Déracinée

 

 

Et puis il y avait toi, perdue au milieu de l’océan

Sur une frêle embarcation ballottée par la mer

Cherchant de ton regard brouillé de larmes amères

La terre tant promise mais hérissée de gouffres béants

 

Une rencontre fortuite hier sur un océan de mots

Une décision prise à la hâte pour une vie sans retour

Tu as la promesse des nouveaux jours 

mais il faut franchir toute cette eau.

 

Il vit au delà de la mer sur un piton dressé

Une maison au milieu de nulle part

Mais un havre de paix pour toi la déracinée.

 

Bientôt tu seras sur une terre inconnue

mais auprès de ton bien aimé

tu sais que tu es la bienvenue.

Un bel ouvrage

 

Pour tous ceux qui vivent avec  cette maladie et pour ceux qui les accompagnent.

 

 

 

Doucement sa main se pose

touchant le tissus

vraiment elle n’ose

elle ne peut être déçue.

 

Tout son corps s’agite

en soubresaut indélicat

va il faut faire vite

et soulever le taffetas.

 

Voilà son bel ouvrage

mais elle se sent étrangère

pourtant elle en a eu du courage

mais aujourd’hui tout est à refaire.

 

Broder restera un souvenir

aujourd’hui elle ne peut plus

tirer l’aiguille, elle doit en finir

il n’y aura plus de sous entendu.

 

La maladie l’a terrassée

ses mains sont agitées

elle en est fort agacée

au revoir sa volonté.

 

 

 

 

 

Dessin en noir

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Mais quel est ce trou noir

un puits sans fond ou l’esprit vogue

une descente dans les entrailles

une folie qui entraîne

et laisse exsangue au bord de la route.

 

Après les coups du sort

et les coups au coeur

il ne reste que le blues

il blesse et agace.

Se ressaisir pour aller ou

au fond du trou

dans ce noir qui ne laisse rien passer

pas même une lueur d’espoir

C’est le noir le plus complet.

 

Encre de chine ou peinture

dessins noirs

folie d’un instant

ou instant qui dur

remise en question

évasion

errance au prix d’un effort

Se lever, repartir et aller

Mais aller ou

pas la fuite en avant

mais fuir le néant.

 

Découper le temps

arracher le jour à la nuit

puis se poser

dessiner

laisser son instinct s’exprimer

et offrir son monde

sa vision

pas apocalyptique

mais vivre différemment.

 

Dessins et écriture

les deux emmêles

les deux confondus

sous des traits 

des pastels

des noms dits

des gouffres

des cris

désespoir

ou espoir

A VOIR…..

 

 

 

En ce dimanche ensoleillé du mois de novembre 2011 en Bourgogne

 

 

 

 

 

 

Encore un petit coup

 

 

Deux verres qui s’entrechoquaient sur le bord d’un comptoir

se racontait il des histoires à boire?

Mais que Nenni il parlait de robe de couleur

il célébrait d’un commun accord

les 60ans d’une vieille dame

celle pour qui ils étaient là.

 

Certes d’autres matins ils étaient plutôt pâle 

une main se cramponnait à leur ventre

et dans leur antre

coulait un nectar

mais si sa robe était blanche

en ce matin l’on voyait le rouge 

arrondir leur galbe

et leur donner fier allure.

 

Il n »était pas peu fier nos deux lurons

de tremper leurs lèvres dans cette mixture

vieille de soixante ans, je sais je l’ai déjà dit

Il ya les puristes

et les autres

ceux qui se délectent dans le matin blême

les autres viennent sur le coup de midi

remplir leur verre de cet océan de sang

puis les autres en rentrant du boulot

s’attarde pour le goûter

 

 

Ils y trouvent parfois un goût de noisette

voir de banane, 

mais cet année j’en suis renversée

ils ont trouvés du raisin

l’auriez vous cru 

si je ne vous l’avais point dit

une pointe de cassis lui donne un petit plus

 

Ah mes amis dit le verre au long pieds, j’ai trahis ce matin mon Alsace

en buvant avec vous mon ami

le Beaujolais nouveau

qu’importe nous ne sommes point ivre

car fort raisonnable

amis lecteurs vous n’en doutiez point.

Allez entrechoquons nos verres 

qui sait de quoi demain sera fait.

 

Allez encore un petit coup

pour la route

ah non il faut boire modérément

Toute la soirée ils nous en ont gavé

même que certains voit en ce vin sa fin…..

Une piquette ils ont osés dire.

Moi je préfère me souvenir du vin nouveau

Allez encore un petit coup.

 

 

J’ai voulu célébrer d’une manière originale la sortie du beaujolais 60ans ça se fête modérément certes.Je n’en n’ai pas encore bu une goutte.Mais j’ai
des origines dans le beaujolais alors il était bien normal que je fasse parler deux verres…

 

En Bourgogne le 18 novembre 2011.

Village englouti

Imaginez la nuit en robe pourpre

et le ciel scintillant de perles d’or

nul bruit sur la campagne alors

il règne un silence de marbre.

 

les habitants ont quitté ce lieu

demain l’eau envahira leur vie

ou la terre était leur survie

ils s’en vont sous d’autres cieux.

 

Quelques affaires traînent encore

tant ils ont retardé leur départ

caressant des yeux les vieux remparts

il faut se secouer et partir ailleurs.

 

La lune miroite sur les eaux du lac

éclairant encore les rues et le clocher

demain tout sera noyé, même le rocher

plus tard ils reviendront sur un zodiac.

 

Aujourd’hui seule la tristesse les gagne

quitter sa maison, c’est mourir un peu

se retourner une dernière fois pour l’ultime adieu

il leur en faut du courage pour quitter la montagne.

 

il y a une plage, des campings, des hôtels

la vie bat son plein ce n’est plus mortel

 

C’était il y a des années dans un village en France

 

 

J’avais écrit un texte similaire il y a quelques années. Je l’ai revu et corrigé avec ma soif d’écrire de
maintenant.

Je me suis inspirée du Lac de Serre Poncon ou là il y a eu plusieurs villages d’engloutis, dont Savines ( d’ou
le nouveau nom Savines le Lac) Ubaye et Rousset, qu’importe le village, pour ceux qui s’en vont c’est toujours un moment difficile à vivre.


 

Écrit au bord de mon canal en ce jour 1/11/2011

 

EvaJoe

 

 


 


 

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