Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Il est à peine sept heures lorsque Chantal vient taper délicatement à notre porte, elle n’attend pas notre permission pour entrer.

Elle ouvre les persiennes, le soleil entre à flot dans la pièce. Ouf il fait beau. Elle hésite avant de me demander :

  • – Comme il m’est difficile dans vos belles chemises de nuit de savoir qui de vous est Claire …
  • – Où Cécile ajoute ma jumelle
  • – Effectivement , vous êtes ?
  • – Devinez lui dit-on d’une même voix.
  • – Vous êtes insupportables, je vais ne pas vous nommer juste vous faire part de ce que Monsieur de la Roche Vineuse m’a dit.
  • – Ah que vous a dit Père
  • – Claire, vous venez de vous trahir il.y a que vous qui appelez Monsieur : « Père ».
  • – En effet cette fois vous avez gagné. Alors dites nous tout.
  • – Il faut que vous rassemblez rapidement vos affaires , vous partez à huit heure précises. Il a même ajouté, habillées ou non elles partent.
  • – Et bien sortez chère Chantal, nous allons rapidement nous habiller, tout est prêt, puisque nous avons déjà mis nos bagages dans les voitures dès hier au soir. Par contre est-ce que la mère adoptive de Cécile nous accompagne ?
  • – Votre père ne m’en a rien dit. Certes il ne me considère pas comme la bonne à tout faire comme le vieux, mais il ne me fait pas ses confidences.
  • – Ce n’est pas grave nous le saurons bien assez tôt.

Tout en m’habillant je me demande si Cécile est heureuse, soit elle sera contrarié que Père lui impose sa mère, enfin celle qui s’est faites passer pour elle, soit elle sera soulagé qu’elle vienne et tout son contraire aussi. Elle a la tête que j’ai lorsque je suis dans mes pensées sombres. Voir son visage est parfois déconcertant. Car j’ai l’impression d’être moi et aussi Cécile. N’ayant jamais vécu ensemble, sauf lors de la gestation, et bien que nous soyons en symbiose totale, je me sens mal à l’aise en la regardant. Elle est beaucoup plus révoltée que moi par cette situation.

Est-elle heureuse ? J’espère que dans notre propriété elle retrouvera son beau sourire et rencontrera tout comme moi son âme sœur.

Je suis tirée de mes pensées par la cloche qui n’a jamais sonné depuis notre arrivée. C’est ainsi que Monsieur de Bougainvilliers la faisait retentir tous les matins pour que son personnel sache qu’il était temps de se lever. Mais il n’était pas sept heures en ces temps-là mais cinq heures du matin comme nous l’avait bien raconté Paul.

Et bien qui est impatient me demande Cécile. Du temps de mon Grand, enfin tu sais cela signifiait que qui que ce soit pouvait se faire insulter de sotises ou frapper par lui.

Le vieux n’y allait pas de mains mortes il frappait sur la figure quiconque lui résistait. Hommes, femmes et enfants tous y passaient. Chantal une fois qu’elle était venue avec son fils né de son viol avec le vieux avait elle , reçu cinq coups de balais sur le dos car son fils avait volé en cuisine de belles fraises qui trainaient dans une soucoupe, quant au petit il l’avait fouetté devant tout le personnel en le traitant de « bâtard ». C’était arrivé alors que son fils n’avait même pas six ans. Depuis cette date elle n’avait jamais emmené le gamin au château comme tout le monde disait. De toutes façons même si à ce moment il avait été certains que les doutes du vieux étaient vérité, il aurait traité l’enfant de bâtard. À ses yeux les garçons c’étaient des rejets de la Société, les filles du potentiel bétail, pour assouvir ses envies et habitudes malsaines.

Nous voici dans la grande salle nous prenons en compagnie de mes parents adoptifs notre dernier déjeuner. Charles est là mais nous ne voyons pas Annabelle donc je suppose qu’elle va rester et nous allons nous coltiner Madame de Bougainvilliers. Quelle déception ! Pourquoi part-elle avec nous ? 

Ah voici Annabelle, pour la circonstance elle a mis un pantalon ce que Père déteste en temps habituel, mais pour faire de la route il le conçoit. Par contre en cours de route elle sera obligée d’enfiler une robe sinon elle sera contrainte de rester dans la voiture. En mille neuf cent soixante peu de femmes osaient transgresser l’ordre établi. Aux hommes les pantalons ou les shorts l’été. Les femmes n’étaient pas des hommes elles devaient rester en robes ou en jupes. Et chez ceux de la haute comme disait mon chéri c’était pire.

  • – Mesdemoiselles ce n’est pas le moment de rêver, nous avons plus de neuf cent kilomètres à parcourir. Deux jours nous serons nécessaires si nous pouvons partir avant huit heures trente je vous en serais fort reconnaissant.
  • – Est-ce que Madame de Bougainvilliers vient.
  • – Non

Je ne pose aucune autre question, Annabelle est verte , je me demande ce qu’elle a, j’en saurais d’avantage une fois en voiture. En effet il est à peine huit heure vingt lorsque nos deux voitures s’éloignent. Charles a longuement serré dans ses bras sa femme, puis il lui a remis sa valise d’infirmière et nous sommes partis.

Nous avions à peine fait trois cent mètres qu’Annabelle s’est arrêtée et est allée vomir. Ah voilà que ses vomissements la reprenait. Pourtant depuis son cinquième mois elle nous disait être bien mieux. Et bien nous allions faire un drôle de voyage.

Après à peine une heure de route nous voici arrêté par la police. Père va se garer et Annabelle en fait tout autant.

  • – Que ce passe-t-il ? Demande Père
  • – Êtes-vous accompagné par Madame de Bougainvilliers ?
  • – Non, nous aurions dû
  • – Pas du tout qu’allez-vous chercher ?
  • – Alors pourquoi êtes-vous à sa recherche
  • – Nous avons reçu l’ordre de rechercher une Bentley grise et une Peugeot dont la couleur n’était pas définie. Dans l’autre voiture qui s’y trouve ?
  • – Nos filles
  • – Et vous ignorez où est Madame André de Bougainvilliers.
  • – Non nous le savons
  • – Elle se trouve à Béthune dans la propriété des de Bougainvilliers.
  • – Helas nos confrères les gendarmes ont voulu l’arrêter cet elle a disparu.

Plus tard , Père va se demander si elle n’était pas partie pendant la nuit. Car au petit déjeuner elle brillait par son absence.

A la pause déjeuner, Annabelle en a profité pour se rendre à une cabine téléphonique, hélas deux de ses pièces sont avalé. Père lui conseille de se rendre au PTT afin de lui téléphoner pendant le temps du repas pour être sûr qu’elle le trouvera.

Quand elle revient elle nous explique les derniers événements . Dès notre départ les gendarmes s’étaient présentés chez les Bougainvilliers pour arrêter Madame, cette dernière n’était pas dans sa chambre. Charles avait demandé aux pandores la raison de cette arrestation, car leur a-t-il dit cette femme au même titre que tant d’autres est une victime. Mais eux ne l’entendaient pas de cette manière. Elle avait aidé son fils à s’échapper de prison, personne ignorait si elle n’était pas sous l’emprise de son fils. Aussi le juge avait demandé son arrestation. Le brigadier chef avait demandé où nous étions et c’est ainsi que nous avions dû nous justifier, comme des voyous avaient ajouter Père.

C’est la première et dernière fois que je mets les pieds dans cette ville si triste. Ce qui avait fait rire Cécile. Mais devant le regard noir de Père celle s’était abstenue de surenchérir.

Le soir nous sommes arrivés sur Saumur, nous avons bien roulé. Nous nous arrêtons chez des amis de Père qui sont ravis de revoir Annabelle. Cécile et moi à priori nous ne les intéressons pas. Qu’importe on n’est pas vraiment de la famille de Père.

La nuit est belle nous sommes non loin du château c’est fort beau. L’ami de Père fait lui aussi du vin. Il a de belles vignes que nous visitons le lendemain avant de partir. Dans les rochers nous admirons quelques maisons troglodytes qui sont habité.

Vets les dix heures nous partons, mais Père s’arrête dans la ville pour connaître les derniers événements. Charles ne sait rien.

Alors nous repartons pour notre coin de Paradis non loin de Moulin-à-vent. J’ai de plus en plus hâte d’arriver. Heureusement la route est plus calme, Annabelle est toujours taciturne mais au moins elle ne vomit plus. Apparemment celle s’était disputée avec Charles. Et elle était contrariée.

A suivre….

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

  • – Disparu ? Elle n’a pas dû aller bien loin. A moins que son cher fils l’ai kidnappé…
  • – C’est un peu la raison de notre venue
  • – En quoi Mademoiselle Cécile de Bougainvilliers peut vous être utile ?
  • – Mère et fille sont souvent complice
  • – Justement ce n’est pas sa fille c’est juste .- … Sa belle-sœur.
  • – Ah mais nous n’en savions rien.
  • – Éviter de l’ ébruiter ce serait très bien
  • – Ce ne sont nullement nos intentions, nous sommes soumis à un droit de réserve.
  • – Alors quittez cette maison et enquêtez ailleurs. Sur ce bonne nuit Messieurs.

Père a réussi à mettre dehors un jovial gendarme et un jeune qui rougissait en nous regardant. Quant au troisième il tournait son képi assez ennuyé de la tournure que prenait les évènements.

Dans la chambre nous discutons Cécile et moi de la fuite de notre frère, heu demi-frère, mais comment dire, il est le petit fils de notre père donc c’est notre neveu. Pfff demi-neveu comme se plaît à le répéter Cécile. Peu importe c’est un être vil, exécrable, méchant. Il a sous des manières doucereuse toujours de mauvaises intentions. Il y a déjà deux plaintes pour agression sexuelle, mais nous avons bien peur qu’elles soient passées sous silence vu l’impact qu’à sur la Région Monsieur Artémis de Bougainvilliers. Les femmes n’osaient pas aller porter plainte, il a fallu que Charles les accompagne pour qu’elles se sentent moins perdues. Si le fils du patron les soutenait alors elles avaient eu raison de se faire connaître. D’autres suivront nous en sommes sûr. Car dans les corons les bruits courent… Et lorsque cela court c’est difficile d’endiguer la marée humaine.

Nous nous endormons après avoir papoter plus d’une heure après l’autorisation de Père. Mais en chuchotant on ne gênait personne.

C’est une pluie fine puis de plus en plus forte qui va rythmer notre dernière journée dans ce coin de France triste. Même Cécile le reconnaît, depuis qu’elle a vu Mâcon , elle trouve la vie terne. Et encore dans le midi c’est encore plus lumineux ce sera les premiers mots qu’elle entendra de la bouche de Stéphane le meilleur ami de Nicolas lorsque nous serons de retour chez nous.

Le journal locale a lancé un avis de recherche pour toutes personnes susceptibles d’avoir vu l’homme figurant sur le portrait robot. On voit nettement le fils de Bougainvilliers mais leur honneur est sauf ils n’ont pas mis son nom.

En fin d’après-midi nous entendons la sonnerie du téléphone. Paul l’oncle de Chantal répond, nous l’entendons dire : Mais Madame que me dites-vous, je ne puis le faire, ce n’est pas possible je suis Paul le presque Majordome de Monsieur de Bougainvilliers. Je vous prie d’appeler Monsieur son frère, c’est lui qui désormais traite les affaires courantes.

Et il raccroche, il est rouge comme une tomate, il a l’air bien ennuyé, mais avec qui parlait-il ?

C’est Père qui lui donne la parole, mais Charles intervient et lui dit:

  • – Venez Paul, vous allez me raconter ce qu’il vient de se passer.
  • – Charles et nous ?
  • – Plus tard Mesdemoiselles

Charles joue à plein son rôle d’aîné des Bougainvilliers, il nous redira ce que Paul lui a dit.

Au bout de trente minutes il revient accompagné de Madame André de Bougainvilliers, la mère adoptive de Cécile. Elle est dans un piteux état. Sa robe est déchirée, elle n’a qu’une chaussure aux pieds, le visage tuméfié, elle pleure et on ne sait même pas de quelles manières faire tarir ses larmes. C’est Charles qui va nous raconter ce qu’il s’est passé car la pauvre femme est choquée.

Et il y a de quoi ? Notre demi-neveu, bien que ce nom me répugne et encore plus maintenant que nous connaissons le calvaire de la pauvre Madame de Bougainvilliers. Je disais donc notre moins que rien de demi neveu a poussé sa mère à commettre l’irréparable. Il lui avait demandé il y a deux jours de lui apporter une lime pour se limer les ongles. Monsieur est un dandy et même en prison sa mère pense qu’il ne veut pas se laisser aller. Elle lui apporte la lime qu’elle cache comme il lui a demandé dans une poche qu’elle s’est cousue sous sa jupe. Elle passe facilement et retrouve son fils dans une pièce assez grande. Le nom de Bougainvilliers est tellement célèbre et surtout il permet a des milliers de personnes de vivre que les geôliers ferment les yeux sur quelques petites entorses. Et ce jour-là, il a osé franchir la porte habillée avec la jupe de sa mère, un châle sur les épaules et un chemisier blanc. Auparavant il a contraint sa mère a se déshabiller, cette dernière avait suivi a la lettre les ordres de son fils chéri.

Lorsque Charles nous raconte son évasion à Jules, nous sommes abasourdies, il a osé faire ça. En fait je comprends très bien qu’à sa visite de la semaine passée il a demandé à sa mère de porter deux jupes deux chemisiers et une paire d’espadrilles qu’elle met lorsqu’elle va marcher. Elle les avait dans son sac et comme personne ne lui a rien demandé, les chaussures sont rentrés facilement en prison. Après pour Jules c’est un jeu d’enfants. Avec la lime il lui la met sur la veine jugulaire du cou et lui dit si :  » tu cries je te l’enfonce et tu vas mourir rapidement..Tu choisis cher Maman ou tu vis et on sort ensemble ou tu cries et tu meurs. La pauvre femme nous a dit Charles était toute tremblante et elle a fait ce que lui demandait son fils. Ils ont attendu le changement des matons et ils sont sortis tous les deux la tête haute par la grande porte.

  • – Mais aucun des gardiens de prison ne se sont aperçus que dans la salle , leur prisonnier n’y était plus ? Intervient Cécile.
  • – Les geôliers venaient d’abord chercher le prisonnier, puis les visiteurs sortaient Ensuite après quelques minutes ou secondes ils ouvraient la porte et les visiteurs se mêlaient aux autres et sortaient. Les fouilles étant aléatoires jamais votre mère adoptive Cécile n’a été fouillée.
  • Père a demandé à Charles d’achever son récit car on avait tous les bagages à mettre dans les voitures.
  • Et Charles de continuer son récit :  » – Ensuite ils sont partis en voiture c’est Jules qui conduisait. Toujours sous la contrainte elle a remis de l’argent à ce chenapan mais elle a essayé de lui résister.
  • – Et elle s’est ramassé des claques.
  • – Ça suffit Annabelle, continue Charles
  • – Oui, en effet et même pire
  • – Pire que voulez-vous dire Charles ?
  • – Son propre fils a essayé de violer sa mère, puis devant ses hurlements il l’a frappé et il a disparu. Elle est restée prostrée des heures, les gendarmes sont venu, elle n’a pas ouvert, et finalement elle a pensé à vous père d’où son appel.
  • – Et que suis-je censé faire ?
  • – La protéger des griffes de son fils
  • – Charles nous partons demain à l’aube.
  • – Alors emmenez-là, en plus elle a une voiture et ça vous arrangerait bien.
  • Bonne soirée, la nuit porte conseille nous verrons demain.

Et nous voici tous bien ennuyés de la tournure qu’ont pris les évènements.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

La mère adoptive de Cécile n’a pas desserré les dents lorsque nous avons sonné à la porte de sa demeure. Selon la femme de chambre de Cécile la visite au jeune Monsieur à la prison c’était fort mal.passé.

Pour Cécile cela ne l’étonnait pas outre mesure, son demi-frère était d’une arrogance du temps de sa superbe et si l’on peut dire de sa vie hors de prisons.

Sa mère avait été obligé de quitter la prison en catastrophe car il l’a maudissait. Décidément cette famille était hors norme. Pour Père lorsque nous lui avions raconté le soir venu, il était très ennuyé pour la mère adoptive de Cécile. Cette femme serait seule à présent. Un fils en prison, Cécile qui refusait de rester avec elle. Alors il fit une demande à Annabelle et cette dernière lui a promis qu’elle lui rendrait visite de temps en temps. Après tout les deux propriétés étaient mitoyennes et il n’y avait nul besoin de passer par la route. Si Madame de Bougainvilliers lui refusait sa porte elle respecterait sa volonté.

Mais Cécile avait une tout autre demande à demander à Père. Je lui marchais sur le pieds pour qu’elle le lui demande après-demain ce serait trop tard, en effet nous serions partie.

  • Monsieur de la Roche Vineuse j’aimerais bien que ma femme de chambre m’accompagne, ma mère lui a demandé de faire ses bagages, elle est seule et elle a toujours été à mon service. Les premiers sourires que j’ai vu ce sont les siens.
  • Comment pensez-vous la payer ?
  • Notre oncle nous a alloué à Claire et moi une petite somme afin que nous puissions nous inscrire dans une école privée sur Lyon pour pouvoir nous adonner à notre passion, le dessin.
  • Claire vous comptiez m’en parler à quels moments ?
  • Je viens juste de l’apprendre.
  • Finalement vous avez plaidé votre cause auprès de votre oncle et obtenu gain de cause.
  • Non ce n’est ni Claire ni moi…
  • C’est moi, Père
  • Vous Charles ?
  • Oui ! Mais au départ c’était uniquement pour moi, mes soeurs étant assez grandes pour s’adresser à mon père. Mais ce dernier a proposé non seulement d’allouer une somme à moi mais sur l’argent trouvé à la banque il l’a divisé en trois. Et à vrai dire je ne m’en étais pas rendu compte c’est énorme. Cécile aura largement de quoi payer sa femme de chambre pendant plus d’une année.
  • Et bien j’espère que ce n’est pas de l’argent sale
  • C’est difficile de le savoir, mais employons-le à une bonne cause.
  • Faites ce que vous voulez, Savez-vous Cécile à combien s’élèvent les gages de votre femme de chambre.
  • Depuis la mort de papa , Mère avait réduit de moitié son salaire, car le vieux grigou ne lui donnait de l’argent que par épisode. Mais ne vous inquiétez pas je pourrais aussi payer sa nourriture.
  • Ah oui et comment pensez-vous faire ?
  • Celui que j’appelais Grand-père me donnait chaque mois la bagatelle disait-il de 500 frs. Je n’y ait jamais touché, tout est à la banque. Seulement Maman refuse de m’accompagner pour en retirer l’argent.
  • Vous n’avez nullement besoin de retirer l’argent, je vais aller voir votre mère adoptive et changer la procuration par la mienne. Si elle s’y oppose et c’est encore son droit vous laisserez l’argent et je peux très bien nourrir cette personne gratuitement.
  • Merci Monsieur
  • Désormais appelez moi oncle et cela m’ira, ce Monsieur m’agace
  • Bien Oncle
  • C’est parfait.

Nous nous sommes retiré afin d’aller voir les robes que Cécile nous avait rapporté car ce que nous n’avons pas dit au père d’Annabelle, c’est que la seconde Madame de Bougainvilliers nous avait refusé sa porte.

Lorsque nous rentrons dans notre chambre, il y a de quoi en prendre le vertige, il y a un nombre impressionnant de robes, de jupes toutes plus belles les unes que les autres. Sur mon lit il y a les robes qu’elle propose à Annabelle. Cette dernière fait son choix. Elle en essaye une, hum cela va être dure d’y rentrer dedans. Son ventre s’est arrondi et la robe est un peu étroite. Elle en pleure et nous dit que jamais elle ne pourra s’habiller pour cette réception.

C’est à ce moment que sa mère frappe et entre , elle vient lui proposer de l’emmener sur Béthune dans une maison de prêt-à-porter où se sert la mère de Cécile. D’où du reste vienne la plupart des robes de Cécile.

A nouveau Annabelle quitte son air de chien battu et part avec mère. A nous les jolies toilettes. Mais Cécile va me dégoûter de les porter car elle se rapporte à des événements de la vie de Cécile. Sur les dix robes seules deux vont me plaire. Les autres, elle les donnent aux femmes de chambre qui les ajusterons pour elles ou pour leurs filles. Certaines sont très simples. Elle les portait pour se rendre au lycée. Les robes de soirée quant à elles vont rejoindre le placard d’Annabelle, elle pourra les porter après avoir mis au monde son bébé.

La soirée se passe à une vitesse vertigineuse. Nous montons nous coucher lorsque nous entendons la cloche sonnée. Père s’étonne :

  • Il est tout de même vingt-deux heures qui peut venir à pareille heure ?

Joseph le majordome fait signe à notre père qui le suit. Quand il réapparaît il est accompagné par deux gendarmes, ils viennent s’entretenir avec Cécile au sujet de sa mère.

  • Elle a fait quoi ?
  • Est-ce que vous pouvez nous emmener dans un endroit plus tranquille pour que nous puissions nous entretenir avec Mademoiselle de Bougainvilliers.
  • Allons dans le bureau de Grand-père .

Ma jumelle a raison il.n’est pas questions d’étaler notre vie privée ni devant qui que ce soit ni devant les pandores.

  • Vous pouvez rester Monsieur de la Roche Vineuse, de toutes façons c’est préférable cette jeune personne est mineure.
  • Alors si vous n’y voyez pas d’inconvénients expliquez nous la raison de votre visite, il est plus de vingt-deux heures et j’aimerais bien aller me coucher.
  • Oui Monsieur je comprends mais c’est délicat à dire.
  • Faites-le, vous êtes bien venu pour lui le dire
  • Effectivement
  • Mademoiselle avez-vous vu votre mère aujourd’hui ?
  • Oui j’y étais tantôt avec ma belle-sœur et Claire
  • La jeune femme qui vous ressemble
  • Oui
  • Et votre mère
  • Elle ne m’a pas adressé la parole et elle a empêché mes belles-sœurs d’entrer
  • Elle était comment votre mère ?
  • Je ne l’ai pas vu, juste entendu s’en prendre à ma femme de chambre qu’elle a jeté dehors.
  • C’est tout
  • Oui pourquoi ?
  • Tout simplement parce qu’elle a aidé votre frère à s’enfuir de la prison.
  • S’enfuir !
  • Oui
  • Comment ?
  • Si nous le savions nous ne serions pas là à vous le demander.
  • Je n’ai pas vu mon frère, et ma mère s’est justifiée de quelles manières.
  • Votre mère a disparu…

A suivre…

Hum! Une famille tuyau de poêle !

Cécile et moi sommes assises au bord de la piscine, nous discutons des derniers événements, nous comprenons mieux la situation. Même Chantal en est pas revenu que le vieux avait un frère jumeau personne ne l’a su sur Béthune. Il a été éloigné de sa famille assez jeune puisqu’il est bien plus jeune que notre père adoptif. Avoir un père aussi jeune va permettre à Charles de faire pleins de projets d’avenir. Pour Père c’est déjà plus facile de voir qu’il n’y a pas que le vieux pervers dans les parages. A table il a commencé à parler de rentrer au Domaine. Et par la même occasion sans vouloir vexer Charles j’ai qu’un désir c’est rentré moi aussi. Mon chéri a téléphoné il va avoir une permission de quatre jours et apparemment je lui manque terriblement. Et dès qu’il connaît notre retour il va dire à son ami de Marseille de le rejoindre avec l’accord de Beau-papa.

  • Claire !

Je sursaute, je suis perdue dans mes pensées assez coquines je me l’avoue.

  • Que me veux-tu Annabelle ? Tu viens de me crier dans les oreilles, mon tympan en a pris un coup.
  • Arrête tu as toujours tendance à éxagerer

Médusée je regarde Annabelle , c’est la première fois qu’elle me tient pareils propos.

  • Mais qu’as-tu Soeurette ?
  • J’ai peur de m’ennuyer ici, je ne connais personne, en plus il va falloir que je donne une réception dès dimanche prochain et Papa vient de me dire que dès samedi vous rentrez sur Mâcon. Je vais être seule et ma grossesse me fatigue et j’en suis qu’au troisième mois, qu’est-ce que ça va être dans les prochains mois.
  • Tu n’auras pas grands choses à faire , à part jouer à l’épouse parfaite du fils d’Étienne de Bougainvilliers, je ne vois pas ce qui va te fatiguer plus qu’en ce moment.
  • C’est à la fois l’entrée de Charles aux Houillères de Béthune mais en plus ce sera son baptême en tant que l’héritier de Monsieur Etienne de Bougainvilliers. Toutes les huiles vont être là. Mon beau-père m’a dit plus de cent personnes.
  • Oh ! Je te laisse bien volontiers cette besogne – intervient Cécile-, pour les maris ou amants tu n’auras pas trop de fil à retordre, mais pour les femmes, il faut que ta tenue soit irréprochable. Du reste je te conseille de prendre deux robes. Il y a toujours des jalouses qui peuvent te renverser un verre de vin rouge. Et sois certaine qu’il y en aura. De plus notre grand-frère a un charme fou.
  • Ah nous voilà mal si les jalouses arrivent, elles seront bien reçu. Mais je ne pensais pas être obligé de recevoir tout le gratin de Béthune, tout au moins pas dès son entrée dans la haute sphère du Nord. Je ne peux pas trouver une couturière aux pieds levés.
  • Ne t’inquiètes pas, cet après-midi je devais retourner chercher des vêtements, je ne pense pas que chez tes parents Annabelle il y a mainte et mainte réception.
  • Non ce n’est pas l’habitude de la maison.
  • Et bien tu choisiras dans ma garde-robe les toilettes qui te font défaut. S’il faut te les retoucher je demanderais à ma couturière, elle ne refusera pas de t’aider.
  • Oh merci Cécile tu ne sais pas le poids que tu m’as ôté.

Et bien Cécile est d’une générosité immense cela me fait plaisir de le découvrir, ce n’est pas ma jumelle pour rien. Nous sommes vraiment identiques en tout point ce qui a fait dire à Charles l’autre jour :  » attention soeurette qu’elle ne joue pas les troubles-fêtes en te piquant ton chéri d’amour. »

J’ai failli lui envoyer à la tête une porcelaine de Chine que notre géniteur a dû rapporter d’un de ses voyages autour du Monde. Il paraît même selon Chantal que c’est un « Ming » et qu’il vaut une petite fortune. Je n’aime pas le bleu alors Ming ou Mangue je m’en contrefiche.

Plus que deux jours avant que nous repartions mais il y a un problème de taille. Il n’y a que Père qui conduit, ce dernier voulait descendre les deux voitures. Après longs palabres, Etienne le précieux papa de Charles a promis que dès que son cher fils aurait trouver ses marques il viendrait nous rendre visite. Il n’avait jamais vu des vendanges et cette année elles débuteraient entre fin août et début septembre. Il ramènerait la voiture et prendrait un taxi pour rentrer.

Charles n’en crû pas ses oreilles à l’annonce de son retour en taxi. Et bien il y en avait de l’argent chez les Bougainvilliers. A ce point c’était du délire. Plus de huit cent kilomètres en taxi il allait sentir passer la note. Même Pete s’en est mêlé en lui disant que les premières classes du « Corail  » étaient à la hauteur de sa particule. D’un revers de manche il a balaye la proposition, en ajoutant :

  • Je suis parti précipitamment de chez moi lorsque mon notaire m’a annoncé les évènements heureux. Je vais passer quelques jours dans ma villa une fois que je serais reparti de chez vous. J’en profiterais pour mettre de l’ordre dans mes affaires, en particulier mon travail et je rentrerais seconder mon fils. Vingt-cinq ans que j’attendais cette rencontre. Depuis que Jean m’avait annoncé la naissance de mon fils je ne rêvait que d’une chose c’était de pouvoir le serrer dans mes bras et surtout de le connaître. Enfin ce jour merveilleux est arrivé.
  • Je vous remercie Étienne et je comprend votre émotion. Charles a été un petit garçon très calme, travailleur et sérieux. La seule chose que je n’ai pas compris c’est qu’il est poursuivi des études d’ingénieur des Mines. Désormais je comprend il avait ça dans le sang.
  • Pourtant Charles m’a dit que les vignes allaient lui manquer, que ces dernières années il avait travaillé avec vous.
  • En effet car il n’avait pas réussi à intégrer un travail à la tête des Houillères de Montceau-les-Mines.
  • J’en connais la raison. C’est mon jumeau qui a dû lui mettre des bâtons dans les roues.
  • Êtes-vous certain qu’il connaissait son existence ?
  • Il suffit de lire ses notes pour en être convaincu. Sauf qu’il s’était attribué cette paternité. Pour les jeunes filles violées et les femmes , elles peuvent être certaines que je n’y suis pour rien. Dès mes treize ans je ne rêvais qu’à la mère de Charles. Et quitter cette maison était la seule issue. Hélas si je l’ai quitté c’est contre mon gré. Attacher dans une carriole, pieds et poings liés et jetés en pâture à une mégère qui pensait qu’à une chose que je devienne proxénète dans les bas fonds de Paris.
  • Oh !

C’est sur un cri d’horreur que c’est terminé la longue tirade d’Étienne le jumeau d’Artémis.

A suivre …

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque notre oncle a vu le petit carnet rouge, que Charles avait remis dans le coffre, il est devenu blème comme si c’était lui qui était le coupable. Charles lui a dit qu’il était juste un témoin dans l’affaire qui le confronte à son frère mais en aucun cas il lui en tenait rigueur.

Ce pauvre oncle lui a dit avec du recul craint que ce coffre ne dévoile ce que lui avait fait au cours de la dernière décennie. Mais il ne s’était pas étendu sur le sujet. Il a seulement affirmé à notre frère qu’il n’avait pas d’enfants nés hors mariage. Il ne s’était jamais marié.

  • Qu’as-dis notre oncle ?
  • Cette branche allait s’éteindre sauf…
  • Acheve ta pensée Soeurette m’a crié Annabelle
  • Qui peut me dire s’il voit une différence entre le vieux ou notre oncle.
  • Oh mon Dieu ! Mais tu es folle Claire
  • Mais quoi Père vous n’y avez pas songé.

Il fallut se rendre à l’évidence. Qui pouvait prétendre que les jumeaux ne se ressemblaient pas. ? Qui pouvait affirmer que Chantal ou notre mère avait eu pour violeur les deux frères ou l’un ou l’autre. Et même pire les deux sur une même journée. Personne ! Sauf bien entendu les deux intéressés. Des jumeaux avaient eu des jumelles. Pourtant Annabelle nous disait que c’était rare la gémellité entre un père et sa fille. Souvent cela sautait une génération. Eh les humains ne sont pas des chattes qui peuvent mettre bât les bébés de plusieurs pères. Donc…

Charles a décidé de passer à l’acte après avoir consulté le carnet rouge qui faisait tant peur à l’oncle. Et pour cause, tour à tour vers leurs quinze ans les jumeaux, père et oncle s’amusaient à se piquer leur conquête jusqu’au jour où l’une d’elle accompagné de son père était venu affronter le père des jumeaux. Il demandait réparation pour sa fille âgée d’à peine quatorze ans. Les deux jeunes Monsieur l’avaient tour à tour violenté et la petite attendait un enfant. Mais le Grand-père ne s’était pas laissé conté fleurette il avait demandé à la jeune fille si elle n’avait pas remarqué une différence entre ses deux amoureux. Car oh surprise un des jumeaux avait sur la verge un grain de beauté. Si les deux s’étaient occupés d’elle, elle aurait pu déterminer lequel l’avait déshonoré. Elle se souvenait qu’il n’avait rien , bien que la première fois elle n’avait pas vu grand chose, mais elle a toujours reconnu Artémis à l’odeur de ses cheveux. Arthur portait les cheveux très courts, alors que son jumeau se les gominait avec du pétrolhane car il a une mèche rebelle sur le front.

Alors que Charles nous racontait cette découverte dans le carnet rouge, notre oncle s’était dissimulé dans l’ anfractuosité de la bibliothèque en noyer massif. Et Chantal qui passait par là, l’avait houspillé. Tout honteux il était sorti de sa cachette. Chantal avait elle aussi entendu et elle nous affirma qu’elle connaissait ce détail et pour ce qui l’a concernait c’était bien Artémis qui l’avait violé. Lui n’avait pas de grain de beauté mal placé ou bien placé selon la suite des évènements. Et cette odeur caractéristique qui émanait de lui, elle s’en souvenait tout le temps. Jamais son mari, aujourd’hui décédé avait pu en mettre car cela lui donnait la nausée.

L’oncle était cramoisi, voilà qu’il risquait lui aussi l’emprisonnement surtout si ses neveux et nièces communiquaient au juge ou à leur avocat ce détail bien compromettant.

Annabelle qui était bien silencieuse dit d’une petite voix :

  • Toi aussi mon amour tu l’as le grain de beauté.
  • Tu ne vas tout de même pas exposer mon anatomie devant mes sœurs.

Et soudain, il regarde l’oncle et lui dit :

  • C’est vous que ma mère aimait.
  • Oui, c’était la femme de ma vie, mais mon père l’a banni hors de notre maison car son grand-père avait affronté notre grand-père lors des grèves. Et pour lui c’était contre nature qu’un  » De Bougainvilliers  » puisse s’abaisser à épouser une fille du peuple. Nous avions toutefois Artémis et moi joués avec votre mère et ses frères car votre Grand-mère était à notre service depuis des générations et mon grand-père aimait bien pour Noël donné quelques pièces à votre mère et vos oncles. J’ai rencontré votre père spirituel Jean lors d’un bal ou votre mère m’avait demandé de l’accompagner, elle savait qu’elle attendait un enfant de moi. C’est votre père qui avait trouvé une cabane pour que nous puissions nous cacher en attendant que les battues s’arrêtent car j’avais décidé de fuir cette famille qui m’empêchait d’aimer la femme avec qui je voulais vivre. Et il fallait que je rencontre Jean. J’ai du reste bien fait.
  • Qu’est-il arrivé ? Avez-vous réussi dans un premier temps à vivre avec notre mère et moi.
  • Helas non, Artémis avait surpris notre conversation et avait été le redire à notre père.
  • Et ?
  • Lorsque je suis arrivé à la cabane il y avait sur les lieux que votre père Jean, ma promise avait été emmené en pension jusqu’à la fin de sa grossesse. Mon père avait passé un contrat avec votre père, il épouserait votre mère et élèverait l’enfant comme si c’était le sien. Ce qui l’avait promis, sinon l’enfant serait déposé à la porte de l’église et recueilli par les religieuses.
  • Je comprend beaucoup de choses. Et mes sœurs
  • Les jumelles !
  • Oui de qui d’autres voulez-vous parler ?
  • Pardon Charles, vous comprenez maintenant pourquoi je suis là. Vous êtes mon unique enfant, c’est la seule raison qui m’a fait revenir sur la terre de mes ancêtres. Mon père m’a empêché de voir ma mère lorsqu’elle est morte de chagrin. Tant qu’Artemis était le maître le plus puissant et que mon père était encore de ce monde je n’avais pas le droit de revenir à Béthune. Aujourd’hui mon jumeau est en prison. Et je veux vous aider Charles
  • Vous pensiez m’en informer quand donc que j’étais votre fils.
  • J’attendais le bon moment mais je savais que cela n’allait pas tarder.
  • Notre père spirituel comme vous dîtes n’a jamais eu d’enfants avec notre mère
  • Votre Maman avant la naissance de vos soeurs a fait trois fausses couches. Avec votre père j’avais espéré qu’elle serait protégé des griffes de mon frère, hélas les jumelles sont là et je sais qu’il a prise votre mère de force il me l’avait écrit.
  • Avez-vous gardé ce courrier ?
  • Oui je l’ai, mais c’est à vos demi-soeurs de déposer plainte. Et je donnerais à votre avocat la lettre d’Artémis.

A suivre…