Hum ! Une famille tuyau de poêle !

L’ambulance est là avec un médecin, le gendarme est emmené à l’hôpital, ces jours ne sont pas en danger mais il doit se faire opérer pour enlever la balle car elle s’est fichée juste en-dessous de l’artère fémorale. Il a eu de la chance. Il aura une belle cicatrice et des jours pour se remettre.

A la demande du capitaine de gendarmerie on a fait appel au collègue de Nicolas, la police est attendue. Ils seront une petite dizaine et le Commissaire a décrété que Nicolas et Jules étaient de service cette nuit pour donner un coup de mains pour l’un à ses collègues, pour l’autre à qui il voulait mais compte tenu de son grade il pouvait aussi se mettre à leur service.

Cecile a pensé qu’il avait un grade au-dessus de Nicolas, j’ai ri en lui disant non. Plutôt en-dessous. Mais qu’importe ils sont tous deux policiers et ils servent leur Pays.

Jules et Nicolas étant en vacances, ils n’ont pas obligation à se mettre en tenue mais par contre ils peuvent se munir d’armes que leur confie le Capitaine de gendarmerie. Ils ont reçu des renforts de petites antennes de gendarmerie, c’est un dispositif important que nous découvrirons à l’aube.

Pour l’instant il est à peine minuit, Père nous a renvoyé dans notre chambre telles des petites filles, je rage intérieurement, j’aurais préféré être auprès des domestiques ou de Mère, mais lorsque Monsieur de La Roche Vineuse a causé tout le monde se tait. C’est ainsi que Cécile l’a compris, et, en y réfléchissant bien c’est bien comme ça que je vois mon Père adoptif.

Maintenant un silence plane sur le Domaine, aucun bruit ni à l’extérieur ni même dans l’intérieur de notre demeure. Que font police et gendarmerie associées pour la circonstance. Comme j’aimerais traquer ce dingue qui porte le même nom que nous. Où peut-il être planqué, il.nous faut rester sur nos gardes, de plus une phrase a échappé au Capitaine de gendarmerie, et depuis Cécile n’est pas tranquille. Par instant elle tourne en rond comme un lion dans sa cage. A d’autres elle s’asseoit et sanglote. Puis par moments elle gémit par petits cris, renifle et se lève, va vers la porte l’ouvre et revient en me disant :

  • Claire aide-moi, je crains pour ma vie, ce fou est revenu pour se débarrasser de moi.
  • – Ou de moi, car comment nous reconnaître.
  • – Ah je n’y avais pas songé
  • – Pour lui il a peut-être découvert une différence et me tuera moi sans toucher à un de tes cheveux. Mais pourquoi penses-tu qu’il veut te tuer. Il est venu là pour
  • Ah oui pourquoi est-il descendu du Nord chez toi ?
  • Peut-être pensait-il que Charles était là .
  • Ah
  • Mais en y songeant il veut tous nous éliminer, maintenant que les bâtards ont surgis dans sa vie, sa fortune va être divisé par un plus grand nombre.
  • Je vois ses grands yeux qui ressemblent étrangement aux miens se remplirent de larmes, à ce moment je suis forte pour deux, bien que je n’en mène pas large. Ce type est bien capable de nous abattre toutes les deux. Je la prends dans mes bras, et je la console du mieux que je peux. Puis nous nous allongeons l’une à côté de l’autre sans mettre un drap. Et c’est sur un bruit de mitraillettes que nous sombrons dans le sommeil. Morphée nous prend dans ses bras.

Au petit matin je suis dans les bras de Nicolas, pourtant je ne me souviens pas être allé dans mon lit. Mon jupon que j’ai gardé hier au soir est soulevé, j’espère que Nicolas ne m’a pas … Oh non il aurait pas fait ça, puis je me serais réveillée. C’est juste que j’ai dû avoir un sommeil agité et tout a dû remonter. A force de bouger je réveille Nicolas. Il a un sourire et l’oeil amusé. Comment lui le dire sans le froisser, car s’il s’imagine que j’ai peur de lui et aucune confiance nous ne pourrons pas continuer notre liaison.

  • – Dis-moi ce qui trotte dans ta petite tête ?
  • – Rien, tu te méprends
  • - Allez lance toi ?
  • – A qu’elle heure es-tu venu ?
  • – Il y a deux heures, Jules m’a demandé de te mettre dans ton lit et de me coucher avec toi. Quant à lui il s’est allongé auprès de Cécile et s’est endormi comme une masse.
  • -Et toi ? Qu’as-tu fait ?
  • Ah je vois où tu veux en venir mais pourquoi oses-tu pas me dire que tu me prends pour un dégénéré à la hauteur du fugitif que nous traquons.
  • – Pourquoi dis-tu cela Nicolas ?
  • – Ce n’est pas à ce que tu penses en ce moment.
  • Non pas tout à fait.
  • Je ne m’appelle pas de Bougainvilliers , je ne t’ai pas violé ou tout au moins pas forcé contre ton consentement. J’avoue avoir osé te regarder en culotte et soutien gorge. Oui pour cela j’ai soulevé ton jupon mais je ne t’ai même pas touché juste admirer ta beauté. Sur ce je vais prendre une douche et repartir à la chasse à l’homme. Continue ta nuit.

Et, il se lève sans me faire un bisou, il sort, raide et ne se retourne pas. J’en ai mal au ventre et je me met à pleurer. Jamais je n’aurais dû faire peser sur lui mon regard plein de reproche. J’aurais dû l’aborder d’une autre manière. Je peux encore le rattraper. Vite j’enfile une robe , je reviendrais prendre un bain plus tard. Je sors tête nue je dévale les escaliers , l’appelle. Il ne se retourne pas, il sort par la grande porte et rejoint ses collègues. Me voici sur le perron, je le vois se diriger vers la maison de Grand-père, je cours, crie son prénom, je n’entends rien, je suis échevelée, je pleure. Et… Soudain une douleur fulgurante me traverse la poitrine. Je ne comprend pas pourquoi j’ai tant mal. Je m’effondre au sol, j’entends des cris, puis je vois Nicolas pâle qui me demande pardon.

Pardon ? Pourquoi ?

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Jules et Cécile dévorent, à croire qu’ils n’ont pas mangé depuis des semaines. A chaque bruit, Cécile sursaute comme si l’assassin allait s’introduire chez nous en plein jour. Je n’ose songer à la nuit, la connaissant elle va trembler comme une petite feuille exposée au vent.

Cela fait déjà une heure que nous attendons Nicolas, Père ne l’a toujours pas libéré, c’est pourtant Père qui dit toujours que ne l’on doit pas retenir les gens à la limite du raisonnable. Et bien là il oublie ses grands principes.

Enfin la porte s’ouvre, voilà Nicolas, il souffle pourtant monter les escaliers quatre à quatre il en a l’habitude. Je le regarde interrogative mais c’est Jules qui lui demande combien de verres il a bu.

  • – Oh ! Mais Père exagère tu n’as pas su lui dire non m’écriais- je
  • Es-tu fâché mon amour, j’ai surtout chaud, la chaleur et l’Armagnac ne vont pas ensemble. Mais t’inquiètes j’ai jeté le dernier dans la plante qui se trouve vers la fenêtre.
  • – Pauvre plante s’écrie goguenard Jules
  • – C’est celle où Charles jette tous ses Armagnacs ajoute Cécile et figurez-vous que tout le monde s’extasie sur sa beauté. Même le jardinier l’a encore dit à ta mère adoptive l’autre jour.
  • – Oui c’est vrai mais ne nous faites pas languir ou est cet assassin ?

Nicolas et moi n’en croyons ni.nos yeux ni nos oreilles lorsque Cécile et Jules nous font le récit de leur rencontre au détour d’une rangée de vignes de notre demi-neveu. Bien que là il est dans toute son arrogance et splendeur de tueur.

  • Il vous a menacé avec son pistolet, mais il est fou. Comment a-t-il pu arriver si vite ?
  • – Il s’est bien gardé de nous le dire mais il a exigé de Cécile de lui trouver une cachette en attendant des jours meilleurs.
  • – Jules tu n’as pas protégé ma jumelle
  • – Voyons Claire je suis un gentleman , c’est bien pour ça que votre jumelle avait ss robe pleine de paille et était cramoisi, car je l’ai un tantinet bousculé, l’ai attrapé par la main et nous avons pris nos jambes à notre cou. Par contre en chemin Cécile a perdu sa chaussure qui n’était pas faite je l’avoue pour une course poursuite à travers la vigne.
  • – Ah mais c’est rocambolesque
  • – Comment peux-tu trouver ce moment terrifiant aussi amusant.
  • Pardonne-moi Cécile mais je t’imagine en train de courir, les cheveux au vent, perdant un de tes talons et tombant tel un fétu de paille dans les bras de Jules ton preux chevalier. Je comprend mieux que Père t’ai trouvé étrange. Mais où est cet escogriffe ?
  • Nous n’en savons rien, mais Nicolas viendras-tu avec moi cette nuit ?
  • Oh non !

Le cri qui nous échappe à Cécile et moi a fait accourir Père qui devait monter rejoindre Mère dans leur appartement. Il rentre brutalement dans notre chambre suivi de Mère encore plus affolée. C’est Père qui nous demande pourquoi nous avons eu un cri d’effroi. Je n’ose lui dire mais Nicolas me devance.

  • Jules et Cécile ont croisés sur votre propriété celui qui pas plus tard qu’hier était encore le frère ainé de Cécile.
  • Il est chez nous ce fourbe, cet assassin, ce dingue, ce violeur. Je vais immédiatement téléphoner à la gendarmerie afin qu’il mette tout en oeuvre pour le cueuillir et l’envoyer en prison. J’aimerais bien savoir comment sa mère a été convaincue de le laisser s’échapper.
  • Ma mère était sous la coupe de cet individu…

Pauvre Cécile elle n’ose plus prononcer le mot frère, même si ce dernier en a jamais été un. Il l’a martyrisait chaque fois que sa mère avait le dos tourné. Un jour il lui a même brûlé le bras avec une cigarette. Une autre fois elle ne doit son salut qu’à sa femme de chambre. Il pesait de tout son poids sur elle et voulait la marquer au fer rouge comme il disait avec le fer à repasser. Ce ne peut pas être un frère ce type. Jamais Charles ne m’a fait du mal. Au contraire j’étais tout ce qui lui restait de Maman aussi était-il toujours mon protecteur. Mais lui c’est un vaurien de la pire espèce.

Père n’a pas attendu d’explications supplémentaires, il s’est rué dans le vestibule s’est saisi du téléphone puis a appelé le Majordome afin qu’il appelle la gendarmerie de Belleville et qu’elle se ramène a-t-il hurlé sans tambour ni trompette. Pas besoin d’avertir ce fou de la présence de la maréchaussée.

Puis Mère et Père ont tourné les talons sans se soucier de la présence des garçons dans notre chambre. Tant que ce malade n’était pas sous les verrous il n’était pas possible de se balader maintenant, main dans la main dans la nature. Mais il n’était pas question que Cécile dorme cette nuit ailleurs que dans la chambre, alors que Nicolas n’espérait qu’une chose c’est d’être avec moi. Comme c’était compliqué.

Mais personne n’allait bien dormir cette nuit là. Tout cela à cause de ce sale type. Il allait en faire voir des vertes et des pas mûres à l’escouade de gendarmerie venue pour l’arrêter.

Nous nous organisons pour la nuit, nous récupérons au grenier deux matelas afin que Jules et Nicolas puissent dormir tout près de nous. Mais il n’est pas question que je dorme dans mon lit, c’est moi qui vais dormir sur le matelas posé sur le sol. Pour Père ces deux matelas seront le sésame de ma vertue. Je ne dois en aucun cas me montrer dans les bras de Nicolas, il en ferait un drame. Il est très collet monté et les bonnes manières dans son milieu sont très importantes et respectables. J’avoue qu’être dans les bras de mon chéri me manque énormément. Mais Cécile est partie faire une balade avec Jules, j’ai peur qu’elle se soit jeté sur Jules tant elle a envie d’être désirée. Jules je ne le connais pas tant que ça. Est-il autant prévenant que Nicolas, bien que Nicolas n’arrive pas toujours à mettre un frein à ses élans.

La nuit est encore chaude lorsque soudain nous entendons le bruit caractéristique d’une arme, enfin c’est ce que dit Jules car je n’ai jamais entendu le bruit d’un pistolet, par contre il m’est arrivé d’aller à la chasse avec Père et Charles , mais ce bruit est plus étouffé. Que ce passe-t-il ? Qui vient de tirer ?

Nicolas m’éloigne de la porte-fenêtre et la ferme, bien lui en a pris car une balle s’écrase sur le montant. Nous nous éloignons rapidement de la baie vitrée. Jules pousse Cécile dans notre salle de bain et moi je me jette au sol sous la poussée de Nicolas. Puis il se lève et met un des matelas debout devant la porte-fenêtre. Je l’aide à le faire tenir avec deux fauteuils et nous sortons dans les escaliers. 

Nous entendons distinctement les tirs échangés entre la gendarmerie et ce fou, puis un grand silence et un cri ou plutôt un brouhaha et le Capitaine appelle Père :

  • Monsieur De la Roche Vineuse appelé votre médecin nous avons deux blessés à moins que votre fille puisse venir soulager mes hommes.
  • Ma fille est absente, elle est restée dans le Nord avec son époux. Ma fille Claire peut faire un bandage de fortune en attendant notre médecin.
  • Et me voilà promulguée infirmière. Le premier est un jeune homme pas plus vieux que mon amour, il est blanc comme un linge, mais la blessure ne semble pas profonde, je la désinfecte, puis Nicolas regarde s’il y a du dégât mais la balle ne lui a qu’effleurer le bras. Il a sûrement eu plus de peur que de mal. Par contre pour l’adjoint du Capitaine là c’est différent, mon brevet de secouriste ne suffira pas. Nicolas récupère une ceinture que Père lui tend et il lui fait un garot au dessus de la cuisse car il saigne abondamment. Il ne nous reste plus qu’à attendre. Les tirs se sont tu. Ou est ce bandit de grand chemin qui par son nom nous est parent. Quelle honte ! 

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Nous sommes à table et par deux fois notre Majordome est venu se renseigner pour savoir s’il pouvait servir. D’un signe discret j’ai fait non de la tête. Il est reparti sans poser de questions, mais je vois Père qui s’agace, il joue avec le rond de sa serviette sous les yeux excédés de Mère, il tapote une mélodie inconnue sur la table, soupire, marche de long en large. S’assoit, puis n’y tenant plus il demande à Rose d’apporter l’entrée.

C’est a ce moment-là que surgit Cécile, rouge de la tête aux pieds, que ce soit sa robe ou son visage elle est cramoisie. Elle bredouille je ne sais quoi et finit par s’asseoir ce qui fait bondir Père. Il lui assène des mots si violents que ma sœur jumelle se met à sangloter. Puis elle se lève et sans un mot disparaît. Père va pour se lever mais Annabelle et moi lui demandons de ne pas poursuivre Cécile car il risque de la contrarié davantage.

  • – Mesdames taisez-vous, je suis encore chez moi et lorsque je dis on dîne à 20 h tout le monde se doit d’être là. Quant à votre ami mon cher futur beau-fils il mangera avec qui il voudra, à la cuisine si le cœur lui en dit, ici ce est pas un moulin. Et si je veux voir Cécile entre quatre yeux je n’ai nullement besoin que mes filles me fassent la leçon. Tenez vos places.

Un silence suit les paroles de Père, plus aucun d’ entre-nous n’ osons parler. Père est furieux et Jules n’est toujours pas de retour. Étaient-ils ensemble, rien n’est moins sûr. Nous ont-ils joué la comédie, j’y croirais d’avantage. Cécile me le dira dans l’intimité de notre chambre. Pour l’instant je mange les crudités de notre potager sans grand enthousiasme. Mon amour me tape du pied, que me veut-il ? Je suis son regard et voit dans les vignes son ami assis qui fume. Il est perdu dans ses pensées, pourquoi n’est-il pas à table ? Que s’est-il passé entre ces deux-là ?

Le repas continue sans que Cécile ou Jules ne nous rejoignent. Comme d’habitude la tarte au citron meringuée était un délice. Père et Nicolas vont dans la bibliothèque boire un digestif, Annabelle téléphone à Charles, cela risque de durer des heures, moi je reste avec Mère le temps que mon fiancé revienne. J’espère que cela ne va pas durer plus que d’habitude.

C’est à ce moment que mère me saisit le bras, je lève les yeux de mon livre et l’interroge du regard. Elle met un doigt sur la bouche et me pousse dans l’entrée et de là sur le perron.

  • – Claire, tu vas profiter que ton fiancé est avec ton père adoptif pour aller voir Cécile, elle me fuit mais à toi elle va te répondre. J’ai peur qu’elle et Jules soient allés un peu loin. C’était leur première rencontre j’ose espérer qu’elle ne s’est pas déjà donné à lui.
  • – Voyons Mère n’allez pas croire pareilles choses, Cécile a été bien élevé jamais elle ne se jetterait au cou d’un homme qu’elle ne connait pas.
  • Annabelle l’a bien fait, et toi je le pense aussi je ne suis pas naïve ma petite Claire.

Je baisse les yeux je sais a quels jours elle fait allusion, mais je dis oui ni non. Je préfère tourner les talons et monter à l’étage pour voir de quoi il retourne.

  • – Toc toc
  • – Qui est là murmure une toute petite voix
  • – Cecile laisse moi entrer c’est Claire

La porte s’entrouvre et oh surprise dans la chambre il y a Jules, je suis décontenancé e. Les draps de son lit sont froissé comme si… Comme s’ils avaient fait l’amour. Je leur jette un regard et tous les deux éclatent de rire.

  • – Ce n’est pas très gentil de vous payer ma tête.
  • – C’est bien de ta faute tu étais certaine comme tous tout-à-l’heure que j’avais consommé.
  • – Oui et alors ? As-tu vu ta tête rouge ?
  • – J’ai pris un coup de soleil
  • – Ta robe toute plissée
  • – Nous avons roulé dans la paille
  • – Oh vous avez réponse à tout
  • – Tu ne poses pas les bonnes questions
  • – Ah bon !
  • – Allez tu en meurs d’envie
  • – Pourquoi Jules n’est pas venu manger et pourquoi toi tu as joué la comédie
  • – Ah et bien voilà, tu poses les bonnes questions.
  • – Oui alors ?
  • – Nous avons vu l’assassin
  • – Quel assassin ?
  • – Tu le fais exprès
  • – Non, mais de quel… Oh mon Dieu il est là. Il nous a suivit. Mais que nous veut-il ?
  • – Jules a une théorie mais il voulait l’exposer quand Nicolas et toi nous nous serions retrouvés.
  • Et bien attendons-le. Mais je vais dire à mère que je suis avec toi. Elle vous fera monter un plateau repas.
  • – Oh oui – nous mourrons de faim.

A suivre..

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Assassinée ce sont ces mots qui résonnaient dans ma tête toute la journée de ce jeudi. Mais quelle folie avait atteint le cerveau de « l’enfant roi » ainsi surnommé par le grand-père le Maître tout puissant des Mines de Béthune et du Nord en général. Adulé par son père qui était en train de mourir, choyé par Cécile qui se croyait investi d’un rôle qu’on lui avait poussé à prendre. Câliné par sa mère qui était fier d’avoir pu enfin donner un héritier à la couronne de la famille de Bougainvilliers. Puis elle le savait ce serait le seul, la fortune lui reviendrait. C’est ainsi que Cécile entrevoyait la lecture du testament mais les prochains jours allaient lui donner tort.

Vendredi nous sommes allées toutes les deux faire des emplettes en ville. On a rencontré Madame de Machin chose comme la surnommait Annabelle. Elle est tombée sous le charme de Cécile enfin nous ne l’avons point contrarié car elle s’adressait à moi. Comme quoi nous étions des copies conformes et si un doute subsistait dans la tête du vieux c’était impossible. C’était bien elle que le mari de notre mère avait laissé et de Bougainvilliers l’avait arraché des bras de cette femme qui soit -disant il avait aimé à la folie. Je ne veux pas revenir sur le passé, il va y avoir un procès, la date est fixée, l’an prochain en mars 1961 tout sera règlé.

J’espère que le nombre de femmes violées ne va pas augmenter à la vitesse où lors de notre séjour nous en avons déjà comptabilisé trois pour le neveu mais trente pour notre vieux. Et sûrement beaucoup qui se cachait et qui craignait d’un époux qui ne comprendrait pas.

Un des maris d’une femme d’une quarantaine d’années, était allé déposer sa fille à l’orphelinat et il avait battu sa femme et mis à la porte quand il avait su que sa Gertrude était allé déposer plainte pour viol commis sur sa femme un an plus tot. Triple peine pour cette femme. Charles avait réussi à récupérer l’enfant et avait proposé à la mère de s’installer chez eux, afin d’être la lingère de sa femme. J’avais vu cette personne se jeter aux pieds de notre frère et lui les embrasser. Au moment j’avais trouvé ce geste excessif mais avec du recul je le comprenais. Elle était sauvé des griffes de l’autre. Quant à son époux, Charles l’avait signalé à la gendarmerie. Le gars était en prison, il serait juger pour abandon de famille. On devrait plutôt le punir pour avoir battu sa femme. Se faire violer n’est pas de la faute de la victime mais pour certains d’entre eux c’est que leurs femmes l’ont cherché. Comme c’est triste.

En rentrant le soir nous sommes fatiguées, les talons hauts par cette chaleur c’est une horreur. Puis circuler jambes nues c’est honteux. Donc nous étions réduites à porter nos bas avec nos porte-jarretelles. Si j’avais pu me mettre jambes nues j’aurais pris des ballerines plates. J’aurais pu sauter danser mais non il faut tenir son rang dans la haute Société du Mâconnais. C’est lassant. J’espère que Stéphane ne m’imposera pas des tenues vestimentaires digne de nos grands-parents.

Ce soir j’apprends par un télégramme que Stéphane et son ami vont arriver dans les heures qui suivent. Je saute de joie ce qui fait rire Cécile. Et surtout nous allons jouer avec mon chéri. Pour le dîner je passe la même tenue que Cécile, même chaussure, un collier acheté cet après-midi dans un monoprix avec un bracelet complète notre tenue estivale.

Sur la tête Annabelle a réussi à nous faire un chignon, les cheveux de Cécile ont eu plus de mal à tenir car ils sont plus courts que les miens. Allongée dans des transats avec sur le nez une paire de lunettes car seule la couleur de nos yeux nous trahirait.

Ceux de Cécile était bleu mais comme disait père il y a une pointe d’améthyste . Oui quand Cécile était en colère ses yeux viraient au « presque violet ». Quant au mien c’était un savant mélange de bleu et de vert avec pour ne pas faire de jaloux père disait. Claire a les yeux couleur émeraude. Ces demoiselles ont des joyaux à la place des yeux.

Nous entendons au loin la voiture de Stéphane, on dirait plutôt un char d’assaut qu’une voiture. Elle fait un bruit bizarre sa jolie traction achetée après la guerre par son père à un ami FFI. Maintenant elle est plus voiture de collection, c’est sûrement la raison de ce bruit. Derrière la traction il y a une Panhard bleu, voilà pourquoi on entendait ce bruit. Ces messieurs ont de l’argent a dépensé a émis notre Père. Mais cela se comprenait son ami venait de Marseille et il ne pouvait pas laisser sa voiture dans la cour de la préfecture.

  • – Mon amour où te caches-tu hurle mon fiancé.
  • Dans un accord parfait nous crions:
  • – Je suis là.

Et là j’entends Jules dire :

  • – Chic, moi aussi j’en ai une.
  • – Touche pas à mon amour
  • – Mais la reconnais-tu lui dit Jules
  • – Bien entendu que je ne risque pas de me tromper, la voilà ma douce Claire.

Et boum , Stéphane se dirige vers Cécile. Vite arrêtons le danger surtout que je vois père s’avancer vers nous. Je dis d’une petite voix toute triste tu te trompes c’est moi Claire celle que tu as dans tes bras est Cécile ma soeur.

Cecile qui était dans les bras de Stéphane se retrouve projeté au sol. Heureusement que Jules a le temps de la rattraper, nous avons évité un drame. Lorsque père arrive à notre hauteur il nous sermonne en nous disant :

  • – Arrêtez vos enfantillages cela suffit.
  • Oui Père nous n’en menions pas large.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Enfin nous voilà dans nos terres comme le dit si bien Annabelle, la vie devrait reprendre son cours normal. Loin des turpitudes imposées par cette famille de dingue dont Cécile et moi en sont les dignes représentantes. Il faudra vivre avec cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes.

Comme dit Cécile en y regardant de près à part notre demi-frère qui lui a servi de père en toute bonne foi, Charles et le jumeau d’Artémis, nous ne voyons personne qui soit digne de nous. Pourtant on peut avoir quelques défauts, mais tous les garçons issus de cette branche sont plus que fous. Comme je l’ai dit à Chantal veille bien sur ton petit gars et ne lui dit jamais qui est son père. Où si tu lui dis,attend qu’il soit plus grand.

Enfin voici la demeure de père, nous avons déjà un télégramme. Il est de Charles. Il a fait vite. Que dit-il à Père ? Allons-nous être informé ?

A ma chère femme, à vous père et mère et mes petites sœurs chéries,

J’ai une très mauvaise nouvelle à vous apprendre. Madame De Bougainvilliers a été assassinée. Tout porte à croire que c’est son rejeton qui a commis ce meurtre. Quant à lui il est introuvable.

Bien entendu que le télégramme n’était pas rédigé aussi simple. Là c’est Père qui nous en a dit l’essentiel. Pour le reste il n’est pas rentré dans les détails. Les télégrammes c’est bien mais tous ses mots qui ne servent pas à la cohérence du texte m’ont toujours agacé. A la place des points il est écrit STOP. Bref Charles en avait tellement écrit qu’il avait truffé son texte de stop comme nous l’a dit Annabelle.

Nous en avons ri dans la maison de Grand-père alors que le corps de la mère adoptive de Cécile n’est pas encore froid, ce matin en me levant j’en ai un peu honte

J’espère que ma soeurette ne m’en voudra pas. Elle était chamboulé. Avec du recul j’ai peur de sa réaction. Mais faut dire qu’Annabelle imitant Charles qu’elle a toujours adoré n’a pas son pareille pour faire le clown. Et ces deux-là ont toujours été complices. Maintenant qu’ils sont marié c’est encore plus la symbiose.

Père renvoie Annabelle plus tôt que prévu à Béthune et le pire il veut que Cécile accomplisse son devoir et soit présente aux obsèques de sa mère adoptive. Elle a eu beau supplier, crier, gémir , Père est resté inflexible. Jusqu’à ce que l’on débarque dans sa vie elle chérissait la seule mère qui l’a élevé. Elle n’en a ni à rougir ni à la haïr. C’est par ses mots que Père l’a fait fléchir.

Cecile va partir en train et attendra l’ouverture du testament car il y aura forcément un testament et comme son demi-neveu est dans la nature et que sur les papiers il est écrit qu’elle est l’enfant légitime tout comme lui il faut qu’elle soit présente. Ne serait-ce que pour ceux qui aimaient son père qui n’était autre que son demi-frère. ? Le pauvre homme doit se retourner dans sa tombe comme a dit Mère ce matin. Et par ce fait Cécile s’est mise à sangloter à l’évocation de son papa qu’elle chérissait énormément.

Charles que j’ai eu au téléphone et fort content qu’Annabelle ne soit pas seule. Mais cela peut attendre à la fin de la semaine car l’oncle veut une autopsie. Certes elle a bien reçu une décharge de chevrotine, mais le premier médecin dit que cela ne pouvait pas la tuer. D’où cette autopsie, ce qui du reste était aussi l’avis de notre frère. Il a même fait un article sur le journal enjoignant notre neveu à se présenter au commissariat car lui disait-il tu aimais ta mère et je ne te vois pas la tuer. Pourtant au téléphone il m’a soutenu le contraire. Il a un langage de journaliste m’a dit Père.

Moi sa soeur j’en suis perturbée, mon frère n’a jamais eu double langage. Annabelle ne s’en émeut pas. Elle trouve ça normal. Il faut que le loup revienne à la bergerie. J’ose espérer que s’il se rend il ira directement en prison, car le savoir roder autour de ma famille me rend malade.

Père a convenu qu’effectivement cela ne servait à rien de précipiter les choses. Du coup Cécile était heureuse j’allais pouvoir lui présenter mon amour et elle rencontrerait son meilleur ami.

Comme j’avais hâte que mon fiancé revienne, enfin fiancé sans cérémonie mais ça n’allait pas tarder. Il fallait juste que tout ce bazar s’arrête. Mais là notre vie si calme basculait de jour en jour. A quand tout ce cirque allait disparaître ? Nous étions une drôle de famille et comme le disait à mère une de ses amies. :

  • – Très chère mais comment fait votre époux pour vivre aux côtés de cette famille tuyau de poêle ?

A suivre

Je dédie ce morceau à Zaza pour son titre qui est même repris par mes personnages 🤣🤣

A bientôt