
C’était un soir sans lune
Où une lumière blafarde
Se mariait au murmure des vagues
J’arpentais mes poèmes
Comme on marche sur des chemins escarpés
J’essayais d’y trouver tes mots
Laissés ici comme une empreinte de toi.
Ici ou là je voyais s’estomper l’effluve
D’une rose laissée à l’abandon.
Mes larmes se mêlaient à l’encre de ma plume
Regrettant de n’avoir pas su hier trouver les mots.

En repoussant au loin les voiles de brume
Je t’ai vu surgir dans cette mer noire
Comme accrochée au bois d’un vieux rafiot
Telle une sirène nageant vers les tiens
Ceux qui sont dans les profondeurs.
Et, moi j’étais seule sur ce port
Hagarde et ne comprenant pas ton message
Harassée de fatigue je m’effondrais
Et au petit matin je comprenais.
Comme un papillon en ce soir d’hiver
Tu t’en es allée, nous laissant
Orphelins de tes poèmes et légendes
Nous subissons le joug et la douleur
Car nous pleurons un être de chair
Que nous n’avons jamais vu
Et qui pourtant nous était si proche.
Ta destinée fut cruelle pour les tiens
Nous ne pouvons que garder en nos cœurs
Le souvenir de ton beau sourire ,
L’amour que tu portais à cette terre âpre
Où dans le maquis naissaient tes beaux écrits,
Et la mer que tu chérissais tendrement.
En écrivant les mots que mon cœur me dicte
Je ne pouvais te laisser t’en aller
Sans te dire au revoir pour qu’enfin ensemble
Nous retrouvions la paix.
Je te laisse désormais croquer l’éternité
Je sais que de là-haut, tu veilleras sur les tiens
Et tu feras rêver ceux partis trop tôt
Avec de beaux poèmes et autres contes.
EvaJoe le 31 Janvier 2013