ne savait rien. Jules dès qu’il avait vu les dégâts sur le corps de Claire il avait appelé son père. C’était comme il lui avait dit un éminent chirurgien de guerre, il venait immédiatement. Un hélicoptère avait décollé d’un terrain de l’armée et il serait là juste à temps pour l’opérer. Mais il voulait qu’elle soit transporté au CHU de Lyon ou des soins appropriés lui seraient plus facilement donnés. Pour l’instant Claire était à la Clinique du Val de Saône. Là -bas c’était la clinique où son petit frère était le chirurgien orthopédique. Mais un de la Roche Vineuse pouvait bien opérer sa nièce. De toutes façons il se fierait à son diagnostic, mais etait-elle transportable il l’ignorait.

  • Monsieur, Monsieur
  • Oui
  • Nous sommes arrivés, vous venez de dépasser le portail d’entrée
  • Où avais-je la tête, Merci Nicolas
  • Ce n’est rien Monsieur, je comprends. Si vous voulez y aller, donnez-moi les clefs, je vais garer la voiture et je vous rejoint.
  • Je veux bien Nicolas, Merci. Je vais laisser des instructions pour que tu me retrouves.
  • Merci Monsieur

J’ai trouvé une place, maintenant je me calme en fumant une cigarette et me dirige vers l’entrée de la clinique. Une jeune femme est à l’accueil, elle me sourit et me dit que les visites ce n’est que l’après -midi, oui je sais lui dis-je, mais je viens voir ma fiancée, une ambulance l’a amené il ne doit pas y avoir longtemps.

Je monte quatre à quatre les marches, j’ai dédaigné l’ascenseur, je me remémore les mots de l’hôtesse, mais je ne veux pas qu’elle m’ai dit la vérité. Ce n’est pas possible, Claire ne peut pas être morte. Non…

A suivre…