Il y a des mots

Il y a des mots qu’il faut taire

Et des maux qu’il faut crier

Mais les deux ne doivent contrarier

Ni se tromper de destinataires.

 

Il y a des mots qui jouent de tout

Mettent la folie dans nos cœurs et nos têtes

Et là ils nous inquiètent

Jusqu’à se  jouer de nous.

 

Il y a des mots qui sont passion

Et nous font nous embraser

en évitant de se laisser apprivoiser

pour ne pas voir la frustration.

 

Il y a des mots sans suite

qui se perdent dans la nuit des temps

ils ne sont pas excitant

mais nous donnent bonne conduite.

 

Il y a des mots profonds

et l’on s’en imprègne à tout jamais

pour les déguster comme un gourmet

 

 

Il y a des mots que l’on ne doit dire

car ils blessent tout un chacun

mais ce n’est pas cela qui me ferait fuir.

 

 

 

EvaJoe le 16/01/2014 Copyright

 

 

Là-bas

Les beaux discours n’ont jamais permis au  peuple de se libérer, la guerre n’est pas une solution . pourtant des hommes, des femmes se lèvent au nom de leur conviction, de leur engagement et acceptent de combattre l’oppression, la dictature, les crimes contre l’humanité. Je sais que ce texte fera naître des écrits qui peut-être n’iront pas dans le même sens. Mais chacun en son âme et conscience assumera ses mots. 

 

Je dédie ce texte à Nicolas et Antoine et à tous les autres qui ont donné leur vie pour la France, hier et aujourd’hui…..

 

Il est assis

La tête entre ses mains

Il songe

Au loin le bruit des armes

Autour le désert à perte de vue

Loin de tout

Loin de sa vie

Mais il  l’a choisis

Il l’aime ce qu’il fait

C’est le seul métier

Qu’il voulait

Qu’allez-vous penser

Qu’il aime tuer !

Non, il est là pour sauver

Des hommes, des femmes et des enfants

Loin de son pays

De sa vie tranquille

Là-bas sur cette terre hostile

Il fait chaud le jour

Si froid la nuit.

 

Il a mis sa main sous sa tête

il songe aux siens

Restés là-bas dans son pays.

Eux sont ensemble

Lui est seul avec sa conscience

Et ses hommes qui attendent

Il se doit de se secouer

Ici, tout se côtoie, la vie, la mort

Et son lot de malheur.

Il faut faire face

Se lever

Ne pas trembler

Les rassembler

Il va parler

 

 

Un silence dans le camp

Improvisé à la hâte hier soir

Après l’embuscade

Où trois des leurs

Sont morts

Morts pourquoi

Pour qui

Pour rien…

 

Il ne doit pas leur avouer

Ses  états d’âme

Son pessimiste

Face à une guerre qui n’en finit pas

Un conflit qui ne dit pas son nom.

Il faut se comporter en chef.

Ils sont assis à même le sol

Certains ont pleuré

D’autres têtes baissées, pleurent  encore

Leurs frères ! Leurs camarades

Tués par une poignée d’hommes surgit de nulle part

Chaque rocher, chaque trou

De là peut surgir l’ennemi

Ils le savaient, mais …C’est ainsi.

Ils sont morts leurs compagnons, amis, frères.

Leur sang a coulé pour une mission de la dernière chance

 

Lorsque les premières lueurs de l’aube

Ont éclairé la scène

Ils étaient debout prêt à repartir

Les mots de leur chef les ont galvanisés

Ils seront encore plus prudents.

Ils repartent pour la mission qui leur a été confié

Valeureux, ils savent l’être

Mais heureux ils mettront du temps à oublier.

 

Ce ne sont que des hommes

Pas des machines de guerre

Ils sont là pour sauver d’autres êtres humains

En évitant d’y laisser leur vie

Là où d’autres l’ont perdu.

 

Leur chef les yeux perdus au loin

Songe que la vie doit continuer malgré la mort

Ne jamais oublier

Mais aller de l’avant

Et, enfin un jour rentré au Pays,

Revoir les siens

Et serrer le petit dernier dans ses bras.

 

EvaJoe décembre 2013 Copyright

Morts pour l'Eldorado!

Si mes silences

sont autant de cris

de souffrance

alors

laissez moi 

vous crier

ma peine 

en voyant ses vies

entachées de nos doutes

nos peurs.

 

Les mères n’ont plus de sourire

les pères 

sont sans enfants

sans femmes

ils ont péris

aux portes 

du vieux Continent

tout quittés

pour survivre

ailleurs.

 

Partir 

à tout prix

au péril de leur vie

entassés par centaine

sur de vieux rafiots

Ils sont morts

Pour l’Eldorado.

 

Si mes silences

sont autant de cris

de souffrance

alors laissez moi crier

plus jamais 

plus jamais!

 

 

 

Venus de la Corne de l’ Afrique si cher à mon cœur, en voyant ses hommes je voyais mon fils……

Un jour mon fils  m’a dit: la plus belle chose que tu as faîtes Maman c’est de m’avoir adopté.

Ce soir je ne pouvais être indifférente à ceux qui ont survécus puissent ils avoir la même chance qu’hier j’offrais à mon enfant.

Et pour ceux qui ont péris allumons une bougie….

 

 

 

 

 

 

Dis: Raconte moi

 

 

Dis:  Raconte-moi mon rêve 

Interprète le, mais pas à ta façon. 

 

 

Au royaume des songes je te voyais

Tu étais là mais voyageant dans la nuit

De soupirs en sanglot le cauchemar m’envahit

Et ne sachant que faire je m’enfuyais.

 

J’aurais tout donné pour que je puisse me réveiller

Mais imperturbable tu avançais vers moi

Et acculée je me penchais au bord de ce toit,

Si au moins tu étais vivant j’aurais pu m’émerveiller.

 

Comment vivre avec cette réalité ?

Qui me fait souffrir en permanence

Et comment dois-je l’affronter ?

 

Lors de mes nuits sans sommeil

Luttant pour repousser mes rêves

Je te revois marchant sous le soleil.

 

Dis: Raconte-moi mon rêve

Interprète le, mais pas à ta façon.

Ecoute

 

Ecoute, écoute, ils arrivent, sais-tu qui ils sont et surtout où ils vont. Ils portent sur leur dos des sacs si lourds que chacun de leurs pas leur coûtent.

Atteindront-ils le sommet de la montagne, voire même la ville au bout du chemin. Harassés de fatigue ils ne voient pas la longue route sinueuse, ils marchent d’un
pas lent et vont.

Là où ils étaient il n’y avait rien, sur leur dos leurs maigres bagages, dans leurs yeux il n’y a qu’un long désespoir.

Ici ou là un sanglot à peine réprimé, ils sont comme un troupeau se rendant à l’abattoir, de le dire me fait mal mais je le ressens ainsi. 

Pauvres gens, demain ce sera le tour de qui?

Ici ou là il y a la guerre, le chomage, la triste réalité de ne plus venir à bout du lendemain. Ceux-là n’ont rien, alors se faire voler en chemin n’apportera ni
aux voleurs, ni aux volés. Mais ensemble ils ont décidé de se serrer les coudes.

Et le soir à l’arrêt ils s’organisent pour qu’ils puissent prendre à tour de rôle un peu de repos pour que demain ils puissent recommencer à mettre un pas l’un
devant l’autre.

 

Ecoute, écoute le murmure du chant qui monte dans la nuit , c’est un chant d’espoir.